ESSAI : L’Opel Combo, une Opel transalpine…

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Apparue en 2001, l’ancienne génération de ce « Ludospace » à la sauce Opel était vraiment très discrète sur les routes… à un point que l’on aurait pu croire que l’Armée Belge était pratiquement sa seule référence visible avec sa commande de plus de 200 véhicules en 2003.

Opel Combo 1.6 CDTI 105 ch. 2012


Pour sa troisième génération, Opel s’est tourné vers Fiat et son Doblò qui, rappelons-le, a été élu « Van International of the Year 2011 ». Le but de cette nouvelle alliance de l’axe « Russelheim–Turin » est de stimuler la croissance d’Opel dans le domaine des véhicules utilitaires et de loisir.


Une carrosserie déjà connue

 

On ne présente plus le Doblò : sa silhouette d’un style « très utilitaire » lui a permis de s’illustrer sur le plan de la fonctionnalité et de la commodité… il en est évidemment de même pour l’Opel Combo, son cousin à la fois germain et germanique… seule la calandre permettra de les différencier aisément.

Opel Combo Tour 1.6 CDTI 105 ch. 2012

Que ce soit en version utilitaire ou en version loisir Opel propose un empattement court et un long (2.755 ou 3.105 mm). En outre, une version avec toit surélevé peut être offerte sur le Combo Tour Enjoy à empattement court. En Europe, Opel projette d’écouler trois Combos utilitaires pour deux de loisir. A noter que cette projection s’inverserait pour le marché belgo-luxembourgeois.

L’habitacle du nouvel Opel Combo ne cache pas ses origines « transalpines » : pour preuve, le GPS amovible qui se glisse dans une encoche pratiquée au centre de la planche de bord à la manière des Fiat.

Opel Combo Tour 1.6 CDTI 105 ch. 2012

Son aménagement se révèle bien pensé et fonctionnel grâce à des compartiments et de nombreux rangements bien placés dont une capucine.

Opel Combo Tour 1.6 CDTI 105 ch. 2012

Vaste et particulièrement lumineux, il peut accueillir jusqu’à sept personnes si l’on dispose d’une troisième rangée qui est facilement amovible. Comme le reste de la gamme Opel, le Combo dispose de trois niveaux de finition : Essentia, Enjoy et Cosmo. Notons également que les portes arrière sont coulissantes, ce qui permet un accès plus aisé dans les parkings : seule ombre au tableau : leur inertie importante impose parfois de s’y reprendre à plusieurs reprises pour les refermer correctement.

Il dispose d’un hayon arrière ou des portes arrière asymétriques. Il offre des capacités de transport inédites dont le volume peut atteindre 3,2 m³ (Combo Combi à empattement long) et une charge utile de maximum 800 kg.

Opel Combo Tour 1.6 CDTI 105 ch. 2012

Quant à la version Cargo, cette fourgonnette multi-usage affiche un ensemble de valeurs qui la font dominer son segment : le plus long empattement, la plus grande forte charge utile avec 1 tonne (avec conducteur), le plus gros volume avec 4,6 m³.

Avec 3,4

m, elle propose aussi la plus longue surface de chargement, la meilleure hauteur (1,55 m), la plus grande ouverture de baie arrière et enfin, le seuil de chargement le plus bas (54,5 cm).

Opel Combo Cargo 1.4 Turbo CNG 120 ch. 2012

Les derniers tests Euro-NCAP datent de 2004 et concernent son cousin, le Fiat Doblò de première génération. Ses résultats n’ont pas été particulièrement brillants : seulement trois étoiles sur cinq ont été décrochées. A l’époque, les contrôleurs ont émis de nombreux reproches qui sembleraient rédhibitoires à l’heure actuelle.

Le nouveau Fiat Doblò a été dévoilé en 2010 et son cousin Combo en 2011 mais ils n’ont pas encore été testés. Cependant, les progrès en terme de sécurité semblent manifestes avec la présence de l’ABS avec répartiteur électronique de la force de freinage (EBD), l’ESP avec contrôle de traction et aide au freinage d’urgence ou l’assistance au démarrage en côte font partie de la dotation de série sur le Combo Tour.

Gageons que l’esprit sécuritaire qui règne à Russelheim ait pu améliorer sensiblement les résultats enregistrés il y a huit ans.

 

De nombreux moteurs

 

Le nouvel Opel Combo offre de nombreux moteurs d’origine Fiat, dont quatre moteurs diesel, un bloc essence et une version CNG (gaz naturel compressé).

Pour cet essai, nous avons pu essayer un Combo Tour en finition Cosmo (VP) à empattement court propulsé par un moteur diesel CDTI de 105 ch. ainsi qu’une version utilitaire « Cargo » (VU) à empattement long, propulsée – et ce n’est pas commun – par un moteur 1.4 de 120 ch. CNG ecoFLEX.

Opel Combo Cargo 1.4 Turbo CNG 120 ch. 2012

Ce dernier permet l’utilisation de deux carburants, à savoir l’essence et le gaz naturel (CNG). Pour se faire, le Combo reçoit un réservoir d’essence de 22 litres et des bonbonnes de GNV d’une capacité totale de 16,15 kg.

Pour de plus amples renseignements sur ce carburant particulièrement écologique, nous renvoyons le lecteur à cet article d’Automania.

 

Un certain parfum d’utilitaire

 

Les sièges n’ont rien à voir avec ce que Opel nous a habitué avec sa synergie réalisée en compagnie de l’association de médecins et spécialistes du dos « Aktion Gesunder Rücken« .

Opel Combo Tour 1.6 CDTI 105 ch. 2012

Non pas qu’ils soient mauvais, mais ils ne proviennent pas de la même veine, en outre l’assise fait fort « utilitaire » ce qui n’est pas nécessairement déplaisant.

 

Le volant est réglable en hauteur et en profondeur. L’équipement est ergonomique mais le Combo Cargo essayé était dépourvu de réglages électriques des larges rétroviseurs extérieurs, ce qui peut s’avérer gênant vu la largeur de l’habitacle et les fréquents changements de conducteurs dans le monde de l’utilitaire. De plus, leur rabattage électrique n’est pas prévu.

Notons aussi que le Combo Tour était pourvu d’un cruise control situé sur un levier placé à sept heures derrière le volant (donc invisible du conducteur). En revanche, les essuies-glaces n’ont pas de fonction intermittente variable et le rétroviseur jour/nuit n’est pas électrochrome.

Opel Combo Tour 1.6 CDTI 105 ch. 2012

Les moteurs sont donc d’origine Fiat : le diesel essayé possède une cylindrée de 1598 cm³ et est muni d’un Common Rail avec un catalyseur à oxydation et d’un filtre à particules. Deux puissances sont proposées : 90 ch. et 105 ch. pour des consommations et émissions de CO2 identiques.

Quoique plus sonore que ses homologues français, la version 105 ch. s’avère agréable, son Stop & Start est prompt à s’enclencher, toutefois il nécessite un peu d’habitude et peut s’inviter à des moments où son action n’est pas nécessairement souhaitée. Malgré son SCx peu flatteur, les consommations de notre Combo Tour se sont révélées très sobre. Sa boîte à six rapports est particulièrement longue tout comme ses débattements (environ 2400 rpm à 120 km/h)

Suivant l’ordinateur de bord, la consommation mesurée affichait un bon 6,2 L/_100 km et il lui restait encore 500 km à parcourir avant la panne sèche. Avec 60 L de réservoir, l’autonomie dépasse donc les 900 km.

 

En ce qui concerne le moteur 1.4 turbo CNG de 120 ch., il est nettement plus silencieux que son frère mazouté, mais c’est bien là sa seule qualité : malgré ses 120 ch., il s’essouffle assez rapidement et il faudra souvent jouer de la boîte à six rapports car ce moteur ne se réveille qu’à partir de 3000 rpm. Ces relances continuelles se feront naturellement au détriment de la consommation.

Opel Combo Cargo 1.4 Turbo CNG 120 ch. 2012

Par rapport au Combo Tour, la version Cargo est assez pauvre en instrumentation : il n’y a pas d’ordinateur de bord et la jauge de carburant « CNG » se limite à quatre trais verticaux d’inégales longueurs qui s’estompent progressivement en fonction des kilomètres parcourus.

Contrairement à la Passat Variant 1.4 TSI 150 CV EcoFuel essayée dans ces colonnes, la version CNG du Combo reste discrète et ne bénéficie d’aucune instrumentation spécifique pour réaliser un suivi de la consommation de ce modèle badgé ecoFLEX.

Cette situation est d’autant plus étrange que la consommation revendiquée soit particulièrement alléchante (4,9 kg/_100 en cycle mixte pour 134 gr CO2 au km).

Opel Combo Cargo 1.4 Turbo CNG 120 ch. 2012

Après 200 km réalisés en milieu surtout urbain, les ¾ des 16,5 kg avaient été consommés, soit une consommation calculée d’environ 6 kg au 100 km. Sachant que la consommation en cycle urbain selon les normes UE est de 6,5 kg/100 km, on peut en conclure que l’économie est évidente…

A condition d’habiter près une des quelques rares stations existantes et de ne réaliser que de petits trajets dans ses alentours…

Pour être complet, notons que contrairement à la boîte de vitesses essayée dans le Combo Tour, celle de lu Combo Cargo accrochait si l’on ne décomposait pas bien les mouvements.

Opel Combo Cargo 1.4 Turbo CNG 120 ch. 2012

Sur route, et malgré son volume important le roulis reste modéré mais prenez garde au vent traversier, très sensible en version châssis long. La vision périphérique s’avère très bonne, attention toutefois au montant B particulièrement épais.

 

Spécifications techniques

 

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Opel Combo Tour 1.6 CDTI 105 ch. 2012

 

Qu’en dire ?

 

Difficile de cacher ses gènes transalpin et utilitaire : le Combo fera néanmoins le bonheur de toutes les professions libérales ou artisans qui pourront à la fois bénéficier d’un véhicule professionnel aux capacités de chargement record mais aussi, d’un ludospace particulièrement vaste qui pourra transporter toute sa famille en toute quiétude pour un prix au kilomètre tout à fait raisonnable.