ESSAI : La VW Jetta Hybrid, l’hybride 1.1 de VW

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Il fallait s’en douter, l’hybridisme n’est plus la chasse gardée de Toyota… D’autres marques lui emboîtent le pas avec plus ou moins de bonheur : après Honda, Kia, Volvo, Citroën et Peugeot, voici qu’après le très peu diffusé Touareg, VW propose une Jetta Hybride.

VW Jetta Hybrid 2013


Mais attention : il s’agit ici que d’un premier jet : ce véhicule a été développé pour l’autre côté de l’Atlantique et monté au Mexique… aura-t-il un succès sur le vieux continent ?


Une belle ligne… basée sur la Golf VI

 

Avec ses 4,65 m, la Jetta a vraiment changé depuis les « Golf à sac à dos » des années ’80 ! Mais comme son ancêtre, elle a gardé sa caractéristique la plus marquante, une véritable soute pour les bagages !

VW Jetta Hybrid 2013

A l’instar de la Renault Fluence ZE, VW a donc choisi dans sa gamme une voiture ayant « du coffre » pour y placer les batteries. Avec son volume de plus de 510 dm³, la Jetta se révélait être le choix le plus rationnel pour y loger la batterie lithium-ion.

VW Jetta Hybrid 2013

Composée de 60 cellules de 5 Ah chacune, elle délivre une tension nominale de 220 V et possède une capacité de 1,1 kWh. Son poids s’élève à 35,8 kg et ampute le coffre de 136 dm³ car il faut y ajouter un ventilateur pour réguler sa température et un système de gestion des fonctions de sécurité, de diagnostic et de monitoring.

VW Jetta Hybrid 2013

La Jetta hybride propose ainsi une capacité de 374 dm³, qui correspond grosso modo au volume d’une Golf VII… pour une différence de longueur de près de 30 cm !

VW Jetta Hybrid 2013

Mais en ne contenant plus que 45 litres, son réservoir perd 10 litres et possède la même capacité que la Polo !

Notons aussi quelques appendices aérodynamiques comme cette calandre spécifique…

…ou ce petit bequet sur la malle arrière.

Au final, en restant sous la barre des 1500 kg, le poids de la Jetta Hybrid n’a augmenté que d’une centaine de kilos par rapport aux Jetta à moteurs thermiques.

Pour le reste des caractéristiques de la Jetta, nous enjoignons le lecteur à relire son essai paru en 2011 sur votre site préféré.

 

L’hybridisme à la sauce VW

 

La Jetta Hybride est propulsée à la fois par un moteur à essence 1.4 TSI de 150 ch. (110 kW) et par un moteur électrique de 27 ch. (20 kW).

Dans le groupe VW, le moteur 1.4 TSI n’est pas inconnu mais dans la Jetta Hybride, il développe une puissance inédite de 150 ch.. Ce moteur dispose d’un couple de 250 Nm disponible de 1400 rpm à 3500 rpm. Ce couple est distribué au train avant par une boîte automatisée DSG à double embrayage à sept rapports.

Un embrayage de découplage est installé entre les deux moteurs, il désaccouple le moteur à essence de la boîte de vitesses lorsque la voiture roule en mode électrique, en « roue libre » ou au freinage.

La Jetta Hybrid passe en mode électrique soit automatiquement (jusqu’à 60 km/h), soit par simple pression sur la touche « E-mode », qui se trouve à droite du levier (jusqu’à 70 km/h).

Par ces actions, le moteur thermique se désaccouple de la boîte de vitesses pour éviter les pertes dues au couple de retenue et d’augmenter ainsi l’autonomie en mode entièrement électrique qui, d’après VW peut atteindre 2 km.

En pratique, ce mode est difficile à garder, car à la moindre pression sur l’accélérateur le moteur thermique redémarre pour aider le moteur électrique…

Notons aussi que la puissance de ce moteur est assez faiblarde : à peine 1/5 de la puissance du moteur thermique alors que chez l’Auris de Toyota, le moteur électrique développe un peu plus de 4/5 de la puissance moteur essence.

En ville, la fonction ZE n’est donc que peu utilisable car le moteur TSI vient rapidement lui prêter main forte : certes, les accélérations sont nettement plus vigoureuses que celles de la Toyota, mais elles se payeront cash à la pompe !

En revanche sur routes ouvertes ou autoroutes, le TSI démontre ici sa frugalité, lors d’un déplacement vers les Hautes Fagnes, nous sommes parvenus à rester sans problème sous la barre des 6 litres aux cent.

Lorsque l’on relâche l’accélérateur, le moteur thermique se coupe tout en se désolidarisant de la chaîne cinématique via l’embrayage de découplage, avec pour résultat que la Jetta Hybrid roule sur son erre sans rien consommer (roue libre).

En revanche, lorsqu’il doit être fortement sollicité, il sera secondé par le moteur électrique : c’est alors 170 ch. qui se manifesteront sous le pied droit (mode « boost »). Ceux-ci permettront des dépassements éclairs, gage de sécurité.

Notons enfin que le surplus d’énergie délivré par le moteur thermique sert à recharger la batterie.

Ces fonctions sont représentées graphiquement sur l’écran de l’ordinateur de bord. Il permet de suivre en temps réel les variations des flux d’énergie.

Vu que la planche de bord est dérivée de celle qui équipait feue la Golf VI, l’ordinateur de bord est encore de l’ancienne génération, même si celui-ci a été adapté aux particularités de la propulsion hybride.

Au rayon de ses spécificités, le compte-tours a cédé sa place à un « Powermeter » qui indique l’activité hybride de la propulsion.

 

Notons aussi un freinage curieux : non pas que la Jetta freine mal, mais la course de la pédale de frein dédiée à la récupération de l’énergie et donc à la régénération des batteries nous semble trop grande par rapport à la course affectée au freinage normal.

Il faudra donc s’habituer, notamment pendant les manœuvres pour se garer.

 

Qu’en dire?

 

Voiture confortable et on ne peut plus silencieuse, la Jetta Hybride est convaincante sur route ouverte, en revanche, en ville nous avons eu l’impression que la gestion de la propulsion semble hésiter entre les modes essence et électrique, la faute peut être à une puissance trop réduite du moteur électrique.

Il s’ensuit un manque de franchise que nous n’avions encore jamais ressenti en mode ZE à bord des Toyota hybrides.

Ces hésitations affectent aussi la consommation en ville qui reste loin d’égaler les records des hybrides de Toyota : nous avons enregistré près de sept litres aux cent.

Connaissant la « retenue » des hybrides Toyota sur routes ouvertes, on peut dire que la Jetta leur est complémentaire et sera plutôt choisie par des conducteurs revendiquant un kilométrage extra urbain plus important et sensibles aux faibles rejets de particules et aux faibles émissions de CO2 que revendique la Jetta Hybrid.

Mais ceci étant dit, la Jetta Hybrid se heurte de plein fouet aux excellents TDI qui font la délectation des grands rouleurs Européens…

Proposée à partir de 31.360 EUR (novembre 2013) notre exemplaire disposait de quelques commodités comme notamment un GPS, un module d’éclairage et visibilité, un module « hiver » avec sièges chauffants et lave phares avant, un système d’alarme périphérique et volumétrique, des radars avant et arrière, etc…

Ce qui a fait monter la facture à près de 35.600 EUR…

Signalons que la Jetta Hybrid a été spécialement développée pour les États-Unis (voir spécifications en anglais) et est d’ailleurs construite à Puebla au Mexique.

Cependant, VW n’en est pas resté là : d’autres véhicules hybrides se pointent à l’horizon, et même SM la Golf VII aura sa version !