Le Subaru Levorg : le retour à l’atmosphérique…

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Éléphant blanc sur nos routes depuis son lancement en 2014, le Levorg nous revient avec une nouvelle esthétique et un moteur atmosphérique de cylindrée supérieure.

Est-ce le bon choix ?

Une esthétique à peine modifiée

Par rapport à l’ancien modèle, ce qui frappe au premier abord, c’est l’absence d’écope sur le capot. En effet, celle-ci s’avérait indispensable pour l’alimentation en air du moteur turbocompressé. Vu que son nouveau propulseur est atmosphérique, le besoin ne s’en fait plus sentir.

Levorg Phase I
Levorg Phase II

Cet abandon rend son allure générale moins agressive mais aussi plus commune. Long de 4,69 m, le Levorg repose sur un empattement de 2,65 m.

Mais d’aucun lui trouve une ligne élégante. Par rapport à la concurrence, elle garde une grande surface vitrée qui rend son habitacle particulièrement lumineux, même sans son (petit) toit ouvrant.
Il dispose d’un éclairage à DEL et de feux de jour.

Le Levorg est proposé en deux versions : GT Luxury et GT-S Premium

GT Luxury
GT-S Premium

Un habitacle sobre et lumineux

Les sièges sont confortables et le siège conducteur est à réglage électrique. Un accoudoir central peut se déployer pour les longs trajets. Grâce à la finesse des montants, la visibilité périphérique est excellente.

De même, la lucarne arrière et les vitres latérales sont de grandes dimensions et sont bien loin du “style meurtrière” en vogue chez la concurrence.

À l’arrière, la place est suffisante pour deux à trois adultes.
Le passager central arrière devra toutefois enjamber le vrai tunnel de transmission.

Le hayon s’ouvre manuellement sur une capacité du coffre de 522 dm³ extensible à 1446 dm³ quand les dossiers (40/20/40) sont rabattus. Sous son plancher, une petite cavité peut aussi accueillir de menus objets.

Haute technologie

Le Levorg cache bien son jeu : sous une apparence désuète, il offre une technologie moderne comme le EyeSight qui utilise une paire de caméras stéréo pour capturer des images. Lorsque le système détecte un danger potentiel, il avertit le conducteur et applique les freins lorsque cela s’avère nécessaire.

Outre le régulateur de vitesse adaptatif (ACC), le Levorg dispose du maintien sur la voie (Lane Sway Warning et Lane Departure Warning). N’entrant en action qu’à partir de 60 km/h, ce système n’est pas trop intrusif. Il ne se manifeste que par un bip sonore et un indicateur clignotant situé sur la planche de bord.

Notons aussi que l’ACC est complété par le Lead Vehicle Start Alert qui invite à agir par un bip sonore et un feu clignotant lorsque le véhicule est à un arrêt et que la circulation recommence à rouler.

Pour contrôler ces paramètres, outre son combiné derrière le volant, le Levorg dispose de deux écrans dont un surplombant la planche de bord permettant d’avoir un œil sur toutes les données relatives à la conduite.

L’autre écran est tactile et de petite dimension (7”). Plus traditionnel et d’un graphisme vieillissant, il reprend la navigation et l’infodivertissement.

Une sécurité bien étudiée

Par les “Pre-Collision Braking System” et le “Pre-Collision Throttle Management”, le Levorg offre une sécurité accrue en cas de collision imminente. Leur fonction permet même de freiner et de couper la puissance du moteur afin de minimiser la force d‘impact et les dommages frontaux.

Ce break a reçu en août 2016 cinq étoiles aux tests EuroNCAP. Cette cote a été reconduite pour la dernière fois en août 2018.

Un moteur boxer atmosphérique et une transmission AWD

Contrairement à la concurrence, la configuration du moteur Subaru boxer du Levorg repose sur quatre cylindres disposés à 180° de chaque côté, comme les Porsche.
Cette architecture lui confère un profil plus plat ce qui permet d’obtenir un centre de gravité plus bas et donc d‘un meilleur équilibre.

Ce quatre cylindres ont un alésage de 84 mm et une course de 90 mm soit une cylindrée de 1995 cm³.
Il développe 150 ch à 6200 rpm et un couple de 198 rpm à 4200 rpm.

Ce moteur est accouplé à une transmission Lineartronic CVT avec palettes derrière le volant.
Cette transmission à variation continue permet de maintenir le moteur dans le régime le plus favorable et de conserver ainsi son couple.
Cette boîte de vitesse dispose de sept vitesses virtuelles.

Grâce au système SI-DRIVE, le conducteur peut choisir entre deux modes de conduite.

  • Le mode I (mode intelligent) pour une conduite douce et fluide qui permet d’optimiser la consommation de carburant. Ce mode est lancé par défaut.
  • En mode S, en revanche, l’accent est davantage mis sur la sportivité et le plaisir mais bien évidemment, la sobriété ne devient alors plus sa priorité…

C’est une tradition chez Subaru : sa transmission Symmetrical AWD est un système à quatre roues motrices à temps plein.

Ce système se compose du moteur boxer monté longitudinalement couplé à une transmission symétrique avec des demi-essieux de longueur égale.

Cette disposition symétrique avec un moteur à plat et une transmission équilibrée sur l’essieu avant offre une répartition optimale du poids avec un centre de gravité bas, améliorant ainsi les caractéristiques de conduite de la voiture.

En présence de conditions routières exigeantes, elle offre une maîtrise et un comportement de tout premier ordre grâce à une répartition régulière de la puissance entre les quatre roues.

Sur route

Pour un novice du CVT, il faudra d’abord apprivoiser la transmission Lineartronic. Cet apprentissage implique une gestion de l’accélérateur différente que celle d’une transmission automatique traditionnelle.
Comme pour les hybrides de Toyota, les montées en régime semblent décalées par rapport à l’accélération de la voiture. Mais une fois assimilée, cette transmission s’avère agréable et exempte d’acoups.

Autre aspect à (re)maîtriser : le moteur atmosphérique.

À présent, que ce soit en diesel ou en essence, la plupart des moteurs disposent d’un turbo avec en corollaire un couple abondant dès les deux mille tours (en moyenne).

Même si la cylindrée du Levorg est généreuse (2 litres), il faudra monter dans les tours pour faire lancer la cavalerie et ce, d’autant plus que le couple maximum n’est seulement que de 198 Nm à 4200 rpm.
Le bruit que génère cette montée en régime n’est pas très mélodieux mais il n’est pas déplaisant pour autant.

Naturellement ces éléments pourraient s’avérer castrateurs pour qui une Subaru doit nécessairement être une WRX STI au tempérament ravageur.

Certes, le Levorg ne dispose que la moitié de la puissance de cette sportive, mais on ressent tout de suite que son châssis encaisserait facilement bien plus de chevaux.

Pour les sportifs dans l’âme, il est toujours possible de choisir le mode Sport, mais la consommation s’envolera !

 

La précision de sa direction et sa neutralité sont bluffantes. Sa conduite offre une excellente maîtrise en virage ainsi qu’une bonne motricité sur les routes glissantes.

Lors de la récente tempête Ciara, la conduite s’est avérée toujours sûre et même aussi gratifiante.
Évidemment, sa suspension souple devra se faire avec les routes défoncées de notre royaume…

Autre aspect fondamental par les temps qui courent : sa consommation. Affirmer que le Levorg est sobre serait mentir. Mais exprimer le contraire serait aussi injuste.

La belle demande du temps pour l’apprivoiser : en conditions normales, sa consommation tournera entre 7 et 10 litres.

Mais une fois sa philosophie assimilée, celle-ci pourra atteindre même moins de 6 litres aux cent ! Pour ce faire, il faut appréhender la philosophie du CVT et rouler “cool” en ne brusquant pas le Lineartronic et forcer son rétrogradage en utilisant les palettes derrière le volant…

Avec son réservoir de 60 litres, le Levorg pourra alors facilement approcher voire dépasser les 800 km en autonomie.

Conclusions

À l’heure où la majorité des constructeurs choisit le turbocompresseur pour respecter les normes d’émission de plus en plus contraignantes, Subaru opère un changement de cap à 180°.
À l’instar de l’aversion de Mazda pour le turbo et après avoir équipé son Levorg d’un 1.6 turbocompressé qui délivrait 170 ch, Subaru revient à un moteur atmosphérique de 2.0 l développant 150 ch.

Atypique jusque dans le bout de ses pare-chocs, le Levorg s’avère une machine attachante pour qui la comprend. Dans ces conditions, ce break deviendra non seulement une machine à braver n’importe quel temps mais offrira aussi suffisamment d’espace pour quatre adultes avec leurs bagages pour les sports d’hiver.

Évidemment, l’aspect consommation restera la pierre d’achoppement pour qui ne maîtrisera pas bien la philosophie de cette boîte à convertisseur de couple associée à un moteur atmosphérique.

Proposé en deux versions (GT Luxury Lineartronic CVT et GT-S Premium Lineartronic CVT) à respectivement 30.000 EUR et 33.000 EUR, le Levorg n’a pratiquement qu’un seul concurrent : le Skoda Octavia Combi GreenTec DSG7 4WD, plus puissant (190 ch) mais aussi plus cher.

Benoît Piette

 

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