La Nissan Leaf 30 kWh : une évolution logique mais timide

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Depuis 2010, la Nissan Leaf reste la voiture électrique la plus diffusée au monde, mais comme ses concurrentes directes, elle péchait par une autonomie beaucoup trop faible. Nissan se devait de revoir sa copie en augmentant son rayon d’action… mais, est-ce suffisant pour recouvrer son aura de pionnière ?

 

Une ligne toujours aussi atypique

Depuis son lancement, la Leaf garde intacte sa ligne découlant d’une structure dédiée exclusivement à la propulsion électrique. L’avant montre une certaine filiation avec d’autres modèles de la Marque, en revanche sa poupe déconcerte toujours autant.

Quelques modifications seront néanmoins décelables par un spécialiste : comme une nouvelle antenne de toit, des capuchons de roue et des blocs optiques avant et arrière retravaillés.

Mesurant 4,45 m, la Leaf offre suffisamment de place aux passagers et également aux bagages par un coffre d’une capacité de 370 dm³ extensible à un maximum de 912 dm³ quand le dossier de la banquette arrière (60/40) est rabattu.

Malgré une ergonomie correcte, les sièges sont particulièrement mous et ne retiennent pas suffisamment le corps en usage un tant soit peu dynamique.

En outre, le volant ne peut toujours pas se régler en profondeur, ce qui handicape quelque peu la position de conduite.

 

Une technologie modernisée

Par rapport à la Leaf essayée il y a cinq ans, outre l’augmentation de la capacité de la batterie à 30 kWh, les progrès sont aussi à percevoir dans sa connectivité : par le biais de l’application NissanConnect EV qui remplace l’ancienne configuration CarWings, le propriétaire peut commander la voiture avec son smartphone de manière plus complète grâce à l’ajout de nouvelles fonctions tout en étant plus simple à l’emploi.

Cette application assure non seulement plus de confort, mais améliore indirectement l’autonomie grâce à la possibilité de climatiser l’intérieur sans utiliser l’énergie de la batterie.

Sur son écran de 7″, elle présente aussi une nouvelle carte de chargement qui indique quels chargeurs sont disponibles et occupés : très intéressant à savoir quand une charge prend une bonne demi-heure ! Pour les distraits, cette application offre un rappel pour les entretiens ainsi que la possibilité de retrouver où sa voiture a été garée…

La Leaf est aussi équipée du Nissan MapCare™ qui offre gratuitement une mise à jour annuelle de des cartes pendant les trois ans.

En version Tekna, l’équipement est particulièrement complet : Vision 360, Nissan Connect EV, programmation à distance de la recharge et de la climatisation ou un système audio Bose Energy-Efficient Series spécialement conçu pour la Nissan LEAF dépensant presque deux fois moins d’énergie qu’un système classique.

Notre véhicule, était une édition limitée Black Edition reconnaissable à ses phares DEL, ses jantes alliage 16 pouces noires, un becquet de toit noir, ses coques de rétroviseurs extérieurs noires ou encore ses vitres surteintées.

 

Sur route

La nouvelle Leaf est équipée à présent d’une batterie de 30 kWh dont la capacité est couverte par une garantie de huit ans ou 160.000 km. Celle-ci présente les mêmes dimensions extérieures que l’ancienne batterie de 24 kWh mais pèse 21 kg de plus.

Sa consommation en énergie avoisine les 15 kW/100 km.

Le moteur électrique asynchrone développe toujours ses 109 ch. et un couple maximum de 254 Nm disponible immédiatement. A l’usage, la Leaf est agréable en milieu citadin, la technologie de récupération de l’énergie nous semble même plus probante et moins compliquée que celle de la BMW i3 essayée précédemment.

Pour optimaliser la recharge, la position B est à conseiller d’autant plus qu’elle permet de se passer de la pédale de frein dans la plupart des cas. Il existe également un mode « Eco » qui limite la puissance, mais la conduite perd beaucoup en agrément sans pour autant augmenter l’autonomie de manière substantielle.

D’après les normes NEDC, cette autonomie est de 250 km, mais en situation réelle, il faut tabler sur environ 200 km, soit 50 km de plus que la Leaf 24 kWh. Néanmoins, il ne faudra pas perdre de vue l’habitude de recharger quand l’occasion se présente.

Souvent limitée à 30 minutes dans les stations équipées, même partielle, elle permettra d’allonger quelque peu l’autonomie de la Leaf et de pouvoir ainsi entamer des trajets plus longs (jusqu’à 80% de charge en maximum 30 minutes).

Avec une wallbox débitant 30 A : le temps de charge de la 24 kWh était de 4 h, avec la 30 kWh elle est de 5 h 30 m.

Comme tous les véhicules électriques, il faudra aussi jouer avec la coupure partielle voire totale de la climatisation afin de gagner quelques dizaines de kilomètres… Mais pour ne pas utiliser l’airco, libre à vous d’utiliser le volant chauffant et les sièges chauffants (même à l’arrière).

 

Comme la majorité des véhicules électriques actuels, les grandes voies rapides ne sont pas sa tasse de thé : passé les 100 km/h, l’accélération devient laborieuse et l’autonomie en prend un sérieux coup ! Il devient alors plus sage de reprendre les nationales !

La position basse des batteries dans un châssis spécialement créé à cet effet lui permet de limiter le roulis, mais n’empêche pas la Leaf de commencer à marquer son âge : son comportement est sécurisant mais reste assez pataud.

Caractéristiques techniques

 

Conclusions

Avec sa batterie de 30 kWh, la Nissan Leaf propose une évolution pertinente en matière de véhicule électrique : elle permettra maintenant à ses propriétaires de disposer d’environ 200 km d’autonomie.

Hélas, contrairement à la BMW i3, il n’est pas possible de réaliser une mise à jour des anciennes Leaf en échangeant la batterie de 24 kWh contre la nouvelle et ce, malgré des dimensions identiques.

Les Leaf équipés encore des anciennes batteries seront écoulées sur le marché jusqu’à l’épuisement du stock : notons qu’aujourd’hui, seulement un acheteur sur dix choisit la 24 kWh.

Il y a déjà une Leaf Visia 30 kWh à moins de 33.000 EUR, montant auquel il faut soustraire les éventuelles primes fédérales et régionales pour les véhicules « Zero Emission ».

Outre cette augmentation de capacité, la Leaf se voit à présent équipée d’une technologie de connectivité du dernier cri ainsi que d’une finition plus élaborée. Cependant, au volant, sa conception commence à dater comme par exemple sa direction qui ne se règle toujours pas en profondeur.

Benoît Piette

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