Le Nissan Qashqai DIG-T 160 : un SUV japonais avec nouveau moteur franco-allemand

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On ne présente plus le Qashqai : depuis sa refonte complète en 2014, le pionnier des crossovers a encore évolué : en 2017, il a été restylé et en 2018, il est propulsé par de nouveaux moteurs.

A cet effet, l’Alliance Nissan-Renault accueille un joint-venture avec Mercedes en faisant appel pour son Qashqai à un moteur étudié par le constructeur allemand : bonjour à la mondialisation !

Une carrosserie légèrement retouchée

Inaugurant en 2008 le concept du crossover dans ce segment : de dimensions équivalentes (4,39 m), le Qashqai n’y est à présent plus du tout seul : que ce soit le Peugeot 3008 et son cousin germain l’Opel Grandland ou les VW Tiguan, Seat Ateca et Skoda Karoq du groupe VW, ou les coréens Kia Sportage, Hyundai Tucson et SsangYong XLV et Tivoli ou les japonais Suzuki S-Cross, Toyota C-HR, Subaru XV, Honda HR-V et les Mitsubishi ASX et Eclipse Cross.

Vraiment, on se bouscule au portillon ! Et pour être complet, n’oublions pas non plus son cousin de chez Renault, le Kadjar !

Renault Kadjar & Nissan Qashqai

De ligne plus acérée, le Qashqai ne perd pas pour autant sa silhouette de baroudeur des villes. Depuis 2014, sa calandre est plus massive reprenant le V chromé que l’on retrouve déjà sur certains modèles de la marque.

Ses optiques avant, plus effilées peuvent être entièrement à DEL et directionnels sur les finitions hautes.

Son bouclier arrière a été profondément modifié et ses feux deviennent plus lancéolés. Cependant, de profil, il garde sa silhouette robuste propre aux crossovers et qui font aujourd’hui partie du paysage automobile occidental.

N’oublions pas qu’il est un des acteurs majeurs pour l’engouement pour ce genre de carrosserie. Cet enthousiasme pour ce genre de véhicule reste plutôt contraire aux préceptes écologiques actuels qui fustigent toute consommation excessive.

Or structurellement, le SUV est plus énergivore que la berline équivalente car plus lourd et possédant une surface frontale plus grande…

Un intérieur classique à défaut d’être futuriste

Son intérieur reste sobre et peut sembler dater quand il est comparé à ses concurrents plus contemporains. Cependant, le tout est bien fini et facile à lire. En plus de la navigation, l’écran central tactile de 7″ reprend l’infodivertissement mais beaucoup de commandes sont encore réalisées par des boutons en périphérie et non en surfant sur des menus de l’écran.

Même si cette conception n’est plus très récente, elle nous semble toutefois plus rapide à utiliser que le « tout tactile » où l’on peut perdre un temps précieux dans les arcanes des menus…

En finition Tekna + qui correspond au haut de gamme, l’équipement dispose d’un pare-brise chauffant, d’une vue à 360° par caméra, la détection de fatigue du conducteur, la lecture des panneaux de signalisation et une excellente surveillance des angles morts dont l’avertissement lumineux fait appel à ce que Volvo et BMW proposent. En revanche, son régulateur de vitesse n’est pas adaptatif.

Bien que leurs assises soit courtes, les sièges sont confortables.

Dans la finition haut de gamme Tekna +, ils sont chauffants et électriques et sur notre finition, leur dessin nous a fait penser à ce que la marque DS propose. La climatisation est bizone. Il y a de la place pour quatre adultes et éventuellement un cinquième pour de courts trajets. Un toit panoramique avec rideau peut compléter l’offre.

Le coffre propose un volume de 430 dm³ extensible à 1585 dm³ ce qui reste dans la norme, sans plus. En outre, il dispose d’un double fond.

En termes de sécurité, le Qashqai seconde phase a reçu cinq étoiles en février 2014, cette cote a été confirmée en avril 2016.

Des moteurs “designed by Mercedes”

Pour le second semestre 2018, à l’instar de son cousin le Renault Kadjar, le Qashqai est dorénavant propulsé par le petit 1332 cm³ étudié par Mercedes et qui propulse aussi la nouvelle classe A. Cette unité remplace à la fois le 1,2 litre 115 ch et le 1,6 litre 163 ch.

Ce quatre cylindres seize soupapes turbo à injection directe d’essence est appelé chez Nissan 1.3 DIG-T. Il  est proposé en deux puissances et uniquement en traction avant, à savoir 140 ch à 5000 rpm et 160 ch à 5500 rpm avec respectivement un couple maximum de 240 Nm à 1600 rpm et 260 Nm à 2000 rpm.

Par rapport au moteur 1,6 litre 163 ch qu’il remplace, ce nouveau moteur 1,3 litre 160 ch boîte manuelle perd 3 ch mais il offre un gain de couple de 20 Nm et des émissions en CO2 inférieure de 10 g/km. En outre, il dispose aussi du Stop & Start.

La rédaction disposait de la version la plus puissante conjuguée à une boîte manuelle à six vitesses.

Suivant Nissan, sa consommation mixte est de 5,5 l/100 km et ses émissions de CO2 de 124 g/km. Propulsé par cette unité, le Qashqai atteindrait les 200 km/h et le 0 à 100 km serait abattu en 8,9 sec.

Très élastique, ce quatre cylindres fait même montre de sportivité quand il monte dans les tours. Mais on retiendra surtout sa douceur et son silence de fonctionnement.

Sa boîte six est bien étagée et à 120 km/h, il ne tourne qu’à 2600 rpm : à cette allure, seuls les bruits de vent autours des rétroviseurs extérieurs se font entendre. Sa direction, quoique moins précise que sur le Peugeot 3008, satisfera le plus grand nombre. Quant à sa suspension, quoique ferme, elle contribue à donner au Qashqai un bon compromis entre confort et tenue de route.

Toutefois, nous pensons que la présence de pneus de 19” sur notre exemplaire n’avantage que le design et que le bien-être des passagers pourrait être encore plus douillet avec une monte de pneus moins larges.

En ce qui concerne la consommation, ce moteur conforte sa réputation de sobriété découverte lors de notre essai de la Mercedes Classe A : à la fin de notre essai l’ordinateur de bord affichait moins de 7 litres aux cent.
Toutefois, lors d’un trajet à “allure strictement légale”, nous avons même pu accrocher 5,6 l/100 km !

Conclusions

Jadis pionnier des crossovers, le Qashqai est à présent rattrapé et parfois distancé par la concurrence en termes de technologie ou de design. Toutefois, il a pu réagir et se maintenir dans le peloton de tête grâce à un moteur essence à la fois performant et sobre.

Proposé en deux puissance, il est certain que la version essence de 140 ch suffise déjà à la majorité des clients.

Mais avant 2022, dans le cadre de son « mid-term plan”, Nissan reprendra du poil de la bête avec une version ZE de son porte-étendard.

Proposé à partir de 29.000 EUR en version DIG-T 140 Business Edition, notre Qashqai DIG-T 160 Tekna+ est facturée 35.300 EUR.

Benoît Piette

 

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