La petite histoire des Alfa Romeo à 8 cylindres

Suite à la récente présentation de l’Alfa Romeo 8C Competizione, il nous est apparu intéressant de vous proposer un court compte rendu des précédentes Alfa Romeo à moteur à 8 cylindres, dont certaines sont de réels monuments de l’Histoire de l’Automobile.

 

Alfa Romeo 8C Competizione Concept (Frankfurt 2003)


La première Alfa Romeo huit cylindres, la P-2, est également une des plus célèbres et des plus talentueuses voitures de Grand Prix des années vingt.

Dessinée fin 1923 par l’ingénieur Vittorio Jano et construite à six exemplaires, elle triompha dans de nombreuses compétitions en 1924 et 1925, notamment lors du Grand Prix de Lyon de 1924.

 

N°1.

Photo 1 La P-2 d’Ascari lors de sa victoire à Francorchamps au Grand Prix d’Europe 1925.

 

 

N°2.

Photo 2 Moteur de la P-2, le premier huit cylindres d’Alfa Romeo

Fort de ces succès, Jano mit à l’étude une série de voitures légères à six cylindres dont la première mouture apparut en 1925.

Il en fut développé des versions tourisme , sport et super sport, d’abord en 1500 cc, puis en 1750 cc sous le nom de 6C-1750, cette dernière récoltant un palmarès sportif extraordinaire.

 

 

N°3.

Photo 3 La 6C-1750 de Marinoni, vainqueur des 24 Heures de Spa Francorchamps 1929.

N°5.

Photo 5 Moteur de la 8C-2300. L’entraînement des arbres à cames se faisait au milieu des deux blocs de quatre cylindres

 

 

N°6.

Photo 6 Une 8C-2300 carrossée en coupé en 1933

En 1931, Jano extrapola la 6C-1750 à huit cylindres et obtint la 8C-2300. On y trouvait un moteur huit cylindres en ligne (65 x 88 mm), 2336 cc, développant 142 CV à 5000 tr/mn à deux arbres à cames en tête et compresseur.

Pesant entre 1000 et 1200 kg, elle pouvait atteindre 170 km/h. Elle existait en châssis court et châssis long. Il en fut construit 188 exemplaires de 1931 à 1934 et son palmarès sportif fut magnifique.

 

 

N°4.

 

Photo 4 La 8C-2300 de Briavo-Siena aux 24 Heures de Francorchamps 1932

Ce moteur fut monté en 1931-32 sur une dizaine de voitures allégées, à la puissance portée à 178 CV et capables de 210-220 km/h. Ces biplaces portaient le nom de 8C-2300 Monza et s’illustrèrent dans nombre de courses de l’époque.

N°7.

Photo 7 Circuit de Dieppe 1931. La 8C-2300 Monza d’Etancelin qui remporta la victoire

 

 

N°8.

Photo 8 Spa Francorchamps 1931. La 8C-2300 Monza de Nuvolari, arrivé deuxième des 10 Heures de Belgique.

C’est en 1932 qu’Alfa Romeo présenta une véritable monoplace de course, la Monoposto type B, appelée aussi P-3, à la mécanique inspirée de celle des 8C.

On y trouvait un huit cylindres en ligne (65 x 100 mm) de 2654 cc développant 215 CV à 5600 tr/mn. La distribution se faisait toujours par deux arbres à cames en tête mais le moteur recevait maintenant deux compresseurs. Pour un poids de 700 kg, elle dépassait 230 km/h.

 

 

N°9.

Photo 9 P-3 vues de profil. (1932)

 

 

N°10.

Photo 10 Vue avant de la P-3

 

 

N°11.

Photo 11 Moteur de la P-3 avec les deux compresseurs

 

 

N°12.

Photo 12 P-3 de Campari aux essais du Circuit de Reims (1932)

 

 

N°13.

Photo 13 Grand Prix d’Italie à Monza (1933) Arrivée du vainqueur Fagioli

En 1933, la Monza fut modifiée et devint la 8C-2600 Monza, les cotes du moteur passant à (66 x 88 mm) et la cylindrée à 2556 cc. La puissance de 180 CV permettait une vitesse de 225 km/h.

 

N°14.

Photo 14 1933 Une 8C-2600 Monza au Grand Prix de Tunisie

La P-3 fut remaniée à son tour en 1934, le moteur (68 x 100 mm) passant à 2905 cc, la puissance à 255 CV et la vitesse à 260 km/h. Après une période de succès quasi ininterrompue, la P-3 commença à rencontrer sur son chemin les voitures allemandes de nouvelle génération, les Mercedes et Auto Union.

Aussi en 1935, la P-3 subit une dernière modification, le moteur passait à 3165 cc (71 x 100 mm) et 265 CV à 5400 tr/mn. On put ainsi amener la vitesse à 275 km/h. Mais les plus importantes modifications se rapportèrent au châssis qui reçut une suspension avant à roues indépendantes et arrière à ressorts cantilevers ainsi que des freins hydrauliques. La tenue de route en fut très améliorée. Les six exemplaires de 1934 furent modifiés de cette façon.

 

 

N°15.

Photo 15 La P-3 de Chiron à Francorchamps en 1934

 

 

N°16.

Photo 16 Version 1935 de la P-3 munie de roues avant indépendantes et de freins hydrauliques

 

 

N°17.

Photo 17 Grand Prix de l’Avus 1934. La P-3 aérodynamique de Guy Moll

 

L’usine fit alors l’essai d’une voiture étonnante, la Bimotore à deux moteurs P-3, l’un monté à l’avant, l’autre à l’arrière, elle eut quelques succès mais ne put pas grand chose contre la supériorité allemande.

 

 

N°18.

Photo 18 Deux vues de la Bimotore (1935)

 

 

N°19.

Photo 19 Cette vue de la Bimotore montre les moteurs huit cylindres à l’avant et à l’arrière

Toujours en 1935, l’usine revint en compétition avec une nouvelle monoplace à quatre roues indépendantes, la 8C-1935 munie d’un moteur huit en ligne (78 x 100 mm) de 3822cc, développant 330 CV à 5400 tr/mn et capable de 275 km/h.

L’année suivante, malgré le montage d’un moteur douze cylindres, les monoplaces italiennes ne purent toujours rien contre les allemandes.

 

N°20.

Photo 20 Monoplace 8C-1935

En 1935, Alfa Romeo avait fabriqué six exemplaires d’une voiture grand sport destinée aux compétitions et appelée 8C 2900A. Le moteur était semblable au 2905 cc de la P-3 de même époque mais sa puissance était limitée à 220 CV à 5300 tr/mn et sa vitesse à 230 km/h.

Elle avait toujours les quatre roues indépendantes et aussi le freinage hydraulique et une boite-pont. Cette voiture était destinée aux compétitions sur route, genre Mille Miles où elle fit merveille.

 

 

N°21.

Photo 21 8C-2900A Deux voitures carrossées et un châssis (1935)

 

 

N°34

 

 

N°34

Photo 34 La 8C 2900A exposée au dernier Mondial de l’Automobile et habituellement exposée au musée national de Mulhouse (Collection Schlumpf). Cette Alfa Romeo a reçu trois carrosseries différentes. Sortie en 1936 avec une première carrosserie Spider Corsa, elle reçut en 1939 une nouvelle carrosserie spider signée Pinin Farina et enfin, elle acquit sa forme définitive après guerre chez un carrossier suisse (W.Martin) qui lui ajouta un toit aérodynamique.

En 1937, l’usine décida de construire une version commercialisable de la 2900, ce fut la 8C 2900 B existant en châssis court ou long.

On put en produire une vingtaine d’exemplaires destinés à de très riches amateurs. La puissance avait été réduite à 185 CV et la vitesse maximum était maintenant de 175/_185 km/h.

 

N°22.

Photo 22 8C-2900 B Corto de 1938

 

 

N°23.

Photo 23 Une 8C-2900B à carrosserie Touring, exposée à Paris en octobre 1938

 

En 1938, Alfa Romeo fabriquât 4 exemplaires d’une nouvelle monoplace, la 308, à moteur huit cylindres (69 x 100 mm) 2991 cc et 295 CV. Elle n’eut, elle non plus, guère de succès.

 

 

N°24.

Photo 24 Monoplace 308 (1938)

 

 

N°25.

Photo 25 Moteur de la 308

Par contre, Alfa Romeo eut plus de chance en petite cylindrée avec la « 158 » de 1938 qui fit merveille en classe 1500. Son moteur huit cylindres (58 x 70 mm) de 1479 cc, à compresseur, développait 195 à 225 CV et sa vitesse dépassait 230 km/h.

Douze exemplaires en furent construits avant guerre mais l’essentiel de son palmarès date d’après 1946. Elle fut développée en « 159 » et conquit les deux premiers titres au Championnat du Monde de F1 en 1950 et 1951.

 

 

N°26.

Photo 26 Grand Prix d’Europe à Spa 1947. Départ avec deux Alfa Romeo 158 en tête

 

 

N°27.

Photo 27 Monoplace 158 en 1947

 

 

N°28.

Photo 28 Monoplace 159 en 1950

En fin 1937, Jano avait quitté ses fonctions et fut remplacé par le major Trevisan qui y resta jusqu‘à la fin de la guerre.

C’est ce dernier qui étudia à partir de 1938 une berline moderne de tourisme, le type S-11. Il s’agissait d’une conduite intérieure quatre portes à structure monocoque, munie d’un moteur huit cylindres en V (68 x 78 mm) de 2260 cc et développant 94 CV à 5000 tr/mn. Un arbre à cames était situé en tête de chaque rangée de cylindres.

Deux prototypes furent construits et essayés avec succès mais la guerre empêcha sa mise en production. On envisagea aussi une version S-11 SS à moteur à quatre arbres à cames en tête.

 

 

N°29.
 

 

N°29.

Photo 29 Vue schématique du prototype S-11 étudié en 1938-39

Il faut d’ailleurs remarquer que la production de voitures de tourisme Alfa Romeo fut relativement limitée pendant les années trente car l’usine était fort occupée par la fabrication de moteurs d’avions et de camions destinés à l’armée.

Il fallut attendre 1967 pour revoir une Alfa Romeo à huit cylindres. La 33/2 sport prototype fut construite à 30 exemplaires avec un moteur placé en position centrale arrière, de huit cylindres en V (70 x 50,4 mm), 1995 cc, développant 270 CV à 9600 tr/mn et frôlant les 300 km/h. Ces voitures eurent quelques bons résultats sportifs.

 

N°30.

Photo 30 L’Alfa 33/2 de deux litres en 1967

On fit aussi 18 exemplaires de ces châssis en version route (Stradale) destinés à être carrossés par des spécialistes et vendus à des célébrités.

 

 

N°31.

Photo 31 Berlinette Stradale sur base 33/2

En 1969, la 33/2 céda la place à la 33/3, toujours en sport prototype. Il y en eut 20 exemplaires à moteur 2998 cc, développant 400 à 440 CV et atteignant 330 km/h. La 33/3 eut de bons résultats pendant trois ans.

 

 

N°32.

Photo 32 L’Alfa 33/3 de trois litres en 1969

Dérivé du moteur des Alfa Romeo 33 de course, un V-8 (80 x 64,5 mm) de 2599 cc et 200 CV fut monté dans un coupé de luxe, rapide et confortable, le coupé Montreal, sorti à près de 4000 exemplaires entre 1970 et 1977.

 

 

N°33.

Photo 33 Coupé Montreal (1970)

 

 

 

Couverture du catalogue de l’Alfa Romeo Montreal

Quelques détails de catalogues Alfa Romeo 8C:

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2300.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2300.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2300.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2900B.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2900B.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2900B.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2900B.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2900B.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2900B.

 

Catalogue Alfa Romeo 8C 2900B.

Texte et archives de Jacques et Yvette Kupélian