Maserati Story (Part III: 1988-2014)

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L’année 2014 sera extrêmement importante pour Maserati, puisque la marque au trident entre dans la très exclusive caste des marques centenaires ;

mais ce sera aussi (et avant tout…) la première année complète de production de la nouvelle berline Ghibli qui détient les clés des nouvelles ambitions de la marque, qui est de devenir, à moyen terme, une transposition italienne de Porsche.


Voici la troisième partie de l’histoire de Maserati: Maserati Story (1988-2014).

Pour lire la première partie:  Maserati Story (1914-1961), veuillez cliquer ici

Pour lire la deuxième partie: Maserati Story (1962-1987), veuillez cliquer ici


 

Maserati  Karif (c.1989)Maserati Karif (c.1989)

Maserati  Karif (c.1989)

En mars 1988 (Salon de Genève), Maserati dévoile la Karif, un coupé sur base du spyder doté d’un toit rigide soudé et  du V6 2,8 litres le plus puissant de la gamme (285 ch et 25,8 sec au km DA)

 

Maserati V6-4AC-24 (c.1989)Maserati V6-4AC-24 (c.1989)

En Avril 1988 (Salon de Turin), Maserati présente un nouveau V6 à 90° doté de culasses à 4 soupapes par cylindres et 2×2 ACT, connu en interne comme le V6-4AC-24.

Maserati 2.24v (c.1989)Maserati 2.24v (c.1989)

En décembre 1988, lors de la conférence de presse Maserati, traditionnellement organisée par Alejandro De Tomaso à Modène chaque 14 décembre (date anniversaire de la création de la marque) est (enfin) présentée la première Biturbo à 4 soupapes :

La Maserati 2.24v qui recevra en 1992 des lignes retouchées par Marcello Gandini, devenu designer indépendant après une longue carrière chez Bertone.

 

Maserati 2.24v (c.1992)Maserati 2.24v (c.1992)

En décembre 1989, Maserati donne une conférence de presse « historique » :

Maserati annonce l’entrée de Fiat dans son capital (à hauteur de 49%).


En effet, après quelques années euphoriques, qui auront permis de sauvé Maserati d’une disparition pure et simple, certaines approximations de mises au point et de finition ont fortement terni l’image de la marque au Trident.

A un point tel que ses ventes sont passées de plus de 6.300 voitures en 1984 (avec une gamme de 2 modèles: Biturbo & Quattroporte) à moins de 3.000 en 1989

(7 modèles: Biturbo, 420-425-430, Spyder, 228, Karif, Shamal&Quattroporte)

En 1989 donc, Maserati va à nouveau  très mal et l’apport financier et technique que Fiat lui apporte est providentiel pour sa survie, car durant la première moitié des années 1990, les ventes continueront de chuter.

Mais lors de cette conférence de presse de décembre 1989, outre l’entrée de Fiat dans le capital de Maserati, une voiture totalement nouvelle est présentée :

La Maserati Shamal (tipo 339).

Dessiné par Gandini dans un style assez exubérant, ce coupé est doté d’un intéressant dispositif d’amortissement électronique et il est propulsé par un tout nouveau V8 biturbo à 2×2 ACT, 32 soupapes d’une cylindrée de 3217 cc, 326 ch @6000 tr/mn et 432 Nm @3000 tr/mn.

Maserati Shamal c.1991 Maserati Shamal c.1991 (Moteur V8 3,2 litres, capable de 260 km/h).

Maserati Shamal c.1991

En décembre 1990, outre la version définitive de la Shamal, les dirigeants de Maserati présentent :

-1° La Maserati Racing, une Biturbo extrême avec un V6 24 soupapes de 1996cc qui développe 283 ch @ 6.250 tr/mn et un dispositif d’amortissement électronique similaire à celui de la Shamal.

Maserati Racing (1991-1992)Maserati Racing (1991-1992)

Maserati Racing (1991-1992)

-2° La Maserati Chubasco, une berlinette supersport à moteur central arrière et aux lignes signées Gandini, est un autre projet ambitieux qui demeurera à l’état de «mock-up».

Maserati Chubasco Concept (1989)Maserati Chubasco Concept (1989)

Maserati Chubasco Concept (1989)

Maserati Barchetta Corsa (1992)Maserati Barchetta Corsa (1992)

En décembre 1991, Maserati présente la Barchetta, une…barquette conçue par Carlo Gaino de Synthesis Design, basée sur le châssis de la Chubasco, et propulsée par une version affutée du V6 2,0 litres de la Racing (315 ch).

La Barchetta sera produite en 2 versions, Stradale & Corsa (une quinzaine d’exemplaires produits qui, pour la plupart, participèrent au « Grantofeo Barchetta » organisé en 1992 et 1993).

Maserati Barchetta Stradale (1992)Maserati Barchetta Stradale (1992)

Maserati Barchetta Stradale (1992)

En décembre 1992, Maserati présente la Barchetta Stradale.

Propulsée par une version légèrement assagie du V6 2,0 litres (306 ch) de la Barchetta Corsa , la Barchetta Stradale reçoit une face avant modifiée pour recevoir l’éclairage routier et des suspensions et une garde au sol plus aptes à affronter le réseau routier européen.

Un seul exemplaire de la Barchetta Stradale sera construit, celui des présentations à Modène et Genève…

Maserati Ghibli (c.1993)Maserati Ghibli (c.1993)

Maserati Ghibli (c.1993)

En 1992, au salon de Turin, apparaît la Ghibli (tipo 336), un coupé dessiné par Gandini dans un style assagi (cf. Shamal).

Dans un premier temps, le coupé Ghibli reçoit un V6 2,0 litres dont la puissance est portée à 305 ch.

Suivront les Ghibli 2,8L, Ghibli Cup, Ghibli Open Cup, Ghibli « 94 », Ghibli Primatist.

Entre 1992 et 1997, un total de 2.303 Maserati Ghibli II seront construites.

Maserati Ghibli GT (c.1997)Maserati Ghibli GT (c.1997)

Maserati Ghibli Primatist (c.1997)Maserati Ghibli Primatist (c.1997)

 

En mai 1993, Alejandro De Tomaso vend la totalité de ses actions Maserati à Fiat.

D’importants travaux sont immédiatement entamés dans l’usine de Modène.

C’est la fin d’une époque troublée que beaucoup décrient, voire occultent.

Rappelons quand même que, seul « Don Alejandro » a osé l’aventure qu’était la reprise de Maserati et, sous sa houlette, la marque au trident a survécu 20 années parmi les plus troublées de l’histoire de l’automobile, jusqu’à ce qu’enfin Maserati intègre le groupe Fiat et trouve la stabilité financière sans laquelle il est impossible de lancer de véritables nouveaux produits.

Maserati Quattroporte IV (1994)Maserati Quattroporte IV (1994)

Maserati Quattroporte IV (1994)

En 1994, une nouvelle Berline Quattroporte est dévoilée.

Conçue sur une base mécanique de Ghibli, la Quattroporte IV, dessinée, elle aussi, par Gandini, se veut la remplaçante des deux berlines à quatre portes de la gamme Maserati.

Dans un premier temps, la Quattroporte IV se substitue aux berlines 420-425-430.

A partir de 1996, la Quattroporte peut accueillir le V8 3,2 litres  de la Shamal et reprend place dans le créneau abandonné par Maserati depuis l’arrêt de la Quattroporte III.

Entre 1994 et 1998, 1.670 Maserati Quattroporte IV sont produites.

(voir : Maserati Quattroporte Story).

Maserati Quattroporte Evoluzione (1998)Maserati Quattroporte Evoluzione (1998)

Maserati Quattroporte Evoluzione (1998)

En 1998, en devenant Quattroporte IV Evoluzione, la Quattroporte IV évolue peu  esthétiquement, mais reçoit 400 modifications techniques apportées par le nouveau management installé par Ferrari.

Entré en juillet 1997 à 50% dans le capital de Maserati, Ferrari l’incorpore totalement  en novembre 1999, qui, pour des raisons de stratégie interne, rejoindra à nouveau Fiat Auto en 2006.

Entre 1998 et 2001, 1.213 Maserati Quattroporte Evoluzione sortiront d’usine.

Maserati 3200GT (Genève 1999)Maserati 3200GT (1999)

Maserati 3200GT (Genève 1999)

En 1998 également, la Maserati 3200GT remplace la Shamal.

C’est un coupé 2+2 dessiné par Giugiaro dont le moteur est une évolution du V8 biturbo de la Shamal.

En avril 2001, sortira une série numérotée et limitée à 250 exemplaires, appelée 3200GT « Asseto Corsa ».

Maserati 3200GT Asseto Corsa (2001)Maserati 3200GT Asseto Corsa (2001)

Maserati Spyder (2004)

Maserati Spyder (2004)

Maserati Spyder (2004)


En juillet 2001, Maserati présente la Spyder, une biplace décapotable dessinée par Giugiaro sur un châssis raccourci de coupé 3200GT et recueillant certaines modifications destinées aux autorités US sourcilleuses sur certains détails de carrosserie tels que les phares arrière en forme de boomerang.

De plus, le Maserati Spyder reçoit un tout nouveau moteur, le premier moteur atmosphérique Maserati depuis 20 ans.

C’est un V8 4,2L (4254cc – 92x80mm – 390 ch@7000 – 451 Nm@4500) issu du V8 Ferrari de la 360 Modena (3586cc – 85x79mm – 400 ch@8500 – 375 Nm@5000) et fabriqué dans l’usine Ferrari.

Maserati Coupé 2004

Maserati Coupé 2004

En janvier 2002, au NAIAS de Detroit, le Maserati Coupé remplace le 3200GT et reçoit toute la mécanique du Spyder, ainsi que toutes les modifications esthétiques signées Italdesign-Giugiaro, mais avec un empattement allongé (+220mm), nécessaire à la configuration 2+2.

Les Maserati Coupé et Spyder recevront en automne 2004 les retouches esthétiques habituelles de « mi-mandat ».

Maserati  «Kubang GT Wagon» Concept (Giugiaro - Detroit 2003)Le concept Maserati «Kubang GT Wagon» (Giugiaro – NAIAS Detroit 2003)

Maserati  «Kubang GT Wagon» Concept (Giugiaro - Detroit 2003)

En janvier 2003, au NAIAS de Detroit, Maserati présente le concept Kubang GT Wagon , un SUV dessiné par Giugiaro qui devait entrer en production en 2005.

Ce projet a avorté, mais en septembre 2011, réapparaît l’appellation Kubang sur un nouveau projet de SUV dessiné en interne sous la direction de Lorenzo Ramaciotti et développé avec Jeep, le nouvel allié.

Maserati Quattroporte Concept (ItalDesign Paris 2002)Maserati Quattroporte Concept signé ItalDesign (Paris 2002)

Maserati Quattroporte Concept (ItalDesign Paris 2002)

Maserati Quattroporte V (2004)Maserati Quattroporte V (2004)

Maserati Quattroporte V (2007)Maserati Quattroporte V (2007)


Durant l’été 2003, sort la 5e génération de Quattroporte (Tipo M139), dessinée par Pininfarina, cette grande berline dotée du V8 4.2 litres aura un succès commercial tel qu’il a très certainement été le déclencheur de la nouvelle politique commerciale bien plus ambitieuse que ce qu’il était pensable d’imaginer avant cette Quattroporte V.

(voir : Maserati Quattroporte Story).

Maserati MC12 Stradale (Genève 2004)Maserati MC12 Stradale (Genève 2004)

En avril 2004, au Salon de Genève, Maserati présente deux nouveautés:


-1° La Maserati MC12, future championne du Monde de FIA-GT1 en 2006 et 2007 , cette berlinette très longue (5.143mm) et très large (2.096mm) dessinée par Giugiaro est techniquement issue de la Ferrari Enzo.

Dès le début, la Maserati MC12 était destinée à la compétition.

Maserati MC12 Corsa (2005)Maserati MC12 Corsa (2005)

Maserati MC12 Corsa (2005)Maserati MC12 Corsa (2005)

Maserati MC12 Corsa (2005)

Néanmoins, pour recevoir son homologation FIA-GT1, il fallait que la voiture soit produite dans une version « Street Legal » en un minimum de 25 exemplaires.

Ce qui fut fait, et plus surprenant, vu le prix demandé (env. 750.000 €), il fallut en produire 25 supplémentaires pour satisfaire la demande…

Maserati GranSport (Genève 2004)Maserati GranSport (Genève 2004)

-2° La Maserati GranSport, version affutée du Coupé (400 ch), uniquement disponible avec la boîte Cambiocorsa.

Karl-Heinz Kalbfell (2005)Karl-Heinz Kalbfell (2005)


La réintégration en 2005 de Maserati dans Fiat Auto  cause quelques soucis de stratégie commerciale et amène des changements fréquents à la tête de Maserati.

 

En 2005, Karl-Heinz Kalbfell, ancien haut dirigeant de BMW et Rolls-Royce , devient CEO de Maserati en rempacement de Martin Leach.

K-H. Kalbfeld est également chargé du développement stratégique du pôle sportif Alfa Romeo/Maserati.

En Septembre 2006, Mr. Kalbfell est remplacé par Roberto Ronchi, qui lui-même sera remplacé par Harald J. Wester en août 2008.

Dès janvier 2009, H.J. Wester devient également CEO d’Abarth et dès janvier 2010, il devient CEO d’Alfa Romeo et dirige depuis les trois marques sportives de Fiat Auto.

Harald J. Wester (2010)Harald J. Wester (2010)


Maserati GranTurismo (Genève 2007)

Maserati GranTurismo (Genève 2007)


En mars 2007, au Palexpo de Genève, la Maserati GranTurismo, un coupé 2+2 dessiné par Jason Castriota pour Pininfarina, remplace la Maserati Coupé.

En septembre 2009, à Francfort, le GranCabrio, cabriolet issu du GranTurismo, prend la relève du Spyder arrêté en 2007.

Maserati GranCabrio 2010(IAA Frankfurt 2009)

En janvier 2013, au NAIAS de Detroit, Maserati présente la Quattroporte VI (tipo M156), stylistiquement très inspirée de la précédente mouture, mais sur un empattement de 3.171mm (3.065mm sur la Quattroporte V) et une longueur de 5.262mm (5.052mm précédemment) qui lui donnent une habitabilité supérieure.

Maserati Quattroporte VI 2013 (NAIAS Detroit 2013)Maserati Quattroporte VI 2013 (NAIAS Detroit 2013)

De plus, la Quattroporte VI, outre un V8 (QP GTS : 3.799cc – 530ch), peut désormais recevoir un V6 essence (QP S : 2.979 cc – 410 ch) et, «révolution» analogue à celle qui bouleversa certains Porchistes, un V6 turbodiesel 2.987cc de 275 ch (Partiellement étudié chez Ferrari quand même)…

Et enfin, une transmission intégrale est disponible avec le V6 essence (Quattroporte S Q4).

Maserati Ghibli 2014 (Shangai 2013)Maserati Ghibli 2014 (Shangai 2013)

En avril 2013, au Salon Auto Shanghai, apparaît une nouvelle berline toujours dessinée par Pininfarina, la Ghibli (tipo M157) qui, par ses dimensions (L:4.971mm- l:1.945mm- E:2.998mm) se situe dans le segment immédiatement en dessous de la Quattroporte et garde la quasi totalité de la technologie (comme le V6 Diesel, mais pas le V8) de cette dernière.

Pour produire la Ghibli, le groupe Fiat a acheté et réaménagé l’ancienne usine Bertone de Grugliasco, car la Ghibli doit permettre à Maserati de devenir un acteur important dans le secteur de l’automobile « Premium ».

En examinant les chiffres de ventes 2013 de Maserati (les ventes ont augmenté de 150 % en un an, passant de 6.200 unités en 2012 à 15.400 en 2013), on peut penser que tout soit bien engagé pour que le « plan quinquennal » de production présenté en 2012 (50.000 voitures vendues en 2017) s’avère juste.

Maserati KUBANG Concept (IAA Frankfurt 2011)Maserati KUBANG Concept (IAA Frankfurt 2011)

Le Maserati Kubang GT Wagon Concept, le projet avorté de 2003, réapparaît en septembre 2011, sous la forme d’un projet de SUV également appelé  Kubang.

Le SUV Kubang 2011 a été dessiné en interne sous la direction de Lorenzo Ramaciotti et développé avec Jeep, le nouvel allié.

Cette année encore, sans doute au Mondial de l’Automobile à Paris d’octobre 2014, Maserati dévoilera la version définitive du Maserati Kubang qui devrait soutenir les berlines Ghibli et Quattroporte dans les nouvelles ambitions de la marque, mais cette histoire-là n’est pas encore écrite…   


Pour lire la première partie:  Maserati Story (1914-1961), veuillez cliquer ici

 

Pour lire la deuxième partie: Maserati Story (1962-1987), veuillez cliquer ici