ESSAI TECHNIQUE : Renault et ses innovations techniques de l’année 2011 (première partie)

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Chez Renault, l’année 2011 a été mise à profit pour dévoiler deux nouvelles technologies majeures, à savoir une boîte de vitesses à double embrayage ainsi qu’une nouvelle gamme de moteur diesel dénommée Energy.

Connue outre Rhin sous le nom de DSG, Renault baptise cette transmission EDC pour «Efficient Dual Clutch».

Par ces deux innovations, Renault démontre son savoir-faire en matière de technologies innovantes. Ces deux ensembles sont actuellement montés à l’usine Renault de Cléon en Haute-Normandie.


Une boîte à deux embrayages

 

Appelée EDC par Renault (alias DSG chez VW), cette boîte tente de marier le meilleur des deux mondes : à savoir l’automatique par le confort que procure son utilisation et le manuel par la sobriété et la rapidité des changements de rapports.

Comme pour toutes les boîtes automatiques, il n’y a pas de pédale d’embrayage et la commande de vitesses est du type automatique (avec les traditionnelles positions PRND). Un mode à impulsion est également possible via le levier de vitesses (pour l’instant, il n’y a donc pas de palettes sur le volant).

Les passages de vitesses sont commandés par un calculateur qui sélectionne le rapport idéal en fonction des paramètres de conduite.

Renault EDC 2011

Renault utilise la technologie à double-embrayage « sec » lancée en 2003 par son concurrent de Wolfsburg.

Celle-ci comporte donc deux embrayages : le premier réservé aux vitesses impaires (1ère, 3e et 5e), le second aux vitesses paires (2e, 4e, 6e) ainsi qu’à la marche arrière.

Renault EDC 2011

Les engrenages sont portés par quatre arbres : deux arbres primaires concentriques (chacun d’entre eux est accouplé à un embrayage) et deux arbres secondaires. La sélection des vitesses se fait au moyen de synchros, comme sur une boîte de vitesses manuelle. Des actionneurs électriques, commandés par un calculateur, pilotent les synchros ainsi que les embrayages.

Comme pour toute boîte de vitesses automatique, il n’y a pas d’interruption de la transmission de couple entre le moteur et les roues lors du passage de vitesses car les passages de vitesses s’effectuent « sous le couple »

Lors des phases de conduite – excepté lors du changement de vitesses – un embrayage est fermé (il transmet le couple moteur par la vitesse enclenchée, l’autre reste ouvert mais déjà accouplé à la prochaine vitesse enclenchée).

Au moment opportun, le changement de vitesse s’effectue en passant d’un embrayage à l’autre : le premier embrayage s’ouvre, tandis que simultanément, le second se ferme, ce qui permet d’avoir une chaîne de traction continue lors du changement de rapport (passage « sous le couple »). Les passages de rapports interviennent ainsi de manière souple et sans à-coup.

Renault EDC 2011

Grâce à un temps de passage réduit, les six rapports de la boîte EDC défilent avec réactivité. Notons qu’à tout moment, le conducteur peut reprendre le contrôle grâce au mode à impulsions placé sur le grand levier.

Dans les embouteillages ou pendant les manœuvres de parking, le véhicule au ralenti peut progressivement « ramper » quand on relâche la pédale de frein. Couplé à ce « rampage », le système maintient également les freins pendant quelques instants afin d’empêcher tout recul du véhicule lors des démarrages en côte.

 

A l’essai

 

La rédaction a pu essayer cette transmission à bord d’une Mégane Coupé/Cabriolet dCi 110 ch. Le résultat reste appréciable, surtout pendant les bouchons… cette transmission permet de garder plus de sérénité pendant ces moments que d’aucuns qualifieront de pénibles…

Renault EDC 2011

Notons qu’à froid, le passage des rapports est nettement audible, mais quelques kilomètres suffiront pour que les bruits s’estompent.

Sa réactivité nous paraît plus lente que la DSG à sept rapports de VW (produite – il est vrai – depuis 2003 !). Cela est surtout frappant quand l’on veut adopter une conduite plus dynamique : par exemple, quand un bouchon se dissout et qu’il faut accélérer pour suivre le flot de la circulation, le temps requis pour que la boîte trouve un rapport plus approprié nous a paru particulièrement long.

En outre, comme le mode « sport » est absent, il faudra soit jouer avec le levier en mode manuel, soit prendre son mal en patience.

 

Renault EDC 2011

Quant à la consommation, elle reste mesurée : notre cabriolet Mégane a consommé un peu plus de 6 l aux cent, soit environ la même chose que sa version à boîte manuelle.

Cette sobriété est d’ailleurs vantée par Renault qui lui octroie la signature « Renault eco²» dont les critères viennent juste d’être renforcés.

Notons encore que cette boîte EDC vous sera facturée 1400 EUR et n’est pour l’instant disponible qu’avec le 1.5 dCi 110 ch. Pour le moment, les moteurs à essence dont les modernes TCE semblent être exclus…

 

Qu’en dire ?

 

Il est vrai que la DSG de VW est fabriquée depuis pratiquement huit ans. En outre, elle dispose de sept rapports et un mode sport qui permet d’égrainer les vitesses de manière plus rapide. Il est donc difficile de les comparer.

Laissons donc à Renault le temps d’ajuster son tir !

Toutefois, il faut reconnaître que son agrément d’utilisation est à des années lumières du fonctionnement hésitant de la triste BMP6, la très controversée boîte manuelle robotisée de PSA. Et cela, même si cette dernière procure aussi des consommations très basses…