La Suzuki Ignis, le nouveau petit SUV urbain

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Répudié depuis plus de dix ans dans les limbes automobiles, l’Ignis revient sur le marché belge avec une bouille de SUV en réduction. Avec un seul moteur essence au programme sera-ce suffisant pour revendiquer sa place dans ce segment très bousculé des citadines ?

Une carrosserie éminemment sympathique

Déjà dessiner une citadine « différente » n’est pas facile, mais trouver une ligne qui se démarque franchement de ses nombreuses concurrentes tient de l’exploit. C’est pourtant ce qu’ont réalisé les designers de Suzuki : avec sa bouille de petit baroudeur, ce mini SUV est vraiment craquant.

Mais le look SUV a ses raisons : grâce au système Grip Control, la marque japonaise propose une version 4×4 de cette puce des villes ! (ses angles d’attaque et de fuite ainsi que sa garde au sol de 18 cm l’autorisent sans problème)

Ainsi équipée, elle pourra concurrencer la vieillissante Fiat Panda, qui restait la seule à proposer ce genre de propulsion dans ce segment. Avec un diamètre de braquage de 9,4 m, la ville reste son élément.

Même si sa forme peut rappeler la nouvelle Twingo, sa conception avec moteur avant lui permet de disposer de plus de place à la fois pour les passagers mais aussi pour les bagages. Elle reprend d’ailleurs une particularité chère aux Twingo des générations précédentes, à savoir des sièges arrière coulissants qui permettent d’accroître la capacité du coffre et proposer 267 dm³ à 0,5 m³ quand les dossiers de la banquette arrière sont rabattus.

Grâce à cette astuce, les passagers arrière adultes pourront bénéficier de beaucoup de place mais au détri

ment de la place concédée aux bagages. Cependant, il faudra courber l’échine pour sortir, la faute aux portières arrière pas très hautes…

Le style intérieur est contemporain et son assemblage en plastic dur ne souffre d’aucun défaut. L’écran de l’ordinateur de bord est semi-encastré au centre du tableau de bord. Les couleurs de la carrosserie sont rappelées sur les poignées de portes ainsi que sur la console centrale. Indubitablement, elles donnent un air très jeune à l’ensemble. Signalons aussi la bonne luminosité : la lucarne arrière autorise une excellente vision arrière.

Notre exemplaire était une version GL, soit un niveau assez peu fourni en ‘commodités’ qui se passait des jantes en alliage, des élargisseurs d’ailes, des feux à DEL ainsi que des rails sur le toit, ces derniers étant réservés aux versions GL+ ou GLX. Cependant, nous aurions aimé disposer d’un réglage en profondeur du volant ainsi qu’une temporisation modulable des essuie-glace.

De même, l’équipement à bord se dispensait du système audio avec Smartphone linkage avec GPS, de la caméra de recul, des sièges avant chauffants et réglable en hauteur (seulement le conducteur), du cruise control, de l’assistance au freinage ainsi que l’aide au démarrage en pente.

Bref, notre Ignis ressemblait plus à ce qui est recherché pour un véhicule de ville : la praticité pour des trajets courts ne nécessitant aucunement une foison de gadgets à l’utilité pas toujours démontrée pour les parcours urbains…

En termes de sécurité, l’EuroNCAP lui a octroyé cinq étoiles à la condition que celle-ci soit pourvue du pack sécurité. Cette cote est aujourd’hui très rare pour un véhicule dédié à la ville, soulignons-le ! A défaut de ce pack, l’Ignis ne récolte que trois étoiles. Muni de ce pack, ses cotes pour la sécurité des passagers adultes, enfants et piétons sont de respectivement de 87 %, 79 % et 77 %. Quant aux aides à la sécurité, le pack sécurité lui permet d’obtenir les 60 % au lieu de 25 %.

Un moteur à l’ancienne, mais toujours dans le coup !

A l’heure où la majorité des concurrents surfent sur la vague du trois cylindres turbocompressé à injection directe et à cylindrée généralement unitaire, Suzuki reprend pour la Belgique son quatre cylindres DualJet de 1242 cm³ développant 90 ch.

Malgré ce choix que d’aucun pourrait qualifier de ‘ringard’, il s’avère tout à fait adéquat : certes, ses 90 chevaux sont atteints au régime élevé de 6000 rpm, et son couple maximum culmine à 4400 rpm avec 120 Nm, mais celui s’avère tout à fait pertinent pour ce véhicule dont le poids reste largement sous la tonne ( à partir de 885 kg). Les grands bénéficiaires de ce poids plume sont la vivacité et la consommation.

L’importateur belge n’a pas jugé utile de proposer comme pour la Baleno la version ‘soft hybrid’ appelée SHVH. Vu l’apport de couple que ce système apporte, il serait peut-être utile de revoir cette décision pour la version 4×4 qui est également proposée.

Naturellement, sa conduite s’avère différente que celle proposée par ses concurrents qui utilisent des moteurs turbo-compressés : il ne faut donc pas avoir peur de relancer la machine mais le tricotage avec le levier de vitesses ne s’avère pas désastreux au niveau de la consommation…

A ce titre, il faut reconnaître que l’Ignis fait mieux que se défendre : moins de 5 litres aux cents est tout à fait concevable. D’ailleurs, au terme de l’essai, sa consommation s’est figée à 4,8 l / 100 km. Regrettons cependant que le réservoir ne soit pas plus grand : seulement 32 litres ou même 30 litres pour la version 4×4 !

Dès les premiers tours de roues, son comportement dynamique se dévoile grâce à son poids mesuré. La boîte cinq manuelle est bien étagée et les rapports s’engagent rapidement. Les montées en régime du 1.2 Dualjet sont énergiques mais bruyantes, la faute à une filtration assez moyenne. Une résonance peut apparaître également à l’arrière toutefois, à allure constante, ce moteur sait se faire oublier : à 120 km/h, il tourne à un peu plus de 3000 rpm.

La direction reste très directe : l’Ignis se manœuvre comme un cart. Attention, sur les pavés pris à vive allure, elle pourra rebondir !

Spécifications techniques : suzuki-ignis-2017-specs

Conclusions

La nouvelle Ignis est une bonne surprise : elle allie un look très sympa à une vivacité qui ne se paye absolument pas à la pompe. Elle permet à quatre adultes de voyager dans des conditions décentes et une version 4×4 existe aussi !

Petite ombre au tableau, son prix : sa version de base dépasse les 14.000 EUR. Quant aux versions 4×4, leurs prix débutent à 17.500 EUR.

B. Piette

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