Essai : La Mitsubishi Lancer Sportback, si méconnue.

Classé dans : Essais - Mitsubishi (Japon) | 0

Mitsubishi Lancer Sportback 2.0 DI-D

Commercialisée pour la première fois en 1973, la Mitsubishi Lancer en est à sa huitième génération.
En un peu moins de 35 ans, elle a gagné 60 cm et environ 500 kg…

D’une longueur de presque 4,6 m, la Lancer est actuellement positionnée entre deux segments : les berlines compacts genre Golf, Mégane ou Mazda3 et celui des familiales genre 407, Laguna et autres VW Passat. Est-ce que cette position est tenable ?


Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC

Grande dehors, grande dedans

Apparue en 2007 en version quatre portes, la Lancer s’est déclinée depuis un an en version cinq portes appelée « Sportback ». Celle-ci, surtout pensée pour l’Europe, reprend l’avant de la berline quatre portes,.
Par contre, par rapport cette dernière, la poupe est plus fuyante et présente un hayon surmonté d’un becquet assez démonstratif.
Avec ses pare-chocs proéminents, la vue trois quart arrière lui donne des airs de Saab 900 des années 80 agrémenté de feux d’Alfa Romeo 159.

Mitsubishi Lancer Sportback 2.0 DI-D

Vu de l’avant, sa calandre agressive ne vous donnera malheureusement aucune chance de passer inaperçu. Revers de la médaille, et comme la plupart des réalisation stylistiques modernes, cet avant massif est dépourvu de pare-chocs, avis aux citadins ! (D’autant plus que les flancs assez rectilignes ne présentent aucune protection latérale)

A l’intérieur, c’est encore le règne du plastic dur et noir d’il y a une dizaine d’années. La présentation est sérieuse cependant, quelques bruits de mobiliers incongrus sont apparus sur routes dégradées.

Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC

Dès le premier niveau de gamme (Inform), on y retrouve un combiné autoradio et lecteur de CD (compatible MP3) à quatre haut-parleurs ainsi qu’une climatisation performante (hélas pas bizone).

A partir du second niveau de finition (Invite) , l’équipement est complété par un volant gainé de cuir avec commandes audio intégrées, un régulateur de vitesse et un kit mains libres Bluetooth ®. Déplorons toutefois que ce beau volant ne puisse pas être réglable en profondeur.

Au gré de la montée en gamme (Intense) l’intérieur s’enrichit d’un système audio haut de gamme Rockford Fosgate ® avec amplificateur de 650 W et neuf haut-parleurs et chargeur 6 CD intégré, des phares et essuie-glace automatiques et d’un radar au stationnement à l’arrière. Notons que, vu le style de la poupe, ce radar est hautement souhaitable.

Enfin, pour celui qui ne se refuse rien, la version haut de gamme Instyle propose un système multi-communication Mitsubishi (MMCS) avec système de navigation et serveur de musique à disque dur (40 Go) combiné à une autoradio lecteur CD/DVD/MP3, des sièges en cuir avec chauffage à l’avant, des phares bi-xénon directionnels (AFS) avec lave-phares et un système Keyless-go (KOS). Dans cette configuration, vous approcherez les 28.000 EUR en version 2.0 DI-D diesel, ce qui est raisonnable vu les prix pratiqués par la concurrence.

Mitsubishi Lancer Sportback 2.0 DI-D

En ce qui concerne la sécurité, la Lancer a obtenu le maximum lors des nouveaux tests Euro NCAP soit cinq étoiles. Notons toutefois deux bémols majeurs : une faible protection contre le coup du lapin et le bord du capot n’offre aucune protection aux jambes des piétons.



Dynamique quelle que soit la motorisation.

Les essais ont porté sur deux versions qui représentent la quasi totalité des ventes de Lancer en Belgique, à savoir les Lancer propulsées par les moteurs 2.0 DI-D et le 1.5 MIVEC.

La première est propulsée par un moteur diesel à injecteurs-pompes d’origine VW que l’on retrouve encore dans les gammes Chrysler et Dodge. Il dispose d’une puissance de 140 ch. à 4000 rpm et développe un couple confortable de 310 Nm au régime de 1750 rpm. Bruyant mais frugal, ce moteur ne passe pas les normes Euro V et sera remplacé vers la mi 2010 par un moteur 1.8 de fabrication maison que nous prévoyons plus discret…

L’importateur a d’ailleurs confirmé que les moteurs à essence et diesel seront aux normes Euro V dans le courant de l’année 2010.

Mitsubishi Lancer Sportback 2.0 DI-D

Quant au second, sa petite cylindrée de 1.499 cm³ se retrouve dans d’autres produits de la marque aux trois diamants. Il équipait également la Smart Forfour. Vaillant et peu gourmand, il pèche néanmoins par une sonorité « bourdonnante » qui peut lasser lors des longs trajets autoroutiers.

Pour mémoire, une autre motorisation est offerte : il s’agit du 1.8 MIVEC de 143 ch. Cette mécanique est proposée avec une boîte manuelle ou à transmission à variation continue (CVT). Mais cette motorisation n’est pas très courue en Belgique.

Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC

L’espace intérieur permet de monter à cinq adultes sans aucun problème.

Quoique fermes, les sièges sont accueillants, et leur réglage permettent de trouver une position de conduite idéale. Suivant les versions, ceux-ci peuvent être chauffants. Malgré son manque de réglage en profondeur, le volant tombe bien en main. Ce dernier est pourvu des commandes multifonctions pour le système audio.

Les commandes du tableau de bord et de la console centrale sont bien positionnées et c’est un régal de manipuler le levier de vitesses à cinq ou six rapports (2.0 DI-D). Le régulateur de vitesse est disposé sur un levier situé vers cinq heures.

Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC

Partageant le même châssis que les Dodge Avenger et les Chrysler Sebring, celui-ci se différencie par bonheur par des tarages de suspensions plus « européens »…

Dynamique voire enjouée, sa conduite est vraiment plaisante, sa direction est un régal et vous permet de placer la Lancer au centimètre près. Compte tenu du poids du moteur diesel, l’avant a une légère propension à se vautrer lors des virages pris rapidement. En revanche, dans les mêmes conditions, la version essence paraît plus neutre et réagit plus vivement. De même, la transmission de cette dernière est moins « virile ».

Au niveau consommation, la Lancer est une berline sobre : il faut compter moins de six litres aux cent kilomètres pour un trajet au long cours, le cabotage en ville fera monter la consommation entre six et sept litres aux cent kilomètres.
Quant au moteur 1500, c’est la bonne surprise, sur un essai d’environ 300 km, votre serviteur a brûlé 6,6 l/100 km. Le parcours était très varié et parsemé de nombreux ralentissements.

Le réservoir compte presque 60 litres, ce qui permet, dans les deux motorisations, une autonomie plus que suffisante.
Remarquons que l’ordinateur de bord donne la consommation moyenne et instantanée mais ne le garde pas en mémoire après un arrêt prolongé.

Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC

Quant au coffre, il avoisine les 400 dm³. Mais en repliant très facilement les dossiers asymétriques 40/60 de sa banquette arrière, son volume donne 1300 dm³.

Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC

 

Méconnue et pourtant…

Pour qui se souvient des périodes 1970-1980, Mistubishi était une marque avec le vent en poupe : que ce soit la Colt, la Lancer, la Galant ou même la Sapporo, ces voitures se croisaient régulièrement sur les routes. Hélas, ce temps est révolu, et actuellement la Lancer devient aussi rare que son éternelle rivale : la Subaru Impreza.

C’est dommage car cette Mistubishi a un rôle à jouer, et ses atouts ne sont pas minces : un prix raisonnable, une taille de petite familiale mais un intérieur confortable et spacieux – mais peut-être un peu bruyant – une très bonne tenue de route et enfin des moteurs sobres.  N’est-ce pas là ce que désire le commun des mortels motorisés ?

Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC

Données techniques

 

Voir fichier à télécharger

Mitsubishi Lancer Sportback 1.5 MIVEC