ESSAI : Le Toyota Land Cruiser, l’autre légende

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Comme tout-terrain le plus vendu au monde, il nous semble inutile de le présenter : que l’on soit en Afrique, dans la pampa argentine ou, plus proche de nous, dans les gorges du Verdon, ce véhicule a roulé sa bosse avec la même aisance au point qu’il soit devenu une référence incontournable dans le monde du 4×4.

Toyota Land Cruiser 2010

Conçu en pleine guerre de Corée sur base d’une plate-forme de camion et propulsé par un moteur six cylindres de 3,4 l, ce tout terrain a pu progressivement s’affranchir de son uniforme pour aller conquérir les marchés laissés en friche par ses concurrents.

Toyota Land Cruiser 2010

Baptisé Land Cruiser en référence au Land Rover britannique, il a suivi les tendances du marché en présentant une gamme basée sur différents empattements. Vendu en un peu plus de cinq millions d’exemplaires, le Land Cruiser est aussi le premier véhicule Toyota à avoir été exporté hors du Japon.


Un style préservé

 

Comme ses concurrents, il s’est « civilisé » au fil du temps et la dernière version adopte une silhouette qui la rend plus fréquentable dans les milieux citadins tout en préservant ses gènes de baroudeur comme par exemple, l’incidence du porte-à-faux avant sur l’angle d’attaque en tout-terrain.

Toyota Land Cruiser 2010

A l’avant, de grands optiques encadrent une nouvelle calandre à barrettes verticales. A l’arrière, les feux sont placés en hauteur et bien visibles grâce à l’utilisation de diodes électroluminescentes (DEL).

Toyota Land Cruiser 2010

Ils encadrent un hayon à ouverture latérale s’ouvrant malheureusement de gauche vers la droite. Heureusement, il comporte une lunette vitrée articulée par le haut qui permet un accès plus simple au coffre (à condition toutefois d’être de grande taille…).

Toyota Land Cruiser 2010

Au niveau aérodynamique, cette armoire bretonne profite de nombreuses améliorations qui ont permis de faire passer son Cx de 0,37 à 0,35, ce qui est tout bénéfice pour la consommation.

Par rapport à son prédécesseur, la nouvelle version cinq portes ne s’allonge que de 45 mm et ne s’élargit que de 10 mm en revanche, sa hauteur diminue de 20 mm.

Toyota Land Cruiser 2010

L’espace à l’intérieur est vaste et le coffre modulable avec la seconde rangée des sièges dont les dossiers sont fractionnables, inclinables et rabattables 40/20/40. Les compartiments de rangement sont nombreux. A l’avant, on y trouve un port USB pour le branchement et la recharge simultanée d’un iPod, une prise 12 V ainsi qu’un grand boîtier réfrigéré sous l’accoudoir de la console centrale.

Toyota Land Cruiser 2010

Comme d’autres véhicules de la marque, le Land Cruiser s’équipe d’un système d’accès et de démarrage sans clé.

Toyota Land Cruiser 2010

Au niveau équipement, c’est Byzance : la climatisation automatique tri-zone, une sonorisation JBL Synthesis Premium Surround et un GPS à écran tactile, etc… Notons également la présence d’une prise 220 VAC dans le coffre.



Etudié pour le tout terrain

 

À la différence de 4×4 concurrents comme par exemple le Mitsubishi Pajero, le Land Cruiser n’a toujours pas de structure monocoque et s’en tient toujours à son châssis-échelle repris de son prédécesseur ; mais il gagnerait encore 11% en rigidité.

Cette charpente digne d’un camion permet non seulement une robustesse à toute épreuve en tout-terrain mais aussi d’absorber directement les vibrations et le bruit du moteur, de la transmission et de la route ; ce qui préserve le confort dans l’habitacle.

Toyota Land Cruiser 2010

En termes de sécurité, le nouveau Land Cruiser dispose d’un éventail de dispositifs de sécurité active et passive – route et tout-terrain – particulièrement complets. Signalons en vrac, sept airbags, des appuis-tête actifs destinés à prévenir le « coup du lapin », un système de sécurité précollision PCS (Pre-Crash Safety System) avec en complément un régulateur de vitesse adaptatif, des phares à haute intensité HID avec système d’éclairage avant adaptatif AFS (Adaptive Front Lighting System). Ce dernier oriente le faisceau des feux de croisement en fonction du braquage et de la vitesse tout en corrigeant l’assiette.

Toyota Land Cruiser 2010

Quant aux freins, ils sont secondés par une panoplie technologique de haut vol : freinage antiblocage ABS avec répartiteur électronique de la force de freinage EBD et aide au freinage d’urgence BA, contrôle de motricité et de stabilité du véhicule. Et en cas de freinage d’urgence, les feux stop clignotent automatiquement pour alerter les conducteurs suivants.

Toyota Land Cruiser 2010

De plus, le Land Cruiser possède plusieurs dispositifs de contrôle du freinage spécialement adaptés pour le tout-terrain : fonction ABS Multi-terrain1 , régulateur de traction actif A-TRC2 .

Notons que sur les versions automatiques, il y a également une assistance au démarrage en côte HAC3 et assistance en descente DAC4.



1. Sur routes, ce système fonctionne exactement comme un ABS conventionnel. Par contre, sur les surfaces meubles, il permet de se bloquer intentionnellement jusqu’à un certain point afin de creuser le sol et d’accentuer la force de freinage.

2. Ce système (Active Traction Control) permet à la transmission intégrale permanente une régulation active de la puissance fournie par le moteur en attribuant son couple aux roues qui accrochent le sol. L’A-TRC assure donc une motricité maximale en terrain difficile tout en stabilisant les départs et les accélérations.

3. Ce système détecte un début de recul et freine temporairement les quatre roues pendant cinq secondes au plus.

 4. Ce système de commande des freins gère automatiquement la vitesse de descente pour empêcher de dévaler les pentes de manière scabreuse. Cependant, il appartient au conducteur d’enclencher le DAC en sachant qu’il ne fonctionne que sous les 25 km/h à la condition que l’on ne touche ni à l’accélérateur, ni aux freins.

Toyota Land Cruiser 2010

Utilisé parallèlement à la sélection multi-terrain et sous les 12 km/h, l’écran multi-terrain donne les images reçues de quatre caméras extérieures sur l’écran multifonction. En tout-terrain, le système fournit ainsi une vision des abords immédiats qui échappent à la vue directe du conducteur, que ce soit en marche avant comme en marche arrière ce qui permettra de faciliter les manœuvres.
Cet écran affiche aussi des renseignements supplémentaires sur la vue avant, y compris le champ de vision de la caméra ainsi que l’emplacement des obstacles détectés par le radar et celle des traces des pneus avant et arrière.

Toyota Land Cruiser 2010

Cette débauche de technologies est évidemment intéressante pour le néophyte, mais pour le professionnel du tout terrain, c’est peut-être « nice to have ».



Des prestations optimalisées

 

Le Land Cruiser est propulsé par un quatre cylindres diesel  en ligne de 2982 cm3 à seize soupapes, double ACT et rampe commune, développant une puissance raisonnable 173 ch. à 3400 rpm mais son couple développe 410 Nm de 1600 à 2800 rpm.

A noter que ce moteur répond aux normes Euro IV.

Toyota Land Cruiser 2010

Au démarrage, il émet un son rocailleux … Notre exemplaire possédait une boîte manuelle à six rapports comprenant un indicateur de changement de vitesse.

Sur route, les passagers dominent largement la route au point d’avoir – un peu à l’instar des camionneurs – une vue plongeante dans l’habitacle de certains fourgons ! En somme, on a plus l’impression de se balader sur le dos d’un éléphant que sur un fin coursier…

Toyota Land Cruiser 2010

Mais le confort y est parfait, les bruits de roulement contenus et le moteur relativement silencieux une fois à température.

En tant que vrai 4×4, il ne faut pas attendre du Land Cruiser une tenue de route d’une berline néanmoins celle-ci reste honorable et les prises de roulis pas trop importantes.

Toyota Land Cruiser 2010

En revanche, une fois hors du bitume, c’est un plaisir : ce vrai 4×4 se manœuvre sans problème et avec la même confiance aveugle que témoignerait un cornac pour son éléphant. Les dénivelés sont avalés sans coup férir.

Grâce aux nombreuses aides à la conduite en tout terrain, le véhicule peut se conduire avec aisance et sans appréhension. Même un novice pourra de s’en tirer avec tous les honneurs.

Après un petit essai de plus de 400 km – hélas surtout sur route – la consommation s’est stabilisée en dessous de dix litres aux cent kilomètres, ce qui reste raisonnable en tenant compte du poids de l’engin (plus de deux tonnes)

 

Données techniques

 

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Toyota Land Cruiser 2010 

Par l’équilibre de son compromis on/off road, le Land Cruiser devrait intéresser de prime abord les professions où les incursions en dehors des sentiers battus sont le lot quotidien.

Le confort et la robustesse légendaire du Land Cruiser offriront un plus indéniable à cette clientèle professionnelle.