La nouvelle Mazda6 : plus de confort

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Devant les assauts répétés des SUV, la catégorie des grandes berlines semble encore résister, et même si elles se font rares, elles ont encore le mérite d’exister : il s’agit des berlines du style VW Passat, Opel Insignia, Peugeot 508 ou Ford Mondeo.

Parmi toutes ces européennes Mazda est pratiquement la seule marque japonaise à encore proposer quelque chose d’équivalent depuis qu’en Belgique, Toyota, Honda et Subaru ont jeté l’éponge avec respectivement leur Avensis, Accord et Legacy.

Une silhouette élégante

Lancée en 2012, la Mazda6 n’en est pas moins à son deuxième face-lift qui s’avère assez discret, il faut l’avouer. A l’avant, ses barrettes ont disparu au profit d’un maillage de petits blocs. La calandre apparaît ainsi plus large et les phares y sont mieux intégrés lui donnant un autre regard. A noter que la fonction antibrouillard est désormais intégrée aux optiques. A l’arrière, les feux ont aussi été légèrement modifiés.

De profil, la couleur de la carrosserie s’étend maintenant jusqu’à la partie inférieure du pare-chocs arrière donnant une ligne encore plus tendue dont le coefficient de trainée est de 0,295. A vide, notre Mazda6 pesait un peu plus de 1,4 T.

Notre exemplaire profitait de la nouvelle teinte Soul Red Crystal du nuancier 2018 qui lui va d’ailleurs à merveille. A noter que la berline, longue de 4,87 m fait 7 cm de plus que le break : il en est de même pour son empattement qui varie de 2,83 m à 2,75 m pour le break.

Le petit couvercle de la malle arrière s’ouvre sur un coffre très profond de 480 dm³ où il est possible de rabattre les dossiers de la banquette arrière augmentant ainsi son volume de chargement jusqu’à 1190 dm³.

Les deux tirettes situées sous la partie supérieure du coffre ne servent qu’à déverrouiller le dossier et ne permettent pas son rabattement qui devra encore se faire manuellement.

Un intérieur remanié et plus technologique

La sellerie de l’habitacle de notre Mazda6 était entièrement tendue de cuir nappa « Pure White » et d’inserts en bois Sen du plus bel effet (pour info, le bois Sen japonais est une essence souvent utilisée pour les meubles et les instruments de musique traditionnels japonais).

Les sièges avant sont chauffants et ventilés. Quand la voiture a passé la nuit dehors en hiver, le conducteur appréciera aussi son volant chauffant.

Le tableau de bord reprend à la fois une instrumentation classique à aiguilles et graphique (tachymètre), ce qui permet l’affichage de la vitesse choisie sur le régulateur de vitesse adaptatif appelé Mazda Radar Cruise Control (MRCC).

Celui-ci est complété de série par un affichage tête haute qui projette directement sur le pare-brise les informations relatives à la vitesse, le MRCC, la navigation, les panneaux de signalisation ainsi que les alertes aux angles morts.

L’instrumentation est claire et facile à appréhender. Chose intéressante, elle garde en mémoire les choix établis par le conducteur.

L’écran central de 8″ a la particularité de n’être tactile que seulement à l’arrêt du véhicule. Quand celui-ci est en mouvement, la navigation dans les menus ne peut se réaliser qu’à partir de la molette située sur la console entre les deux sièges avant.

Si l’ordinateur de bord est équipé du système multimédia MZD Connect, il est conforme aux normes Apple Car Play et Android Auto. Notons cependant que le graphisme employé est assez âgé par rapport à la concurrence.

Les passagers arrière peuvent charger leurs appareils portables en les branchant aux ports USB situés sous le compartiment de rangement de l’accoudoir central arrière. Ils pourront aussi apprécier la place qui leur est réservée.

La sécurité : mise à jour

Évidemment, comme le CX-3 récemment testé, la Mazda6 intègre les dernières nouveautés en termes de sécurité. Notons entre autre les phares adaptatifs à LED (ALH), un moniteur de vue à 360° avec quatre caméras et huit capteurs de stationnement, une assistance intelligente à la vitesse (ISA) qui limite la vitesse en fonction de la lecture des panneaux (pour autant que ceux-ci soient reconnus…), et une assistance avancée au freinage en milieu urbain (Advanced SCBS).

Tous ces systèmes ont permis à l’EuroNCAP de lui attribuer cinq étoiles en octobre 2018 avec la plus grande distinction pour la sécurité des passagers adultes et enfants.

En attendant le SkyActiv-X

En attendant ce moteur révolutionnaire, Mazda a encore peaufiné ses moteurs SkyActiv-G. Rappelons ici que Mazda n’a jamais pris le train du downsizing estimant pour sa part que cette mode n’est pas la panacée universelle en termes de consommation (la rédaction l’a d’ailleurs vérifié à maintes reprises). Le constructeur d’Hiroshima préfère optimaliser des moteurs atmosphériques.

Son 1998 cm³ développe 145 ch ou 163 ch au régime de 6000 rpm. Notre exemplaire était propulsé par la version la plus puissante. Son couple maximum n’est que de 213 Nm à 4000 rpm pour les deux puissances mais son taux de compression a été porté à 13,0:1, ce qui est beaucoup pour un moteur à essence.

Ses évolutions ont surtout porté sur une meilleure carburation, notamment par une augmentation de la pression de l’injection directe d’essence. Toutes ces opérations ont pour but de réduire la consommation et de limiter les émissions. Grâce au travail accompli par les motoristes, ce moteur atmosphérique peut se passer de filtre à particules. Suivant le constructeur, sa consommation moyenne est de 6,1-6,6 l/100 km et ses émissions de CO2, de 139-150 g/km.

A noter que la Mazda6 peut également être propulsée par un 2.5 l SkyActiv-G développant 194 ch à 6000 rpm et un couple maximum de 258 Nm à 4000 rpm et dont la particularité est de disposer d’un système de désactivation de cylindres permettant de réduire la consommation.

A la lueur de ces chiffres, on peut facilement en déduire que ces moteurs essence ne sont pas suralimentés. Par conséquent, rester dans les tours nécessitera un peu plus de tricotage avec la boîte de vitesses qui, comme d’habitude chez Mazda, s’avère précise.

A noter qu’une boîte automatique est aussi disponible pour ce modèle.

Très bien isolé, le moteur ne se fait vraiment entendre que dans de brusques montées en régime. Sur autoroute, il ne se manifeste que par un bruissement à peine audible.

Quant à sa consommation, il faut avouer que les efforts des motoristes ont porté leur fruit : au terme d’un essai sur routes variées et quelquefois hivernales, la rédaction a relevé une consommation de 6,6 l /100km, soit les chiffres revendiqués par Mazda : respect !

Lors d’un parcours « éco », nous avons pu facilement enregistrer des consommations inférieures à 6 l/100 km. En ville, la consommation tournera aux alentours de 8 litres.

Quant à son comportement routier, il s’avère très sain grâce à une optimalisation des suspensions et une rigidité accrue du système de direction. La sensation de conduite s’avère très naturelle et s’affranchit des différents modes de conduite qui fleurissent actuellement auprès de la concurrence.

Conclusions

Équilibrée à tout point de vue, la Mazda est une réussite : cette grande familiale est confortable, ne consomme pas beaucoup et sa tenue de route reste neutre. En outre, son esthétique est de bon goût et nullement excentrique.

Reste un problème pour les Wallons : sa cylindrée ! Alors qu’en Flandre les taxes sont calculées en fonction des normes Euro, la Wallonie utilise encore toujours un système de taxation basé sur la cylindrée, comme il y a soixante ans !

Tout à fait incompréhensible et absurde, ce système est totalement obsolète et façonne ainsi un parc automobile totalement faussé où le downsizing règne en maître…

Notre Mazda6 2.0 SkyActiv-G 163 à boîte manuelle six en finition SkyCruise est vendue à 35.000 EUR, ce qui peut sembler cher, mais son équipement très complet la met finalement sur le même pied que ses concurrentes les plus directs.

En entrée de gamme, la Mazda6 2.0 SkyActiv-G 145 en finition SkyDrive est proposée à 30.600 EUR.

Benoît Piette

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