Le Coupé Bugatti Type 57 S Atlantic, une icône du Design Mondial.

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Les 4 Bugatti 57S Coupé Atlantic

 

Un des véhicules les plus extraordinaires du Design Automobile Mondial aura bientôt 85 ans.

Il aurait inspiré d’une nouvelle création Bugatti (dont un seul exemplaire serait produit) et pourrait apparaître en première mondiale au Salon de Genève 2019.

Bugatti 57S Atlantic (Rothschild 1936)

 

Molsheim, 22 février 2019.  

Communiqué de presse. 

Bugatti Type 57S Atlantic (Holzschuch 1936)

 

Elégant, sportif, luxueux et rare.

Ce sont quatre des nombreuses épithètes qui peuvent être appliqués à Bugatti.

Mais il existe un modèle pour lequel ils sont particulièrement appropriés : le Coupé Type 57 SC Atlantic n’est pas seulement une des légendes de Bugatti, elle est sans doute la plus grande.

Quatre voitures seulement ont été produites entre 1936 et 1938.

Trois de ces extraordinaires coupés existent encore.

Ils sont considérés comme les voitures les plus recherchées au monde.

Depuis près de quatre-vingts ans le monde de l’automobile est à la recherche du quatrième Coupé Atlantic.

 

« L’Atlantic fait partie des icônes de la longue tradition de Bugatti.

En termes d’élégance, de qualité et de performances, le coupé Atlantic était unique à son époque et le reste aujourd’hui encore.

Bugatti 57S Atlantic (Rothschild 1936)

 

Une supersport de luxe.

Pour nous, c’est à la fois une inspiration et un engagement », déclare Stephan Winkelmann, président de Bugatti.

« Nos voitures de hypersportives actuelles Chiron, Chiron Sport et Divo perpétuent cette tradition à l’ère moderne, conformément à l’esprit de Bugatti. »

 

Le fils d’Ettore Bugatti, Jean, a commencé à moderniser la politique de la marque de luxe vers 1930.

Au lieu d’une multitude de modèles différents, il a développé un modèle de base à partir duquel il a dérivé plusieurs variantes.

Bugatti a conçu la Type 57 en tant que voiture de série et variante de course, le grand tourisme ultime.

La gamme comprenait diverses motorisations et carrosseries telles que Galibier (berline à quatre portes), Stelvio (cabriolet), Ventoux (coach) et Atalante (coupé).

À l’arrêt de la production en 1940, environ 800 Bugatti Type 57 de toutes versions avaient quitté l’usine.

Le nombre exact est inconnu, mais le Type 57 reste à ce jour le modèle Bugatti avec les chiffres de production les plus élevés.

Bugatti 57S Atlantic (Pope 1938)

 

Une carrosserie à couper le souffle

Bien entendu, cela ne s’applique pas à l’Atlantic.

Quand il est apparu pour la première fois, sa carrosserie était déjà d’une beauté frappante et raffinée.

Les roues se détachent de la carrosserie et le capot moteur est extrêmement long pour une voiture d’une longueur totale de seulement 3,70 mètres.

La partie arrière descend dans un ovale se déployant jusqu’au sol.

Six minces sorties d’échappement complètent la vue arrière.

Bugatti 57S Atlantic (Holzschuch 1936)

 

La particularité la plus remarquable de la voiture est certainement la nervure centrale de tôles qui s’étire longitudinalement depuis le sommet du radiateur à l’avant jusqu’à l’extrême pointe de la poupe. Comme la crête dorsale d’un animal fabuleux.

Des centaines de rivets maintiennent les tôles en place.

Bugatti Aérolithe Concept (Paris & Londres 1935)

 

Bugatti Aérolithe Concept (Paris & Londres 1935)

 

Les coupés Atlantic ont été développés à partir du prototype unique « Aérolithe », également appelé « Coupé Spécial » ou « Coupé Aéro ».

Pour la carrosserie de l’Aérolithe, châssis # 57 104, Jean Bugatti a utilisé de l’Elektron.

Alliage de magnésium (90%) et d’aluminium (10%), l’Elektron développé en 1908 par une société allemande, est réputé pour sa légèreté et sa robustesse, mais également pour la difficulté à le travailler et ne pouvait, à l’époque, être soudé.

C’est pourquoi Jean Bugatti fera riveter les pièces de carrosserie, créant ainsi la fameuse crête dorsale.

Pour les Atlantic de « production », Bugatti utilisera l’aluminium mais conservera les rivets pour les pièces de carrosserie.

Les portes se prolongent dans le toit pour faciliter l’entrée et la sortie des passagers.

Les phares des deux premières voitures sont intégrés aux ailes tandis que les deux suivantes voitures disposent de phares séparés.

Les quatre automobiles se différentient par un certain nombre de détails – chaque modèle est unique.

« Le Type 57 SC Atlantic est un manifeste de conception de Jean Bugatti.

Les proportions époustouflantes de ce chef-d’œuvre étaient tout simplement incomparables à l’époque et fascinent encore de nos jours grâce à leur élégance », déclare Achim Anscheidt, directeur du design chez Bugatti.

Dans les grands concours internationaux pour voitures historiques telles que le Concours d’élégance de Pebble Beach en Californie, ces modèles ont remporté de nombreux prix au cours des dernières années.

« La nervure centrale en aluminium riveté divisant l’entièreté de la carrosserie demeure encore actuellement une caractéristique esthétique exceptionnelle de la voiture. Unique et élégante », ajoute Achim Anscheidt.

Bugatti Type 57S Atlantic (Holzschuch 1936)

 

Le coupé Atlantic est propulsé par un huit cylindres en ligne puissant et silencieux de 3,3 litres avec une puissance maximale de 200 chevaux.

La vitesse maximale était de plus de 200 km/h – à une époque où les carrioles tirées par des chevaux occupaient toujours une place importante sur de nombreuses routes.

« Bugatti a été révolutionnaire et moderne durant de nombreuses années. Cela n’a pas changé », déclare Stephan Winkelmann.

Le patronyme Atlantic a été choisi en l’honneur de l’ami de Jean Bugatti, Jean Mermoz, qui fut le premier (en 1930) à réussir la traversée de l’Atlantique Sud par voie aérienne. Mermoz disparut en 1936, lors d’une traversée de l’Atlantique Sud.

Bugatti Type 57S Atlantic (Holzschuch 1936)

 

Uniquement trois voitures construites pour des clients

Bugatti n’a vendu à ses clients que trois exemplaires d’Atlantic, toutes fabriquées à la main.

En 1936, Bugatti construisit le premier modèle pour le banquier britannique Victor Rothschild, à l’origine sans compresseur, en gris-bleu.

Ce véhicule, au numéro de châssis #57 374, est maintenant connu sous le nom de « Atlantic Rothschild ».

La troisième voiture construite, « Atlantic Holzschuh », portant le numéro de châssis #57 473, a été livrée à l’homme d’affaire parisien Jacques Holzschuh en octobre 1936.

Le deuxième propriétaire de la voiture, un collectionneur, est décédé des suites d’un accident survenu à un passage à niveau.

La Bugatti a été complètement détruite.

Des décennies plus tard, elle a fait l’objet d’une restauration complexe, bien que le moteur n’ait pu être sauvé.

Le créateur de mode Ralph Lauren est le propriétaire du dernier coupé Atlantic produit avec le numéro de châssis #57 591, la « Atlantic Pope » a été achevée en mai 1938 – son premier propriétaire était le britannique Richard B. Pope.

Bugatti Type 57S Atlantic (La Voiture Noire 1936)

 

Jean Bugatti a fait construire le deuxième coupé Atlantic pour son usage personnel.

Lui seul et quelques amis choisis, principalement des pilotes de course Bugatti, avaient l’honneur de s’asseoir derrière le grand volant du coupé au numéro de châssis #57 453.

« La Voiture Noire » avec pare-chocs avant et portes basses était utilisée comme modèle pour les photos dans les brochures et comme voiture de démonstration pour des salons automobiles tels que ceux de Lyon et de Nice.

Contrairement aux autres modèles, il ne reste aucune trace de cette voiture depuis 1938.

Jean Bugatti peut avoir vendu la voiture à un ami, mais il est plus plausible qu’elle ait été déplacée vers une région plus sûre de la France lorsque l’armée allemande a envahi l’Alsace.

Cependant, une chose est claire : à ce jour, le deuxième coupé Atlantic produit n’a pas été retrouvé.

Sa disparition est l’un des grands mystères de l’histoire de l’automobile.

Les experts estiment la valeur de la Bugatti Atlantic « La Voiture Noire » à plus de 100 millions d’euros, à la condition qu’elle réapparaisse un jour…

Bugatti Type 57S Atlantic (La Voiture Noire 1936)

 

 

Les Numéros de châssis:

 

Bugatti 57S « Aérolithe » : châssis # 57 331

Bugatti 57S « Aérolithe » RECREATION : châssis # 57 104

Bugatti Aérolithe Concept (Paris & Londres 1935)

 

Bugatti 57S Atlantic « Rothschild » : châssis #57 374 (1936) (Peter Mullin)

Bugatti 57S Atlantic « La Voiture Noire » : châssis #57 453 (1936)

Bugatti 57S Atlantic « Holzschuh » : châssis #57 473 (octobre 1936)

Bugatti 57S «Atlantic « Pope » : châssis #57 591 (mai 1938) (Ralph Lauren)

Bugatti 57S Atlantic (Pope 1938)

 

 

Bugatti 57S Atlantic (Rothschild 1936)

 

 

Bugatti Type 57S Atlantic (La Voiture Noire 1936)

4 Responses

  1. Alain Kadlec

    Pourquoi les « Atlantic » avaient-elles le volant à droite sur des routes où visiblement on roulait à droite?

  2. IcemanAnton

    Bonjour,

    Super article, très intéressant.
    J’ai visiblement eu la chance d’admirer la « Holzschuh » à Goodwood il y a quelques jours.
    J’ai été tout simplement scotché par les lignes incroyables de cette œuvre d’art !
    Je connaissais la Bugatti Atlantic mais je n’en avais jamais vu en vrai ! À couper le souffle.
    La dernière photo de l’article ne représente pas la « Holzschuh » mais plutôt la fameuse « voiture noire », à mon humble avis.
    Je ne comprends pas pourquoi la Bugatti Atlantic n’a pas plus de valeur qu’une Ferrari 250 GTO, même si au final cela n’a pas d’importance.

    • Automanie Team

      Bonjour,
      tout à fait, et je vous remercie de me l’avoir signalé.
      Quand à la valeur de ces voitures exceptionnelles, on atteint l’irréel…

      très cordialement,

      Christian Bouchat

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