ESSAI : L’Amarok, le pick-up selon VW

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Après avoir largement été dominé par les marques japonaises ou, dans une moindre mesure – américaines – le marché européen voit apparaître enfin un nouveau concurrent indigène : l’Amarok (qui veut dire « loup » en langue inuite).

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012


Pourra-t-il faire face aux ténors de la catégorie « pick-ups » que sont l’Isuzu D-Max, le Nissan Navara, le Mitsubishi L200, le Toyota Hilux, le Mazda BT50 ?


Les valeurs « VW »

 

Jusqu’à présent les couleurs européennes n’étaient défendues que par l’antique et légendaire Defender de chez Range Rover ainsi que par le discret Ford Ranger à vocation plutôt mondiale.

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Avec l’Amarok, VW veut s’incruster dans ce marché avec ses conceptions à savoir, ses propres standards de sécurité, une finition digne de la marque avec trois niveaux d’exécution (Base, Trendline et Highline) ainsi que des moteurs TDI à haut rendement.

Construit depuis 2009 à l’usine «Pacheco» à Buenos Aires en Argentine (rien à voir avec boulevard bruxellois éponyme), il est disponible en deux versions : une version quatre portes sous sa déclinaison «double cabine» et une version à deux portes appelée «simple cabine» proposée depuis le premier semestre 2011.

De ligne typiquement VW, l’Amarok n’en demeure pas moins un vrai utilitaire : avec une longueur qui peut atteindre 5,25 m et un empattement de plus de 3 m, il n’est pas vraiment taillé pour les zones urbaines !

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Ce véhicule possède cinq places véritables. Lorsque  seulement deux personnes sont à bord, notons la possibilité de redresser complètement la banquette arrière pour augmenter l’espace intérieur.

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Sa benne dispose d’une surface de plus de 2,50 m² pour une charge utile de 1,15 T. La largeur entre les passages de roue rend possible le chargement transversal d’europalettes.

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

 

Des moteurs souples et consommant peu

 

Alors que la majorité des moteurs proposés par la concurrence sont des moteurs turbodiesel de 2,5 voire 3 litres de cylindrée, VW propose deux moteurs diesel TDI de seulement deux litres mais de conception beaucoup plus moderne :

  • Le plus puissant développe 163 ch. (120 kW) et dispose d’un double turbo qui assure une suralimentation régulée à deux niveaux. Celui-ci développe un couple de 400 Nm dès 1.500 rpm. VW lui allègue une consommation moyenne de 7,8 l/100 km (206 g de CO2/km).
  • L’autre motorisation, affiche 122 ch. (90 kW) et est équipée d’un turbocompresseur à géométrie variable et offre un couple maximal de 340 Nm dès 2.000 rpm. Toujours selon le constructeur, ce dernier ne consommerait en moyenne que 7,6 l/100 km (soit 199 g de CO2/km).

Ces deux moteurs sont couplés à une transmission manuelle à six rapports avec indicateur de changement de vitesse. L’Amarok peut tracter jusqu’à 2,8 T.

Au niveau de la sécurité active, l’ABS, l’ ASR (antipatinage via la gestion du moteur) et l’EDS (antipatinage via les freins) sont montés de série.

Notons aussi que l’ABS dispose d’une fonction Offroad enclenchable qui réduit les distances de freinage hors piste et sur sol empierré.

Quant au Amarok équipé de l’ESP (option), un assistant à la descente est activé automatiquement en dessous de 30 km/h lorsque cette même fonction Offroad est engagée.

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

En ce qui concerne les tests Euro-NCAP, l’Amarok a récolté quatre étoiles sur un total de cinq. Lors des tests de collision latérale, le test a révélé un risque au niveau de la poitrine du conducteur ainsi qu’une faiblesse au coup du lapin.

 

Sur route et par delà…

 

Notre essai s’est réalisé à bord d’un Amarok 2.0 TDI 163 ch. 4motion 6V Highline à double cabine.

Débutant à plus de 35.000 EUR, l’Amarok peut se voir équiper d’une foule d’options et sa facture peut monter très vite : notre exemplaire frisait les 41.000 EUR !

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Au niveau des transmissions, notre Amarok bénéficiait d’une transmission intégrale permanente appelée 4motion (avec un 4 en noir). Son différentiel Torsen répartit les forces motrices entre les trains avant et arrière selon un rapport 40/60.

Afin de garantir encore un plus haut degré de motricité, notre exemplaire disposait de l’option «verrouillage de différentiel arrière»

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Il existe également une variante 4motion à transmission intégrale enclenchable ; cette dernière est reconnaissable au 4 rouge.

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Confortable, l’Amarok boit les obstacles, quels qu’ils soient : cassis en dos d’âne, ralentisseurs, nids de poules ou… d’autruches, tout y passe !

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Ses déhanchements sont évidemment importants et réfrèneront certainement toute velléité de conduite un temps soit peu sportive. N’empêche qu’il s’en tire plutôt bien et garde le cap pour autant que les vents traversiers ne soient pas trop violents.

Sa position de conduite est bonne et ses larges sièges permettent aux passagers de garder leur parka… mais ce ne sera pas nécessaire : les sièges en cuir de notre exemplaire étaient chauffants !

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Haut perché, la visibilité périphérique est naturellement bonne. On regrettera qu’à l’arrière,  les appuie-tête obstruent la visibilité.

Vu la largeur de l’engin, un rabattage électrique des rétroviseurs extérieurs ne serait certainement pas superflu si d’aventure il est nécessaire de circuler par des ruelles étroites.

Les bruits de vent sont réduits et se limitent au niveau des rétroviseurs extérieurs.

Le moteur sait se faire discret une fois sa température atteinte. A 120 km/h, il ronronne doucement à 2000 rpm.

Notre bref essai a été réalisé sur un parcours mixte de 200 km. Notre consommation moyenne était inférieure à 8 litres aux cents km et donc pratiquement conforme  aux spécifications du constructeur.

D’après l’ordinateur de bord, il nous était encore possible de rouler 700 km. Avec un réservoir de 80 litres, une autonomie d’un millier de km est donc théoriquement possible…

 

Données techniques

 

Dimensions
Longueur 5,25 m
Largeur 1,94 m
Hauteur 1,83 m
Empattement 3,09 m
Dimension de la benne  
Longueur 1,55 m
Largeur 1,62 m
Hauteur 0,51 m
Poids à vide 1.958 kg
Moteur  
Cylindrée 1.968 cm³
Puissance 163 ch à 4.000 rpm
Couple 400 Nm à 1.500 rpm
0 à 100 km/h 11 s
Vitesse maxi 188 km/h
Consommation  
En ville 9,5 l/_100 km
Sur route 6,9 l/_100 km
Mixte 7,8 l/_100 km
Emission CO2 206 g/_km

 

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

 

Qu’en dire ?

 

Pour sa première intrusion dans le club très fermé des pick-up, l’Amarok a fait forte impression… cependant des gens bien intentionnés confieront que ses moteurs à très haute technologie pourront devenir un handicap dans certaines conditions.

Il est vrai que pour celui qui envisage un raid au Sahara*, l’électronique n’est pas toujours la panacée… mais ce genre de raid ne sera pas nécessairement la destinée des Amarok vendus en Belgique !

*A moins que l’on désire se distinguer au tout proche Rallye des Gazelles comme la judokate Ingrid Berghmans et Laurence Dubois (catégorie 4×4)

VW Amarok 2.0 TDI 4motion 163 ch. 2012

Reste encore le prix : à partir de 35.000 EUR, ce n’est pas donné ! Quand on sait que le constructeur chinois Great Wall monte en Bulgarie son Wingle 5 dont on chuchote que les prix seront inférieurs à 20.000 EUR !

Mais ne mélangeons pas les torchons et les serviettes que diable !