ESSAI : la Renault Latitude, en toute latitude…

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Après une petite dizaine d’années d’improductivité, la Vel Satis s’en est allée sur la pointe des pieds laissant Renault sans voitures dans le segment supérieur…


Renault Latitude dCi 150 2011

En somme, un peu comme la Frégate il y a cinquante ans.
Pour Renault, l’histoire semble être un éternel recommencement : conscient du trou laissé par la mise à la retraite de son vaisseau « Amiral », Renault a fait appel à l’étranger en profitant d’un accord de coopération avec le constructeur américain AMC.

C’est ainsi que naquit en 1962 la Renault Rambler…


SM5 ou Latitude ?

 

Depuis que la Vel Satis a tiré sa révérence, c’est la Laguna qui portait jusqu’à présent le statut de la berline de haut de gamme de l’ancienne régie nationale…

Au niveau « prestige », il y a certainement mieux !

Samsung SM5 2010

Dès le départ de la Vel Satis, Renault en a été bien conscient et il a trouvé son bonheur auprès de son partenaire sud-coréen Samsung car, celui-ci disposait d’une gamme de voitures du segment supérieur.

Samsung SM5 2010

C’est ainsi que finalement la SM5, née Samsung, débarque sous nos « latitudes » avec un faciès et un intérieur signé Renault.

Renault Latitude 2011

Fabriquée dans l’usine Renault-Samsung-Motors de Busan en Corée du Sud, la Latitude est aussi une certaine forme de consécration dans l’internationalisation de Renault : elle combine des éléments Renault, Nissan et Samsung pour proposer un patchwork qui sera surtout diffusé à l’extérieur de l’Europe.

Renault Latitude dCi 175 2011

Longue d’environ 4,90 m et large de plus de 1,80 m, elle possède un empattement de 2,76 m, ce qui est tout bénéfice pour les passagers à l’arrière qui disposent d’une habitabilité record au niveau des genoux.

Renault Latitude 2011

De même, elle ne manque pas de coffre : de forme régulière et d’un volume de 511 dm³, celui-ci permettra d’enfourner pas mal de bagages à condition de bien viser car son seuil de chargement est particulièrement haut.

Renault Latitude dCi 150 2011

Après l’extravagante Vel Satis, la Latitude rentre dans le rang… même un peu trop à notre goût : sa silhouette passe-partout lui permet dès à présent de se fondre dans la circulation à un point que peu de personne se retourne à son passage, bref un peu comme la Phaeton de chez VW.

Renault Latitude dCi 175 2011

Cette opinion reste toutefois très relative, pour ne pas dire européenne : dès son introduction, Renault a indiqué que la vocation de la Latitude est d’être vendue « sous toutes les latitudes« … donc elle doit plaire au plus grand nombre !

Renault Latitude dCi 175 2011

A l’intérieur, on retrouve l’ambiance Renault avec un média de qualité (3D Sound by Arkamys® ou Bose® Sound System intégrant pas moins de dix hauts-parleurs, un système de navigation Carminat TomTom® avec Bluetooth® DVD et une connexion audio numérique « Plug & Music« , un système d’aide au stationnement avant et arrière avec une caméra de recul utilisant l’écran TFT 7″ du GPS, une carte d’accès et de démarrage mains-libres avec fermeture à l’éloignement du véhicule ainsi qu’un frein de parking électrique assisté.

Renault Latitude dCi 175 2011

Notons aussi que le siège du conducteur bénéficie d’une fonction « massage » à quatre modes.

En revanche cette gâterie est étrangement refusée au passager avant… qui pourra peut-être se rabattre sur le diffuseur à deux parfums et de l’ioniseur Samsung Super Plasma® censé « réduire la concentration en bactéries et allergènes naturellement contenus dans l’air confiné de l’habitacle« .

 

En outre, un capteur de toxicité déclenche automatiquement le mode de recyclage d’air s’il détecte à l’extérieur une concentration trop élevée de gaz viciés.

 

Suivant la documentation Renault, l’ioniseur d’air produit des atomes d’Hydrogène actifs et des ions Oxygène négatifs en quantités variables selon le cycle choisi.
Les ions négatifs dynamisent et apaisent tandis que les ions positifs, naturellement présents dans l’air, mais souvent en trop grande concentration dans les endroits confinés comme un habitacle, stressent et fatiguent.
L’ioniseur multiplie les premiers et neutralise les seconds.

 

Deux modes sont proposés sur la Renault Latitude :

  • un mode « Clean » : pour un air sain, il purifie l’air de l’habitacle en neutralisant les particules nuisibles comme les bactéries, allergènes et microbes.
  • un mode « Relax » : déstressant et relaxant, pour apaiser les tensions en générant des ions négatifs de manière à rétablir l’équilibre électromagnétique avec les ions positifs.

 

Pour l’avoir essayé, il est vrai que le mode « Clean » permet une génération efficace de l’air de l’habitacle surtout quand on se retrouve piégé dans un embouteillage en plein tunnel…

Renault Latitude V6 dCi 2011

Bref à défaut d’avoir du chien, la Latitude dorlote ses occupants…

Cependant, elle fait l’impasse sur les détecteurs d’angle mort, le radar de distance couplé au régulateur de vitesse…

Bref, des attentions que l’on est supposé trouver dans cette gamme de véhicule.

Renault Latitude dCi 150 2011

D’aucuns diront que pour prix maximum de moins de 50.000 EUR, il n’y a pas photo et il ne faut donc pas s’attendre à ce genre de petites attentions réservées à des modèles de marques Premium et dont les prix de ventes sont aussi à la hauteur !

 

Sur route

 

Nous avons eu la possibilité d’avoir à l’essai pratiquement toute la gamme qui, pour l’Europe, ne comporte que des moteurs diesel d’origine Renault, à savoir le 2.0 litres dCi décliné en deux puissances (150 ch. avec boîte manuelle à 6 vitesses et 175 ch. avec boîte automatique développant respectivement 340 et 380 Nm de couple à 2000 rpm) et le dCi V6 de 3 litres de 240 ch à 3750 rpm.
Ce dernier possède un couple maxi de 450 Nm disponible dès 1500 rpm.

Le train avant provient de la Laguna tandis que le train arrière multibras a été étudié par Nissan.

Renault Latitude V6 dCi 2011

Deux comportements différents ressortent de ces essais :

Les versions propulsées par le moteur 2.0 litres dCi n’offrent hélas rien de bien transcendant : la direction et la suspension n’ont pas le raffinement que l’on pourrait attendre d’un véhicule de cette gamme et français de surcroît !

Certes, ce vaisseau n’aura pas l’habitude de rouler de manière dynamique mais pour peu que l’on force l’allure, la direction « pilotée par un groupe électro-pompe » est bien trop légère et gomme fortement les sensations de la route et en outre, les réactions de la suspension sont sans finesses.

Il faut toutefois lui accorder une bonne mention pour le confort auxquels sont peut-être sensibles les passagers des taxis…

Renault Latitude dCi 150 2011

En revanche, avec la V6 dCi, on joue dans un autre registre : sa direction dispose d’une assistance hydraulique variable qui offre une meilleur feeling et le tarage de la suspension a été modifié au mieux.

Et cela se sent dès les premiers tours de roue : son comportement est digne de ce qui se fait de mieux chez Renault et nous nous sommes surpris à jouer avec ce croiseur comme si nous étions à bord d’une… frégate.

Renault Latitude V6 dCi 2011

Au niveau sécurité, à l’heure de la diffusion de cet essai, la grosse Renault n’a pas encore passé les tests Euro NCAP.

Gageons que ceux-ci ne seront pas inférieurs à sa devancière le Vel Satis. Lors de sa courte vie, cette dernière avait décroché cinq étoiles à deux reprises.

 

Spécifications

 

Dimensions (à télécharger)

Spécifications techniques (à télécharger)

 

Qu’en penser ?

 

Cette limousine nous laisse perplexe : après les extravagances de la Vel Satis, celle-ci adore se fondre dans la masse.

En somme rien de bien excitant pour un vaisseau amiral… mais il faut mettre un bémol : la version V6 dCi ressort du lot et propose une direction comme Renault nous n’en avait plus habitué et une tenue de route très plaisante.

De plus, sa consommation sur route d’environ 7,5 litres est singulièrement basse eu égard à son « port en lourd »…

Quant aux versions propulsées par le dCi 2.0 litres, outre leur consommation très raisonnable (entre six et sept litres aux cent) elles devraient faire d’excellents taxis avec de la place à profusion, un peu comme les Skodas Superb qui, malheureusement pour Renault, sont encore moins onéreux.

Renault Latitude V6 dCi 2011

Espérons que cette greffe coréenne prendra mieux que la greffe américaine d’il y a cinquante ans : en effet montée à Vilvorde, la Rambler d’AMC ne connut qu’une diffusion très confidentielle.

 

Renault Rambler 1962

Après plusieurs modifications portant sur la carrosserie, le moteur et l’équipement de l’habitacle, elle a été retirée sans remord du catalogue de l’ex-Régie Nationale après seulement cinq ans…

Et qui s’en souvient ?