Le Mitsubishi Outlander PHEV version 2018 : quelques modifs…

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Depuis son lancement en mars 2014, cette version hybride rechargeable de l’Outlander utilise un moteur à essence et deux moteurs électriques placés sur chaque essieu. Cette architecture dans la gamme des hybrides disponibles sur le marché est tout-à-fait singulière et lui permet de posséder un vrai tempérament de 4×4.

Une silhouette bien connue

Le Mitsubishi Outlander PHEV III Phase II a été présenté en septembre 2015 à l’occasion du Salon de Francfort. La rédaction en avait fait l’essai en juin 2015. A part sa proue plus expressive, peu de changements bien significatifs ont été enregistrés. Notons donc surtout cette nouvelle calandre appelée « Dynamic Shield » dévoilée au salon de Paris en 2014 et qui s’inspire du bouclier de protection du Pajero, véritable icône du 4×4 de la Marque aux Trois Diamants. Les phares sont à DEL, comme l’éclairage de jour.

De profil, les soubassements sont maintenant soulignés par un jonc chromé tandis qu’à l’arrière, les feux entièrement blancs ont été remplacés par des feux plus traditionnels. Son hayon, à commande électrique et motorisé, dévoile à présent un coffre de 486 dm³ extensible à 1625 dm³ quand le dossier de la banquette 40/60 a été rabattu.

L’espace à son bord est toujours aussi royal : cinq adultes pourront entamer un voyage sans craindre les courbatures.

Au niveau de l’équipement, en 2015, l’Outlander PHEV était particulièrement complet en plus des essuie-glaces et phares automatiques et du Adaptative Cruise Control, il disposait déjà d’un système prévenant les collisions frontales (Forward Collision Mitigation – FCM), de l’alerte de franchissement involontaire de ligne (Lane Departure Warning – LDW), l’aide au démarrage en cote (HSA), un système Keyless (KOS).

Il dispose actuellement d’un système de détection de véhicule en approche dans l’angle mort. Pour les manœuvres de stationnement, en plus de signaux sonores et visuels, le système peut contrôler la puissance du moteur en cas d’accélération soudaine et accidentelle.

Pour les fans de musique, l’Outlander dispose d’un système audio développé en collaboration avec Rockford Corporation® avec pas moins de neuf hauts parleurs dont un woofer spectaculaire qui ampute un peu le coffre…

Pour être complet signalons que le chauffage utilise la pompe à eau électrique pour faire circuler l’eau chaude quand le moteur thermique ne fonctionne pas.

Pour l’édition 2018, l’écran multifonction de 4.2″ s’est légèrement modifié mais reprend les mêmes infos que précédemment. Pour terminer ce chapitre, signalons que le GPS exige toujours une certaine habitude.

Aux tests Euro-NCAP, l’Outlander avait reçu cinq étoiles en 2013. La sécurité des occupants adultes avait été cotée à 88 %, celle des enfants à 84 % et celle des piétons à 64 %. Les aides à la sécurité avaient reçu 81 %. En août 2016, toutes ces cotes ont été confirmées.

Ses trois moteurs

Le système expliqué en détail en 2015 n’a pas fondamentalement changé. Pour rappel, le moteur atmosphérique à essence de 2.0 l, de cycle Atkinson, sert principalement de générateur de courant. Ce dernier ne développe que 121 ch et un couple maximal de 190 Nm à 4500 rpm
Il est alimenté par un réservoir de 45 l.

Les deux moteurs électriques développent chacun 82 ch mais leur couple maximum diffère : 137 Nm à l’avant pour 195 Nm à l’arrière. Cette architecture délivre trois modes d’entraînement :

Modes

Moteurs électriques

Moteur thermique

Conditions de marche

EV – 100 % électrique

Propulsion

Coupé

Conduite urbaine

Hybride de série

Propulsion

Production
d’électricité

Accélérations,
côtes, etc…

Hybride en parallèle

Propulsion possible

Entraînement des roues AV + Production d’électricité

Conduite à grande vitesse

 

A ces trois modes, il faut ajouter le mode économique qui castre la puissance au profit de l’autonomie. Signalons aussi sur la console centrale la présence de deux boutons pour recharger complètement les batteries ou d’en sauvegarder la charge.

Le sélecteur de vitesses dispose aussi d’une position B qui augmente le freinage à récupération d’énergie. Celui-ci peut être dosé au moyen de deux palettes situées derrière le volant. Six positions sont proposées (de B0 à B5).

N’oublions pas que c’est un 4×4 et qu’il est possible grâce à la fonction 4WD Lock de répartir uniformément le couple entre les quatre roues pour en améliorer la stabilité si les conditions d’adhérence deviennent précaires. Toujours en 4×4, le système de contrôle intégré S-AWC (Super All Wheel Control) permet une gestion électronique de la stabilité ainsi que l’optimalisation du passage en courbe (Active Yaw Control – AYC).

La batterie au Lithium-Ion de 12kWh avec une tension de 300 V se recharge avec une prise normale (230 V / 10 A) pendant 5 heures. Avec une borne de recharge publique, cette charge durera 3h30 tandis que la borne de recharge rapide demandera 30 minutes pour une recharge à 80 %.

Avec toutes ces données, la conduite du Outlander PHEV pourrait s’avérer fastidieuse…
Il est incontestable qu’un temps d’adaptation s’avère nécessaire, mais une fois sa philosophie assimilée, ce gros SUV s’avère plaisant à conduire… en ville ce qui peut être antinomique, vu son gabarit assez imposant.
En effet, en zone urbaine, sa sobriété est étonnante : le mode EV est naturellement préconisé, mais en mode hybride en série, on peut passer sous les 5 litres ou même moins !

Cependant, c’est en usage citadin que le Outlander PHEV relève le gant par une consommation étonnamment basse et ce malgré ses dimensions pas vraiment adaptées au trafic urbain.

Sur voie rapide, il se déplace en silence : même le moteur thermique reste inaudible, mais dans ces conditions, la consommation ne correspondra certainement pas à ce que l’on attend d’un véhicule hybride : environ 8 l aux cent !

A noter que cette consommation peut encore augmenter si le moteur se voit attribuer en même temps la recharge de batterie Lithium-Ion.

Évidemment, même si l’Outlander en est à son troisième face-lift, il n’est plus de première jeunesse et cela se ressent au niveau de la direction et du roulis lors des virages. N’oublions pas non plus son poids qui dépasse les 1,8 T à vide !

En 4×4, grâce au couple des moteurs électriques disponible directement, il s’arrache de beaucoup de situations sans aucun problème. La bonne répartition des poids le rend aussi très équilibré.

Conclusions

Essayé il y a près de trois ans, l’édition 2018 reste encore un éléphant blanc dans le monde des hybrides rechargeables. Certes, sa silhouette et sa tenue de route ne sont plus très actuelles : il suffit de monter dans le nouveau Eclipse Cross pour s’en rendre compte immédiatement. En outre, pour en retirer le meilleur, il faudra digérer sa technologie et cela prendra du temps.

Sa fonction 4×4 est aussi intéressante car les deux moteurs électriques fournissent leur couple dès leurs premiers tours, ce qui est idéal en conduite tous terrains.

Proposé à partir de  44.000 EUR en finition ‘Intense’, l’Outlander PHEV n’est pas particulièrement bon marché : un Toyota RAV4 2.5 VVT-i Hybrid est près de 9000 EUR moins cher, mais ce dernier n’est pas rechargeable !

Il y a bien le Volvo XC60 T8 e 4×4 Geartronic mais près de 30.000 EUR plus cher !
A sa décharge, le Mitsubishi l’Outlander PHEV innove par une technologie différente.

Benoît Piette

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