OPEL Story (1e partie: 1862-1945)

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Publicité de l'Opel ADMIRAL (1937)

 

 

Opel fait partie des grands noms de l’industrie automobile allemande.


Initiée il y a 150 ans par Adam Opel, la petite fabrique de machine à coudre se diversifia rapidement et devint le plus important fabricant mondial de bicyclettes, avant de se lancer, avec le succès que l’on connait, dans la construction automobile et de devenir un des plus grands constructeurs européens.


Deuxième constructeur automobile d’Allemagne derrière l’incontournable VW, Opel a traversé ces dernières années des remous financiers aussi inattendus que dévastateurs (du moins pour l’usine d’Anvers…).

Voici les faits les plus marquants de l’histoire de ce grand constructeur allemand, tout compte fait, assez méconnu.


Lien vers la 2e Partie

 

Opel 4 Litres victorieuse à Huy, pilotée par Carl Jörns (octobre 1913)Opel 4 Litres victorieuse à Huy, pilotée par Carl Jörns (octobre 1913)

 

 

Début 1862, Adam Opel a 25 ans (il est né le 08/05/1837) et construit sa première machine à coudre dans les dépendances du logis familial. 

L’affaire prend de l’ampleur et on crée une usine à Rüsselsheim.



Adam Opel se marie en 1868 avec Sophie Scheller qui lui donne cinq fils :

Carl Opel ( 31/08/1869 – 16/02/1927 )

Wilhelm Opel ( 15/05/1871 – 02/05/1948 )

Heinrich Opel ( 22/09/1873 – 25/05/1928 )

Friedrich Opel ( 30/04/1875 – 30/08/1938 )

Ludwig Opel ( 01/01/1880 – 16/04/1916 )

Dés 1886, Opel se diversifie et entame la fabrication de vélos.

Les cinq fils d’Adam Opel le rejoignent bientôt dans l’affaire.

Adam Opel décède en 1895, mais l’entreprise continue, animée par sa veuve et ses cinq fils.

A cette époque, on parle de plus en plus de locomotion mécanique et les fils Opel suivent de près l’évolution de ces nouveaux véhicules.

De plus, une récession affecte la construction des vélos et les Opel se décident à explorer le marché de l’automobile.



Publicité Opel (1911)Publicité Opel (1911)

Manquant de temps pour développer leur propre voiture, ils s’intéressent à une petite firme de Dessau, les ateliers Lützmann qui construisent des automobiles depuis 1892 et décident d’en prendre les droits de fabrication.

En 1898, la première voiture Opel sort de Rüsselsheim.

C’est une 4 PS construite sur les brevets Lützmann, moteur monocylindrique arrière, allumage électrique, transmission par courroies et chaînes.

Le moteur s’avère un peu faible et l’on construit bientôt un deux cylindres de même allure capable de propulser la voiture à 45 km/h.

Une Opel 4 PS remporte en 1901 une course de côte près de Heidelberg.

Malheureusement, le système Lützmann se démode très vite.

Il faut trouver autre chose.

Opel 1898 construite sur brevets Lützmann Opel 1898 construite sur brevets Lützmann

Version deux cylindres de l’Opel Lützmann (1900)Version deux cylindres de l’Opel Lützmann (1900)

En 1901, Opel prend la représentation Renault puis, peu après, signe un accord avec Darracq, alors une des principales maisons françaises de construction automobile.

Selon cet accord, Opel reçoit des châssis Darracq, les dote de leurs carrosseries à Rüsselsheim et les vend sous le nom d’Opel-Darracq.

Opel-Darracq monocylindre 8HP 1902Opel-Darracq monocylindre 8HP 1902


Les Opel-Darracq se vendent bien.

Néanmoins, dès l’automne 1902, Opel présente son premier véhicule entièrement construit et conçu  à Rüsselsheim, l’Opel 10/12 PS, moteur deux cylindres avant et transmission par cardan.

Dès 1903 apparait la première quatre cylindres, la 20/24 PS à moteur culasse en L.

Le premier modèle de conception Opel, deux cylindres 10/12 PS c.1902-03Le premier modèle de conception Opel, deux cylindres 10/12 PS c.1902-03

En 1905, la gamme comprend trois modèles de conception Opel, en deux et quatre cylindres, plus les quatre modèles de la gamme Opel-Darracq.

Opel-Darracq monocylindrique c.1905 Opel-Darracq monocylindrique c.1905

Voiture de course Opel-Darracq, Coupe Gordon-Bennett 1904Voiture de course Opel-Darracq, Coupe Gordon-Bennett 1904

En 1906, le contrat avec Darracq n’est pas reconduit et on ne fabrique plus que des modèles de conception Opel.

Cette même année, on inaugure une deuxième usine à Berlin.

La gamme devient très importante dès 1908.

On y trouve notamment la populaire deux cylindres 8/14 PS « Doktorwagen ».

Opel Doktorwagen 8/14 PS 1909Opel Doktorwagen 8/14 PS 1909

Projet d’automobile blindée Opel (1906)Projet d’automobile blindée Opel (1906)

Cette même année 1908  la 1000e Opel sort d’usine.

Dés le début, Opel participe avec succès à de nombreuses épreuves sportives en Allemagne mais aussi en France et en Italie.

En 1912, Opel présente son nouveau vaisseau amiral : la 40/100 PS, et on

voit sortir la 10.000e voiture Opel.

Opel de course, moteur de 12 litres, GP de l’ACF 1908Opel de course, moteur de 12 litres, GP de l’ACF 1908

Wilhelm Opel à la Prinz Heinrich Fahrt (1909)

Wilhelm Opel à la Prinz Heinrich Fahrt (1909)

Opel 8/20 PS, deux litres, 1911Opel 8/20 PS, deux litres, 1911

Intérieur de l’usine de Rüsselsheim vers 1912Intérieur de l’usine de Rüsselsheim vers 1912

Grand Prix de l’ACB 1912. Voiture de JoernsGrand Prix de l’ACB 1912. Voiture de Joerns

Opel-Opel-« Ei » de Max Lochner sur base 13/30 PS (1912)

Sportwagen Opel 60/100 PS de 10 litres, 1914Sportwagen Opel 60/100 PS de 10 litres, 1914

Un gros torpédo Opel 1913Un gros torpédo Opel 1913

Opel de record, capable de 230 km/h (1914).Opel de record, capable de 230 km/h (1914).

La même Opel de record en action La même Opel de record en action


Quatre Opel économiques en 1912:


Opel 5/12 PS  1912

Opel 5/12 PS 1912

Opel 5/12 PS  1912Opel 5/12 PS 1912


Opel 6/16 PS 1912Opel 6/16 PS 1912

Opel 8/20 PS 1912Opel 8/20 PS 1912

En parallèle aux automobiles, Opel a rapidement entamé la fabrication de véhicules utilitaires, camions, pompes d’incendie, charrues mécaniques ainsi que de moteurs d’avions.

Opel devient en 1914 le plus important constructeur d’automobiles d’Allemagne.

La guerre 1914-1918 arrête presque complètement la construction de voitures en faveur des camions et moteurs d’avions.

Camion Opel de 2,5 tonnes, moteur de 35 HP. 1911

Camion Opel de 2,5 tonnes, moteur de 35 HP. 1911

Après la guerre, Opel revient aux voitures avec une gamme de très classiques quatre et six cylindres, moteurs à soupapes latérales, boîtes de vitesses séparées du moteur.

Torpédo Opel 8/25 PS, 1920Torpédo Opel 8/25 PS, 1920


Opel 21/50 PS, six cylindres de 5,6 litres (1923) Opel 21/50 PS, six cylindres de 5,6 litres (1923)

En 1924 a lieu le lancement de la Laubfrosch (grenouille), une quasi copie de la 5 CV Citroën, peinte tout en vert (d’où la grenouille).

Le moteur est un quatre cylindres de 951 cc, à soupapes latérales, la boîte de vitesses est en bloc avec le moteur.

On inaugure avec la Laubfrosch la chaîne de montage chez Opel qui permet de la proposer à un prix très bas, 4000 marks.

La célèbre Opel Laubfrosch (grenouille), très inspirée de la 5 CV Citroën (1924) La célèbre Opel Laubfrosch (grenouille), très inspirée de la 5 CV Citroën (1924)

Opel 4/14 PS de 1927. Version améliorée de la Laubfrosch Opel 4/14 PS de 1927. Version améliorée de la Laubfrosch

Châssis Opel 4/14 PS (1927)Châssis Opel 4/14 PS (1927)

Entretemps, les ventes de la Laubfrosch se développent.

De 1924 à 1931, elle et ses dérivés 4 PS totalisent près de 120.000 exemplaires.

 

En 1928, Opel conforte sa place de premier constructeur allemand avec 37,5% de part de marché et, outre la petite Laubfrosch, propose des quatre et six cylindres plus modernes ainsi qu’une puissante huit cylindres de six litres de cylindrée, la Regent, qui ne sera produite qu’en 25 exemplaires jusqu’en 1929.

Conduite intérieure Opel 10 PS de 2,6 litres (c.1925)Conduite intérieure Opel 10 PS de 2,6 litres (c.1925)

A partir de 1928, certains modèles Opel reçoivent un radiateur inspiré de celui de la Packard américaine, comme cette 4 PS.

A partir de 1928, certains modèles Opel reçoivent un radiateur inspiré de celui de la Packard américaine, comme cette 4 PS.

Opel six cylindres c.1929-30Opel six cylindres c.1929-30

Une rarissime Opel Regent huit cylindres de 6 litres et Fritz von Opel lors d'un concours d'élégance à Baden-Baden en 1928. Une rarissime Opel Regent huit cylindres de 6 litres et Fritz von Opel lors d’un concours d’élégance à Baden-Baden en 1928.

Opel Regent Pullman Limousine (1928)Opel Regent Pullman Limousine (1928)

En 1928 également, Opel expérimente d’extraordinaires voitures propulsées au moyen de fusées.

Si la RAK-1 ne dépasse pas 100 km/h, par contre, la RAK-2 atteint 238 km/h sur une distance de 2 km.

Ces essais n’auront cependant aucune suite.

Néanmoins, suite à ces essais, Fritz von Opel fera voler le 30 septembre 1929 le premier avion propulsé par fusées.

Opel RAK-2, prototype d’une voiture propulsée par fuséesOpel RAK-2, prototype d’une voiture propulsée par fusées

Opel RAK-2, prototype d’une voiture propulsée par fusées

En 1928 encore, la société familiale devient une société par actions, qui sont rachetées en majorité (pour la somme rondelette de 26 millions de dollars) par la General Motors américaine qui met la main sur l’usine Opel.

En 1928 toujours, Rüsselsheim a produit 35.623 voitures et 7.198 véhicules commerciaux.

La mainmise de la General Motors conduit à une rationalisation de la gamme et à l’augmentation de la production.

Dès le début 1931, apparait le premier modèle de l’ère GM, et donc créé aux Etats-Unis par le bureau d’études GM: la six cylindres 1,8 litre, à soupapes latérales.

Cette petite voiture américanisée, souple et confortable, est bien accueillie.

On en fera 32.300 exemplaires jusqu’en 1933.

La première Opel de l’ère GM, la six cylindres 1,8 litre en quatre portes (1931)La première Opel de l’ère GM, la six cylindres 1,8 litre en quatre portes (1931)

Opel 1,8 litre en cabrioletOpel 1,8 litre en cabriolet

Opel 1,8 litre en carrosserie de luxe « Regent », 1933Opel 1,8 litre en carrosserie de luxe « Regent », 1933

Peu après, toujours étudié aux USA, un plus petit modèle est présenté, dérivé de la 1,8 litre.

Cette Opel 1,2 litre à quatre cylindres  se vendra jusque  1935 à 107.000 unités.

Cabriolet Opel 4 cylindres 1,2 litre apparu courant 1931Cabriolet Opel 4 cylindres 1,2 litre apparu courant 1931

Publicité Opel 2 L Cabriolet 1934 (Dessin de Bernd Reuters)Publicité Opel 2 L Cabriolet 1934 (Dessin de Bernd Reuters)

La gamme se modernise à partir de 1934.

D’abord, avec une quatre cylindres 1300 cc à roues avant indépendantes et freins hydrauliques dont on fera 29.000 exemplaires en 1934 et 1935.

Ensuite avec une six cylindres deux litres assez semblable sortie en 50.000 unités de 1934 à 1937.

Cette dernière sera à son tour remplacée par la Super Six (46.000 exemplaires jusqu’en 1938).

La première Opel moderne à roues avant indépendantes, en 4 et 6 cylindres (Cabriolet 1934) La première Opel moderne à roues avant indépendantes, en 4 et 6 cylindres (Cabriolet 1934)

Version 1936 des Opel 1,3 litre et 2 litresVersion 1936 des Opel 1,3 litre et 2 litres

Opel Super Six 1937Opel Super Six 1937

Opel construit également un modèle populaire dérivé directement de la quatre cylindres 1,2 litre, la P-4.

Le moteur est un quatre cylindres de 1074 cc, les essieux restent rigides et les freins mécaniques, l’aspect est désuet, mais le prix, très attractif, permet d’en vendre plus de 65.000 de 1935 à 1937.

A l’époque, les dirigeants d’Opel espérent la faire adopter  comme la voiture du peuple, mais comparée à la modernité de la KdF, elle n’avait aucune chance.

La populaire Opel P-4 en 1936La populaire Opel P-4 en 1936

Opel présente la première Olympia en 1935, moteur quatre cylindres 1279 cc, dont la grande nouveauté est son châssis qui uni à la carrosserie forme une coque.

Première monocoque Opel, l’Olympia 1935Première monocoque Opel, l’Olympia 1935

Vue de la structure de l’Opel OlympiaVue de la structure de l’Opel Olympia

Opel Olympia Sedan 4 portes 1938

Opel Olympia Sedan 4 portes 1938

Opel Olympia Coach 2 portes 1938Opel Olympia Coach 2 portes 1938

Opel Olympia Cabriolet 2 portes/4 places 1938Opel Olympia Cabriolet 2 portes/4 places 1938

En décembre 1936, Opel remplace la P-4 par la première Kadett.

Il s’agit d’une coque d’Olympia équipée d’un moteur de P-4.

1937 signe aussi la fin d’un cycle industriel important pour Opel avec la vente à NSU de la fabrication des bicyclettes. 

En 50 ans d’activité dans le secteur, plus de 2.6 millions de vélos ont été produits par Opel.

 

Première version de l’Opel Kadett (1937)Première version de l’Opel Kadett (1937)

Deuxième version de l’Opel Kadett (1938)Deuxième version de l’Opel Kadett (1938)



Fin 1937, l’Olympia et la Kadett reçoivent des modifications techniques et une nouvelle carrosserie.

On construit encore quelques Kadett et Olympia au début de la guerre 1939-1945.

Au total, 107.608 Kadett et 167.974 Olympia seront commercialisées jusqu’en 1942.

Parallèlement, Opel présente son nouveau haut de gamme, la luxueuse Opel Admiral à châssis séparé et roues avant indépendantes.

Le moteur est un six cylindres en ligne identique au Chevrolet 3,6 litres.

Assez chère (son prix dépassait celui de la Mercedes six cylindres 230), sa diffusion sera restreinte : 6.404 exemplaires en 1938 et 1939.

Opel Admiral 1938/39 Opel Admiral (1938/39)

Opel Admiral Cabriolet 4 portes 1937Opel Admiral Cabriolet 4 portes (1937)

Opel Admiral, Cabriolet Hebmüller (1939)Opel Admiral, Cabriolet Hebmüller (1939)

Publicité Opel Admiral 1938 (Dessin de Bernd Reuters)Publicité Opel Admiral 1938 (Dessin de Bernd Reuters)

Fin 1938, Opel présente un tout nouveau modèle, la très jolie Kapitän.

Il s’agit d’une monocoque de lignes très modernes et munie d’un six cylindres 2,5 litres à culbuteurs, de roues avant indépendantes et de freins hydrauliques.

Opel en vendra 27.374 unités entre 1938 et 1940.

Berline Opel Kapitän (1939-40) Berline Opel Kapitän (1939-40)

 

Les camions Opel des années vingt sont à leur tour remplacés par des véhicules américanisés en 1930.  Ce sont les modèles Blitz créés aux Etats-Unis.

Leurs moteurs sont basés sur les six cylindres à soupapes latérales de la Marquette, éphémère série  meilleure marché de Buick.

En 1937-38, les moteurs sont modernisés et culbutés.

La gamme des Blitz est étendue et l’on crée pour eux une nouvelle usine à Brandenbourg.

Pour l’armée, on lance en 1940 des camions à quatre roues motrices qui feront merveille dans le bourbier russe.



En 1939, Opel emploie 25.374 personnes, et, pour la 4e année consécutive, est le plus important constructeur d’automobiles d’Europe.

 

Les derniers camions Opel avant l’ère GM (c.1929-30) Les derniers camions Opel avant l’ère GM (c.1929-30)

Le premier Opel Blitz c.1931-32Le premier Opel Blitz c.1931-32

Opel Blitz c.1936-37Opel Blitz c.1936-37

Camion Opel Blitz 1938Camion Opel Blitz 1938

A la fin de la guerre, l’outillage de la Kadett est démonté et amené en Russie où elle sortira bientôt sous le nom de Moskvitch.

(Les Moskvitch 400/_401 seront produites sans grandes modifications jusqu’en 1956 à près de 250.000 exemplaires.)


 


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