Essai : L’Opel Astra : une Insignia en réduction

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Opel Astra 2010 CDTi 

L’Opel Kadett, ancêtre de l’Astra, remonte à 1936… c’est dire l’importance qu’accorde Opel à ce segment qui représente presque trois voitures sur dix en Europe.
Pour Opel et Vauxhall (pour l’autre côté de la Manche) cela représente un tiers des ventes soit environ 500.000 unités.



Vous avez dit compacte ?

 

Avec plus de 4,4 m, l’Astra 2010 fait presque 20 cm de plus que la version qu’elle remplace. Proposée à ce jour qu’en version cinq portes, elle est, avec les Lancia Delta et Mazda3, une des trois plus longue du segment appelé « compact ».

Opel Astra 2010 CDTi

La filiation de ces lignes évoquent immanquablement les lignes effilées de sa grande sœur, l’Insignia. D’ailleurs, d’après John Puskar, responsable du design intérieur chez GME, « L’Astra est une voiture sportive avec des touches élégantes, tandis que l’Insignia est une voiture élégante avec des touches sportives« . Les ailes arrière musclées lui donnent une assise sportive, prête à bondir : on est vraiment loin des styles plutôt rangés de ses concurrentes. Comme l’Insignia, ses phares avant sont surmontés d’un chevron en diodes lumineuses très reconnaissable en éclairage diurne.

Opel Astra 2010 CDTi

En plus d’une rigidité améliorée, le châssis possède une empreinte au sol majorée, ce qui contribue à donner plus de stabilité à sa tenue de route. Suivant les options, l’Astra peut être pourvue d’un système électronique appelé FlexRide qui adapte la conduite suivant trois modes : Normal, Tour et Sport. Ce dernier mode peut être paramétré par le conducteur.

Au niveau de l’éclairage, l’Astra peut recevoir une nouvelle génération de projecteur bi-xénon qui répond au nom de Advanced Forward Lightning (AFL ) qui a la particularité d’adapter le faisceau et l’intensité des phares en fonction de la conduite et des routes rencontrées en suivant pas moins de neuf modes d’éclairage différents. Le résultat est « éclatant » d’efficacité et dépasse tout ce qui a déjà été réalisé dans cette gamme de voiture.



Son intérieur : cosy

 

Avec des sièges ergonomiques certifiés par les experts indépendants en matière de dos de l’AGR(1) , on obtient une position de conduite excellente et rarement atteinte dans ce segment. Au niveau du design intérieur, la parenté avec l’Insignia est évidente : on se sent entouré par les éléments du tableau de bord et les commandes sont toutes à portée de main. Le couvercle de l’espace de rangement situé entre les sièges avant peut glisser vers l’avant et faire office d’accoudoir.

(1) Aktion Gesunder Rücken

Opel Astra 2010

La nuit, un éclairage d’ambiance rouge se diffuse à la base du levier de vitesses, dans les panneaux de portes ainsi que dans la console centrale supérieure. A la place des poignées de maintien, il est prévu pour le conducteur un endroit pour ranger ses lunettes de soleil. Notons toutefois au centre du pare-brise, une déplaisante réverbération du jonc anodisé entourant la console centrale.

Les matériaux employés sont de qualité et la finition est bonne, sans toutefois encore égaler les produits estampillés VW.
La robustesse semble avoir été un maître mot lors de la construction : il suffit d’examiner les attaches de la planche porte chapeaux au hayon pour s’en convaincre.
Quatre niveaux d’ambiance sont proposés : Essentia, Enjoy, Sport et enfin Cosmo.

Opel Astra 2010

Dommage que ses dimensions généreuses n’ont pas permis d’agrandir de manière substantielle la place pour les passagers arrière : l’Astra reste donc dans la moyenne de son segment.
Il en va de même pour le coffre (370 cm³) qui dispose de trois niveaux grâce à un plancher ajustable (FlexFloor) mais dont le seuil de chargement reste élevé. Les dossiers des sièges arrière sont rabattables de manière à créer un plancher plat d’une contenance de plus de 1,2 m³.

Opel Astra 2010

Relevons aussi que l’usage de l’essuie-glace arrière est indispensable par forte pluie car la lucarne arrière se salit très rapidement.

Opel Astra 2010

Les essais ont été réalisés sur deux modèles de finition Sport propulsées par le 1.7 CDTI de 125 ch. et du 1.4 Turbo de 140 ch.

Ces deux modèles sont équipés entre autre, d’un Cruise Control avec une commande très ergonomique placée au volant, de l’excellent AFL , du contrôle du gonflage des pneus (TPMS), de l’aide au stationnement (nécessaire, vu l’étroitesse de la lucarne arrière), et d’une radio/CD/DVD et GPS avec prise MP3, iPod, USB et BlueTooth ®.
L’air conditionné est bizone et très efficace mais il peut être bruyant.
En date de l’essai (juin 2010), leur prix respectif est de 23.650 € et de 22.500 €

 

Opel Astra 2010

 

A son volant

 

Par rapport à sa devancière, les progrès sont réels, l’Astra vire à plat et se place à merveille dans les virages.

 

Opel Astra 2010

 

Cependant, est-ce une impression ? Toujours est-il qu’en choisissant le « FlexRide » en mode normal ou « Tour », il nous semble que la direction paraît un peu moins incisive que sur sa grande sœur. Cependant, il suffit d’enclencher la position « Sport » pour retrouver une direction plus informative, une réponse de la pédale d’accélérateur plus franche et enfin, un amortissement plus ferme… Et pour ne pas se démarquer de l’Insignia, l’éclairage de l’instrumentation devient rouge !

La boîte de vitesses et la pédale d’embrayage sont d’un maniement « virile » et les freins endurants.

Opel Astra 2010 CDTi

Le moteur CDTi n’est sonore qu’à froid, une fois sa température atteinte, il reste un des plus silencieux de sa catégorie grâce à une insonorisation poussée : seuls les bruits de vent au niveau des rétroviseurs extérieurs sont perceptibles, il est vrai qu’en 6ème vitesse, le moteur diesel ne tourne qu’à 2000 rpm à 120 km/h. Sa poussée devient sensible à partir de 1800 rpm.

Au terme d’un essai s’étalant sur plus de 800 km de routes diverses, la consommation s’est stabilisée à 5,7 l/_100 km ce qui reste dans la moyenne du segment, sans plus. Son réservoir de 56 litres permettra donc une autonomie de plus de 900 km.

Opel Astra 2010

En ce qui concerne le 1.4 Turbo essence de 140 ch., l’agrément est tout autre : à défaut d’être vraiment puissant, ce moteur est particulièrement souple et reprend dès les plus basses rotations, un peu à l’instar d’un diesel mais des à-coups sont parfois perceptibles. Il monte en régime de manière évidemment plus prompte, mais son timbre n’est pas aussi « travaillé » que sur les moteurs transalpins.

A condition de rouler aux allures légales, il est tout à fait possible de rester sous la barre des 7 l aux 100 km sur route, il est donc plus sobre que son homologue chez Renault, le 1.4 TCE(2) étudié par Nissan, et que l’on retrouve dans la gamme Mégane et Scénic. En ville, il faudra plutôt tabler entre 8 l et 9 l/_100km. Avec des émissions de CO2 limitées à 139 g au km, celui-ci remplace donc avantageusement l’ancien 1.8 l de même puissance.

Sans égaler encore son éternelle concurrente de Wolfsburg, sa conduite reste néanmoins rassurante et précise. Vu le poids moindre du moteur essence sur le train avant, l’agilité de la 1.4 Turbo reste naturellement supérieure et procure dès lors un agrément plus réjouissant.

(2) Ce bloc est dérivé des 1.5 l (HR15) et 1.6 l (HR16) atmosphériques de Nissan

 

Caractéristiques techniques

 

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Opel Astra 2010

Bien née et récemment distinguée par les prix « Volant d’Or » et « Red Dot Design Award », la nouvelle Astra semble être un succès : cinq mois après son lancement, ses commandes ont franchi la barre des 150.000 unités et le nombre d’immatriculations a crû de 54 % de janvier à avril 2010 par rapport aux chiffres enregistrés par sa devancière l’année précédente sur la même période.

Ces résultats sont encourageants et permettront certainement à Opel d’écouler les 180.000 Astra qu’il s’était fixé comme objectif.
Il est évident que le lancement de la Sports Tourer (break) dopera ces chiffres prometteurs.

Opel Astra 2010