Le Renault Kadjar, un Qashqai à la sauce de Boulogne Billancourt

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Dévoilé en 2015 à l’occasion du salon de Genève, le Kadjar a subi un petit remodelage l’année dernière.

Rappelons que ce cousin du Nissan Qashqai utilise la même plateforme modulaire CMF qui a été développée par l’Alliance Renault-Nissan.

Une carrosserie à peine modifiée

Malgré un empattement identique (2,65 m), avec ses 4,49 m, le Kadjar fait près de 10 cm de plus que son cousin japonais. Notons aussi que sa garde au sol fait 20 cm au lieu de 18 pour le Qashqai.

Avec sa nouvelle mouture, sa calandre reçoit des barrettes chromées comme le Koleos et de nouveaux boucliers avec des inserts chromés en forme de « C », un clin d’œil à la signature lumineuse propre aux Renault actuelles.

Ceux-ci intègrent les antibrouillards et à l’arrière des sorties d’échappement factices. À l’arrière, les clignotants  sont à DEL, comme les feux de recul et de brouillard. Ceux-ci sont désormais intégrés au bouclier.

Renault Kadjar – Nissan Qashqai

Pour le reste, peu d’évolution : son profil reprend un bas de caisse souligné par un épais jonc chromé.

Le coffre profite naturellement de ses dimensions plus généreuses : avec son double fond, son volume atteint 472 dm³ voire 527 dm³ avec le kit de gonflage. Grâce à des leviers situés dans ses flancs, les dossiers (40/60) se rabattent dégageant ainsi un volume de 1478 dm³.

Notons aussi que le siège du passager avant peut se rabattre, offrant ainsi une longueur de chargement d’objets de plus de 2,5 m de longueur.

Un habitacle plus cossu et plus de sécurité

Pour ce face-lift, Renault a renforcé la qualité perçue de l’habitacle tout en le voulant plus moderne. C’est ainsi que l’instrumentation se veut plus contemporaine. Elle intègre aussi différemment l’écran tactile de toujours 7” qui propose l’affichage du système R‐LINK 2 compatible avec Apple CarPlay et encadré par des touches de contrôle.

Devant le conducteur, l’instrumentation concentrique peut changer de couleur en fonction du mode choisi. Par rapport au Qashqai, celle-ci est assurément plus moderne, mais nous sommes d’avis qu’elle ne remplacera toujours pas les compteurs traditionnels.

Beaucoup de fonctions sont accessibles via l’écran mais peuvent être lancées via d’autres commandes comme un petit levier invisible car situé derrière le volant. Ce dernier reprend l’infodivertissement et le téléphone.

Les sièges avant sont confortables et leur maintien latéral s’est bonifié. Ils disposent à présent d’un réglage de la longueur d’assise. Leur accoudoir central est coulissant.

La place est suffisante pour quatre adultes et un enfant.

En termes de sécurité, le Nouveau  Kadjar  est doté d’une palette d’une dizaine d’aides à la conduite proposées en série ou en option.

Notre exemplaire disposait de l’aide active au stationnement mains libres, du freinage d’urgence, de l’alerte précollision, de l’alerte de franchissement de ligne ainsi que de l’avertisseur d’angle mort.

Ce dernier ne nous a pas vraiment convaincu : son avertisseur lumineux se présente sous forme d’une “loupiotte” à peine visible de jour qui est intégrée au miroir du rétroviseur. Son cousin le Qashqai fait beaucoup mieux en la matière !

Une alerte de survitesse fait correspondre la limitation de vitesse indiquée par le GPS à celle lue sur les panneaux de signalisation par la caméra frontale : beau en théorie, ce système ne fait pas de miracle car certains panneaux sont parfois lus erronément.

En septembre 2018, l’EuroNCAP a confirmé les cinq étoiles attribuées au Kadjar depuis 2015.

Des nouveaux moteurs

Le nouveau Kadjar est propulsé par de nouvelles motorisations essence et diesel.

Coté essence, le nouveau 1.3 TCe FAP étudié avec Mercedes se décline en deux niveaux de puissance (140 et 160 ch). Celui-ci offre non seulement des puissances plus élevées mais aussi un couple accru (notamment à bas régimes), des consommations abaissées avec des émissions de CO2 plus réduites.

Nous avons pu essayer la version TCe 160 avec boîte EDC. Ce petit 1332 cm³ développe une jolie puissance de 160 ch à 5500 rpm et un couple de 260 Nm à 1750 rpm. Fidèle à lui-même et malgré sa petite cylindrée, ce moteur a suffisamment d’allonge pour mouvoir ce SUV. Selon Renault, il ne consommerait que 5,9 l/100 km (normes NEDC) et n’émettrait que 135 g/km de CO2. Lors de notre prise en main, il s’est effectivement révélé sobre, mais pas au point d’égaler ces données relativement théoriques : au terme de notre essai, l’ordinateur de bord a affiché 6,4 l/100 km, ce qui reste très raisonnable.

Quant au diesel, une nouvelle génération de motorisations “Blue dCi” a été présentée au salon de Bruxelles. Celle-ci embarque les derniers systèmes de réduction d’émissions polluantes. Le nouveau Kadjar est à présent propulsé par le 1.5 Blue dCi 115 ch et le 1.7 Blue dCi 150 ch. Ces deux moteurs disposent de la technologie SCR avec AdBlue® pour réduire les oxydes d’azote (NOx).

Ce nouveau Blue dCi 115 revendique 5 ch et 10 Nm de couple de plus que le moteur de la précédente génération. Pour faciliter et sécuriser les dépassements, une fonction overboost lui offre à la demande 5 ch et 25 Nm supplémentaires.

Ce 1461 cm³ fournit donc ses 115 ch à 3750 rpm et développe un couple de 260 Nm dès 2000 rpm. À son volant, à part à basses rotations, il s’avère agréable. Il donne le mieux de lui-même entre 2000 et 4000 rpm. Remarquablement silencieux, il ne donnera de la voix que lors d’une conduite musclée, ce qui est l’antithèse de la philosophie du SUV où le centre de gravité placé plus haut vous rappellera sa présence par un roulis qui affectera tous vos passagers.

Mais là où ce petit diesel excelle, c’est bien en consommation : en roulant de manière “responsable”, il est tout à fait possible de se cantonner à des consommations inférieures à 5 l aux cent kilomètres.

Au niveau comportement routier, quoique haut sur pattes, il s’avère très bon. Sa suspension très souple ravira les passagers pour autant que le conducteur n’oublie pas qu’il roule en Kadjar et non en Mégane RS…

Dimensions

Conclusions

Avec une suspension plus douce que son cousin japonais, le Kadjar s’en diffère aussi par une esthétique qui reprend l’ADN des Renault actuelles. Un coffre d’un volume plus important est aussi à mettre à son actif. En ce qui concerne la tenue de route, le “toucher” typiquement français est plus douillet que sur le Qashqai mais il n’affecte en rien son comportement routier qui reste très bon pour un SUV.

Quant aux moteurs, ils sont évidemment issus de la même “banque d’organes” de l’Alliance Renault Nissan où la synergie avec Mercedes est aussi impliquée. C’est notamment le cas pour ce frugal petit 1.3 TCe qui est proposé en deux puissances de respectivement 140 et 160 ch.

Pour notre part, nous pensons que la version TCe 140 ch devrait suffire largement pour la majorité des conducteurs belges. Le Kadjar TCe 140 GPF Life est déjà proposé à 24.125 EUR. Cependant, avec son grand toit panoramique, notre Kadjar Black Edition TCe 160 EDC dépassait les 35.000 EUR.

Le petit 1.5 Blue dCi est également très agréable pour le peu qu’on le maintienne dans ses tours. Sa tempérance est aussi à mettre en exergue. Ses prix débutent à un peu plus de 28.000 EUR pour le Blue dCi 115 en version Zen.

Benoît Piette

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