ESSAI : Toyota Yaris : plus qu’une vraie citadine

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Commercialisée depuis la fin de l’année dernière, la Yaris de troisième génération reste avant tout une vraie petite voiture conforme aux critères du segment B, et contrairement à la concurrence, n’a pas pris de l’embonpoint et reste largement sous la barre de 4 m.

Toyota Yaris 1,33 litre Dual VVT-i MultiDrive S 2011


Une ligne plus dynamique.

 

Adieu les rondeurs, place à des lignes plus vigoureuses : avec un allongement de 10 cm, sa longueur reste malgré tout une des plus courtes de la catégorie. De profil, la nervosité de ses traits lui donne un air plus dynamique. Son allure générale est plus « virile » grâce à des passages de roues proéminents, une posture plus campée à l’arrière et une diminution de sa hauteur (2 cm) par rapport à la version précédente.

Toyota Yaris 2011

Toyota revendique un Cx de 0,29 grâce à des études approfondies de nombreux éléments de la carrosserie. Ainsi le soubassement a été modifié afin d’aplanir sa surface et ainsi, mieux canaliser le flux d’air. En outre, ces éléments permettent d’accroître la stabilité aérodynamique de la voiture et d’assurer un refroidissement idéal du moteur. Attention toutefois aux ralentisseurs : comme pour le Verso S, le becquet de la Yaris est particulièrement bas et peut accrocher !

Grâce à une ceinture de caisse peu élevée et une grande lucarne arrière, l’habitacle est très clair mais il devient franchement lumineux si l’on opte pour le toit panoramique vitré.

Toyota Yaris 1,4 D-4D 2011

A l’instar du Verso S et… des trams de la STIB, le pare-brise ne possède qu’un seul balai à pantographe au lieu des deux essuie-glace du modèle précédent.
Selon Toyota, il améliorerait la qualité du balayage à haute vitesse, produirait moins de turbulences et parferait l’aérodynamisme. Notons cependant que le secteur balayé laisse un important angle mort devant le passager avant.

Comme les Citroën Cx des années ‘70, le lavage du pare-brise s’effectue sur toute la longueur du balai pour éviter d’obstruer la vue pendant leur fonctionnement. Ce système a du bon mais aussi du mauvais : le nettoyage est certes plus efficace, néanmoins, il faudra plus de temps pour dégager le pare-brise des éventuelles projections de boue (les premiers mouvements du balai ne feront malheureusement que les étendre rendant ainsi provisoirement le conducteur aveugle).
En outre, par température négative sur autoroute et suite aux températures très basses engendrées par le vent relatif, nous nous demandons s’il ne faut pas craindre un gel du liquide de lavage dans les conduites exposées.

Toyota Yaris 1,4 D-4D 2011

Toujours à propos des balais, déplorons une fois encore le placement à droite de l’essuie-glace du hayon arrière. C’est parfait si vous vous rendez souvent en Angleterre. En revanche, sur le continent, son mouvement laissera une surface non-balayée dans l’axe de vision du conducteur ! Le choix de cet emplacement est d’autant plus incompréhensible que la Yaris est fabriquée à Valenciennes !



Un intérieur moderne

 

Le bon goût semble avoir été le maître mot des designers de l’habitacle. Le tableau de bord – très lisible – possède un dessin contemporain tout en affichant encore de bonnes vieilles aiguilles. Nous sommes convaincus que son style se démodera beaucoup moins vite que celui qui est installé dans les Ford ou les Honda.

Toyota Yaris 1,4 D-4D 2011

A présent, il est situé face au conducteur. Le volant possède trois branches et un méplat pour donner plus d’aisance aux genoux. Néanmoins, d’aucuns estimeront que ses réglages en profondeur et en hauteur sont insuffisants.

Toyota Yaris 1,4 D-4D 2011

Les exemplaires essayés disposaient d’un système multimédia/GPS appelé Toyota Touch & Go possédant une interface à écran tactile* de 15 cm relié à une caméra de recul.

Par l’intermédiaire d’un GSM possédant Bluetooth®, ce système permet de se connecter à la recherche locale Google. Via Google Maps, il est possible de définir des destinations à distance et de mettre en destination des points d’intérêt qui ont été téléchargés au préalable. Toujours à son propos sachez qu’il possède une fonction d’envoi/réception de SMS sur écran, avec affichage de l’image du contact concerné et fonction de visualisation de photos via USB.

Et ce n’était pas tout : une application Facebook spécifique permet au conducteur de rester en contact avec les utilisateurs européens de ce réseau social dédié à la Yaris… Bref, de quoi s’occuper pendant les embouteillages !

* Nous avons constaté que celui-ci peut être rendu illisible par un soleil rasant d’hiver.

Toyota Yaris 1,4 D-4D 2011

La place à l’intérieur est largement suffisante pour quatre adultes. La banquette arrière est fractionnable 1/3/-2/3 mais n’est plus montée sur glissière comme sur l’ancien modèle. Rabattue, elle augmente la capacité du coffre de 286 dm³ à 768 dm³. Compte tenu de sa dimension inférieure à 4 m, c’est très honorable.

La Yaris est déjà honnêtement équipée, mais elle devient particulièrement complète avec le Pack Confort qui comprend les essuie-glaces à détecteur de pluie, l’allumage automatique des phares, la climatisation automatique bizone avec boîte à gants ventilée, le rétroviseur central électrochrome et les rétroviseurs extérieurs dégivrants. En finition Dynamic, on peut également y ajouter le Pack Skyview qui propose des phares antibrouillards et un toit panoramique vitré équipé de stores avant et arrière.

Toyota Yaris 1,33 litre Dual VVT-i MultiDrive S 2011

Au niveau sécurité, la présence de sept airbags de série et les dispositifs de sécurité active comme le freinage antiblocage ABS, le répartiteur électronique de la force de freinage EBD, l’aide au freinage d’urgence BA, le contrôle de motricité TRC et contrôle de stabilité du véhicule VSC lui ont permis d’atteindre la note maximale de cinq étoiles aux tests Euro NCAP 2011.

Notons cependant que les efforts de Toyota relatifs au développement du système WIL destiné à prévenir le «coup du lapin» n’ont été que partiellement atteints : les contrôleurs du Euro NCAP ont noté « peut mieux faire »…

 

Sur route : agilité mais fermeté

 

La suspension de la nouvelle Yaris a été améliorée grâce à de nouveaux réglages qui la rendent plus agile mais aussi plus ferme que sa devancière.

Les ingénieurs ont aussi travaillé sur le poids (– 20 kg) et la rigidité grâce notamment à l’emploi d’acier à haute limite d’élasticité et à l’emploi d’aluminium à la place du cuivre pour le câblage électrique.

Toutes ces mesures donnent à la Yaris un excellent comportement routier. La direction – électrique – reste légère et précise en toutes circonstances. Les freins sont puissants et leur dosage est précis.

 

Notre essai a porté sur deux modèles :

  • Une Yaris « Comfort » à boîte à six vitesses manuelles propulsée par un moteur turbodiesel 1,4 litre  affichant une puissance maximale de 90 ch. à 3800 rpm et un couple maximal de 205 Nm entre 1800-2800 rpm. Pour la petite histoire, ce moteur est fabriqué chez Toyota Motor Industries Poland.
  • Une Yaris « Lounge » propulsée par un moteur essence 1,33 litre Dual VVT-i développant une puissance maximale de 99 ch. à 6000 rpm et un couple maximal de 125 Nm à 4000 rpm. Notre véhicule était équipé d’une boîte transmission à variation continue (CVT) MultiDrive S.
    Elle comporte un mode manuel séquentiel à sept vitesses qui permet de sélectionner manuellement les vitesses par le levier ou par deux palettes situées derrière le volant.
    Cette boîte possède aussi un mode Sport donnant des accélérations plus linéaires ainsi que des reprises plus dynamiques.

Le sympathique petit diesel de 1364 cm³ se réveille aux alentours de 2000 rpm pour donner des accélérations franches et ce même sur le sixième rapport.

Toyota Yaris 1,4 D-4D 2011

A 120 km/h, il tourne dans un murmure à environ 2200 rpm. Sur un parcours plus diversifié que celui réalisé il y a dix-huit mois à bord de la version précédente, nous avons reproduit les mêmes valeurs à savoir 4,7 l/100 km.

Toyota Yaris 1,4 D-4D 2011

Autant la version diesel nous a convaincu par un moteur qui allie vitalité et sobriété autant la version essence nous a déçus au niveau de l’agrément de conduite en dehors des circuits urbains. La raison de cette désillusion provient essentiellement de la boîte MultiDrive S. Las, cette boîte déçoit par une réactivité digne des invertébrés qui pullulent par temps humide dans nos potagers.

Toyota Yaris 1,33 litre Dual VVT-i MultiDrive S 2011

Certes, l’utilisation des palettes au volant l’améliore quelque peu mais cela ne remplacera pas la boîte manuelle.

N’oublions pas qu’il y a aussi la fonction S qui confère de meilleures accélérations mais cette « frénésie » se conjugue alors avec un bruit digne des DAF Variomatic de notre jeunesse…

Toyota Yaris 1,33 litre Dual VVT-i MultiDrive S 2011

Cependant, tout est loin d’être mauvais !

Avec 6,8 l aux cent kilomètres, la consommation reste maîtrisée et démontre que, même affublé de cette boîte CVT, ce moteur reste sobre. Ce qui démontre que les ingénieurs motoristes de Toyota ont fait de l’excellent boulot.

 

Spécifications techniques

 

Fichier à télécharger

 

Qu’en dire ?

 

Au fil des ans, la Yaris est devenue incontournable dans le segment B. Avec cette troisième génération, elle troque sa forme rondouillarde pour une silhouette plus élancée avec à la clé, une augmentation très raisonnable de sa taille et… une diminution substantielle de son poids !

Avec des moteurs à la fois sobres et performants, cette citadine peut affronter bien des routes sans le moindre complexe. Un bémol toutefois pour la boîte Multidrive S qui, quoique reposante en ville, montre vite ses limites sur routes ouvertes.

Toyota Yaris 1,33 litre Dual VVT-i MultiDrive S 2011

Par rapport à la concurrence asiatique ou européenne, elle constituera sans nul doute un choix raisonné d’autant plus qu’en plus de ses cinq ans de garantie et d’assistance, Toyota propose actuellement cinq ans d’entretien gratuit

 

BP