FN – Fabrique Nationale Story

FN c.1931 dessin publicitaire de Milo MartinetFN c.1931 dessin publicitaire de Milo Martinet


 

Plusieurs fabricants d’armes de la région liégeoise s’associent en 1886 et s’installent à Herstal.

Cette association devient une société en 1889 et reçoit alors une importante commande gouvernementale de 150.000 fusils.

Après diverses péripéties, la Fabrique Nationale passe aux mains d’industriels allemands du domaine des armes en 1896.

La direction belge de la FN dépend des Allemands pour les armes, mais cherche de son coté d’autres fabrications et se lance dans la construction de bicyclettes.

Côté armes, c’est à cette époque que la FN acquiert la licence de construction du révolver américain Browning.

Les vélos ont du succès, mais l’usine pense alors aux automobiles et charge l’ingénieur Henri de Cosmo d’en concevoir une.

Au printemps 1899, commencent les essais d’une voiturette à moteur avant deux cylindres de 796cc et 3,5 CV, placé transversalement.

La transmission se fait par courroies et chaînes.

La voiturette marche bien et a du succès.

On en fera environ 200 jusqu’en 1902.

Voiturette FN 1900 en tonneau quatre placesVoiturette FN 1900 en tonneau quatre places

En 1901, Camille Jenatzy fait faire chez FN trois grosses voitures de course, système pétroléo-électrique, c’est à dire un moteur à essence de 60 CV plus un moteur électrique de 40 CV.

Deux seront terminées, mais manquant de mise au point, n’auront guère de résultat sportif.

Pétroléo-électrique de course de Jenatzy, construite à la FN en 1901Pétroléo-électrique de course de Jenatzy, construite à la FN en 1901

Entretemps, la FN avait étudié une moto dont la fabrication démarre fin 1901.

Le succès est immédiat et bientôt l’automobile passe au second plan.

Divers prototypes destinés à succéder à la voiturette ne seront pas commercialisés.

FN quatre cylindres de 1902, qui ne sera pas commercialisée, seuls seront réalisés quelques prototypesFN quatre cylindres de 1902, qui ne sera pas commercialisée, seuls seront réalisés quelques prototypes

En 1902, FN conclut un accord avec De Dion Bouton par lequel la succursale FN de Bruxelles représente la firme française en Belgique.

On pense ensuite revenir à l’automobile et, en 1905, on agrandit l’usine dans ce but.

Puis on prend la licence de la voiture lyonnaise Rochet-Schneider en fin d’année et on présente la RSB, Rochet-Schneider Belge, une grosse quatre cylindres de 6,8 litres, transmission par chaînes.

Elle sera faite jusqu’en 1913 à 300 exemplaires.

Une des premières RSB (Rochet-Schneider Belge) construite par FN en 1905Une des premières RSB (Rochet-Schneider Belge) construite par FN en 1905

 

Une des dernières RSB ou FN 30/40 CV (c.1912)Une des dernières RSB ou FN 30/40 CV (c.1912)

Courant 1906, FN construit une voiture légère, le type 2000, une quatre cylindres classique, à soupapes latérales, boîte trois vitesses, transmission par cardan.

FN type 2000A de 14/18 HP (1909)FN type 2000A de 14/18 HP (1909)

Jusqu’en 1914, la FN construit divers types de voitures légères et moyennes, économiques d’emploi et classiques de conception.

Environ 1.500 exemplaires seront produits de 1906 à 1912.

Voiture légère FN « 1560 » de 1910Voiture légère FN « 1560 » de 1910

 

FN 2700A (1914)FN 2700A (1914)

En fin 1913, on présente une voiture populaire, la « 1250 » de 1244 cc, mais on ne put en faire que 444 unités avant que la guerre de 1914 ne se déclenche.

La petite FN 1250 présentée en fin 1913La petite FN 1250 présentée en fin 1913

Pendant l’occupation allemande, l’usine devient un atelier de réparation pour le charroi militaire.

En 1919, l’affaire est mise sous séquestre car bien allemand.

Plus tard, elle sera reprise par la Société Générale.

La production repart en 1919 avec les motos dont le succès ne se dément pas, surtout les célèbres quatre cylindres.

La fabrication automobile repart au printemps 1920 avec des modèles de 1914 légèrement modifiés, les 1250A, 2150 et 2700AT.

FN 2150 (1920)   FN 2150 (1920)

 

Une des dernières FN 1250, la 1250T de 1923Une des dernières FN 1250, la 1250T de 1923

Les 1250 seront construites en 1.200 unités de 1914 à 1924.

Quant aux modèles moyens, 2150 et 2700 AT, on a dû en fabriquer un millier jusqu’en 1924.

Une nouvelle FN de luxe apparait en 1921 (c’était un modèle prévu pour la fin 1914 mais la guerre a empêché sa mise en fabrication).

Il s’agit de la 3800, une grosse quatre cylindres de 3,8 litres entièrement classique, il y en aura 290 livrées jusqu’en 1925.

La grosse FN 3800T de 1923La grosse FN 3800T de 1923

En octobre 1922, FN lance sa 2200, une nouvelle voiture moyenne de 15 CV qui se fera en différentes versions jusqu’en 1926, 1.400 exemplaires seront construits en tout.

Châssis FN 2200 15 CV en 1923Châssis FN 2200 15 CV en 1923

 

FN 2200F de 1924, carrosserie HofkensFN 2200F de 1924, carrosserie Hofkens

 

La dernière version de la FN 2200, la 16 CV de 1926 (carrosserie Vesters)La dernière version de la FN 2200, la 16 CV de 1926 (carrosserie Vesters)

En fin 1923, est présentée la remplaçante de la 1250, le type 1300, à moteur quatre cylindres à soupapes en tête à culbuteurs de 1327 cc, à boîte trois vitesses en bloc avec le moteur, freins sur les quatre roues.

Il y en aura 2.800 exemplaires dont 200 en version sport de 1450 cc.

Ces FN Sport brilleront dans diverses épreuves sportives et remporteront notamment la Coupe du Roi aux 24 Heures de Francorchamps.

La FN 1300 exposée au salon de Londres en fin 1924La FN 1300 exposée au salon de Londres en fin 1924

 

L’équipe FN à la Coupe du Roi de Francorchamps 1925L’équipe FN à la Coupe du Roi de Francorchamps 1925

 

Châssis FN 1300Châssis FN 1300

En 1925, la FN construira 1.500 voitures et est donc le second producteur d’autos de Belgique, juste derrière Minerva.

En fin 1927, la 1300 est remplacée par la 1400 à moteur 1450 cc.

La voiture est un peu plus grande et sa carrosserie est une berline en similicuir sur ossature bois, le radiateur est plat.

La FN 1400 sera célèbre pour avoir été le premier véhicule à quatre roues à relier Alger au Cap en 1928.

Une des deux voitures engagées rentra à Liège (par bateau), l’autre ayant été démolie en cours de route.

Cette solide (si pas très jolie) 1400 sera construite à 2.000 exemplaires et remplacée pendant l’été 1929 par la 11 CV Tôlée qui sera faite jusqu’en 1931 à 1.800 unités.

FN 1400 de 1928FN 1400 de 1928

 

 Les deux FN 1400 du raid Alger-Le Cap avant leur embarquement pour AlgerLes deux FN 1400 du raid Alger-Le Cap avant leur embarquement pour Alger

 

FN 1625 11 CV de 1932FN 1625 11 CV de 1932

C’est à cette époque qu’a lieu un essai de collaboration entre FN et Minerva qui n’aura guère de suite.

A la fin des années 1920, la Belgique est envahie par les autos américaines qui profitent d’un taux de douane belge bas, ce qui défavorise fortement la construction nationale.

En 1930, la FN envisage d’attaquer la construction américaine sur son terrain et charge l’ingénieur Warnant d’étudier une voiture d’inspiration et de gabarit américain.

Ce sera une huit cylindres de 3,25 litres, à soupapes latérales, boîte quatre vitesses.

On sort une bonne voiture avec des qualités routières indéniables, mais son aspect est un peu vieillot et surtout son prix est un peu élevé.

On n’en fera que 400 jusqu’en 1936.

La FN 8 cylindres en fin 1930La FN 8 cylindres en fin 1930

 

La FN 8 en cabriolet (fin 1932)La FN 8 en cabriolet (fin 1932)

 

Le moteur FN huit cylindres (1932)Le moteur FN huit cylindres (1932)

En 1931, la 11 CV Tôlée est remplacée par la 1625 qui ne diffère que peu de sa devancière.

FN sort un nouveau modèle au printemps 1933, la Prince Baudouin, une berline tout acier à moteur quatre cylindres de deux litres à soupapes latérales.

Le châssis est rigidifié par un croisillon.

Solide et bien construite, ce n’est cependant pas un foudre de guerre mais on en fera tout de même 1.300.

La FN Prince Baudouin (printemps 1933)La FN Prince Baudouin (printemps 1933)

En 1932, la Baudouin est accompagnée par la nouvelle Prince Albert, de technique semblable, mais plus vaste et de 2,25 litres de cylindrée.

Il y aura 500 Prince Albert.

La FN Prince Albert 1934La FN Prince Albert 1934

Il y a eu quelques exemplaires de la FN Prince Albert à carrosserie spéciale profilée due au carrossier liégeois Pritchard-Demolin en 1934-35Il y a eu quelques exemplaires de la FN Prince Albert à carrosserie spéciale profilée due au carrossier liégeois Pritchard-Demolin en 1934-35

Malheureusement, au cours de l’année 1935, certains politiciens poussent le gouvernement à signer un accord commercial avec les Etats-Unis, accord qui accepte une réduction importante des droits de douane sur les importations automobiles contre une réduction des droits américains pour certains produits belges comme le ciment.

L’industrie nationale, déjà peu protégée, ne l’est presque plus du tout et FN décide, en septembre 1935, d’arrêter la construction des voitures.

C’est dommage car la firme a aux essais une remarquable prototype à traction avant, suspension avant indépendante, moteur de 2,5 litres et capable de 150 km/h.

Schéma du prototype FN traction avant de 1935Schéma du prototype FN traction avant de 1935

FN continue bien sûr les motos qui ont toujours du succès et les véhicules commerciaux.

FN s’était lancé dans la production des camions en 1932 avec un trois tonnes équipé du moteur huit cylindres, camion qui a du succès et dont on fera 900 exemplaires jusqu’à la guerre.

Camion FN 2,5 tonnes à moteur huit cylindres.1932Camion FN 2,5 tonnes à moteur huit cylindres.1932

 

Ambulance sur châssis FN C-10, utilitaire utilisant le moteur de la Prince Albert, vers 1935-38Ambulance sur châssis FN C-10, utilitaire utilisant le moteur de la Prince Albert, vers 1935-38

Signalons également un véhicule intéressant mais qui avorta malheureusement ; il s’agit de la FN 8 Coloniale, un tout terrain étudié en 1935 mais qui rate une commande militaire du fait d’un prix un peu trop élevé.

Le tout terrain FN 8 Colonial de 1935Le tout terrain FN 8 Colonial de 1935

En 1937, FN présente un camion très moderne, à cabine avancée et moteur six cylindres.

On en fera jusqu’à la guerre 300 exemplaires en camions et bus.

Camion FN 63C en 1937Camion FN 63C en 1937

En 1938, la FN adapte son camion à cabine avancée en quatre roues motrices pour l’armée à laquelle elle en fournira plusieurs centaines.

Puis c’est la guerre, l’usine est réquisitionnée par les Allemands, ensuite bombardée par les Alliés et finalement libérée.

Les premières fabrications d’après-guerre sont des motos ainsi qu’un tricar commercial.

Tricar FN 1946 utilisant une mécanique motoTricar FN 1946 utilisant une mécanique moto

En 1947, FN reprend la fabrication des camions avec un modèle dérivé des cabines avancées d’avant-guerre.

Ces camions, souples et très silencieux, seront surtout achetés par les Chemins de Fer Belges dont ils livreront les colis pendant de longues années.

 FN 64C de 1950, équipé d’une pompe pour le service de voirieFN 64C de 1950, équipé d’une pompe pour le service de voirie

En 1949, l’Armée Belge lance une demande de prix pour la fourniture de 4.000 camions.

FN s’associe avec Miesse et Brossel sous le sigle « Entente Inter Constructeurs » et étudie un modèle qui enlève le marché en 1950.

Camion militaire « Entente inter constructeurs FN,Miesse,Brossel » en 1953Camion militaire « Entente inter constructeurs FN,Miesse,Brossel » en 1953

Dans les années 1950, FN étudie divers véhicules militaires,notamment l’Ardennes qui brille dans les concours, mais n’enlève que très peu de commandes.

L’Armée Belge n’en commandera que 222 exemplaires de 1951 à 1966.

Vue avant du FN 4RM Ardennes à moteur six cylindres à culbuteurs (1962)Vue avant du FN 4RM Ardennes à moteur six cylindres à culbuteurs (1962)

Au début des années 1960, FN construit un petit tout terrain à trois roues, idéal pour le parachutage, mu par un moteur de moto de 244 cc, mais ce ne sera pas un succès commercial, on en fera moins de 500 exemplaires.

Le tout terrain trois roues FN AS-24 utilisé par des parachutistes (1961)Le tout terrain trois roues FN AS-24 utilisé par des parachutistes (1961)

Finalement les véhicules seront arrêtés en 1967 mais FN reste un important fabricant d’armes de qualité.