ESSAI : Suzuki Jimny 1.3 VVT 16-valve, un vrai tout terrain !

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Avec son allure de petite Jeep, le Jimny affiche immédiatement ses prétentions en tout terrain. Mais sont-elles réelles ?

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

 

Une longue et riche histoire de petit 4×4

 

Ses aptitudes en tout terrain a toujours fait partie de ses gènes qui remontent à 1968, quand Suzuki a racheté le petit constructeur concurrent « Hope Star ». Cette société japonaise avait dans ses cartons un petit 4×4 appelé ON360 propulsé par un petit moteur deux temps de 360 cm³ refroidi par air et d’origine Mitsubishi.

Suzuki Jimny

Suzuki LJ10 1970A partir de 1970, après avoir échangé ce moteur pour une mécanique maison plus puissante mais de même cylindrée (25 ch), il entre formellement dans la gamme Suzuki sous le nom de LJ10.
Au cours des années qui suivent, sa puissance augmente régulièrement et le nombre de cylindres passe à trois. Proposé également en Australie, sa cylindrée reste toutefois inférieure au litre, Kei Car oblige…

Suzuki SJ410 1981Une deuxième génération voit le jour en 1981 : le Jimny est exporté un peu partout et change quelquefois de nom et même de marque : c’est ainsi qu’il devient un Chevrolet Samurai ou un Holden Drover en Australie. Un an plus tard, son moteur passe de trois à quatre cylindres et sa cylindrée devient unitaire. Sa vitesse maximale dépasse les 100 km/h… Proposé en plusieurs types de carrosseries, il est aussi construit en Espagne et est propulsé par une mécanique 1300 cm³

Suzuki Jimny 1998En 1997, Suzuki présente au salon de Tokyo son tout nouveau Jimny avec une ligne beaucoup plus moderne. Mais, à l’instar des vrais 4×4, il garde un châssis séparé de type « échelle » et possède une boîte à double transfert.

A partir de 2000, le Jimny acquiert un moteur VVT 16-valve 1328 cm³ de 85 ch. à 6000 rpm développant un couple de 110 Nm à 4100 rpm. Pour les marchés européens friands de mazout, ce 7 CV se voit secondé par un moteur 1500 DdiS d’origine Renault dont la puissance initiale de 65 ch. a été heureusement portée en 2005 à 86 ch., soit pratiquement la même puissance que le moteur à essence.

 

Une frimousse bien sympathique

 

Avec sa calandre imitant celle de la Jeep, et une taille n’excédant pas les 3,65 m, ce véhicule inspire immédiatement la sympathie… et l’admiration quand celui-ci se trouve dans son élément : le tout-terrain.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Certes, on peut le rencontrer occasionnellement en ville, mais ce n’est certainement pas sa vocation : ses deux essieux rigides rappellent à la fois sa rusticité et sa robustesse mais aussi sa véritable activité : le tout-terrain sans concession.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Dans ce même ordre d’idée, il ne s’agit pas non plus de le comparer à un Urban Cruiser de Toyota ou à un Kia Soul, même si ces derniers en ont le plumage…

Le Jimny est d’une toute autre trempe : les seuls qui s’en approchent sont l’ancestral Lada Niva, le confidentiel Daihatsu Terios et aussi un outsider : le Fiat Panda Climbing 4×4.

Haut et étriqué, il l’est (plus de 1,70 m avec ses rails sur le toit et seulement 1,6 m de large). Il ne possède aussi que trois ouvrants. De plus, la porte arrière est soutenue par des charnières à droite, ce qui pose un problème pour les citadins continentaux.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

A noter aussi que, contrairement aux berlines de la marque, les 4×4 Suzuki n’ont que trois ans de garantie au lieu de cinq…

 

Un intérieur spartiate et fonctionnel

 

On n’est pas ici pour rigoler : il suffit de s’asseoir sur ses petits sièges pour comprendre que la Jimny n’est pas conçu pour le tape-à-l’œil. Le tableau de bord et les intérieurs sont en plastique noir qui nous rappelle furieusement les japonaises du siècle dernier.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Les concessions au luxe se retrouvent surtout dans la version haut de gamme : la X-Citement. Celle-ci reçoit entre autre les lèves-vitres avant électriques, le verrouillage centralisé, les rétroviseurs extérieurs réglables électriquement de couleur carrosserie, l’air conditionné manuel, des jantes en alliage, phares anti-brouillard, etc…

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

En outre, notre exemplaire possédait un toit ouvrant pliant souple électrique. Cependant, aucune trace de GPS, de phares ou d’essuie-glace automatique…

Le volant n’est ni réglable en hauteur et encore moins en profondeur, notons aussi que la direction est encore à billes. Les commandes sont toutes à portée des doigts.
Sur la console centrale, trois boutons reprennent les trois modes de propulsion à savoir 2WD, 4WD et 4WD-L pour les terrains difficiles.  Ce système appelé « Drive Select » est enfantin à utiliser : le changement de transmission (2WD vers 4WD et vice-versa) peut même se réaliser quand le véhicule roule. Seul le mode 4WD-L nécessitera plus d’attention pour son enclenchement (point mort ou embrayage).

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Derrière le volant, on constate rapidement que la place n’est pas énorme mais par contre, l’intimité avec l’éventuelle passagère avant peut s’avérer réjouissante…

Quant aux sièges à l’arrière, disons que nous pourrions les appeler des strapontins à réserver à des enfants…

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Le coffre ou du moins ce qui reste derrière les sièges arrière n’offre qu’une capacité de 113 dm³.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Ce mini-volume peut toutefois être augmenté jusqu’à plus de 800 dm³ en abaissant les dossiers arrière après les avoir débarrassés au préalable de leur encombrant appuie-tête.

 

Sur route

 

Pour celui qui a l’habitude de rouler avec un ancêtre, il se trouvera tout de suite en terrain connu. En revanche, pour monsieur Tout-le-Monde, il nécessitera une période d’adaptation : en 2×4, le Jimny est une propulsion… cela le changera de sa traction avant aux multiples aides électroniques !

Sur l’autoroute, il devra faire attention aux vents traversiers. Les deux essieux rigides, la suspension un peu sautillante sur les revêtements irréguliers et le roulis refroidiront également ses ardeurs d’autant plus que le faible empattement (2,25 m) le dissuadera de se prendre pour Fangio.

A noter que le maniement du levier de vitesses donne un ressenti assez caoutchouteux. Le bruit dans l’habitacle est aussi très présent : il est vrai que son Cx ne fait rien pour arranger les choses !

 

En tout terrain

 

Ici, c’est une vraie révélation : malgré un moteur à essence développant un couple de seulement 110 Nm haut perché (4100 rpm), cette petite bestiole fait des miracles et serait bien capable de monter aux arbres !
Avec une facilité déconcertante, elle se joue des obstacles. Grâce à un poids relativement contenu (1060 kg) sa vivacité en étonnera plus d’un.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Sa visibilité périphérique est exemplaire et son étroitesse lui permet de se faufiler partout avec agilité grâce à son petit 1300 essence plein de bonne volonté !

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Une garde au sol de 19 cm et des angles d’attaque et de sortie de respectivement 37° et 46° permettent de franchir des zones où ses concurrents directs se comptent sur les doigts d’une main.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Il est évident que le couple de 200 Nm dès 1750 rpm de la version diesel augmentera encore son efficacité…

 

Données techniques, équipement et tarifs

 

Conclusions

 

Peu à l’aise sur les voies rapides et incongru dans nos cités, c’est en tout terrain que le Jimny s’éclate. Certes, son moteur 1300 demande à être cravaché pour donner toute sa quintessence, et cela se fera au détriment de sa consommation qui grimpera facilement au-delà des 9 litres aux cent.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Cependant, pour des déplacements sur piste ou en hiver, le Jimny vous ravira.

En tant que tout-terrain, il se révèlera incontournables pour les gardes-chasse, les vétérinaires, les agriculteurs, etc…
Brefs à tous les professionnels.

Suzuki Jimny 1.3 VVT 16V 2010

Proposé en version essence à un prix de base d’environ 14.000 EUR, il vous faudra ajouter 3.000 EUR si la version Diesel vous semble valoir la peine.

Benoît Piette