AUSTRO-DAIMLER Story

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En 1899 est fondée à Wiener-Neustadt, près de Vienne, la Oesterreichische Daimler Motoren, Bierenz, Fischer & Co., fruit de l’association de la Daimler Motoren, de Cannstatt, et de la fabrique d’armes et de mécanique Bierenz & Fischer, remontant à 1848.

Le but est la construction des véhicules Daimler en Autriche.

En 1902, Paul Daimler, un des fils de Gottlieb, prend la direction de l’usine de Wiener-Neustadt.

La production autrichienne est quasi identique à celle de Cannstatt si l’on excepte une petite voiture dessinée par Paul Daimler, la PD-Wagen, qui ne sera faite qu’en un très petit nombre d’exemplaires.

Deux voitures de l’Oesterreichische Daimler en 1900. Elles sont quasi identiques aux productions de Cannstatt.Deux voitures de l’Oesterreichische Daimler en 1900. Elles sont quasi identiques aux productions de Cannstatt.

 

 L’éphémère Oesterreichische Daimler PD-Wagen deux cylindres de 1903L’éphémère Oesterreichische Daimler PD-Wagen deux cylindres de 1903

 

La Daimler autrichienne a aligné trois voitures dans la Gordon-Bennett 1904 au Taunus, elles sont semblables aux voitures de Cannstatt, mais n’auront pas de résultat.La Daimler autrichienne a aligné trois voitures dans la Gordon-Bennett 1904 au Taunus, elles sont semblables aux voitures de Cannstatt, mais n’auront pas de résultat.

1906 voit le départ de Paul Daimler et l’arrivée de Ferdinand Porsche à la direction technique.

Ce dernier va dessiner une nouvelle voiture, la Maja, nom de la deuxième fille de Jellinek, celui de la première, Mercedes, étant réservé aux productions de Cannstatt.

L’écusson des Maja comportera trois feuilles de chêne en rappel des trois branches de l’étoile Mercedes.

Cette Maja est une classique quatre cylindres bibloc de 4,5 litres, à soupapes latérales et culasse en T, transmission par chaînes ou cardan.

Elle possède une boîte de vitesses appelée Diamant-Getriebe, à quatre rapports, à engrenages en prise et commande à la colonne de direction.

Austro-Daimler Maja 24-28 CV de 1907Austro-Daimler Maja 24-28 CV de 1907

En 1908, on lui ajoute une version plus légère de 1,8litres à transmission par cardan.

Entretemps la boîte Diamant avait disparu, probablement par manque de mise au point, elle est réputée bruyante et fragile, on la remplace par une boîte classique.

Ces voitures, améliorées, sont continuées jusqu’en 1914, mais le nom Maja disparait en même temps que Jellinek et les feuilles de chêne également, remplacées par l’aigle impérial austro-hongrois.

En effet les liens entre Cannstatt et Wiener-Neustadt s’étaient entretemps distanciés.

Porsche favorise une touche sportive aux voitures de Wiener Neustadt.

A l’épreuve du Prinz Heinrich Fahrt de 1909, la Daimler autrichienne aligne trois voitures dérivées de la construction de série mais en 6,5 litres de cylindrée et développant 60ch.

Ces voitures démontrent une fiabilité à toute épreuve, mais sont un peu lourdes et manquent de vitesse de pointe.

Ferdinand Porsche sur Austro-Daimler à la Prinz Heinrich Fahrt de 1909Ferdinand Porsche sur Austro-Daimler à la Prinz Heinrich Fahrt de 1909

Entretemps, en 1908, Wiener-Neustadt entame la production de moteurs pour avions et dirigeables.

Porsche a dessiné des moteurs légers et puissants, à cylindres séparées et arbre à cames en tête.

Ils serviront de modèles pour les voitures destinées à la Prinz Heinrich de 1910, Porsche a tiré les leçons de l’épreuve 1909 où les voitures avaient fait très bonne figure mais manquaient de vitesse.

Les voitures de la Prinz Heinrich 1910 possèdent des moteurs quatre cylindres séparés, à quatre soupapes par cylindre, un arbre à cames en tête, deux bougies par cylindres, deux magnétos Bosch.

La puissance approche 95 ch@2100 tr/mn.

On a quatre vitesses et une transmission par chaînes.

En outre, les voitures ont une carrosserie de torpédo profilée et un radiateur coupe-vent.

Elles sont capables de 140 km/h.

L’équipe des trois Austro-Daimler conduites par Ferdinand Porsche, le directeur Fischer et le comte Schönfeld remporte la victoire haut la main.

Ferdinand Porsche à la Prinz Heinrich Fahrt de 1910Ferdinand Porsche à la Prinz Heinrich Fahrt de 1910

Austro-Daimler 95hp -  Prinz Heinrich Fahrt 1910 (Expo à Autoworld : Ferdinand Porsche, The Heritage from Electric to Electric) Austro-Daimler 95hp – Prinz Heinrich Fahrt 1910 (Expo à Autoworld : Ferdinand Porsche, The Heritage from Electric to Electric)

 

Une Austro-Daimler 27/80 de 1912, dérivée de la Prinz Heinrich 1910Une Austro-Daimler 27/80 de 1912, dérivée de la Prinz Heinrich 1910

L’usine commercialisera aussitôt une série de Prinz Heinrich Typ, des répliques des gagnantes.

La Prinz Heinrich Fahrt est alors abandonnée et remplacée par la Coupe des Alpes.

L’Austro-Daimler y concourt et la remporte avec une légère 9/30 PS de 2,2 litres.

La gamme Austro-Daimler produite jusqu’en 1914 comprend plusieurs modèles s’échelonnant de 2,2 à 6,8 litres de cylindrée.

 La gagnante de la première Coupe des Alpes en 1911, la petite Austro-Daimler 6/28 PS de 2,2 litresLa gagnante de la première Coupe des Alpes en 1911, la petite Austro-Daimler 6/28 PS de 2,2 litres

 

Austro-Daimler 6/25 PS en conduite intérieure en 1913Austro-Daimler 6/25 PS en conduite intérieure en 1913

L’usine de Wiener-Neustadt est aussi un important constructeur de véhicules commerciaux.

Dès 1900, on commence à en produire.

Au début ce sont des modèles très semblables aux productions de Cannstatt offerts en divers tonnages.

Camion Oesterreichische Daimler 1900, semblable au modèle allemand, deux cylindres 4 CVCamion Oesterreichische Daimler 1900, semblable au modèle allemand, deux cylindres 4 CV

Bientôt on fabrique de nombreuses voitures postales qui fonctionnent à travers tout l’empire.

Il y aura aussi une production de trolleybus système Stoll, utilisés en diverses villes.

Entre 1905 et 1912, Austro-Daimler livre sous le nom de CEDES des camions électriques à batteries, les pompiers de Vienne en utiliseront quelques-uns.

Vers 1906, on commercialisera sous le nom de Mercedes-Mixte des voitures pétroléo-électriques dont les moteurs électriques seront cette fois dans les moyeux des roues arrière.

Austro-Daimler sera aussi un important fournisseur de véhicules militaires.

Voiture postale Austro-Daimler 1905Voiture postale Austro-Daimler 1905

 

Trolleybus CEDES-Stoll en essai en Angleterre (vers 1914)Trolleybus CEDES-Stoll en essai en Angleterre (vers 1914)

 

Camion électrique Austro-Daimler à batteries CEDES, utilisé par les pompiers de Londres c.1910Camion électrique Austro-Daimler à batteries CEDES, utilisé par les pompiers de Londres c.1910

 

Mercedes-Mixte c.1906-07, pétroléo-électrique, roues arrière motricesMercedes-Mixte c.1906-07, pétroléo-électrique, roues arrière motrices

Paul Daimler avait étudié le problème et avait fait construire en 1905-1906 une voiture blindée à quatre roues motrices, moteur de 40 CV et capable de 45 km/h.

Espérant une commande militaire, il l’a fait présenter par le comte Schönfeld aux grandes manœuvres de 1906.

L’Empereur et son entourage, à cheval, examinent l’engin puis Schönfeld le met en route.

Effrayés par le bruit du moteur, les chevaux se cabrent et certains envoient leur cavalier par terre.

Il n’y eut pas de commande !

Auto blindée Austro-Daimler 1905-1906Auto blindée Austro-Daimler 1905-1906

Peu après, l’armée austro-hongroise se décide à se motoriser et commande à Austro-Daimler surtout des tracteurs d’artillerie.

Il y a aussi les fameux trains Landwehr (du nom de leur inventeur) constitués d’un puissant tracteur et de remorques articulées.

Il y eut notamment les tracteurs pour obusiers géants Skoda, comprenant un tracteur à moteur à essence fournissant du courant électrique aux roues des remorques portant l’obusier.

Tracteur d’artillerie Austro-Daimler M-17. Moteur quatre cylindres 80 CV. 4 roues motrices. 138 exemplaires de 1916 à 1918Tracteur d’artillerie Austro-Daimler M-17. Moteur quatre cylindres 80 CV. 4 roues motrices. 138 exemplaires de 1916 à 1918

 

Tracteur routier pétroléo-électrique Austro-Daimler à 10 remorques.c.1913. Les moteurs électriques sont placés dans certains moyeux des remorques.Tracteur routier pétroléo-électrique Austro-Daimler à 10 remorques.c.1913. Les moteurs électriques sont placés dans certains moyeux des remorques.

 

 

Une Austro-Daimler 9/25 PS de 2,2 litres en 1920Une Austro-Daimler 9/25 PS de 2,2 litres en 1920

En 1919, on se remet à la fabrication de véhicules civils.

D’abord avec des modèles 1914 replâtrés, mais en 1921 Porsche dessine une nouvelle voiture,

La 6-17, une puissante six cylindres de 4,4 litres.

Le bloc moteur est en alliage léger et comporte des cylindres en acier vissés dans le bloc.

La suspension arrière est à cantilever.

Elle développe 60ch et atteint 110 km/h.

En 1923, la voiture devient l’ADV à freinage intégral et moteur de 70ch, elle sera faite jusqu’en 1928.

Austro-Daimler Sascha 1922 (Expo à Autoworld : Ferdinand Porsche, The Heritage from Electric to Electric) Austro-Daimler Sascha 1922 (Expo à Autoworld : Ferdinand Porsche, The Heritage from Electric to Electric)

Austro-Daimler Sascha (Targa Florio 1922)Austro-Daimler Sascha (Targa Florio 1922)

En 1922, Ferdinand Porsche dessine, à l’instigation du comte Alexandre Kolowrat, un important actionnaire d’Austro-Daimler, une petite voiture de 1100 cc.

Gréée en sport, une équipe de quatre Sascha (nom de la voiturette) remporte la Targa Florio dans sa catégorie.

Une version 1500 apparait aussi, mais le projet d’une voiture légère basée sur la Sascha est abandonné.

Austro-Daimler 6-17 en torpédo, 1921-1922Austro-Daimler 6-17 en torpédo, 1921-1922

 

Châssis Austro-Daimler 6-17 c.1921-1922Châssis Austro-Daimler 6-17 c.1921-1922

 

 Meeting de Spa 1922. Deux Austro-Daimler Sascha et deux Austro-Daimler 6-17Meeting de Spa 1922. Deux Austro-Daimler Sascha et deux Austro-Daimler 6-17

 

Austro-Daimler ADV 1926Austro-Daimler ADV 1926

 

Une Austro-Daimler Sascha 1100 à la Coupe de La Meuse 1922, Kolowrat au volantUne Austro-Daimler Sascha 1100 à la Coupe de La Meuse 1922, Kolowrat au volant

Porsche étudie un nouveau modèle qui sera l’ADM apparaissant en 1923.

Mais Porsche est en dispute avec Camilo Castiglioni, important actionnaire et représentant des banques, qui reproche à Porsche de dépenser trop d’argent dans les compétitions.

Porsche se fâche et, au début 1923, il quitte Austro-Daimler pour aller chez Mercedes.

Austro-Daimler ADS-11R de 1922. Moteur quatre cylindres de deux litres, au départ d’une course de côteAustro-Daimler ADS-11R de 1922. Moteur quatre cylindres de deux litres, au départ d’une course de côte

 

En 1921, Porsche dessine pour Austro-Daimler de véritables voitures de course, une quatre cylindres deux litres et une six trois litres, dont on construit deux exemplaires de chaque. Elles auront de beaux résultats en course de côte.En 1921, Porsche dessine pour Austro-Daimler de véritables voitures de course, une quatre cylindres deux litres et une six trois litres, dont on construit deux exemplaires de chaque. Elles auront de beaux résultats en course de côte.

Karl Rabe lui succède comme directeur technique et il met en route la fabrication de l’ADM.

L’ADM est une six cylindres de 2,5 litres à 1 ACT, bloc alliage léger et cylindres en acier vissés, développant 50ch avec suspension arrière cantilever et freins sur les quatre roues.

Elle atteint 100 km/h.

En 1925 apparait l’ADM-II à deux carburateurs et 60ch et en 1926 l’ADM-III de trois litres, 90ch, capable de 130 km/h.

L’ADM, comme l’ADV précédemment, remporte de nombreuses épreuves pour voitures de sport pendant plusieurs années.

Austro-Daimler ADM en torpédo c.1925Austro-Daimler ADM en torpédo c.1925

 

Châssis Austro-Daimler ADM exposé à BruxellesChâssis Austro-Daimler ADM exposé à Bruxelles

 

Austro-Daimler ADM en conduite intérieureAustro-Daimler ADM en conduite intérieure

 

Austro-Daimler ADM-3 en course de côte (1926)Austro-Daimler ADM-3 en course de côte (1926)

 

La Austro-Daimler de course de Hans Stuck avec laquelle il sera pratiquement imbattable en course de côte. Son châssis est celui d’une des six cylindres de course de 1921-1922, le moteur dérive de celui de l’ADM et développe 120 ch.La Austro-Daimler de course de Hans Stuck avec laquelle il sera pratiquement imbattable en course de côte. Son châssis est celui d’une des six cylindres de course de 1921-1922, le moteur dérive de celui de l’ADM et développe 120 ch.

Au cours des années 1920 et 1930, l’usine de Wiener-Neustadt fabrique, en plus des voitures, des moteurs industriels, des draisines, du matériel de chemins de fer.

En 1927, Karl Rabe présente un tout nouveau modèle, l’ADR, dont le châssis est un tube central, comme dans les Tatra de Ledwinka, avec les roues arrière indépendantes.

Le moteur est un six cylindres de 3 litres à 1 ACT, développant 70 ch@3500 tr/mn, une version sport donnant 100 ch.

Austro-Daimler ADR six cylindres en conduite intérieure (c.1928)   Austro-Daimler ADR six cylindres en conduite intérieure (c.1928)

 

Châssis Austro-Daimler ADR (c.1928)Châssis Austro-Daimler ADR (c.1928)

 

Vue arrière du châssis Austro-Daimler ADRVue arrière du châssis Austro-Daimler ADR

En 1928, Austro-Daimler fusionne avec une autre marque autrichienne, Puch, de Graz, constructeur de voitures mais surtout d’excellentes motos.

En 1930, Austro-Daimler ajoute à ses ADR une toute nouvelle ADR-8 dont le châssis est semblable à celui de la six mais le moteur huit cylindres a une cylindrée de 4,6 litres.

Châssis Austro-Daimler ADR-8 (1930)Châssis Austro-Daimler ADR-8 (1930)

 

Cabriolet Austro-Daimler ADR-8 en fin 1930Cabriolet Austro-Daimler ADR-8 en fin 1930

En 1931, Austro-Daimler présente son modèle Bergmeister, une six de 3,6 litres, dont le châssis garde les caractéristiques générales des ADR.

Austro-Daimler Bergmeister 1933Austro-Daimler Bergmeister 1933

 

Austro-Daimler Bergmeister ADR-6  Cabriolet 4 places (1932-1933)Austro-Daimler Bergmeister ADR-6  Cabriolet 4 places (1932-1933)

Austro-Daimler Bergmeister ADR-6 Cabriolet 2 places 1934 (Expo à Autoworld : Ferdinand Porsche, The Heritage from Electric to Electric)Austro-Daimler Bergmeister ADR-6 Cabriolet 2 places 1934 (Expo à Autoworld : Ferdinand Porsche, The Heritage from Electric to Electric)

En 1934, l’ensemble Austro-Daimler-Puch fusionne avec Steyr pour former la Steyr-Daimler-Puch qui se concentre à Steyr pour les voitures et à Graz pour les motos.

L’usine de Wiener Neustadt est vidée de son outillage que l’on envoie à Steyr et à Graz.

Elle ne renaitra que pendant la guerre.

Après 1934, on montera encore quelques Bergmeister sur commande, jusqu’en 1936-1937 à partir de pièces restantes.

Il y aura un peu plus de 50 Bergmeister en tout.

Cependant, de 1934 à 1942, du matériel militaire, fabriqué à Steyr, suivra une nomenclature Austro-Daimler, on aura plus d’un millier de voitures tout terrain, tracteurs d’artillerie, véhicules blindés dont les désignations commenceront par AD.

Austro-Daimler Tout terrain six roues militaire, type ADG, châssis poutre centrale, six roues indépendantes, moteur six cylindres 3,8 litres. 429 exemplaires produits de 1933 à 1940Austro-Daimler Tout terrain six roues militaire, type ADG, châssis poutre centrale, six roues indépendantes, moteur six cylindres 3,8 litres. 429 exemplaires produits de 1933 à 1940

 

Voiture blindée huit roues Austro-Daimler ADGZ, 32 exemplaires de 1935 à 1942Voiture blindée huit roues Austro-Daimler ADGZ, 32 exemplaires de 1935 à 1942

 

Petit tout terrain Austro-Daimler ADTK. 159 exemplaires en 1936 et 1937. Petit moteur refroidi par air.Petit tout terrain Austro-Daimler ADTK. 159 exemplaires en 1936 et 1937. Petit moteur refroidi par air.

 

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