Le Škoda Kodiaq : un SUV à sept places

Classé dans : Essais - Skoda (Tchèquie) | 0

Škoda a été certainement bien inspiré de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Après s’être fait reconnaître comme « fournisseur attitré » auprès des conducteurs de taxis avec ses Octavia et Superb, la marque tchèque dévoile à présent ses ambitions en matière de SUV.

Après le Yeti, et en attendant le tout nouveau Karoq présenté cet automne à Francfort, voici donc le Kodiaq.

 

Une ligne râblée et puissante

Avec ses 4,7 m de long, le Kodiaq reprend évidemment tous les canons stylistiques actuels de la marque thèque. Toutefois, son dessin reste assez massif. Sa calandre imposante présente des phares avant plats et fuselés qui sont dédoublés un peu à la mode Citroën.

De profil, son long empattement de 2,8 m et ses porte-à-faux courts démontrent encore une fois que le Kodiaq a été dessiné pour un maximum d’espace intérieur. On notera aussi la forme angulaire des arches de roues.

Basé sur la bien connue plateforme modulaire transversale MQB du Groupe Volkswagen, le Kodiaq est une version allongée du VW Tiguan et du Seat Ateca. Il propose en option sept places et un coffre à bagages d’une capacité modulaire de 720 à 2005 dm³ pour un poids d’environ 1,7 T pour les versions à essence à 1,8 T pour la version diesel.

En option, le siège passager avant peut se rabattre et autorise le transport d’objets allant jusqu’à 2,8 m de long.

Même si le passager central se sentira un peu frustré par rapports aux places latérales, la deuxième rangée de sièges reste spacieuse pour trois adultes : elle peut même coulisser sur 16 cm.
Évidemment, la troisième banquette est à réserver aux enfants qui pourront s’y glisser plus facilement que les adultes. Dans cette configuration, le volume réservé aux bagages ne sera plus que de 270dm³.

A l’arrière, le Kodiaq reprend les feux en forme de « C » typique du design actuel de Škoda : de série, ils disposent de la technologie DEL. Son large hayon peut être ouvert ou fermé par un bouton situé dans l’habitacle ou par un balayage du pied sous le diffuseur arrière.

Signalons aussi que la paroi droite du coffre dispose d’une commande électrique qui déploie la boule de remorquage. Propulsé avec le 2.0 TDI avec boîte DSG et quatre roues motrices, sa capacité de remorquage est de 2,5 T.

 

Un intérieur moderne mais toujours aussi sobre

Škoda ne prend pas de risque et garde toujours une certaine sobriété, même si son habitacle recèle quelques attentions réservées généralement à des véhicules de classe supérieure comme une climatisation à trois zones intégrant un module de commande pour les sièges arrière. Les sièges avant chauffants et ventilés peuvent être ajustés électroniquement avec mémorisation des réglages.

Petite attention pour les passagers avant : deux petits parapluies cachés dans les accoudoirs des portières…

Škoda s’est ingénié à offrir une protection du bord de ses portières. Celle-ci rappelle un système déjà découvert sur la Ford Focus : celle-ci se déploie et recouvre l’arête de la portière à son ouverture et l’empêche ainsi d’entrer en contact avec une autre voiture dans un parking. À la fermeture, cette protection disparaît en se repliant sur elle-même.

Au niveau de l’équipement, le Kodiaq suit l’évolution du groupe VW et propose entre autre une recharge du smartphone par induction, une connectivité Apple CarPlay, Android Auto et MirrorLinkTM.

Un de nos Kodiaq à l’essai était équipé du système audio CANTON d’une puissance de 575 watts avec pas moins de 10 haut-parleurs.

 

Sécurité à la page

Comme tous les véhicules d’aujourd’hui, le Kodiaq se veut rassurant et offre une panoplie de systèmes sécuritaires dont certains sont de série, d’autres sont disponibles en option individuellement ou en pack. Parmi ceux-ci, notons l’assistant aux manœuvres avec remorque (« Trailer Assist »), les caméras proposant une vue plongeante virtuelle et des images latérales à 180°, l’aide au stationnement avec freinage lors de la marche arrière lorsqu’un obstacle est détecté derrière la voiture, etc…

Toutefois, certaines de ces assistances ne peuvent être accessibles que via une navigation dans les menus.

Lorsque le véhicule est équipé d’une boîte automatique, le régulateur de vitesse adaptatif et l’assistant de maintien de voie de circulation sont intégrés pour assister le conducteur en maintenant le cap et la vitesse voire même freiner lors d’embouteillage (Traffic Jam Assist).

Toute cette sécurité a permis au Kodiaq de recevoir cinq étoiles aux tests EuroNCAP.

La sécurité des passagers adultes a été cotée à 92 % tandis que celle des enfants à 77 % et celle des piétons à 71 %. Sur le véhicule testé par l’association, les aides à la sécurité ont été côtés à 54 %. Celle-ci a constaté que les sièges de la troisième banquette ne prévoient pas de série un rappel de bouclage de la ceinture de sécurité.

 

Sur route : le confort

Certes, les deux Kodiaq essayés étaient des 4×4, mais la comparaison doit se limiter à leur transmission intégrale car les deux propulseurs diffèrent sensiblement : d’un côté, un petit moteur essence 1,4 TSI avec boîte automatique DSG-6 développant 150 ch entre 5000 et 6000 rpm et de l’autre un diesel 2.0 TDI avec boîte DSG-7 fort de 190 ch disponibles entre 3500 et 4000 rpm.

1.4 TSI 150 ch
2.0 TDI CR DPF 190 ch

En complément des modes automatiques D et S ou du contrôle manuel, le conducteur peut grâce au « Driving Mode Select » choisir le profil qui correspond le mieux au trajet. Au choix, Normal, Confort, Sport et Eco. Lorsque ce dernier est sélectionné une fonction de roue libre est activée quand l’accélérateur est lâché et que la vitesse est supérieure à 20 km/h, la transmission est alors désengagée et le véhicule avance en roue libre, un peu comme un vélo…

Très élastique et volontaire, le 1,4 TSI ne rechigne pas à la tâche et permet de voyager dans un silence qui est à peine perturbé par les bruits de vents autour des rétroviseurs extérieurs. Cependant malgré toute sa volonté, il n’accuse qu’un couple maximum de 250 Nm entre 1500 et 3000 rpm, ce qui obligera le conducteur à choisir de facto le mode sport si celui-ci envisage une conduite plus dynamique.

Au niveau de la consommation, il n’y a pas de miracle : notre essai a enregistré 7,8 l aux cent kilomètres. Avec son réservoir de 60 l, l’autonomie approchera les 750 km. Si les déplacements ne sont que citadins, le Kodiaq dépasse facilement les 10 l/100 km.

Contrairement à la discrétion du moteur 1,4 TSI, le 2.0 TDI est nettement plus sonore, que ce soit à froid ou lors de fortes accélérations. Heureusement, il sait se faire oublier à allure constante. Son couple de 400 Nm entre 1750 et 3250 rpm lui permet de reprendre facilement après un ralentissement et efface quelquefois un manque de réactivité de sa boîte DSG. De même, en tout chemin et avec sa fonction 4×4, il devient redoutable…

Sa consommation est naturellement plus réduite : l’ordinateur de bord a montré une consommation de 6,4 l / 100 km. Pour les trajets urbains, il faudra tabler sur un bon 9 l / 100 km.

Škoda Kodiaq 1.4 TSI 150 ch 4×4 boîte DSG-6 Style
Škoda Kodiaq 2.0 TDI 190 ch 4×4 boîte DSG-7 Style

A cause de son poids (1,8 T), le Kodiaq 2.0 TDI 190 ch demeure assez pataud sur les petites routes. En revanche, le TSI avec son petit 1,4 TSI nous a paru plus alerte : sa direction nous a même semblé plus légère que celle de l’Octavia Scout.

Spécifications techniques

Données techniques à télécharger

Škoda Kodiaq 1.4 TSI 150 ch 4×4 boîte DSG-6 Style

Škoda Kodiaq 2.0 TDI 190 ch 4×4 boîte DSG-7 Style

Conclusions

Lancé à Berlin il y a un an, le Kodiaq représente pour Škoda ce que doit être un SUV : une ligne robuste et de la place à revendre.
Comme tous les SUV, il reste avant tout un véhicule où le confort des passagers est primordial. Cet aspect a été parfaitement rencontré : à allure constante comme sur autoroute et quelle que soit sa motorisation, le Kodiaq reste silencieux ses bruits de roulement restent ténus. Ses moteurs font preuve d’endurance mais le poids de l’engin et les consommations calmeront les ardeurs du conducteur.

Le Kodiaq est pour vous à partir de 27.000 EUR en version 1.4 TSI 125 ch « Active » en cinq places.
Mais attention, les prix montent vite !

Les Škoda essayées en finition « Style » étaient en outre particulièrement bien équipées en option : le 1.4 TSI 150 ch 4×4 avec boîte DSG-6 proposé à partir de 38.040 EUR était à près de 52.000 EUR tandis que la 2.0 TDI 190 ch 4×4 avec boîte DSG-7 était facturée à 55.360 EUR !

Qu’il est loin le temps de la Favorit !

Benoît Piette

Laissez un commentaire

83 − = 74