Le Mitsubishi ASX, un air de fin de règne

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Décliné lors de son lancement en 2010 en versions 2×4 et 4×4 et propulsé par des moteurs essence et diesel, l’ASX essence termine sa carrière en simplifiant à l’extrême sa motorisation : un 1600 essence avec boîte manuelle : has been ?

Une silhouette assagie

Qui se souvient de cette calandre hyper agressive qu’arboraient les Mitsubishi au début de cette décennie ? Sensée rappeler la prise d’air du Mitsubishi Jet-fighter F2, elle a fait place depuis quelques années à une calandre plus consensuelle.

Mais hormis cette évolution déjà lointaine, la silhouette est quasiment restée la même : 4,3 m de long avec le même empattement que son grand frère l’Outlander (2,67 m). A l’arrière, même topo !

Toutefois, les plus perspicaces auront remarqué l’agrandissement du feu anti-crash. Rappelons aussi que cette plateforme était partagée par les Citroën C4 Aircross et Peugeot 4008.
Pour le reste, nous renvoyons le lecteur aux deux essais précédents.

Trois finitions sont proposées : Invite, Diamond Edition dont les améliorations se résument à des pneus 225/55R18 avec jantes en alliage léger, un bouclier avant différent, des moulures de passage de roue et enfin, la finition Instyle qui voit sa sécurité augmentée par l’adoption de trois systèmes électroniques (atténuation des collisions avant, avertissement de sortie de voie et capteurs de stationnement).

Son coffre offre une contenance de 406 dm³ extensible à 1169 dm³ quand le dossier de la banquette arrière est entièrement rabattu, soit une diminution d’environ une trentaine de litres par rapport au modèle précédent. Celle-ci est essentiellement due à la présence d’un double fond. L’espace à son bord n’a pas évolué.

Bref, peu de chose à dire sur cette ligne bien connue qui tiendra encore un à deux ans avant son remplaçant qui bénéficiera immanquablement d’une plateforme de l’Alliance Renault-Nissan dont une version 100% électrique. Cette dernière disposerait, selon certaine source, d’une autonomie de 400 km…
Wait and see !

Un intérieur connecté

Pour sa finition, les matériaux employés font toujours appel à du plastic dur, mais robuste et bien ajusté. Évidemment, par rapport à 2011, l’infodivertissement a subi une cure de jouvence en se dotant d’un système de navigation et multimédia avec un petit écran tactile de 6,5” bien placé au centre du tableau de bord. Naturellement, ce système est compatible avec les smartphone et dispose d’une connexion Bluetooth.

Sur le premier niveau de finition, l’équipement est assez indigent mais à partir du deuxième, l’ASX dispose du système Keyless-Go, du cruise control, de phares et d’essuie-glace automatiques, et d’une caméra de recul. L’air conditionné est automatique et la boîte à gants réfrigérée.

Au sommet de la gamme, l’ASX reçoit un grand toit vitré panoramique avec éclairage intérieur à DEL qui diffuse beaucoup de clarté dans tout l’habitacle. Ses phares sont au xénon et disposent de lave-phares.

Au niveau sécurité, l’ASX avait reçu en février 2011 cinq étoiles par l’EuroNCAP avec 86 % pour les adultes, 78 % pour les enfants et 60 % pour les piétons (voir notre essai de 2013). Quant aux aides à la sécurité, elles avaient été cotées à 71 %. Toutefois, cette évaluation a expiré depuis janvier 2018.

Sur route

En 2018, une seule motorisation essence subsiste, il s’agit du 1.6 MIVEC proposé depuis 2010 mais apparemment remis aux normes Euro 6. Comme à son lancement, ce 1590 cm³ atmosphérique développe toujours ses 115 ch à 6000 rpm de même que son couple maximum qui atteint 154 Nm à 4000 rpm. Ces émissions sont de 131/132 g de CO2 au km.

Élastique, ce moteur avoue quand même son âge lors des reprises. Serions-nous trop habitués aux moteurs turbocompressés bourrés de couple dès les plus basses rotations ?

Nullement déplaisantes, ses montées en régime diffusent un bourdonnement particulier que votre serviteur reconnaît avoir déjà entendu sur d’autres véhicules de la Marque aux Trois Diamants. Secondé par une boîte manuelle à cinq rapports, il tourne à plus de 3300 rpm à 120 km/h. A ce régime, les bruits de vent au niveau des rails du toit et des rétroviseurs extérieurs reprennent la main.

Sur route ouverte, avec une consommation entre 6 et 7 litres aux cent, il sait rester sobre et démontre son bon caractère. En ville, il faudra lui ajouter environ deux litres, sans pour autant friser les 10 l / 100 km.

Roulant sa bosse depuis plus de huit ans, il est évident que l’ASX n’est plus de première jeunesse : cela se ressent au niveau du roulis qui est moins léché que sur les véhicules plus récents.

Sa direction pourrait avoir un peu plus de précision, mais la monte de pneus est peut-être aussi responsable de cette impression. Toutefois, sa suspension se montre confortable même si celle-ci est un peu rebondissante sur certaines routes dont la Belgique a le secret.

Spécifications techniques

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Conclusions

Malgré son âge vénérable, l’ASX garde encore tous ses gènes d’un vrai SUV. N’oublions pas que Mitsubishi s’est depuis longtemps spécialisé dans ce genre de véhicules : songeons par exemple à l’Outlander ou mieux, le Pajero qui roule sa bosse depuis 1981

Sa dernière mouture reprend non seulement tous les artefacts du sacro saint infodivertissement mais aussi les aides à la sécurité tellement appréciés par l’EuroNCAP. En revanche, son moteur n’est plus de première jeunesse même si celui-ci reste sobre.

La gamme de l’ASX s’est maintenant réduite à trois niveaux de finition et avec sa motorisation la plus sage qui l’a accompagnée depuis son lancement : le 1.6 MIVEC atmosphérique. Ses prix débutent à 21.000 EUR pour la finition « Invite » à 28.000 EUR pour la finition Instyle.

Benoît Piette

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