HISTORIQUE : Laviolette et ses traction avant.

Depuis plusieurs années déja, la marque hollandaise Spyker est réapparue et produit depuis lors des berlinettes et des roadsters de très haut niveau.


Depuis lors, la plupart des personnes qui se sont intéressés à la marque ont dû se demander pourquoi avoir baptisé du nom de Laviolette sa berlinette C8.


Nous en profitons pour vous parler d’un illustre compatriote totalement inconnu : Joseph Laviolette.


Festina.

Joseph Laviolette naquit à Marloie, près de Marche-en Famenne, en 1881. Après des études d’ingénieur, il entra chez Spyker, le principal constructeur automobile néerlandais de l’époque, au début 1902. L’usine avait entamé l’étude d’une extraordinaire six cylindres à quatre roues motrices et la première mission de Laviolette fut d’en étudier tous les détails afin de pouvoir la présenter au salon de Paris de décembre 1903. Par la suite, Spyker commercialisa, en plus de ses excellentes voitures classiques, quelques quatre cylindres à quatre roues motrices (1904-05).

Laviolette devint responsable des études de la plupart des modèles Spyker jusqu’en 1913, date à laquelle il quitta l’usine.

Festina.

Ses travaux sur les quatre roues motrices l’avaient initié aux problèmes de roues à la fois motrices et directrices et le firent s’intéresser à la traction avant. Il entra en contact avec des hommes d’affaires néerlandais et entama la construction d’un prototype de voiture à traction avant qui fut baptisée Festina. Elle fut montée aux Pays-Bas à l’aide de pièces importées de Belgique. Le moteur quatre cylindres monobloc (75 x 130) de 2297 cc, à soupapes latérales, se situait entre la transmission et le radiateur placé en tablier. La boite quatre vitesses, l’embrayage multi disques, le différentiel et la transmission à vis formaient un ensemble placé sur l’axe avant. Le mouvement était communiqué aux roues avant par des arbres à cardan. L’essieu avant était rigide, suspendu par des ressorts semi elliptiques.

Festina.

La Festina passa en Angleterre en 1915 à la recherche d’une usine susceptible de la construire. Malgré des essais réussis et de bons commentaires dans la presse, le projet n’aboutit pas.

Festina II.

Entre-temps Joseph Laviolette était passé en France et travaillait chez Bellanger. A la fin de la guerre, il construisit une deuxième Festina qu’il fit immatriculer en Belgique.

Festina II.

Il avait également redessiné la voiture en plaçant le radiateur à l’avant et entra en rapport avec deux industriels bruxellois, Fernand Dewitteleir, représentant notamment Solex, et A.De Middelaer qui fabriquait des soupapes pour l’aviation et l’automobile. Les ateliers De Middelaer sortirent fin 1921 deux châssis de la nouvelle voiture appelée maintenant Laviolette.

Festina.

Le moteur était un moderne quatre cylindres (75×120) à un arbre à cames en tête. Les associés ne désiraient pas construire la voiture eux-mêmes mais approchèrent plusieurs usines belges pour leur proposer une licence. Métallurgique s’y intéressa un moment, fit des essais et finalement se désista. La voiture était nerveuse, légère, agréable, tenait bien la route, mais les pneus à haute pression de l’époque détérioraient ses cardans.

Laviolette.

Fernand Dewitteleir fit carrosser par Albert D’Ieteren un des châssis et l’utilisa quelques temps. En 1940, par manque de place, il dut s’en séparer et l’offrit au musée de la voiture qui n’en voulut pas et la pauvre Laviolette finit à la casse.

Laviolette.

Quant à Joseph Laviolette, il quitta Bellanger pour aller chez DFP, toujours près de Paris, et quand cette dernière affaire dut fermer ses portes en 1926, il revint en Belgique et entra chez Fabelta, importante affaire textile. Il décéda à Bruxelles en 1949.

Laviolette.

Laviolette.
Texte et archives de Jacques et Yvette Kupélian