La Renault Talisman 1.8 TCe : une berline GT ?

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La Talisman, le vaisseau amiral de Renault, vient de recevoir de nouveaux moteurs dont un 1.8 TCe de 225 ch. Déjà connu dans l’Alpine A110 et la Mégane RS, ce dernier a été dégonflé afin de le rendre plus civilisé dans cette longue berline au tempérament certes moins chahuté que ces deux sportives.

Ainsi propulsée, pourra-t-elle se faire une place auprès des autres berlines comme la Peugeot 508, la Ford Mondeo ou l’Opel Insignia ?

Une ligne élégante

Il a fallu une bonne dose de courage à Renault pour à nouveau proposer un haut de gamme après les échecs répétés des Vel Satis et Latitude (ex-Samsung SM5). Mais cette fois-ci, les stylistes ont proposé une berline maison beaucoup plus évoluée avec des technologies peu communes comme les quatre roues directrices…

Au sein de la gamme, la Talisman est directement identifiable par son épais logo installé sur une large calandre où sa signature lumineuse en forme de C (C-Shape) déborde de ses blocs optiques. Pour le haut de gamme, ce logo se voit complété par l’inscription “Initiale Paris” que l’on retrouve également latéralement sur les ailes avant.

Très élancée, sa silhouette de 4,85 m est à la fois élégante et musclée. Elle affiche un empattement de 2,81 m qui bénéficiera aux passagers arrière.

À l’arrière, on retrouve des feux dont le dessin original empiète fort la malle arrière. Leurs implantations contribuent aussi à élargir encore plus son assise. Ses porte-à-faux réduits ne l’empêchent pas de disposer d’un des plus grands coffres de la catégorie : 608 dm³ extensibles à plus de 1 m³ quand les dossiers de la banquette arrière (40/60) sont rabattus.

Regrettons toutefois que leurs rabattements doivent s’effectuer via l’habitacle car aucun levier dans le coffre ne vient faciliter la manœuvre. En outre, bien que ce coffre soit très profond, la forme de la malle n’offre pas la possibilité de charger des objets volumineux.

Un intérieur plus qualitatif

Par rapport aux premières Talisman, il faut reconnaître que Renault a bien amélioré la donne. Toutefois, et même si les efforts des designers se sont avérés payant, comme le bas de planche de bord qui est à présent moussé, la Talisman ne peut pas encore prétendre jouer dans la même cour que les Premium de la catégorie.

Plus consensuel que la Peugeot 508, son style apporte quand même un peu d’originalité avec la verticalité de son écran tactile de 8,7” qui reprend le système d’exploitation R-LINK 2.

Ce dernier autorise la réplication du smartphone en utilisant les systèmes d’exploitation Apple CarPlay™. Outre les fonctions de navigation et d’infotainment, ce système affiche en continu toutes les données relatives au trajet parcouru ainsi qu’une cote écologique. Un “coaching écologique” est même consultable…

Toutes les commandes et paramètres nécessitent un peu de temps pour s’adapter car il faut naviguer dans les menus. Cette navigation peut également être réalisée au moyen d’une molette disposée sur la console centrale, près du levier de vitesses. Malheureusement, elle est trop en arrière et peu pratique à utiliser.

Les sièges sont confortables et à l’avant, ils sont chauffants et ventilés. Que ce soit à l’avant ou à l’arrière, la place et le confort y sont excellents.

Comme pour les autres Renault, la Talisman dispose de nombreuses aides à la conduite qui sont proposées en série ou en option. On y retrouve entre autre, l’aide active au stationnement “mains libres”, le freinage d’urgence, de l’alerte précollision, ou l’avertisseur d’angle mort qui reprend hélas le même système d’alerte totalement invisible la journée.

La Talisman bénéficie aussi de l’affichage tête haute : mais elle se contente d’un système “assez cheap” faisant appel à un transfert des infos sur une petite visière transparente qui se déploie quand le moteur est lancé au lieu leur projection directe sur le pare-brise.

Son tableau de bord qui, à première vue semble classique, n’utilise pas de compteurs analogiques, mais digitaux. À chacun des cinq modes de conduite sélectionnés (appelé Multi-Sense), correspond non seulement une couleur mais aussi un arrière-plan distinct et une ambiance lumineuse de l’habitacle de la même teinte : très geek tout ça !

En termes de sécurité, la Talisman a été gratifiée en décembre 2015 de cinq étoiles aux tests de l’EuroNCAP.

Sur route

Ce 1,8 l est issu de l’Alpine A110 (252 ch) et de la Mégane RS (280 ch) mais dans une configuration beaucoup plus sage de 225 ch grâce à un turbo différent, des injecteurs et une cartographie qui lui sont spécifiques. En apportant 25 ch supplémentaires, il remplace l’ancien 1,6 l qui était décliné en 150 ch et 200 ch.

Plus véloce et reprenant plus facilement, ses accélérations restent encore très linéaires. À basse vitesse, il est difficile de doser les gaz notamment lors du stationnement (à coups). Ce caractère ne varie finalement que très peu si on change de mode de conduite.

Il est associé à une boîte robotisée EDC à sept vitesses. Douce et suffisamment réactive, son efficience pourrait être sublimée par des palettes derrière le volant : hélas, elles sont absentes et ne figurent même pas en option, dommage !

Ce moteur n’est jamais silencieux, et à certaines allures, le sifflement de son turbo est nettement perceptible. Notons aussi que le mode de conduite choisi n’est pas mémorisé. Il convient dès lors de le reprogrammer à chaque départ.

Le mode Sport lui fait garder le rapport inférieur plus longtemps, ce qui lui permet de se montrer rageur, mais son bruit n’a évidemment rien à voir avec celui que pourrait diffuser un six cylindres, même après avoir été amplifié artificiellement et envoyé sur les haut-parleurs de marque Bose…

En termes de conduite la Talisman est une vraie révélation : grâce à son amortissement piloté et ses quatre roues directrices, que ce soit en ville ou sur routes sinueuse, cette grande berline se montre étonnamment agile. Ce système, appelé 4CONTROL, gère le sens de braquage des roues arrière de manière à diminuer le diamètre de braquage et de donner une grande agilité. Jusqu’à 50 km/h, les roues arrière braquent dans le sens opposé aux roues avant et au-dessus de cette vitesse, dans le même sens que les roues avant pour améliorer la précision de conduite.

En termes de consommation, aux allures légales et à l’extérieur d’un milieu urbain, ce moteur peut tout à fait rester sous les 7 litres. En revanche, la ville et une conduite plus musclée le feront friser les 10 litres voire les dépasser…

Spécifications techniques

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Conclusions

Avec la Peugeot 508, la Renault Talisman reste une des deux intrusions hexagonales dans le segment D où quelques berlines font encore de la résistance face à la vague des SUV. Ces deux françaises se retrouvent en compagnie des VW Passat, Škoda Superb, Opel Insignia, Ford Mondeo, Mazda 6 et aussi la toute nouvelle Toyota Camry. Grâce à son amortissement piloté et ses quatre roues directrices, la Talisman s’est montré une des plus dynamiques.

Avec ce 1.8 TCe, la montée en puissance de cette grande berline est palpable. Elle correspond d’ailleurs à ce que propose la Peugeot 508 essayée récemment. Mais par rapport à la berline de Sochaux, elle reste pénalisée en termes d’émission de CO2 (164 g/km au lieu de 130 g/km pour la 508).

Toutefois, même avec sa suralimentation, sa cylindrée ne pourra jamais rivaliser avec ses concurrentes de plus fortes cylindrées.

Comme version la plus puissante de la gamme, elle ne sera certainement pas celle qui sera la plus choisie et devra probablement s’effacer devant les Talisman propulsées par le nouveau moteur diesel 1749 cm³ Blue dCi 160 EDC et 200 EDC ou en essence avec la TCe 160 EDC GPF (30.325 EUR). Cette dernière reçoit le petit moteur de 1332 cm³ étudié par Mercedes et Renault et que l’on retrouve dans la plupart des voitures de l’Alliance Nissan Renault ainsi que dans la Mercedes Classe A.

Notre Talisman, une TCe 225 EDC GPF en finition Initiale Paris est proposée à 43.175 EUR (avec deux packs, et le toit panoramique en verre). Mais avec ce moteur, elle est déjà accessible pour 37.375 EUR en version S-Edition.

Benoît Piette

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