ESSAI : la Toyota IQ 1.33, une citadine qui s’oublie.

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Toyota IQ 1.33 BM6



Introduite au salon de Genève il y a juste deux ans, l’IQ fait à présent partie de l’univers urbain.

Prévue initialement avec deux motorisations, ses concepteurs en ont introduit  une troisième en 2009 : il s’agit du moteur de 1.33 l VVT-i qui se retrouve déjà dans d’autres voitures de la marque comme l’Urban Cruise, la Yaris et l’Auris.


Véhicule atypique dès le départ avec ses presque quatre places sur moins de trois mètres de long, cette version « big block » séduira-t-elle les citadins pour laquelle elle a été pensée ?


Une ligne bien sympathique

 

Autant la Smart a intrigué lors de son arrivée autant l’IQ est passée inaperçue. Certes, le marketing développé par Smart était plus « appuyé », mais il faut avouer que le concept de l’IQ a été plus vite acquis par l’opinion de la rue.

Toyota IQ 1.33 BM6

De l’avant cette citadine paraît même massive et ne révèle rien de sa longueur de moins de trois mètres.

Toyota IQ 1.33 BM6

De profil, tout change, une large portière prend à elle seule la moitié de la longueur ! La poupe est compacte et comme l’avant, rien ne filtre sur ses autres dimensions.

Toyota IQ 1.33 BM6

Cette microvoiture est donc la réponse de Toyota à la Smart. Elle se veut supérieure à sa concurrente en ajoutant – paraît-il – deux places supplémentaires.

Mais ne soyons pas dupes !
Il est exact que, grâce à l’asymétrie du tableau de bord, il est possible d’avancer suffisamment le siège du passager avant pour créer une place acceptable à l’arrière, mais soyons sérieux : qui – à part des enfants de moins de dix ans – serait capable d’utiliser ces places sur de longs trajets ?
En somme, c’est un peu comme sur la Reva électrique…

Toyota IQ 1.33 BM6

En revanche, à l’avant, l’impression de place est indéniable !
On se surprend à croire que l’on circule dans une auto beaucoup plus vaste et ce, d’autant plus que les sièges sont surélevés par rapport à un véhicule traditionnel.

Par rapport à sa rivale, le mobilier fait beaucoup plus sérieux tout en faisant preuve d’originalité.
Une remarque cependant : pour gagner de la place, la boîte à gants a fait place à une sacoche souple amovible fixée par du velcro qui perd à la longue ses propriétés de fixation, celle-ci pend alors piteusement sur ses supports clipsés…

Toyota IQ 1.33 BM6

Dans sa livrée Premium – la seule version possible avec cette motorisation – l’IQ en jette, elle est on ne peut plus complète !
Pêle-mêle, on y retrouve un intérieur cuir/_tissu avec sièges avant chauffants , un rétroviseur intérieur électrochromatique, des rétroviseurs extérieurs chauffants à réglage et rabattables électriquement, un verrouillage central avec système Smart Entry & Start permettant de laisser la clef de contact dans sa poche, un volant à trois branches gainé de cuir avec commandes audio intégrées, un ordinateur de bord, un GPS, un conditionnement d’air automatique, un système « Stop & Start », une boîte six vitesses avec « Gear Shift Indicator », un connecteur mini-jack pour source externe (MP3, I Pod, etc.), un détecteur de pluie, etc…

Pas étonnant que le prix de la puce approche les 17.000 EUR !

 

En route : le mieux est l’ennemi du bien.

 

Comme sur les grosses Toyota, le moteur se lance avec un bouton. Assez bien isolé de l’habitacle, il est nerveux et aime monter dans les tours.

Près du compteur de vitesses, l’indicateur de changement de vitesses distille ses recommandations en vue de rendre votre trajet économique : las, le moteur perd alors toute velléité et semble s’étouffer à la moindre reprise. On en arrive ainsi à passer son temps à tricoter avec le levier de vitesses, au demeurant très agréable.

C’est dommage, car l’économie engrangée par ces directives s’annule bien vite par les relances incessantes du moteur. La faute à des rapports de boîte beaucoup trop longs ! A 120 km/h celui-ci ne tourne qu’à 3000 rpm !

Toyota IQ 1.33 BM6

Le Stop & Start permet aussi de modérer son appétit, mais il est arrivé à votre serviteur de se retrouver en plein milieu d’un carrefour avec un moteur rétif au redémarrage automatique… mieux vaut donc utiliser ce système avec pondération.

Après une utilisation en grande partie urbaine, la consommation moyenne s’est stabilisée à 6,2 l/_100 km, force est donc de reconnaître que la consommation ne correspond pas à ce que Toyota a mesuré (5,9 l/_100 km en cycle urbain et 4,8 l/_100 km en cycle mixte)

Contrairement à la Smart, la conduite de l’IQ ne nécessite aucune appréhension, la voiture est vive et très facile à diriger.
En ville, son agilité fait merveille et sa suspension permettra de ne pas ressentir vos lombaires à chaque plaque d’égout comme c’est hélas le cas de sa rivale… Bref, sa tenue de route ravira les plus septiques, attention toutefois à son faible empattement !

Toyota IQ 1.33 BM6

Le moteur est silencieux et les bruits de la route sont bien filtrés, cependant, le battement des ceintures de sécurité arrière sur le montant de custode peut devenir lassant à la longue…

A l’avant, les sièges sont très confortables, et par les froides matinées hivernales, leur chauffage intégré est un vrai bonheur.

Toujours à l’avant, la visibilité est très bonne. En revanche, elle est mauvaise à l’arrière suite aux épais montants B et C et aussi à cause des deux appuie-tête qui obstruent la lucarne arrière.
En effet, ces derniers ne s’encastrent pas dans les dossiers arrière.

Toyota IQ 1.33 BM6

Afin d’améliorer la rétrovision, deux solutions s’offrent à vous : soit retirer les deux appuie-tête, soit rabattre carrément les sièges arrière (après avoir – au préalable – ôter ces satanés appuie-tête), ce qui vous permettra de disposer d’un vrai coffre de 240 dm³ au lieu des 32 malheureux litres en version « quatre places ».

Toyota IQ 1.33 BM6

Qu’en dire ?

 

Quelle drôle d’idée d’installer un moteur de près de cent chevaux dans cette micro-voiture !

Evidemment, la Smart Brabus fournit la même cavalerie, mais sa diffusion assez restreinte dans les quartiers huppés des grandes métropoles n’est vraiment pas sigificative.

Ses rapports de boîte beaucoup trop longs ne lui permettent pas d’exploiter les 98 ch. de son moteur et de faire ainsi ombrage à la Smart Brabus.
C’est dommage, car cette mécanique est pétillante et aurait permis à l’IQ d’être une réponse tout à fait adéquate.
Hélas, il n’en est rien, la boîte de vitesses gaspille tous les atouts que lui aurait procuré ce beau moteur VVT-i.

Toyota IQ 1.33 BM6

En définitive, l’IQ doit rester ce pourquoi elle a été conçue, à savoir un véhicule à vocation essentiellement urbaine. Autrement dit, le petit moteur à trois cylindres d’origine Daihatsu de 1.0 l prévu initialement se révèle mieux adapté à cette philosophie.

 

Données techniques et équipement du véhicule d’essai

 

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Toyota IQ 1.33 BM6