La Toyota RAV4 Hybrid, première incursion de l’hybride dans le segment

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L’intérêt croissant pour les modèles hybrides a poussé Toyota à proposer pour chaque modèle de sa gamme de voiture, une version hybride. Après en avoir déjà fabriqué plus de 8 millions et s’étant limité jusqu’à présent à l’hybridation de voitures traditionnelles, la Marque fait à présent un pas supplémentaire en proposant une version hybride de son mythique RAV4. Il s’oppose ainsi au Lexus NX 300h propulsé par la même chaîne cinématique.


Toyota RAV-4 Hybrid - 2016


Première incursion écologique d’une marque généraliste dans ce secteur si tendance. Trouvera-t-il un terreau fertile dans ce monde où le mode tout-terrain n’est pas absent ?


Une carrosserie identique

 

Par rapport au RAV4 à propulsion thermique essayée fin 2013, son dernier restylage lui a donné une nouvelle calandre avec des phares plus affinés où sont intégrés des feux de jour à DEL.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

A l’arrière le hayon a été légèrement modifié et les feux reçoivent un nouveau dessin. 

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016


Pour reconnaître la version hybride, il faudra se pencher sur ses logos bleutés, synonymes de l’hybridation pour Toyota.

 

Pour le reste, c’est chou vert et vert chou.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

Naturellement, comme toute hybride qui se respecte, la place dédiée aux batteries empiète sur le volume du coffre :

  

avec cache-bagage 

dossiers rabattus 

Propulsion thermique 

547 dm³ 

1.735 dm³ 

Propulsion hybride 

501 dm³ 

1.633 dm³ 

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

En outre, la banquette arrière ne permet plus de disposer d’un plancher plat.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016


Depuis sa dernière mouture, rappelons que le RAV4 s’est urbanisé et sa lourde et longue porte arrière a fait place à un hayon beaucoup plus commode. Sa roue de secours qui y était fixée s’est métamorphosée en une « roue galette » moins encombrante certes, mais qui ne la remplacera jamais !

 

Vu le caractère SUV du modèle, ce choix pourra être lourd de conséquences si le conducteur s’aventure en dehors des routes asphaltées.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016


A l’intérieur, les modifications par rapport aux versions 100 % thermiques sont aussi peu perceptibles.

 

Il n’y a pas comme dans la Prius cette petite commande originale pour le changement de vitesses mais un banal levier de boîte de vitesses automatique.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

Seuls, trois poussoirs disposés discrètement à la base de la console ainsi que les cadrans trahissent son mode de propulsion.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

Ah! oui : le bouton poussoir de démarrage est ici de couleur bleue…

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016


La position de conduite est bonne et permet d’envisager de longs déplacements. Signalons également que les ingénieurs ont réalisé de gros efforts pour parfaire l’isolation phonique du modèle. 

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

Comme le reste de la gamme, cette version bénéficie aussi du pack Toyota Safety Sense, qui comprend des dispositifs de sécurité active et passive comme ce système de vision à 360° donnant à basse vitesse une vue panoramique des abords immédiats du véhicule.

 

Nous retrouvons aussi un système de sécurité précollision (PCS) avec détection des piétons, une alerte de franchissement de ligne (LDA), une gestion automatique des feux de route (AHB), un régulateur de vitesse adaptatif (ACC),un moniteur d’angle mort (BSM), un avertisseur de circulation arrière (RCTA) et une lecture de panneaux de signalisation (RSA).

 

Un écran de 4,2” reprenant les données de conduite trouve sa place entre les deux compteurs et un écran couleur 7” placé sur la console centrale intègre le système multimédia Toyota Touch 2 et la navigation GPS. 

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

Vu les capacités tractrices du RAV4 Hybrid, celui-ci dispose d’un contrôle de stabilité de l’attelage (TSC : Trailer Sway Control) directement intégré au contrôle de stabilité du véhicule (VSC : Vehicle Stability Control).

 

Ce système gère le couple moteur et les freins pour remettre rapidement la remorque en ligne si un phénomène de lacet se produit.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

Au niveau des tests de sécurité EuroNCAP, nous renvoyons le lecteur à l’essai de la version thermique réalisée il y a trois ans.

 

 

Sur route

 

Contrairement aux Prius et Auris, le RAV4 Hybrid reprend comme moteur thermique, une unité utilisée sur les Lexus. Ce moteur de 2494 cm³ à 16 soupapes à cycle Atkinson* à double arbre à cames en tête et calage variable des soupapes d’admission VVT-i fournit une puissance maximale de 155 ch à 5700 rpm et un couple maximal de 206 Nm entre 4400 et 4800 rpm. Il est associé à un moteur électrique synchrone à aimant permanent de 143 ch disposant d’un couple maximal de 207 Nm obtenu immédiatement.

 

*ce cycle se caractérise par une course de détente plus longue que la course de compression, d’où un meilleur rendement de combustion 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

L’ensemble offre ainsi une puissance combinée de 197 ch qui donne, selon Toyota, des accélérations de 0 à 100 km/h en 8,3 secondes. Toujours suivant le constructeur, il afficherait une consommation de 4,9 l/100 km en cycle mixte européen et des émissions de CO2 de 115 g/km (version 2WD).

 

Pour la version 4×4, (appelée 2.5 Hybryd E-FOUR) un second moteur électrique de 68 ch est monté à l’arrière, ce qui permet d’obtenir une transmission intégrale sans devoir recourir à un arbre central. Outre l’amélioration de la motricité, cette version permet de tracter une remorque jusqu’à 1650 kg.

 

La transmission de la puissance s’effectue par une transmission à variation continue pilotée électroniquement e-CVT commandée sans liaison mécanique, à l’aide d’un sélecteur de vitesses électronique ressemblant aux boîtes automatiques. Avec le Shiftmatic, il est possible de changer de rapport manuellement de manière séquentielle : intéressant pour ralentir le véhicule de manière plus prononcée !

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

Comme toutes les hybrides de Toyota, le conducteur peut choisir des modes Sport ou Eco ainsi que le mode ‘exclusivement électriqueEV.

 

L’ensemble reste cohérent et fournit une puissance suffisante pour s’insérer dans le trafic sans le moindre effort. Grâce à l’excellente insonorisation, le bruit lancinant de la transmission CVT n’est plus aussi gênant que par le passé.

 

Certes, il n’a pas disparu lors de fortes accélérations, mais il est profondément atténué. L’accélération reste linéaire et ne donne que peu de sensations mais attention, le silence qui règne dans l’habitacle pourrait se révéler trompeur voire même dangereux pour votre permis ! En mode sport, les montées en régime sont plus vigoureuses mais sont antinomiques avec la philosophie de ce mode de propulsion.

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

La consommation moyenne de notre essai a été de 6,4 l/100 km ce qui n’est pas mal compte tenu du poids…

 

Par rapport aux véhicules traditionnels, les SUV n’ont rien d’une ballerine et leur comportement routier est plus pataud : le RAV4 Hybrid ne déroge pas à cette règle. Avec ses 100 kg supplémentaires, cette version se conduit en bon père de famille responsable.

 

 

Conclusions

 

A l’aise en ville, le RAV4 Hybrid offre une solution intéressante aux citadins épris d’écologie et sensibles à la mode du SUV.

 

Vu la place à l’intérieur, il peut se révéler une alternative intéressante pour les taxis de certaines villes où le diesel est devenu hors-la-loi. Toutefois, les longs trajets sur autoroute lui feront perdre son attrait : la version diesel sera plus intéressante…

 

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016


Depuis son lancement en 1994, près de six millions de RAV4 ont été livrés dans le monde, dont un quart en Europe et dont 90 % sont toujours en circulation. Cela démontre la robustesse du produit : sa version hybride ne devrait pas changer la donne car après plus de 8 millions d’hybrides produits, la fiabilité de cette technologie a fait ses preuves.

Cela n’a pas échappé aux ventes qui, pour l’instant, représentent environ 60 % des RAV4 vendus !

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016

 

Grâce aux taxes plus favorables pour les voitures hybrides, le RAV4 Hybrid se vend mieux en Région flamande que dans les deux autres régions (Bruxelles Capitale et Wallonie) où la fiscalité antédiluvienne fait encore intervenir la cylindrée dans son calcul, comme il y a soixante ans.

Toyota RAV-4 Hybrid - 2016  

 

Avec un prix de base de 35.000 EUR, ce RAV 4 n’est pas cher : la Lexus NX 300h FWD avec la même propulsion fait 42.000 EUR !

 

Pour l’instant, les autres marques ne se bousculent pas au portillon : signalons pour mémoire le très discret Mitsubishi Outlander 2.0L PHEV 4WD mais avec son prix de 55.500 EUR, il ne joue pas dans la même cour !