L’Opel Frontera : l’amorce d’un besoin…

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Au même titre que la Range Rover, l’Opel Frontera a amorcé ce qui allait devenir une mode trente ans plus tard, à savoir les SUV…

Opel Frontera & Frontera Sport (1991-95)

A l’époque, l’Opel Frontera offrait déjà d’excellentes possibilités en tout-terrain tout en disposant également d’un bon comportement routier. Et en plus, il arborait une ligne convaincante.

Pendant des décennies, le monde de l’automobile a été clairement compartimenté. D’un côté, il y avait des voitures pour la route et des véhicules plus exclusifs destinés à sortir des sentiers battus. Cependant, ces machines rustiques n’étaient pas très plaisantes à conduire sur l’asphalte.

En 1991, le binôme Opel/Vauxhall a présenté au Salon de l’automobile de Genève un « véhicule récréatif à transmission intégrale » dénommé Frontera (frontière en espagnol). Basé sur l’Isuzu MU présenté au Japon en 1989, ce SUV a eu deux présentations : ce fut tout d’abord le compact Opel Frontera Sport à trois portes qui fut chargé de présenter ses qualités de baroudeur. Puis ce fut au tour du Frontera cinq portes à empattement long, précurseur des 4×4 de luxe modernes.

Avec le Frontera, la marque allemande a fondé le segment de marché des 4×4 polyvalents et a préludé au boom du SUV. En Allemagne, la voiture a été élue « 4×4 de l’Année » en 1991 et 1992.
Dès 1993, le Frontera pulvérisait la concurrence avec ses pneus à tétons, et prenait la tête des immatriculations.
En 1993 et 1994, il était le tout-terrain le plus vendu en Europe, l’Allemagne étant son marché le plus important. Plus de 320 000 unités étaient immatriculées. Ce véhicule qui portait le nom d’une frontière avait justement su les abattre. Le Frontera a su d’abord défricher un nouveau segment, avant de devenir le roi incontesté de ce nouveau territoire.

Développée au Royaume Uni, un pays de tradition 4×4

C’est une équipe d’ingénieurs internationaux qui a développé l’Opel Frontera spécialement pour le marché européen. Dans leur cahier des charges, il fallait que le nouveau véhicule arbore un aspect dynamique, soit confortable et bénéficie d’un bon comportement routier. Ce nouveau modèle à transmission intégrale a été développé en coopération avec le partenaire d’Opel de l’époque, Isuzu qui s’était spécialisé dans les véhicules tout-terrain depuis 1981.
Le constructeur japonais avait lancé son Isuzu MU en version trois portes deux ans plus tôt. L’acronyme « MU » était l’abréviation de « Mysterious Utility ». Et en 1990, apparaît une version à cinq portes appelée Isuzu MU Wizard.

C’est donc sur ces deux bases que General Motor décide de concurrencer les marques importées du Japon comme Daihatsu, Mitsubishi, Nissan, Suzuki et Toyota qui avaient connu du succès et ce, sans parler de l’émulation grandissante pour le Range Rover…

Opel Frontera A

Opel/Vauxhall Frontera manufacturing in Luton plant, 1992

C’est sous les noms de Vauxhall Frontera au Royaume-Uni et d’Opel Frontera en Europe que ce SUV a été dévoilé en novembre 1991. Il a été construit dans l’ancienne usine Bedford à Luton, en Angleterre. Cette usine, connue sous le nom d’usine IBC (Isuzu Bedford Company) était passée dans les années 1980 sous l’autorité conjointe d’Isuzu et de General Motors. Le Frontera était monté à côté d’autres véhicules utilitaires.
A noter que la version australienne et néo-zélandaise s’est appelée Holden Frontera et a aussi été produite à l’usine de Luton.

Originalité absolue : l’Opel Frontera Sport, un 4×4 avec une capote

Le Frontera est entré sur le marché fin 1991 en deux versions :

Le Frontera Sport deux portes avec toit rigide et empattement court était équipé d’un moteur à essence de 2,0 litres qui – comme sur d’autres modèles Opel – délivrait 115 ch.

Opel Frontera Sport (1991-95)

Le Frontera cinq portes à empattement long était disponible avec le moteur à essence 2,3 litres, présent sous le capot de l’Omega (125 ch) ou avec le 2,3 turbo diesel (100 ch). Les deux moteurs à essence étaient équipés de série d’un pot catalytique trois voies.

La transmission se composait d’une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports et d’une boîte de transfert, de sorte que le conducteur pouvait passer de la propulsion à la transmission intégrale, avec des rapports longs ou courts en 4×4.
Un différentiel arrière à glissement limité était disponible en option.

Opel Frontera (1991-95)

Le Frontera était équipé d’un châssis échelle séparé qui supportait également la suspension et le groupe motopropulseur.
La carrosserie était fixée au châssis par des supports en caoutchouc spéciaux – dix pour la deux portes et douze pour la cinq portes – qui assuraient une isolation optimale du bruit et des vibrations.

Les six traverses du châssis échelle assuraient une rigidité maximale en torsion pour la conduite hors-piste.
Le groupe motopropulseur était placé sur des supports indépendants afin de pouvoir être facilement retiré pour l’entretien ou les réparations.

Opel Frontera, MY 1991

En production, le châssis échelle soudé recevait une peinture à base de poudre époxy et les cavités étaient traitées avec de la cire. La majorité des panneaux de carrosserie étaient en acier zingué, dont 90% sur les deux faces.

La carrosserie était également soumise à un processus supplémentaire de prévention de la corrosion en dix étapes. Ensuite, elle était fixée au châssis et équipée de ses passages de roue.

Opel Frontera Sport (1991-95)

La version deux portes recevait un arceau de sécurité et un toit rigide. Une autre couche de cire sur le soubassement de la carrosserie complétait l’assemblage final, donnant au Frontera une protection optimale contre la corrosion.

1998 : plus de confort et de sécurité pour la deuxième génération de Frontera

A l’automne 1998, conjointement à son partenaire Isuzu, Opel lançait la deuxième génération du Frontera, qui recevait un nouveau diesel à injection directe de 2,2 litres ou un moteur à essence V6 de 3,2 litres. Ce nouveau véhicule tout-terrain se caractérisait par une tenue de route et un confort encore améliorés, une sécurité accrue et un design renouvelé.

Le système électronique « No Stop 4×4 » monté sur toutes les versions permettait désormais au conducteur de passer de la propulsion aux quatre roues motrices sans s’arrêter.

Opel Frontera B (1999)
Opel Frontera B (1999)

La deuxième génération de Frontera était équipée de moteurs modernes à quatre soupapes. Le 2,2 DTI 16V de 115 ch développait un couple maximal de 260 Nm. Le nouveau groupe motopropulseur de base était le quatre cylindres essence 2.2 16V (136 ch, 202 Nm).
Le double arbre d’équilibrage des deux groupes motopropulseurs assurait un fonctionnement très onctueux.

Le moteur haut de gamme était le 3.2 V6 de 205 ch et 290 Nm, exclusivement réservé à l’Opel Frontera Limited.

Opel Frontera B, Cockpit (1999)

Grâce à un essieu arrière à cinq bras et à un empattement plus long sur la version à cinq portes, le comportement sur route et hors-piste était nettement amélioré par rapport à la version précédente. En outre, des moteurs plus silencieux, de nouveaux joints de porte et une meilleure isolation acoustique permettaient de réduire le bruit intérieur d’environ 50%.

Le nouveau Frontera offrait également une sécurité passive accrue. En plus de la protection contre les chocs latéraux, le renforcement des serrures et des charnières des portes permettait d’optimiser le comportement de la carrosserie en cas d’accident, toujours montée sur un robuste châssis échelle.

Opel Frontera B Sport, 1999
Opel Frontera B (1999)

Le système de retenue profitait de l’arrivée d’airbags de grand volume et de prétendeurs pyrotechniques pour les ceintures de sécurité du conducteur et du passager avant. Le Frontera Sport était équipé d’appuie-tête avant réglables en hauteur, tandis que le cinq-portes était disponible avec un troisième appuie-tête arrière

La deuxième génération de ce SUV best-seller se caractérisait par des lignes plus arrondies. Elles donnaient au tout-terrain une allure plus élégante, tout en lui conservant son caractère de robustesse. Un montant central plus étroit et une fenêtre latérale supplémentaire amélioraient la visibilité et la sécurité active du Sport.

Pour les 30 ans : la possibilité de passer en « Collection »

Les livraisons du premier Frontera ont commencé à la fin de 1991. Ces voitures peuvent donc être immatriculées dès cette année en « Collection ». Il existe de nombreuses offres de Frontera sur le marché des voitures d’occasion. Le Frontera a été produit à Luton jusqu’à la fin de 2003.

Opel Frontera & Frontera Sport (1991-95)

Sur le plan mécanique, les deux générations sont robustes et fiables. De nombreux Frontera ayant plus de 300.000 km au compteur sont disponibles en annonce, aussi bien en diesel qu’en essence.
Les derniers modèles équipés de six cylindres possédant un carnet d’entretien complet sont actuellement les plus recherchés. Le Frontera Sport mérite également d’être pris en considération. Après tout, c’était le premier coupé-cabriolet tout-terrain.

Opel peut se vanter d’être avec le Frontera un des précurseurs d’un courant automobile, celui des crossovers, des 4×4 ou des SUV, bien avant que l’on soit familiarisé avec ces noms.

Automania Team

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