Mazda3 MZR 2.0 i-stop : les ingénieurs s’amusent !

Classé dans : Essais - Mazda (Japon) | 0

Mazda3 5p MZR 2.0 l DISI i-stop


En complément à notre essai sur la Mazda3 MZR CD 2.2 à cinq portes, nous avons eu l’occasion de rouler avec la Mazda3 MZR 2.0 i-stop en version quatre portes. Sous cette appellation, se cache un système « stop and start ».
Encore un de plus nous direz-vous !


Oui, peut-être… Mais celui-ci a une approche peu commune qui se différencie des autres systèmes qui, en comparaison, sont relégués à la préhistoire de cette technique.


Une petite Mazda6

Il faut avouer que pour une voiture du segment C, elle en jette !

Ses lignes effilées lui donnent l’air d’une mini Mazda6 (mon voisin s’y est d’ailleurs trompé). Son air de coupé lui a plu énormément.
Malgré des dimensions plus imposantes, son poids reste constant.
L’accessibilité à l’avant est bonne. Compte tenu de son envergure, on aurait pu imaginer que la place dédiée aux passagers arrière allait être royale. Hélas, il n’en est rien, d’autant plus que son style « coupé » en diminue la garde au toit de plus de dix centimètres…

Mazda3 4p MZR 2.0 l DISI i-stop

En revanche, elle présente un coffre régulier et profond de 430 l, ce qui est très bon.

A la différence de la version cinq portes, la berline quatre portes ne dispose pas d’appuie-tête  coulissant dans le dossier arrière. C’est dommage car ils obstruent la lucarne arrière dont le verre déforme aussi la rétrovision au niveau des fils de dégivrage.

Mazda3 4p MZR 2.0 l DISI i-stop

A défaut de GPS, notre exemplaire disposait d’un contrôle des véhicules suiveurs (RVM/  anti-angle mort) ainsi que d’un système « sans clé » pour le verrouillage/_déverrouillage et démarrage moteur et enfin, de ce fameux « i-stop ».

Un moteur assez peu courant avec un équipement high-tech

Dans ces temps aux relents mazoutés : la Mazda3 2.0 i-stop est un peu esseulée car elle dispose d’un moteur de deux litres à injection directe d’essence.

Dans le jargon d’Hiroshima, il s’appelle 2.0 l DISI. Il développe 151 ch. à 6200 rpm. Comme indiqué plus haut, il est équipé d’un système inédit de coupure du moteur à l’arrêt qui répond au nom de « i-stop » qui, suivant Mazda, lui permet de diminuer sa consommation en cycle mixte de 14 % par rapport à sa devancière équipée du traditionnel moteur essence 2 litres.

Mazda3 4p MZR 2.0 l DISI i-stop

Réservé généralement à de petits moteurs, ce système n’est pas toujours actif : il suffit, par exemple, que l’air conditionné soit engagé pour qu’il l’empêche de fonctionner.

Mais ici, Mazda propose un système plus perfectionné qui est censé améliorer ces inconvénients : le « i-stop » ne requiert l’intervention d’un moteur électrique qu’au tout début de la phase de redémarrage.

Mazda i-stop

En fait, ce système exploite les avantages de l’injection directe pour redémarrer. Lorsque le moteur s’arrête, le module de gestion ne le coupe pas tant que les cylindres aux temps « compression » et « détente » ne présentent pas le même volume d’air.
Seulement et seulement si ces conditions sont remplies, le redémarrage du moteur peut avoir lieu.

Au cours de ce processus qui ne dure qu’une fraction de seconde, l’un des cylindres reste donc sur le temps moteur. Ceci est mis à profit à la phase de redémarrage lorsque du carburant est directement injecté dans ce cylindre.
L’explosion du mélange provoque l’abaissement du piston. Conjointement, le démarreur produit une légère impulsion supplémentaire sur le vilebrequin.
L’effet conjugué de ces deux actions permet un redémarrage extrêmement rapide du moteur (Mazda parle de 0,35 sec. soit pratiquement deux fois moins de temps que les systèmes classiques).

Mazda3 4p MZR 2.0 l DISI i-stop

A noter que la Mazda3 2.0 i-stop est équipée de deux batteries. La batterie principale fournit l’alimentation générale tandis que la batterie secondaire ne sert qu’exclusivement au redémarrage.

 

C’est bien la théorie, mais qu’en est-il en pratique ?

Et bien ça marche ! Le i-stop est beaucoup plus discret que la concurrence et la consommation en ville est bien maîtrisée. Dans ses essais, votre serviteur a traversé plusieurs fois Bruxelles avec quelques Massey-Fergusson, Fendt et autres Mann pendant les manifestations des producteurs de lait. La consommation finale de l’essai s’est élevée à 6,7 l/100 km, ce qui correspond aux 6,8 l au cent revendiqué par Mazda.

Bien sûr, nous avons adopté une conduite défensive et coulée… il est évident qu’une conduite plus énergique produira des consommations de plus de huit litres au cent. Bref, le « i-stop » est plus qu’un gadget pour les trajets strictement urbains, mais, entre nous, combien de citadins purs et durs opteront pour un deux litres à essence ?

Mazda3 5p MZR 2.0 l DISI i-stop

Il nous semble que tous ces procédés d’économie de carburant ne sont que temporaires : tant que le moteur à explosion ne sera pas remplacé par un autre mode de propulsion, il faudra se résoudre à ce genre d’artifice pour tenter de gagner quelques décilitres de ce précieux carburant.

Quant au moteur lui-même, il faut lui reconnaître une grande élasticité mais ce n’est qu’à partir des 4000 rpm qu’il se réveille vraiment de sa relative torpeur. Il émet 159 g/km de CO2 et répond aux normes Euro V. Reconnaissons que la démultiplication particulièrement longue des six rapports de boîte annihile en lui toute velléité sportive…

 

Mazda3 4p MZR 2.0 l DISI i-stop

Caractéristiques techniques


Fichier à télécharger

Conclusion

Cette Mazda3 est techniquement intéressante : une ligne sportive, un moteur sophistiqué, qui peut rester sobre, rien ne semble lui manquer. Avec une longueur de presque 4,6 m, elle pourrait peut-être même s’imposer comme choix face à sa grande sœur la Mazda6.

Cependant, il est certain que cette version ne sera que peu choisie en Belgique : sa cylindrée de deux litres atypique en essence en sera fort probablement la raison.

Mazda3 4p MZR 2.0 l DISI i-stop