La nouvelle Peugeot 508 : un coupé quatre portes !

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Compteur bloqué sur le chiffre 508, la nouvelle berline familiale de Peugeot bégaye son prénom depuis que le constructeur au Lion a figé leur appellation.
Mais a-t-elle vraiment changé ?

Un coupé quatre places

La berline familiale de Peugeot a toujours été un véhicule qui accueillait la famille de manière plus que décente. Rappelez-vous des 504 et 505, en plus de leur grande luminosité, toute la famille y était royalement installée. Si l’on garde cette philosophie en voulant acquérir une nouvelle 508, on risque d’être profondément déçu !
O tempora, O mores : c’est aux SUV et plus précisément aux 3008 et 5008 qu’il appartient désormais d’assurer le transport familial !

Avec sa nouvelle architecture basse et compacte conçue sur la nouvelle plateforme EMP2, la 508 phase 2 prend une nouvelle direction : celle des berlines-coupés cinq portes fastback.

Comme l’Arteon chez VW, elle se pare d’une ligne très élancée et basse (1,40 m) qui s’étire sur 4,75 m. Son profil très fluide reprend les portières sans cadre de son pendant chez VW.

En revanche, vue de face, la 508 saisit par son style très travaillé (certain diront trop) qui allie une calandre verticale à damiers frappée du lion héraldique et un long capot très bas où le logo 508 fait un clin d’œil à ses devancières. Les optiques à DEL sont inspirées du « Peugeot Instinct », dernier Concept Car de la marque au Lion.

A l’arrière, son hayon motorisé s’intègre parfaitement dans cette silhouette : il s’ouvre sur un coffre de 487 dm³, en retrait d’une trentaine de litres par rapport à la version qu’elle remplace.

Cependant, dossiers arrière rabattus, son volume de chargement reprend du poil de la bête pour atteindre 1537 dm³, ce qui est suffisant pour déménager le kot d’une étudiante (ça sent le vécu).

Peugeot i-Cockpit®

Depuis 2012 avec la 208, Peugeot reprend cet intérieur au design très particulier où le petit volant se situe sous les instruments de mesure qui apparaissent sur un combiné « tête haute » entièrement numérique de 12.3″. Appelé Peugeot i-Cockpit®, cette solution n’est pas toujours adaptée à la morphologie du conducteur.

Certes, le petit volant augure un plaisir de conduite évident, mais les grandes tailles auront du mal à lire le combiné. Outre son emplacement singulier, par ses six modes d’affichage différents, il a la particularité d’être entièrement personnalisable et paramétrable.

Le centre du tableau de bord intègre à moitié un écran tactile de 10″ de façon curieuse. A sa base, sept touches permettent d’accéder aux principales fonctions telles que la radio, la climatisation, la navigation, les paramètres de la voiture, le téléphone, les applications mobiles ainsi que le i-Cockpit® Amplify.

Ce dernier interrupteur offre deux ambiances (Boost et Relax) et réagit sur les fonctions dynamiques de la voiture, par le sélecteur du mode de conduite. Il contrôle également l’amortissement de la suspension pilotée.

La console en forme d’arche située entre les passagers avant est particulièrement haute : on y retrouve le sélecteur de mode de conduite avec ses quatre modes (Eco, Confort, Normal et Sport), le bouton marche/arrêt du moteur, le frein à main électrique ainsi que le levier de changement de vitesses dont le maniement s’apparente à celui du BMW.

Dommage qu’il faille reprogrammer le mode choisi à chaque lancement du moteur. Il en est de même avec le très intrusif assistant au maintien dans la voie qui fonctionne à chaque départ…

Au rayon des contrariétés, citons aussi l’impossibilité de régler la sensibilité de l’essuie-glace en mode automatique. Les informations de l’ordinateur de bord relatives à la consommation et au trajet ne sont accessibles qu’à la demande et ne s’affichent que quelques secondes après un mouvement ludique des compteurs qui peut devenir lassant à la longue…

Et enfin, comme à son habitude chez PSA, le levier du régulateur/limiteur de vitesse est caché par le volant, il faudra donc s’habituer à le manipuler.

En dessous de la console on trouve, caché,un emplacement pour recharger par induction son smartphone et des prises USB. La 508 est connectée et compatible avec Apple CarPlay, Android Auto et MirrorLink.

L’ensemble est bien fini, la qualité des plastiques et celle des tissus est bonne : aucun couinement n’apparaît dans l’habitacle. Quelques rangements le complètent intelligemment. En termes de visibilité, regrettons que la lunette arrière soit aussi étriquée et bouchée partiellement par les appuie-têtes arrière.

A bord de notre 508 GT, la sellerie est en cuir et Alcantara avec des sièges avant massants, électriques et chauffants : l’expertise de l’AGR (association allemande pour la santé du dos) est passé par là !

L’espace est bon à l’avant, mais à l’arrière, les grands gabarits auront de la peine à trouver une position adéquate : non seulement la place réservée aux genoux est mesurée mais la hauteur au toit est restreinte.
À ce niveau, la VW Arteon fait beaucoup mieux. Notons aussi que la cinquième place est desservie par le tunnel de transmission.

Quant à la sécurité, notons qu’en décembre 2018, la 508 s’est payé cinq étoiles aux tests EuroNCAP.

Sur route

Notre essai s’est réalisé sur la locomotive du modèle, à savoir la 508 GT. Celle-ci est propulsée par un petit quatre cylindres turbo de 1598 cm³ dont la genèse remonte à une collaboration entre BMW et PSA datant de 2006.
Appelé jadis 1.6 THP, il change de nom et monte en puissance : donné pour 165 ch, il en fournit à présent 225 ch à 5500 rpm et s’appelle à présent PureTech.
Une version à 180 ch est également disponible.

Son couple maximum de 300 Nm est atteint à 1900 rpm. Ces chiffres permettent à Peugeot de revendiquer le 0 à 100 km/h en 7,3 sec et une vitesse maximum sur circuit de 250 km/h. Toujours selon le constructeur, ses consommations mixtes sont de 5,7 l/100 km avec des rejets de CO2 de 131 g/km.

Très souple et montant facilement dans les tours, il est accouplé à une boîte automatique EAT8 à huit rapports. Suivant le mode choisi, il montre évidemment un caractère différent, mais il reste à l’aise dans tous les modes.
Sauf peut-être le mode Eco qui privilégie l’économie qui va ici de paire avec indolence…

En mode manuel, il est même possible de démontrer sa grande souplesse en changeant encore plus précocement les rapports. Cette pratique est facilitée par les deux palettes placées derrière le volant.

Silencieux, sur son dernier rapport, ce 1,6 l ne tourne qu’à 2000 rpm à 120 km/h. Notons toutefois que son appréciable discrétion disparaît lors de fortes accélérations. A ce moment, son timbre n’a absolument rien de mélodieux.

Quant à sa consommation, aux allures légales, il est possible de rester sous la barre des sept litres (6,6 l/100 km). En se faisant plaisir, il faudra y ajouter deux bons litres.

Vu le diamètre réduit du volant, la direction demande un petit peu d’attention au début, mais elle s’avère très précise. Les suspensions font un excellent boulot participant ainsi à l’agilité de cette berline qui affiche quand même 4,75 m de long.

Son poids mesuré (un peu plus de 1,4 T à vide) lui permet de garder un dynamisme assez réjouissant. Bref, typiquement Peugeot…

Dimensions

Conclusions

La 508 est une belle auto : ses lignes quoiqu’un peu torturées à l’avant plaident en sa faveur.

A présent, elle laisse aux SUV de la marque le soin de réaliser le transport familial qui était jadis sa vocation et devient une voiture plaisir. Hélas, celui-ci sera plus difficile à partager pour peu que l’on se retrouve comme passager arrière…

A l’arrière, la visibilité n’est pas non plus son fort. Même s’il n’est pas profond, la 508 propose cependant un bon volume de chargement.

Notre version, une 508 1.6 PureTech 225 S&S EAT8 GT est affichée à 45.350 EUR. Mais en essence, il existe déjà une 508 1.6 PureTech 180 S&S EAT8 Active pour 10.000 EUR moins chère

Benoît Piette

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