ESSAI : La Saab 9-5 : Et le Griffon est devenu Phénix…

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Après toutes les turpitudes que Saab a subi ces derniers temps, voici dans ces colonnes un essai du vaisseau amiral de la marque au Griffon : la 9-5 Sedan.


Cette longue berline (5 m de long !) en est à la deuxième génération à reprendre cette appellation à indice.

La première génération ayant remplacé en 1997 la Saab 9000, rejeton suédois du quintette formé par les Fiat Croma, Lancia Thema et Alfa Romeo 164 fondé en 1984…

Saab 9-5 TTiD 2011


Une vrai limousine

 

Voici donc la première Saab de « l’après GM ». Reposant encore sur la plate-forme GM Epsilon II, les galbes de la 9-5 révèlent leur indépendance par une carrosserie lisse comme un galet et affichant un Cx de 0,28.

Saab 9-5 TTiD 2011

Basée sur le concept car Aero X de Simon Padian, sa tôlerie utilise partiellement l’aluminium comme le capot moteur ou la traverse de bouclier arrière. Trois niveaux de gamme sont proposés : la scandinave Linear, la sportive Vector et enfin le haut de gamme avec l’Aero.

Saab 9-5 TTiD 2011

Le design à la fois sobre et élégant va à l’encontre de beaucoup de réalisations actuellement en vogue où les traits quelquefois torturés semblent être le signe de ralliement de tous les designers d’aujourd’hui.

Pour notre part, la simplicité du dessin est avenante et donne à la 9-5 une classe qui semble intemporelle.

Saab 9-5 TTiD 2011

Avec plus de 5m de longueur, la place à l’intérieur est particulièrement intéressante. La banquette arrière accueille sans problème trois adultes. Cette dernière est naturellement fractionnable à 60/40, comprend un accoudoir avec rangement et une trappe à skis.

Notons cependant que la planche porte-chapeaux de couleur clair se reflète joyeusement dans la lucarne arrière. A l’avant, les sièges à réglages sur six axes offrent une position de conduite parfaite.

Saab 9-5 TTiD 2011

Comme il est de tradition chez Saab, l’allumage du moteur se trouve entre les sièges des passagers avant. Mais, modernité oblige, il se fait par pression sur bouton…

En revanche, comme Saab adopte la technologie Keyless, il ne faut plus comme jadis passer la marche arrière pour retirer la clé de contact.

Comme la plupart des véhicules actuels, le frein de stationnement est devenu électrique.

La finition Vector – qui fait l’objet de cet essai – possède un volant regroupant commandes audio et cruise control, un accoudoir avant réglable, un éclairage d’ambiance vert assez original et un système audio Harman Kardon à neuf haut-parleurs avec prise USB et écran graphique qui reprend le GPS.

L’éclairage utilise des projecteurs bi-xénon qui pivotent pour mieux éclairer l’intérieur des virages, et optimise automatiquement le faisceau lumineux en fonction de la vitesse, du profil de la route et du style de conduite.

Saab 9-5 TTiD 2011

N’oublions pas non plus que la 9-5 est pourvue d’un affichage tête haute (Pilot HUD) permettant de visualiser la vitesse, la température et/ou le nombre de tours. Toujours en référence à l’aéronautique, le tableau de bord peut s’occulter presque totalement ne laissant visible que le compteur de vitesse : Saab l’appelle le « Night Panel« 

Le coffre, d’un volume de 515 dm³ en norme VDA, possède un rail en U logé dans son plancher. Ce rail possède une cloison télescopique qui permet de maintenir en place les objets de tous les gabarits.

Saab 9-5 TTiD 2011

Que ce soit au niveau de la sécurité passive ou active, Saab ne renie pas ses origines scandinaves et elle est de haut vol. Les testeurs de Euro-NCAP lui ont d’ailleurs attribué cinq étoiles soit le maximum.

 



Une tenue de route qui rappelle quelque chose…

 

Bon sang ne saurait mentir, la tenue de route est rigoureuse et évoque l’Opel Insignia ou même la Chevrolet Cruze, toutes deux basées sur le même châssis. Néanmoins, on observe une suspension plus ferme, et ce n’est pas un reproche, que du contraire !

Notre exemplaire était propulsée par le moteur diesel 2.0 TTiD de 190 ch. à 4000 rpm. Ce dernier développe un couple maximum de 400 Nm à 1750 rpm. Puissant, il se fait entendre à froid… et même à chaud : ce qui nous a paru insolite dans une limousine aussi « classieuse« .

Saab 9-5 TTiD 2011

A 120 km/h, celui-ci tourne à 2250 rpm sur le sixième rapport. Grâce à son couple puissant – et toujours sur le même rapport – il peut déjà reprendre à 70 km/h alors qu’il ne tourne qu’à ± 1300 rpm.

Toujours à propos de la transmission, celle-ci reste précise mais toujours ferme et l’embrayage nécessite un bon mollet gauche.

En pressant fortement la pédale de frein, le véhicule reste immobilisé quelques instants afin d’empêcher le véhicule de reculer lors d’un démarrage en côte.

Saab 9-5 TTiD 2011

Sur les routes sinueuses de l’Entre Sambre et Meuse et de l’Orneau, la tenue de route est restée excellente. L’agilité est étonnante pour un vaisseau de cette taille. La perception de la route au volant reste toujours idéale, elle permet une conduite franche qui peut même s’avérer sportive.

Dommage que la sonorité du moteur soit si peu agréable…

Saab 9-5 TTiD 2011

Quant à la consommation, sur un essai d’environ 500 km sur routes variées avec aussi des déplacements urbains, elle s’est stabilisée à 7,7 l/100 km.

Avec un réservoir de 70 litres, on peut envisager une autonomie de 800 à 900 km ce qui reste dans la moyenne.

 

Données Techniques

 

Fichier à télécharger

 

En conclusion

 

Après toutes les tempêtes essuyées, il est temps que Saab sorte de l’œil du cyclone. Sa 9-5 est une voiture de haute qualité qui offre tout le sérieux que doit rechercher un bailleur de fonds.

Saab 9-5 TTiD 2011

Gageons qu’à l’instar de Volvo avec le Zhejiang Geely Holding Group, Saab retrouve toute la sérénité nécessaire à une relance effective de la sa production.