La Toyota Camry hybrid, une Lexus ES cheaper ?

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Après avoir fait l’essai de la Lexus ES, il était intéressant de prendre le volant de la Toyota Camry, sa sœur jumelle chez Toyota.

Conception générale

Toyota revient aux anciens noms qui ont fait connaître la marque japonaise dans le monde entier. Après la Corolla qui a fait disparaître l’Auris, voici qu’après quinze ans d’absence, la Camry fait oublier la discrète Avensis qui, soulignons-le, n’a jamais été proposée en version hybride.

Rappelons au passage que la première Camry date de 1982 et qu’elle en est à sa huitième génération. Avec ses 19 millions d’exemplaires et ses plus de 700.000 unités par an, elle est une des berlines les plus diffusées au monde.

Avec cette nouvelle génération, la Camry est partie pratiquement d’une feuille blanche car presque aucun composant ou pièce n’a été repris, que ce soit au niveau du style, de l’interface, du poste de conduite, des motorisations, du châssis ou de la sécurité.

Partageant la plateforme Toyota New Global Architecture (TNGA) avec la Lexus ES , la Camry n’est diffusée en Belgique qu’en version hybride essence.
Proposée qu’en berline tricorps à quatre portes, elle reçoit la même motorisation hybride “2,5 litres Dynamic Force” que le RAV4 et la Lexus ES. Pour l’instant, pas de “Station Wagon(break) à l’horizon.

Une longue berline

La Camry de huitième génération adopte aussi une nouvelle évolution stylistique de la marque baptisée “Catamaran Under Priority” qui est la combinaison des thématiques “Toyota Under Priority(calandre inférieure dominante) et “Keen Look(regard volontaire).

C’est ainsi qu’à l’avant, le bouclier avec son spoiler reprend une variante de ce dessin si singulier que l’on avait déjà observé sur la nouvelle Corolla et même déjà sur la Mirai.

Les optiques avant très profilées sont équipées de feux à LED intégrant des feux de jour à la signature très inédite.

De profil, cette élégante berline longue de 4,89 m et large de 1,84 m se présente avec une ligne de toit étirée mais avec des porte à faux avant et arrière relativement petits, ce qui lui donne une allure sportive et racée.

Par sa taille, elle se place entre la Mazda 6 et l’Opel Insignia Grand Sport.

Son empattement de 2,83 m offrira aux occupants beaucoup d’espace.

A l’arrière, les feux à LED s’étirent sur les ailes ainsi que sur le couvercle de la malle arrière frappé en son centre par le nom du modèle.

Un intérieur technologique et racé

Les jolies courbes de la planche de bord délimitent le poste de conduite centré sur le conducteur, et l’espace du passager avant. L’ensemble des matériaux et textures utilisés respire la qualité de finition.

Pour améliorer la visibilité, Toyota explique avoir aminci les montants du pare-brise et fixé le rétroviseur extérieur sur la portière.
En outre, en mode lent (Lo) les essuie-glaces agrandissent automatiquement la zone de balayage autour des montants.

Les sièges ont été étudiés pour offrir à la fois un bon maintien et s’avérer suffisamment confortables pour de longs trajets. Que ce soit à l’avant ou à l’arrière, la place y est royale.

Deux système existent suivant les finitions : soit à dossiers rabattables à 60/40, ou des sièges grand confort 40/20/40 inclinables électriquement (en finition Lounge).

Avec un volume de coffre minimum de 524 dm³, la Camry se classe parmi les meilleurs élèves de la catégorie, même si celui-ci s’avère profond.

Les données de conduite apparaissent sous trois formes : un affichage tête haute 10” couleur (selon version), un afficheur 7” multifonction au tableau de bord et enfin, sur la console centrale, par un écran 8” doté du système multimédia Toyota Touch & Go (selon version). Ce système multimédia comprend un autoradio, le Bluetooth avec fonction d’envoi/réception de SMS, la lecture audio en streaming et un port USB pour lecteur musical.

Il intègre également l’affichage de la caméra de recul, la visualisation du trafic, la fonction d’appel d’urgence, la lecture par des messages et l’accès au portail clients Toyota en ligne.

Un système audio à six haut-parleurs équipe d’origine la nouvelle Camry, mais la finition Lounge bénéficie d’une solution JBL Premium Sound System à neuf haut-parleurs.

Le système de navigation (sur écran 7’’ ou 8’’ selon les versions) intègre une représentation tridimensionnelle des villes et des points de repère.
A noter que la fonction en ligne du système peut également opérer par connexion Wi-Fi, dès lors qu’un occupant paramètre son smartphone en point d’accès.

Une sécurité très élaborée

En passe d’être testée par l’EuroNCAP, grâce au pack de sécurité active Toyota Safety Sense, la Camry dispose des toutes dernières innovations en matière de sécurité comme un système de sécurité précollision avec détection des piétons (PCS), un régulateur de vitesse adaptatif (ACC),une alerte de franchissement de ligne (LDA), la gestion automatique des feux de route (AHB) et la lecture des panneaux de signalisation (RSA).

En outre, elle dispose d’un moniteur d’angle mort (BSM) hélas pas très visible. Ce dernier est complété par un avertisseur de circulation arrière (RCTA).

Tous ces systèmes sont complétés par un détecteur d’obstacles (ICS, Intelligent Clearance Sonar) qui facilite les manœuvres lentes dans les parkings avec peu d’espace.

Pour les distraits, grâce à la fonction DSC (Drive Start Control), les démarrages involontaires ou brutaux lors du maniement du levier de vitesses seront régulés par une interruption de la transmission de la puissance (tout en émettant un avertissement)… Merci pour eux !

A l’heure actuelle, la Camry Hybrid n’a pas encore été testée par l’organisme EuroNCAP, mais sa sœur jumelle  la Lexus ES, a été gratifiée de cinq étoiles avec à la clé, d’excellentes cotations pour les protections des passagers et des piétons. En outre, par son prix « Best in Class 2018« , cette dernière a été déclarée par l’EuroNCAP la voiture « familiale » et « hybride/électrique » la plus sûre d’Europe.

Une chaîne cinématique connue

La Camry reprend in extenso la même cinématique que la Lexus ES et le Toyota RAV4  essayés tous deux il y a six mois. Et dont les consommations étaient particulièrement basses eu égard à la cylindrée du moteur thermique qui est quand même de  2487 cm3 !

Pour rappel, ce quatre cylindres appelé “Dynamic Force” à injection directe et indirecte développe une puissance maximale de 177 ch (131 kW) à 5700 rpm et un couple maximal de 221 Nm entre 3600 et 5200 rpm. Adoptant la double distribution variable intelligente sous le cycle Atkinson, il surprend aussi par son rapport volumétrique élevé de 14:1, Toyota lui revendique un rendement thermique maximal de 41 %, ce qui est peu commun !

 

Cette unité est conjuguée à une chaîne électrique constituée par un moteur électrique de 120 ch (88 kW) et un générateur via une boîte-pont de type “CVT” plus petite et plus légère dont la structure a été améliorée en vue de diminuer les pertes par friction du train d’engrenages.
Le rapport de démultiplication a été revu afin de conjuguer sobriété et performance.

Ce système hybride-électrique dispose d’une sélection séquentielle Shiftmatic imitant une boîte automatique à six vitesses, mais il n’y a pas de palettes au volant.
Les trois modes de conduite (ECO, NORMAL et SPORT) restent opérationnels également en mode électrique EV, ce dernier étant activable par un commutateur séparé.
Notons qu’il n’y a plus de position “B” donnant priorité à la recharge de la batterie.

Comme nouveauté, signalons la fonction “Auto Glide Control(AGC) qui ralentit et contrôle la décélération au levé de pied de l’accélérateur. Mais cette fonction s’annule automatiquement en descente ou au freinage. Un témoin sur le tableau de bord informe que le couple de décélération appliqué est inférieur à la valeur normale. Ce dispositif participe aux économies de carburant car il dispense de réaccélérer.

Ainsi équipée, le 0 à 100 k/h est avalé en 8,3 secondes et sa vitesse maximale est limitée à 180 km/h. Sa consommation a été fixée à 4,2 /100 km et ses émissions à 98 g/km CO2

L’ensemble cinématique offre une puissance combinée de 218 ch.

Sur route

Son type de conducteur ne recherchera pas à son volant le dynamisme et les sensations qu’il aurait avec la Supra, loin s’en faut ! Certes, elle peut accélérer fort, mais pendant cet exercice, le bruit typique de la transmission CVT fera tache dans ce cocon dédié au confort où le silence est une de ses principales qualités.

De même, même si elle est bien équilibrée, cette grande traction avant n’est pas taillée pour attaquer une spéciale de Monte Carlo !
Son poids de plus de 1,6 T réfrénera toute velléité de se prendre pour Fangio. Et ce, d’autant plus que le système de freinage semble moins performant que sur un véhicule thermique. Il est vrai qu’il est beaucoup plus complexe.

En revanche, sa faible consommation en fera une intéressante alternative pour les gros rouleurs et les chauffeurs de taxi dégoûtés par les atermoiements actuels sur l’avenir du carburant diesel.

A la fin de notre essai réalisé souvent sur des parcours interurbains, la consommation relevée à l’ordinateur de bord était de 5,1 l/100 km.

Mais pour des trajets en zone urbaine et/ou suburbaine, cette grande berline n’a consommé que 4,4 l/100 km ! Dans ces conditions, avec un réservoir de 50 l, on peut voir venir !

Conclusions

Que ce soit en matière de consommation ou de confort, la Toyota Camry est une réussite. Même si une version break n’est pas à l’ordre du jour chez Toyota, celle-ci risque fort de devenir un must pour les gros rouleurs.

Sa consommation mesurée surtout en ville en fera une excellente alternative comme taxi. Certes, son gabarit ne facilitera pas ses déplacements dans certaines ruelles, mais il en est de même pour les Mercedes classe E utilisées comme taxi…

Proposée en seulement deux niveaux de finition, ses prix débutent à 37.000 EUR.
Comparée à sa sœur Premium la Lexus ES, c’est près de 11.000 EUR moins chère !

Comme hybride pure, sa seule concurrente reste la Ford Mondeo Clipper Hybrid dont l’offre est 1000 EUR supérieure. Cependant, cette dernière restera plus pratique grâce à son hayon.
En outre, suite à une fiscalité non adaptée et appartenant au siècle passé, la Ford avec son moteur thermique de 2.0 l se fera préférée en Wallonie et à Bruxelles.

Benoît Piette

 

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