ESSAI : Le SsangYong Tivoli, une révélation qui restera rare

Connu pour ses 4×4 rustiques à l’esthétique improbable, les véhicules SsangYong sont méconnaissables depuis le rachat de la société coréenne par l’indien Mahindra.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015


Après avoir lancé en 2011 le nouveau Korando, le constructeur coréen se lance cette fois-ci dans les SUV du très disputé segment B avec le Tivoli.


Une silhouette cubique

 

Mesurant 4,2 m de long, le Tivoli vient en concurrence directe avec le Renault Captur, Nissan Juke, Opel Mokka, Peugeot 2008, Suzuki Vitara ou le Mazda CX-3 mais également le Dacia Duster.

SsangYong XIV-1 Concept 2011

Dérivant très fortement du Concept-car XIV (pour ‘eXciting user Interface Vehicle‘ et donc, rien à voir avec Louis XIV !), ce SUV révèle une silhouette atypique, très semblable à la philosophie du Kia Soul : on y retrouve aussi une calandre où, comme sur les Citroën C4 Cactus et Picasso, s’exprime un certain dépouillement.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Pareillement à la marque française, les optiques avant sont reliés par un fin bandeau noir. Ces derniers disposent de feux de jours disposés sous forme de sourcil. De profil, les vitres apparaissent comme des meurtrières. Les arches de roues très « bodybuildées » donnent à l’ensemble l’assurance d’un molosse.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Petites fausses notes : à cause des élargisseurs d’aile en matière plastique noire, les roues paraissent bien maigres dans leur logement ; de plus, le manque de protection des flancs risque de se payer cher en ville !

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

A l’arrière, les feux n’envahissent pas le hayon qui est frappé en son centre par le logo de la marque surmontant le nom du modèle libellé en majuscules très espacées.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

A l’intérieur, l’habitabilité est étonnante : que ce soit à l’avant ou à l’arrière, les adultes, même de grande taille, ne devront pas courber l’échine : il y a vraiment de la place !

Les sièges sont durs, mais bien dessinés. L’accoudoir central dispose d’un profond rangement mais comme son couvercle ne glisse pas sur l’avant, son utilité est assez relative.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Les rétroviseurs extérieurs sont électriques tout comme leur rabattement. Le rétroviseur intérieur est électrochrome.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Le tableau de bord montre un dessin où la fonctionnalité a été bien étudiée et sa finition générale est meilleure que dans le Korando. Cependant, l’ergonomie des commandes de l’ordinateur de bord surprend : alors que son écran se situe entre le compte-tours et le tachymètre, sa commande est positionnée sur la console centrale.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Le volant dispose des commandes du régulateur de vitesse, de l’infodivertissement ainsi que du GSM. Curieusement, il n’est réglable qu’en hauteur mais pas en profondeur, ce qui pourra nuire à certain pour trouver une bonne position de conduite.

Toujours à propos du volant, celui-ci dispose de trois réglages de sensibilité différents : Sport (augmentant la réactivité à grande vitesse), Normal et Confort (facilitant les manœuvres de stationnement ou les évolutions à faible allure). Dans le jargon SsangYong, ce système est appelé « Smart Steer ».

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

L’écran de 7″ de l’ordinateur de bord est tactile et les informations ne sont prodiguées qu’en deux langues : anglais ou coréen. Notre exemplaire, de finition intermédiaire ‘Quartz’, ne disposait pas du GPS (TomTom en option) mais bien d’une caméra de recul associée à un radar. En plus du Bluetooth®, trois connections sont prévues, à savoir AUX, USB et HDMI.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Le volume de chargement est également un des meilleurs du segment : 423 dm³ pour la version 2×4 à 1115 dm³ quand le dossier des sièges arrière est rabattu. Il est dommage que son seuil soit si haut.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Au chapitre sécurité, signalons que l’EuroNCAP ne teste pas les véhicules SsangYong. Cela n’empêche pas la marque coréenne d’offrir sept airbags dont un pour la protection des genoux (à partir de la finition Quartz), l’ABS, l’ESP, le TPMS (contrôle de la pression des pneus), l’ARP (contrôle actif du roulis), l’ESS (système de signalisation d’arrêt d’urgence) et l’HSA (assistance au démarrage en côte).

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

La coque du Tivoli a été fabriquée avec plus de 70 % d’acier à haute limite élastique.

 

Sur route

 

Deux moteurs de même cylindrée sont prévus au programme, il satisferont à la fois les ‘diésélistes’ et les partisans des moteurs à essence. D’une cylindrée de 1.6 l, ils développent respectivement 115 ch et 128 ch. et correspondent aux normes d’émission Euro 6.

Le véhicule de la rédaction était une version Otto à deux roues motrices, un essai détaillé de la version diesel avec transmission 4×4 sera programmé ultérieurement.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Cubant à 1597 cm³, ce moteur atmosphérique appelé ‘e-XGi160’ délivre ses 128 ch à 6000 rpm et développe son couple maximum de 160 Nm à un régime de 4600 rpm.

Nerveux, il est aussi assez rugueux et ses montées en régime sont sonores. Attention, la pédale de l’accélérateur est très sensible. Lors des passages de vitesses, l’action du mécanisme d’embrayage retentit jusque dans l’habitacle.

Les freins sont puissants et leur attaque… à la ‘Citroën DS’.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

A allure constante, la sonorité du moteur est couverte par les bruits de vent au niveau des rétroviseurs extérieurs. En sixième vitesse à 120 km/h, celui-ci tourne sagement à un peu plus de 3000 rpm.

Notre exemplaire ne disposait pas du Stop & Start, ce qui ne l’a pas empêché de se montrer relativement sobre lors de cet essai : notre consommation moyenne approchait les 7 litres (6,8 L/_100 km). Sur les parcours exclusivement urbains, il faudra tabler sur 9 litres de moyenne.  Regrettons cependant la petite contenance du réservoir qui, avec ses 47 litres, ne permettra qu’une autonomie de 650 km.

Suivant SsangYong, les émissions de CO2 au kilomètre sont de 149 g avec Stop & Start et 154 g sans.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

A cause des pneus optionnels de 215/45 montés sur jantes 18″, la suspension s’est montrée très dure. Même si le look devait partiellement en pâtir, les pneus de 205/60 sur des jantes de 16″ se révéleront nettement plus confortables sans pour autant nuire à la tenue de route qui s’avère bonne.

 

Spécifications techniques

 

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SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

 

Conclusions

 

Les SUV du segment B offrent un vaste choix : la concurrence y est rude mais par son espace, sa sobriété et son design, le Tivoli peut devenir un outsider intéressant d’autant plus que ses prix en version essence débutent à un peu moins de 15.000 EUR en version ‘Crystal(entrée de gamme).

Notre exemplaire en version ‘Quartz(milieu de gamme) pourvu du pack ‘Style(1000 EUR) était facturé 20.380 EUR.

SsangYong offre 3 ans de garantie usine (ou maximum 100.000km) et  2 ans (ou maximum 100.000km) sur la chaîne cinématique ainsi qu’une garantie anticorrosion de 6 ans.

SsangYong Tivoli e-XGi160 Quartz 2x4 2015

Il reste cependant le problème de sa diffusion : avec moins de 40 concessions pour la Belgique et le Grand-duché de Luxembourg, les véhicules SsangYong resteront une curiosité en Belgique, et surtout dans sa partie francophone !

La Wallonie et le Grand-duché ne comptent actuellement que 13 agents.

Quant aux Bruxellois intéressés par ce constructeur atypique, ils devront se rendre à Wautier-Braine.