ESSAI : La Renault Twingo : en arrière toute !

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Quand vint la décision de changer le look de la première Twingo apparue en 1993, il ne devait pas être facile aux designers de Renault de créer une nouvelle voiture susceptible d’effacer l’impressionnante aura de la Twingo : la venue de la Twingo II en 2007 fut d’ailleurs accueillie assez froidement, tant la première version avait marqué les esprits !


Pour la troisième version de cette sympathique citadine, il fallait à la fois surprendre mais aussi innover.


Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015


Et pour surprendre, les ingénieurs de la marque au losange ont fait fort : non seulement la Twingo III propose cinq portes, mais elle devient une propulsion avec moteur à l’arrière… comme la quatre chevaux de 1946 !


Une frimousse que l’on a déjà vue quelque part

 

De nos jours, partir d’une feuille blanche pour concevoir un tout nouveau véhicule est audacieux. Il vaut donc mieux s’entourer de toutes les assurances avant d’entamer un tel projet. C’est dans ce cadre que les chemins de Renault et de Mercedes se sont croisés.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

En effet, la marque à l’étoile planchait sur les futures remplaçantes des Smart à deux et quatre places. C’est ainsi qu’un accord de coopération stratégique a été signé en 2010 entre les deux marques en vue de développer la Nouvelle Twingo et les futures Smart ForTwo et ForFour.

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

Lors de sa présentation au salon de Genève 2013, Renault a déclaré avoir repensé entièrement son architecture en déplaçant son moteur à l’arrière tout en lui offrant quatre portes et un intérieur modulable au design contemporain.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Son style extérieur est rafraîchissant et correspond l’archétype même de la voiture de ville : bien que plus « gracile« , sa silhouette ressemble d’ailleurs à la Fiat 500 de 2007… sauf que cette dernière est une traction avant et ne possède que deux portes !

 

Mais, l’analogie avec la petite transalpine ne s’arrête pas là puisque la Twingo III reprend la disposition du moteur de la Nueva 500 de Dante Giacosa lancée en 1957 !

 

Pourtant, Renault s’en défend et invoque que la poupe et l’inclinaison de sa lunette évoquent la R5 Turbo à moteur arrière de 1980

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Bref, l’honneur est sauf !

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

A l’avant, pas de coffre, mais un frêle capot qui après avoir été déverrouillé par la clé de contact, se dégage maladroitement en donnant accès à la batterie, au radiateur ainsi qu’au réservoir du lave-glace.

Pour l’avoir manier à plusieurs reprises, son système d’ouverture est compliqué et semble aussi très fragile dans le temps…

 

Encadrant la grille de calandre, les phares rehaussés de clignotants et ses deux feux de jours à DEL rappellent les précédentes versions.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

En dépit de la position de son moteur, la Twingo III garde son coffre à l’arrière : il est situé au-dessus du moteur et a par conséquent un seuil de chargement élevé.

 

Comme la VW Up !, son hayon est composé d’une vitre. Il offre une capacité de 188 dm³ extensible à 980 dm³ quand le dossier des sièges arrière (50/50) est rabattu.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Malgré son épaisse couche d’isolant thermique et phonique, le moteur ne se privera pas de délivrer quelques calories, histoire d’accélérer le dégel des surgelés achetés au supermarché du coin…

 

Notons qu’il est également possible de rabattre le siège du passager avant, ce qui permet d’offrir alors une longueur de chargement de 2,31 m.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Pour être complet, il faut signaler que la dimension des pneus avant est différente des pneus arrière.

 

Avec 3,6 m de long[1], la Twingo III est plus courte que la Twingo II, mais plus longue que la Twingo I.

 

A l’intérieur, la publicité relative à la place pour quatre personnes est un peu exagérée : certes, les places avant sont spacieuses, mais la position de conduite n’incitera pas à de longs déplacements et le volant, d’allure sportive, ne se règle qu’en hauteur.

 

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Les places arrière devront être réservées à des enfants ou de jeunes adolescents car, contrairement aux Twingo des deux précédentes générations, la banquette n’est plus disposée sur des glissières.

 

En revanche, la nouvelle Twingo est bien fournie en espaces de rangement (52 dm³)

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

En outre, ces passagers ne verront pas grand chose à l’avant à cause des imposants sièges avant aux appuie-tête intégrés.

 

Observons aussi que les portières arrière disposent de vitres à compas et que leurs poignées sont dissimulées dans la custode.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Bien fini, le poste de conduite est typé jeune et hautement personnalisable. L’ensemble de l’instrumentation, sous une casquette en plastic dur, fait maintenant face au conducteur. Très lisible, celle-ci fait l’impasse sur le compte-tours.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Au centre du tableau de bord, l’écran multimédia R & GO permet de connecter la Twingo avec le smartphone de l’utilisateur. Ce dernier peut être introduit dans le support universel disposé sur la console.

 

Avec sa radio et son application idoine, le conducteur aura accès aux fonctions organisées en quatre domaines : Navigation, Téléphonie, Multimédia et Véhicule. Evidemment, ce système implique que le conducteur possède au préalable un smartphone compatible.

 

En «Offre Premium» la Twingo peut s’équiper du dernier développement du système multimédia intégré, le ‘R-Link Evolution’. Ce système se présente sous la forme d’une tablette intégrée et connectée avec écran 7″ avec possibilité de zoomer et de défiler comme sur un i-Pad®. Indiquons que R-Link dispose aussi d’un catalogue d’applications dédiées à l’usage l’automobile.

 

Renault Twingo 2015

 

Au niveau de la sécurité, les tests EuroNCAP ‘nouvelle formule’ ont octroyé quatre étoiles à la Twingo.

 

Ceux-ci ont révélé une faiblesse manifeste au niveau du test de collision avec un poteau latéral (thorax du conducteur). Ils ont aussi démontré le peu d’efficacité des appuie-tête placés à l’arrière (coup du lapin).

 

Les cotations relatives à la sécurité ont attribué 78 % pour les passagers adultes, 81 % pour les enfants et 68 % pour les piétons. Quant aux assistances à la sécurité, ils ont été cotés à 56 %.

 


Sur route

 

La rédaction a fait l’essai d’une Twingo 1.0 SCe 70 S&S : la version Energy TCe 90 propulsée par le vaillant petit 898 cm³ sera essayée ultérieurement.

 

La Twingo est donc proposée uniquement avec des moteurs trois cylindres de respectivement 999 cm³ atmosphérique de 71 ch. et 898 cm³ turbo de 90 ch.

 

Renault 4CV 1961

 

Même si son architecture générale est semblable aux 4 CV, Dauphine ou autre R 8, sa conduite n’a plus rien à voir avec ses devancières qui exigeaient un pilotage fin et où, en conduite sportive, les roues étaient souvent braquées dans le sens opposé au virage !

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Les aides électroniques à la conduite l’ont profondément assagit : elle réserve donc un comportement neutre voire même de traction grâce à un ESP qui manifeste toujours à propos ‘son pouvoir castrateur’. En outre, elle est très bien amortie.

 

Libérée du poids du moteur, la direction assistée électriquement[2] reste douce et précise et offre un diamètre de braquage entre trottoir de 8,60 m, ce qui est très agréable en son lieu de prédilection, la ville (à titre de comparaison, la 4 CV faisait 8,90 m).

 

Ses freins sont puissants et les cinq rapports de boîte quoique légèrement caoutchouteux, s’engagent facilement. Tout cela participe à un comportement sain avec en prime, peu de roulis.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Cependant, la Twingo reste sensible au vent traversier et dans ces conditions météo difficiles, de constants micro-braquages sont nécessaires pour maintenir le cap : celui qui a déjà roulé en Smart ForTwo comprendra aisément.

 

Avec ses 71 ch. à 6000 rpm et son couple maximum de 91 Nm à 2850 rpm, il est évident que ce moteur doit être cravaché si l’on veut garder une ‘moyenne’.

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Sur la N4 en région ardennaise, l’indicateur de changement de vitesses vous préconisera même de rétrograder en troisième… Ses montées en régime ne sont pas particulièrement discrètes : outre le fait de n’avoir que trois cylindres, son emplacement n’arrange pas les choses et n’engage pas à écouter une sonate de Chopin !

 

Cependant, à allure constante, ce raffut s’amenuise au profit des bruits de vents. Quant à sa consommation, elle n’est pas aussi sobre que Renault veut bien nous le laisser croire : au terme de parcours citadin et de trajets extra-urbains, il est difficile ardu de passer sous la barre des 6 litres (6,3 l[3]). Dans ces conditions, avec un réservoir de 35 litres, il sera difficile d’atteindre une autonomie largement supérieure à 600 km.

 

 

Spécifications techniques

 

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Conclusions

 

Avec la Twingo III, Renault (avec Mercedes) a relevé le gant en proposant une petite citadine attachante, même si celle-ci conserve quelques défauts qui peuvent agacer certains comme l’insonorisation , le manque de roue de secours et de compte-tours, des vitres à compas ou sans montée ou descente automatique, une ouverture du capot avant inutilement compliquée, une consommation à améliorer…

 

Renault Twingo 1.0 SCe 70 S&S 2015

 

Toutefois, ses défauts s’évanouissent quand la Twingo est dans son élément : la ville. Sa maniabilité et son brio en font la reine de la cité !

 

Proposée à partir de 9.650 EUR en version 1.0 SCe ‘Hello!’ (sans direction assistée), ses prix peuvent monter jusqu’à 12.450 EUR en version SCe 70 S&S Intens.

 

Mettez 1000 EUR en plus, la Twingo 0.9 TCe Intens sera la vôtre… 


[1] Pour la petite histoire, elle a la même longueur que la 4 CV !

[2] Dans la version de base (Renault Twingo 1.0 SCe sans Stop & Start), il n’y a pas de direction assistée, ce qui impliquera un diamètre de braquage supérieur (10,1 m au lieu de 8,6 m)

[3] Étonnant, c’est la similitude de ces consommation : il y a 60 ans, Jean Bernardet responsable de la rubrique « Auto » du journal l’Equipe avait obtenu avec la 4 CV, 6,6 l aux cent à la moyenne de 66 km/h !