SALMSON Story

Classé dans : Historiques - Salmson (France) | 0


 

Emile Salmson (1859-1917) fabrique des pompes à Paris à la fin du XIX siècle.

Peu avant 1914, il rencontre les ingénieurs Canton et Unné qui ont fait breveter un moteur d’avion.

Emile Salmson crée alors une société pour l’exploitation des brevets Canton-Unné et s’installe en 1912 à Billancourt, d’abord rue des Moulinaux, puis rue du Point du Jour.

Il y met le moteur d’avion en fabrication.

Il s’agit d’un moteur en étoile non rotatif, il sort au début au rythme de 10 unités par mois.

Les moteurs ont du succès et la guerre impose un très important développement de la production, l’usine fabrique aussi des magnétos et, dès 1916 des avions complets.

Outre l’usine de Billancourt, on crée une succursale à Lyon.

À la fin de la guerre, Salmson fabrique 700 moteurs d’avions par mois.

À l’Armistice, les commandes militaires s’arrêtent et il faut occuper les 6.000 ouvriers de Billancourt, plus les 1.000 de Lyon.

Entretemps, on déplore le décès d’Emile Salmson (en 1917) et la direction passe à l’ingénieur Heinrich, le responsable de Lyon.

Le fils d’Emile Salmson quitte la société en 1919 pour reprendre l’usinage de pompes.

L’usine se reconvertit, tout en construisant toujours des avions et des moteurs, elle ajoute à son activité des machines à bois et bientôt l’automobile, appelée à un grand développement après la guerre.

André Lombard, représentant à Londres de diverses voitures françaises, y achète en 1919 la licence de fabrication du cyclecar GN et la propose à Salmson qui accepte et met l’engin en fabrication dès 1920.

Le GN-Salmson aura du succès, on en fera environ 2.000 jusque fin 1921.

 

Cyclecar GN version 1921, moteur deux cylindres en V de 1098 cc, refroidi par air. Conçu par les ingénieurs anglais Godfrey et Nash.

Cyclecar GN version 1921, moteur deux cylindres en V de 1098 cc, refroidi par air. Conçu par les ingénieurs anglais Godfrey et Nash.

Des Salmson GN terminés, en attente de clients.

Des Salmson GN terminés, en attente de clients.

Un Salmson GN au Grand Prix ACF des cyclecars 1921. Horel au volant.

Un Salmson GN au Grand Prix ACF des cyclecars 1921. Horel au volant.

Entretemps, un excellent ingénieur de l’époque, Emile Petit, dessine un petit moteur quatre cylindres 1100 cc à culbuteurs et refroidi par air.

Il le propose à Salmson qui l’accepte à condition que le refroidissement se fasse par eau.

Des prototypes sont construits et André Lombard les teste en compétition avec succès en 1921.

Au Salon de Paris d’octobre 1921, ce moteur équipe la nouvelle gamme Salmson qui comprend des modèles de cyclecars et de voiturettes AL (initiales d’André Lombard), leur radiateur reçoit une croix de Saint André, qui restera la marque de Salmson jusqu’à la fin des années vingt.

Entretemps, Emile Petit étudie une variante de son 1100, muni de deux arbres à cames en tête et développant 37 CV à 3800 tr/mn, valeur considérable pour l’époque.

Munies de ce moteur, des voiturettes pilotées par André Lombard remportent de nombreux succès sportifs.

En fin 1922, les voiturettes de série reçoivent un nouveau châssis et des ressorts semi-elliptiques à l’avant en place des cantilevers.

Cyclecar Salmson 8 HP 1922.

Cyclecar Salmson 8 HP 1922.

200 Miles de Brooklands 1922. Benoist vainqueur en 1100 à 131,7 km/h de moyenne.

200 Miles de Brooklands 1922. Benoist vainqueur en 1100 à 131,7 km/h de moyenne.

1923 Cyclecar sport et voiturette deux places sport.

1923 Cyclecar sport et voiturette deux places sport.

En octobre 1922 l’usine présente une 10 HP de tourisme, le type D, à moteur quatre cylindres de 1250 cc à deux arbres à cames en tête.

On en fera un millier d’exemplaires.

Stand Salmson au Salon de Genève du début 1924. Une voiturette AL, devant une voiture 10 CV type D.

Stand Salmson au Salon de Genève du début 1924. Une voiturette AL, devant une voiture 10 CV type D.

Châssis Salmson 10 CV 1925

Châssis Salmson 10 CV 1925

La Salmson 10 CV en 1925, torpédo sport et conduite intérieure.

La Salmson 10 CV en 1925, torpédo sport et conduite intérieure.

Quant à la voiturette AL, elle devient VAL vers 1925-26 et VAL 3 en 1927.

On en décline diverses variantes sportives comme la GS (Grand Sport) ou la SS (Super Sport).

Entretemps Lombard, quitte Salmson pour construire ses propres voitures de sport sous son nom.

Voiturette VAL-3 carrossée en conduite intérieure (fin 1926)

Voiturette Salmson VAL-3 carrossée en conduite intérieure (fin 1926)

Salmson VAL-3 1927, 7 CV Sport

Salmson VAL-3 1927, 7 CV Sport

L’administrateur-délégué Heinrich aimerait développer sa construction automobile vers des machines plus cossues.

Il fait présenter au Salon d’octobre 1928 une six cylindres Type S de 1650 cc à 2 ACT, à la carrosserie soignée ; mais le prix s’avère élevé et la voiture ne sera finalement pas commercialisée.

Le prototype Salmson S-6 en octobre 1928

Le prototype Salmson S-6 en octobre 1928

Entretemps, Emile Petit dessine une voiture de course à huit cylindres 1100 cc à compresseur, destinée à concurrencer l’Amilcar six cylindres.

Mais on ne lui alloue que peu de moyens pour la développer et les résultats ne sont guère probants.

Emile Petit quitte Salmson.

La huit cylindres Salmson de course à la course de côte de Château-Thierry.

La huit cylindres Salmson de course à la course de côte de Château-Thierry.

En fin 1929, l’usine présente la S-4, moteur quatre cylindres de 1300 cc, 2 ACT, boîte trois vitesses, puis quatre peu après.

La carrosserie d’usine est soignée et de qualité.

La voiture est bien reçue et on en fera 3.456 exemplaires jusqu’en fin 1932.

Berline Salmson S-4 en 1931

Berline Salmson S-4 en 1931

Cabriolet Salmson S-4 en octobre 1931

Cabriolet Salmson S-4 en octobre 1931

Pour 1933, elle devient la S-4C dont le radiateur reçoit des volets thermostatiques.

La cylindrée passe à 1465 cc, le moteur développe 41 CV, le châssis est rigidifié.

Une boîte Cotal est en option, on fera 1.649 exemplaires de la S-4C jusqu‘en novembre 1934.

Couverture du catalogue Salmson S-4C (1933)

Couverture du catalogue Salmson S-4C (1933)

Salmson S-4C 1933

Salmson S-4C 1933

Prototype de Salmson aérodynamique sur châssis S-4C en octobre 1933

Prototype de Salmson aérodynamique sur châssis S-4C en octobre 1933

Fin 1934, elle est remplacée par la S-4D à moteur 1596cc et 47 CV.

Elle est munie de roues avant indépendantes par ressort transversal, la suspension arrière restant à cantilevers obliques.

On en fera 3.000.

Pour 1937, la S-4D devient la S-4DA à moteur 1720cc, devenue à son tour la S-4-61 pendant l’été 1938.

Salmson S-4D en fin 1935

Salmson S-4D en fin 1935

Moteur Salmson S-4D 1936

Moteur Salmson S-4D 1936

Châssis Salmson S-4D 1936

Châssis Salmson S-4D 1936

Salmson S-4DA 1937

 Salmson S-4DA 1937

Pour 1939, la S-4-61 est accompagnée par un modèle plus puissant qui garde la même architecture générale mais les roues indépendantes avant reçoivent des barres de torsion et le freinage devient hydraulique.

C’est la S-4E de 2320 cc, capable de 140 km/h.

Salmson S-4E 1939

Salmson S-4E 1939

La production reprend après la guerre avec les S-4-61 et les S-4E qui reçoivent en 1949 quelques modifications de carrosserie, phares encastrés, ailes plus enveloppantes, puis plus tard une malle incorporée à la carrosserie.

Salmson S-4-61 1946

Salmson S-4-61 1946


Salmson S-4E 1949, version à phares encastrés

Salmson S-4E 1949, version à phares encastrés


Salmson S-4 E 1949

Salmson S-4 E 1949

La S-4E reçoit en 1950 un tout nouveau moteur E-72, un quatre cylindres de 2200 cc (82×105) tout aluminium.

Son nom devient assez logiquement S-4E-72.

Salmson S-4 E -72

Salmson S-4 E -72

En octobre 1950, Salmson présente sa nouvelle Randonnée G-82, le moteur étant le tout alu de la dernière S-4E.

La carrosserie est d’allure moderne mais sa construction tôle-bois la rend assez lourde (1350 kgs).

Sa vitesse reste limitée à 140 km/h.


Berline Salmson Randonnée (fin 1950)

Berline Salmson Randonnée (fin 1950)


Cabriolet Salmson Randonnée 1951

Cabriolet Salmson Randonnée 1951


Châssis Salmson Randonnée

Châssis Salmson Randonnée

Malheureusement, en 1951, une étude trop couteuse de moteur d’avion entraîne un fort découvert financier qui conduit Salmson à la faillite en octobre 1951.

La société continue sous contrôle judiciaire, les usines sont réorganisées après le départ du directeur Heinrich et la fabrication de la Randonnée continue jusqu’en 1952.

Au Salon de Paris d’octobre 1953, Salmson dévoile un nouveau modèle : la 2300 Sport, un coupé 2 plus 2 muni du moteur G-85 de la Randonnée porté à 84×105 ,développant 105 CV/5000 tr/mn.

La suspension avant est à roues indépendantes par barres de torsion, l’arrière classique par ressorts semi-elliptiques.

Elle pèse 1230 kg et atteint 178 km/h.

Comparée à la Jaguar XK120, elle est à peine moins chère mais beaucoup moins performante.

Le coupé aura quelques résultats sportifs mais guère de succès commercial.

On en fera 227 exemplaires jusqu’en 1957.


Salmson 2300 Sport (fin 1953)

Salmson 2300 Sport (fin 1953)


La Salmson 2300 S de Cotton-Lemerle au Liège-Rome-Liège 1954

La Salmson 2300 S de Cotton-Lemerle au Liège-Rome-Liège 1954

Entretemps, vers 1954-55, Salmson, entre en pourparlers avec Minerva pour construire des véhicules tous terrains.

Minerva aurait manufacturé les châssis et les carrosseries et Salmson les éléments mécaniques.

Cela n’aboutira pas, la situation de Minerva se détériorant rapidement.

En 1955, Salmson construit cinq ou six prototypes de voitures de tourisme, en berlines et cabriolets, les carrosseries venant surtout de chez Chapron.

Les mécaniques sont les G-85 du coupé sport mais cela n’aboutit pas non plus.

Salmson disparut peu après.

Châssis de Salmson 2300 S allongé, carrossé en berline par Chapron (1955)

Châssis de Salmson 2300 S allongé, carrossé en berline par Chapron (1955)


Salmson 2300 S cabriolet (Chapron) (1955)

Salmson 2300 S cabriolet (Chapron) (1955)


Salmson 2300 S allongé carrossé par Motto (1956)

Salmson 2300 S allongé carrossé par Motto (1956)

Il y eut aussi une usine anglaise, la British Salmson Aero Engines Limited, à Raynes Park, South London.

L’usine est initialement dévolue aux moteurs d’avions.

Mais en 1934, on met en fabrication une version anglaise de la S-4C entièrement construite sur place, puis peu après une version sportive 12-70 apparait.

On en fera environ 300 exemplaires en tout jusqu’en 1938.

En fin 1935, l’usine présente une six cylindres 20-90 qui ne sera faite qu’en tout petit nombre (une bonne douzaine ?)

L’usine passe alors chez Jaguar.

Berline British Salmson 12/55 1935

Berline British Salmson 12/55 1935

Torpedo Sport British Salmson 12/70 1935

Torpedo Sport British Salmson 12/70 1935

British Salmson 20/90 1937. Remarquez le retour de la croix de Saint André sur le radiateur

British Salmson 20/90 1937. Remarquez le retour de la croix de Saint André sur le radiateur