ESSAI : La Subaru BRZ ou l’art du pilotage

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Dans le paysage automobile moderne, lancer une voiture à propulsion arrière est tout aussi insolite que de proposer une traction avant à l’aube des années ’50.

Subaru BRZ 2015

Et quand cette initiative provient du chantre de la propulsion à quatre roues motrices, c’est à en perdre son latin !


Et pourtant, la Subaru BRZ, tout comme sa sœur la Toyota GT86, est l’archétype de la voiture au gros cœur qui ne demande qu’à se faire piloter : moteur atmosphérique à l’avant, propulsion arrière sont des pedigrees très « has been » pour ne pas dire ringards, mais ils sont aussi la base de toute voiture sportive classique !

Subaru BRZ 2015

Dans ce même registre, Mazda l’a d’ailleurs très bien compris avec sa MX-5 qui se vend comme des petits pains.

 

Une voiture de niche qui a du chien

 

Par rapport à sa sœur jumelle la Toyota GT86, la Subaru BRZ essayée trois ans plus tôt n’a que peu changé, on retrouve donc une esthétique signée « Toyota » qui fait référence au passé sportif de la marque de Tokyo. Les différences sont seulement perceptibles sur la face avant : personnellement, le dessin paraît plus pur que sa sœur.

Subaru BRZ 2015

Mais pour le reste, c’est pratiquement chou vert et vert chou à un point que même les employés d’une concession Toyota ont été leurrés. Mais à leur décharge, il faut reconnaître qu’ils sont plus familiers avec les Auris et autre Yaris…

Subaru BRZ 2015

Pourtant, il y a une grande différence dans le traitement de l’habitacle : autant l’habitacle de la GT86 respire une certaine sophistication autant l’intérieur de la BRZ fait presque dans l’indigence : pas de GPS, pas de rétroviseur chromatique, mais une simple autoradio ‘style années 1990’ sans connexion Bluetooth avec comme seule concession à la modernité une prise AUX et USB.

Subaru BRZ 2015

Cependant, les phares et essuie-glace sont automatiques et le lancement du moteur s’effectue sans clé.

Pour être complet, notre exemplaire disposait d’un ‘cruise control’ et sa climatisation automatique est bizone.

Le coffre offre une capacité de 240 dm³, ce qui n’est pas si ridicule pour ce genre de voiture.

Subaru BRZ 2015

Le dossier de la banquette se rabat en un seul tenant, augmentant ainsi de manière significative cette capacité.

Subaru BRZ 2015

En ce qui concerne la sécurité, la BRZ tout comme le GT86 n’a pas été soumise aux tests EuroNCAP. Il est vrai que la philosophie de cet organisme indépendant est plutôt castratrice pour ce genre de véhicule où le sport et par conséquent l’implication du conducteur, importe plus que des aides électroniques à la sécurité…

Cependant, au Japon, ce véhicule a subit les tests JNCAP qui lui ont attribués quatre sur cinq étoiles et une cotation de 168,8 points, ce qui est assez faible vis à vis de la moyenne des quinze autres voitures du même segment (Passenger Cars B – 176,7 points) évaluées avec la même batterie de tests (FY2012).

 

Sur l’asphalte

 

Pour avoir fait l’essai de la Toyota GT86 dans les alentours de Francorchamps il y a juste trois ans, votre serviteur se souvient d’un véhicule où tout avait été étudié pour le rendre le plus apte à une conduite sportive : son seul défaut était sa boîte automatique antinomique avec cette philosophie.

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La BRZ essayée disposait heureusement d’une excellente boîte manuelle à six rapports. Son maniement, tout comme l’embrayage nécessitait une certaine virilité, ce qui se ressentira au mollet si la BRZ se retrouve piégée dans des bouchons.

Subaru BRZ 2015

La direction est agréable et précise à souhait : sa grosse jante donne une excellente préhension qui participera certainement au plaisir de la conduite. Devant le conducteur, ou plutôt le pilote, un gros compte-tours flanqué à sa gauche d’un tachymètre et à sa droite la jauge d’essence et un thermomètre pour la température du moteur, et c’est tout.

Signalons qu’intelligemment, Subaru a inséré dans le compte-tours deux petits écrans indiquant la vitesse sous forme digitale et le rapport de vitesse enclenché. Cette répétition de la vitesse n’est absolument pas redondante, elle attira plus l’attention… ce qui est souvent utile avec ce genre voiture !

Subaru BRZ 2015

Une fois le bouton de contact appuyé, c’est le bruit caractéristique du boxer 2.0 l qui retentit dans tout l’habitacle.

Celui-ci n’est pas trop envahissant, mais juste assez pour se demander pourquoi Subaru a fait l’effort d’y installer six haut-parleurs : le son de la radio sera souvent couvert par les envolées du moteur qui, rappelons-le, développe pas moins 100 ch au litre !

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Vu que celui-ci est atmosphérique, il faudra aller réveiller ses 200 chevaux en allant les chercher dans les tours : ceux-ci commenceront à hennir d’impatience à partir de 4000 rpm ! En outre, ceux-ci sortiront tous de leur écurie qu’à partir de 7000 rpm !

Quant au couple maximal, il est de 205 Nm, mais celui-ci est situé entre 6400 et 6600 rpm ! Ces caractéristiques d’un autre temps mais ô combien réjouissantes obligeront les conducteurs d’adapter leur conduite en conséquence : adieu la conduite « style diesel », ici, il faut lancer le moteur pour en obtenir toute sa quintessence.

Bref, la conduite de la BRZ nécessitera certainement une période de familiarisation pour les abonnés du turbo !

Subaru BRZ 2015

Bien né, ce moteur adore monter dans les tours grâce à son injection D-4S développée par Toyota.

Sa consommation est restée raisonnable pour un véhicule de cette puissance : aux ‘allures légales’ elle s’est soldée par un joli 7,1 l de 98 octane sur des trajets routiers pour la plupart. En ville, il faudra bien y ajouter 2 l.

Malgré sa vocation sportive, la BRZ ne rechignera pas dans une utilisation quotidienne et se pliera sans problème à une conduite plus coulée. Le bruit du moteur ne s’oublie pas et les passagers noteront aussi des bruits de vents aux vitres latérales.

Certes, sa suspension vous rappellera que vous avez des vertèbres et que les gendarmes couchés devront être pris avec prudence, mais elle reste ‘relativement’ confortable pour deux personnes : les deux places arrière ne pourront être utilisées que par des enfants.

Subaru BRZ 2015

Mais évidemment, c’est sur les petites routes sinueuses que son conducteur la découvrira vraiment. Bien calé dans des sièges baquets, il fera vite corps avec la voiture et prendra très rapidement ses marques.

La direction est un régal de précision et son assistance ne s’avère jamais trop prépondérante. Grâce à une répartition des masses très équilibrée, elle se conduit ou plutôt se pilote au final très aisément et les dérobades de sa poupe ne sont jamais vicieuses et apparaissent progressivement.

Subaru BRZ 2015

N’oublions pas que son différentiel Torsen à glissement limité optimisera sa motricité et son adhérence et que l’architecture du moteur boxer abaisse le centre de gravité. Pour le sportif avéré, le contrôle de stabilité du véhicule « VSC » possède un mode Sport qui retarde les amplitudes de l’accélération et les mouvements latéraux avant d’intervenir et l’ESP peut être aussi déconnecté.

 

Spécifications techniques

 

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Conclusions

 

Dans le règne du tout à l’avant, cette propulsion paraît éminemment hérétique, mais elle ravira celui qui aime la conduite classique un tant soit peu sportive. Son moteur atmosphérique perturbera aussi le conducteur moderne, habitué à sa turbo-mazout délivrant ses 300 Nm dès 1800 rpm !

Subaru BRZ 2015

Proposée en version dépouillée à partir de 29.000 EUR, notre exemplaire (version Sport Executive – boîte manuelle à six rapports) était proposée à 33.000 EUR.

Pour la BRZ à transmission automatique, il faudra encore y ajouter 1500 EUR.

Subaru BRZ 2015

Evidemment, la diffusion de la BRZ sera toujours inférieure à la GT86 de Toyota, et cette dernière reste déjà très rare sur nos routes.

Subaru BRZ 2015

Début novembre, Yasuyuki Yoshinaga, Directeur Général de Subaru a confirmé que la Marque a renouvelé son partenariat avec Toyota en vue d’étudier ensemble une descendante à cette voiture hors du commun mais combien attachante.