La Seat Arona : le chaînon manquant

Classé dans : Essais - Seat (Espagne) | 0

Si on excepte l’Exeo et les dernières Toledo, la gamme Seat a toujours reçu un bon accueil du public. Devant la mode des crossovers compacts dont la croissance a quadruplé depuis 2015, la marque espagnole se devait de réagir en proposant un petit frère à l’Ateca : l’Arona.

Une ligne angulaire mais élancée

Comme d’habitude dans le groupe Volkswagen, ce SUV est décliné dans les différentes marques du groupe : il s’appelle T-Roc chez VW, Karoq chez Skoda ou Q2 chez Audi. Malgré cette consanguinité, l’Arona s’en diffère par une ligne à la fois plus angulaire mais aussi plus épurée. La patte d’Alejandro Mesornero-Romanos, le designer maison, se reconnaît jusque dans les détails : la parenté avec l’Ibiza est évidente.

L’ensemble est agréable à regarder : on dirait un Ateca en réduction, mais d’allure plus jeune grâce à ses couleurs bitons. Signalons ses feux de jours à DEL qui permettront de l’identifier à coup sûr comme un produit de la marque hispanique.

Mesurant 4,14 m de long l’Arona bénéficie du châssis MQBA propre au groupe VW.
Par rapport à l’Ibiza, il mesure 8 cm de plus et la domine de 10 cm mais surtout il offre un coffre plus volumineux d’une capacité de 400 dm³ à 1280 dm³ quand le dossier (60/40) de la banquette arrière a été abaissée.

A l’intérieur, pas de dépaysement pour le conducteur d’Ibiza sinon un pare-brise plus vertical pour agrandir l’espace intérieur. La planche de bord est pareille à sa petite sœur.

De la part d’une marque au tempérament latin, c’est donc plutôt austère : peu de touches colorées comme savent le créer les marques françaises ou italiennes. Mais en revanche la finition est bonne.

 

On y retrouve donc un écran tactile de 8″, une connectivité récente, une caméra de recul, un système de démarrage Keyless et même un système de recharge de smartphone par induction alors que très peu de ces appareils offrent déjà cette possibilité. Les essuies glaces et phares sont automatiques.

La nuit, une lumière d’ambiance rouge éclaire l’habitacle : on se croirait de quart sur une passerelle de navire…

Héritage de la plateforme MQBA, la place pour les passagers est convenable pour quatre adultes et un enfant qui chevauchera le tunnel central. Le conducteur remarquera probablement que l’accoudoir est trop bas et qu’il n’est pas réglable en hauteur.

En termes de sécurité et d’aides à la conduite, l’Arona est équipé du régulateur adaptatif de la vitesse, du frein anti-multicollision, du Front Assist, du Hill Hold Control, du détecteur de fatigue.

En option, Seat propose le Rear Traffic Alert, le capteur d’angle mort et le système d’aide au stationnement, fonctionnant pour les places en créneaux ou en épi.

Aux tests EuroNCAP de 2017, l’Arona a reçu cinq étoiles. Quant aux cotations pour la protection des passagers et piétons, elles donnent 95 % pour les adultes, 80 % pour les enfants et 77 % pour les piétons. Les aides à la sécurité ont reçu 60 % (il est vrai que le capteur d’angle mort est proposé seulement en option)

Sur route

Notre version était propulsée par la version la plus puissante du nouveau trois cylindres du groupe VW, le 1.0 TSI. Avec un taux de compression de 10,5 :1, ce 999 cm³ développe 115 ch à 5000 rpm et un couple maximum de 200 Nm à partir de 2000 jusqu’à 3500 rpm.

Suivant le constructeur, l’Arona n’émettrait que 113 g de CO2 au km, ce qui correspond à une consommation de 4,9 l suivant les anciennes normes controversées « NEDC ».

Ces données sont rencontrées par son allant à monter dans les tours. Grâce à un poids relativement contenu (environ 1100 kg), il donne à l’Arona un allant suffisant pour affronter la route sans craindre les éventuels reliefs.

Évidemment son architecture à trois cylindres est moins bien équilibrée qu’un quatre cylindres, mais les motoristes ont fait du bon boulot : il se rappelle à notre bon souvenir qu’en accélération mais se fait oublier à allure constante, laissant ainsi la parole à quelques sifflements aérodynamiques.

Sur route, sa consommation oscillera entre 6 et 7 litres aux cent, mais il est fort possible de rester sous la barre des 6 litres !

En ville, il faudra compter sur un bon 8 litres.

Nous connaissions déjà la bonne tenue de route de l’Ibiza, même si la garde au sol a augmenté de 5 cm, celle de l’Arona ne fait que confirmer ce comportement dynamique.
Son train avant est accrocheur et la prise de roulis faible suite à une suspension ferme, ce qui semble être une tradition chez Seat. Notons que l’Arona peut être équipé en option d’une aide à la motricité.

Le freinage est bon et la boîte de vitesses à six rapports dispose d’un excellent verrouillage. Comme beaucoup de transmissions actuelles, les cinquième et sixième rapports sont exagérément longs, mais ils donnent au moteur une certaine discrétion tout en lui faisant économiser du carburant sur route plane… ce qui n’est pas toujours le cas !

Spécifications techniques

Seat-Arona-1.0TSI-85kW-2018-specs à télécharger

Conclusions

Avec l’Arona, Seat propose un SUV urbain à la ligne élégante, bien loin des styles torturés ou cubique de ses concurrents. A cette esthétique, il faut ajouter une bonne habitabilité et un coffre dans la moyenne.

L’ensemble fait plutôt classe… dommage que quelques couinements de mobilier ont fait leur apparition sur route dégradée.

Proposé à partir d’un peu plus de 16.000 EUR le modèle équipé du 1.0 TSI 95 ch en finition ’Reference’ soit 2000 EUR de plus que l’Ibiza 1.0 MPI 75pk S&S en même finition.
Cependant, sa facture peut dépasser allègrement les 20.000 EUR pour peu que l’on monte en gamme ou que l’on choisisse la version 115 ch !

Notre exemplaire, une 1.0 TSI 115 ch (85kW) en boîte manuelle à 6 vitesses en finition X-cellence débute à 22.700 EUR, mais ses différentes options ont fait monté sa facture à 27.000 EUR.

Reste aussi sa valeur de revente que d’aucun considère comme vite dépréciée.
Apparemment il n’en serait rien : à croire la dernière étude européenne consacrée aux SUV compacts, Autovista Group souligne que la nouvelle SEAT Arona serait l’une des voitures qui perdrait le moins de sa valeur par rapport à ses concurrentes et d’en tirer la conclusion que le nouvel Arona serait le meilleur choix du segment…

Benoît Piette

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

× 5 = 20