Un nouveau SUV chez Mitsubishi : l’Eclipse Cross

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Spécialiste des SUV avant même l’apparition de cette appellation, Mitsubishi a décidé de rajeunir sa gamme de SUV (ASX et Outlander) avec un troisième larron : l’Eclipse Cross. Pour l’instant uniquement proposé avec un moteur à essence 1.5 turbo de 163 ch en 2×4 et 4×4, est-il vraiment adapté au conducteur belge ?

Une ligne acérée

Un peu comme le Toyota C-HR ou le Nissan Juke, sa silhouette ne risque pas de s’oublier…

Ou du moins sa poupe qui prend une allure de coupé avec une lucarne divisée en deux parties : une très inclinée disposant d’un essuie-glace dissimulé sous son becquet et une verticale qui hélas se salit très vite par temps de pluie.

Les deux parties sont séparées par un bandeau rouge où est intégré le troisième feu stop. Cette séparation semble prolonger les feux arrière dont le dessin vertical rappelle celui des SUV Volvo.

Ces feux servent de départ à un pli de carrosserie qui descend le long des flancs pour venir mourir en bas des portières avant.

Reprenant l’empattement de l’Outlander (2,67 m), et ne mesurant que 4,40 m, l’Eclipse Cross offre une excellente habitabilité arrière qui se voit encore rehaussée par une banquette arrière coulissante sur 20 cm et dont le dossier est inclinable en plusieurs positions.

Le coffre d’une capacité de 359 dm³ à 485 dm³ quand la banquette est avancée au maximum… Quand son dossier est rabattu, ce volume atteint 1159 dm³.

Ces capacités sont intéressantes, mais il est piquant de rappeler que l’ASX, pourtant 10 cm plus petit et de conception plus ancienne, offre quasiment les mêmes chiffres (406 dm³ extensible à 1169 dm³).

La proue arbore la nouvelle calandre Mitsubishi appelée « Dynamic Shield » qui participe fortement au nouveau langage stylistique de la marque aux Trois Diamants. Les phares très effilés sont soulignés par les feux de jour à DEL.

En dessous, d’imposantes « écopes » enlacent de chaque coté les clignotants ainsi que les feux antibrouillards. Ce style agressif confère à la proue un caractère un peu outrancier qui n’est pas sans rappeler celui du Toyota C-HR. Trois niveaux de finition sont proposés : Invite, Intense et Instyle.

L’intérieur de l’habitacle est particulièrement lumineux : notre exemplaire disposait de deux toits vitrés dont un ouvrant. Le siège électrique du conducteur est confortable, il ne lui manque qu’un support lombaire. Les rangements sont bien pensés.

A l’avant comme à l’arrière, les sièges sont chauffants… tout comme le volant. L’ergonomie pourrait être améliorée en déplaçant certaines commandes situées derrière le volant et donc invisibles (infos sur la consommation et le trajet). Mais il est vrai que celles-ci peuvent aussi apparaître sur l’écran au centre du tableau de bord.

Malgré sa lucarne coupée en deux, l’Eclipse Cross ne tombe pas dans le travers de ses concurrents et préserve une bonne visibilité arrière. En outre, il propose l’affichage tête haute, une clé mains libres, un frein de parking électrique avec dispositif anti-recul, un pare-brise et le volant chauffant, etc…

Pour les mordus de musique, il peut recevoir le système sonore premium Rockford Fosgate® avec neuf haut-parleurs dont un spectaculaire son DTS Neural Surround™ installé dans le coffre.

Les tests EuroNCAP ont reçu cinq étoiles en novembre 2017. L’Eclipse Cross se voit aussi octroyé d’excellentes cotes pour la sécurité des passagers et piétons : 97 % (adultes), 78 % (enfants) et 80 % (piétons). Quant aux aides à la sécurité, elles obtiennent 71 %.

Sur route

Pour l’instant, seul le 1.5 MIVEC est disponible. Ce moteur de 1499 cm³ à injection directe d’essence développe 163 ch à 5500 rpm et un joli couple maximum de 250 Nm entre 1800 et 4500 rpm.

Compact, sa culasse intègre le collecteur d’échappement. Le système MIVEC pour « Mitsubishi Innovative Valve timing Electronic Control » fait varier la synchronisation des arbres à cames d’admission et d’échappement (distribution à calage variable continu), ce qui augmente la puissance et le couple de sortie sur une plus large plage de régime tout en permettant d’utiliser le turbo plus rapidement et avec plus de précision.

Bien qu’initialement conçu pour améliorer les performances, ce système a été développé pour améliorer l’économie et diminuer les émissions de CO2.

Notre exemplaire disposait d’une boîte CVT à huit rapports virtuels et de la transmission 4×4. Puissant et silencieux, ce moteur est fougueux et adore monter dans les tours. Il dispose aussi d’un mode Eco dont l’effet castrateur est très perceptible, la faute aussi à des rapports très longs.

En plus de diminuer l’emballement du moteur, ce mode permet de réduire fractionnellement les consommations qui restent malgré tout encore assez élevées : il est difficile de passer sous la barre des 7 l/100 km !  ! (La rédaction a consommé 7,4 l / 100 km)

À sa décharge, il ne faut pas oublier que notre Eclipse Cross pèse à vide 1550 kg  et est équipé d’une transmission 4×4 ! Son réservoir dispose d’une contenance de 60 litres en 4WD et 65 litres en 2WD.

Par rapport à l’ASX et le Outlander, les progrès en termes de direction sont indéniables, plus précise, elle n’égale pourtant pas encore le duo 3008/Grandland du groupe PSA.

 

Derrière le volant, deux palettes permettent d’utiliser la transmission en mode manuel. Ses freins à disques sur les quatre roues restent performants en toute circonstance. Ce constat peut aussi s’appliquer à la tenue de route : grâce à une suspension ferme, le roulis est devenu moins important mais son faible débattement peut pénaliser les passagers lorsque la route se dégrade.

Toutefois, il est fort possible que les jantes de 18″ soient une des raisons de cette fermeté. Le modèle 2WD équipé de jantes de 16″ devrait être plus confortable…

En 4×4, comme toutes les Mitsubishi, il en remontrera à beaucoup d’autre SUV grâce à sa garde au sol d’environ 20 cm et son système de contrôle dynamique S-AWC (Super-All Wheel Control). Ce dernier transmet un couple de traction optimal aux roues arrière ainsi que des valeurs de couple de traction et de freinage idéales aux roues avant : tout cela pour garantir une stabilité et un bon contrôle.

Conclusions

Avec son Eclipse Cross, Mitsubishi sort d’une hibernation qui a duré trop longtemps : il place son nouvel SUV pile poil entre l’ASX et l’indéboulonnable Outlander. Même si sa parenté avec ses deux frères est évidente (même empattement), il montre des progrès au niveau de la tenue de route, mais sans pour autant en devenir une vedette au sein de la famille des SUV.

Sa ligne tendue ne fera peut-être pas l’unanimité, mais elle est dans l’air du temps.

Proposé uniquement avec un quatre cylindre 1.5 turbo développant 163 ch et de 151 à 159 gr de CO2 au km, il n’est pas particulièrement frugal. Il sera secondé par un 2.2 diesel début 2019.

Vu sa cylindrée élevée et le manque d’attrait pour ce carburant actuellement, Mitsubishi table sur environ 10 % de diesel. Afin de faire du chiffre, il serait peut-être avisé que Mitsubishi propose ce même moteur avec une puissance située entre 120 et 130 ch…

Avec des prix débutant à pratiquement 27.000 EUR, l’Eclipse Cross n’est pas particulièrement bon marché, mais à l’heure de la prise de décision, les tractations sont toujours possibles et n’oublions pas les cinq ans de garantie !

Notre exemplaire, tout en haut de la gamme (Instyle, CVT et 4×4) est à vous pour 38.000 EUR !

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