Une nouvelle chance pour la Kia e-Soul

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Boudée sur le vieux continent, la Kia Soul de troisième génération nous est revenue en 2019 avec une nouvelle livrée mais sa gamme ne comportera plus que deux modèles, tous deux mus par la fée électricité.

Kia prétend que les blocs-batteries de cette nouvelle génération consomment jusqu’à 30 % d’énergie en moins que la voiture électrique la plus vendue en Europe.

Une silhouette à nulle autre pareille

Ses formes de camionnette avec sa ceinture haute, ses petites vitres et sa proue étrange suscite toujours des commentaires très tranchés. La nouvelle mouture n’y déroge pas et suit à présent la mode des phares full-LED effilés. Sa célèbre calandre en museau de tigre n’est plus qu’à peine ébauchée, dommage.

En revanche, le portillon de recharge est bien visible et son logo ne laisse planer aucun doute sur sa motorisation. Comme toutes les voitures à propulsion électrique qui ont leur portillon de recharge à l’avant, il faut savoir que celui-ci est plus exposé en cas de collision frontale.

Bien qu’avec ses 4,20 m, elle soit plus grande de 55 mm et que ses ailes aient pris sérieusement de l’embonpoint, son profil reste identique.
Son nom est aussi repris sur la custode.

A présent, son empattement mesure 2,60 m et s’est allongé de 3 cm.

A l’arrière, les feux entourent à présent la vitre arrière, lui donnant un aspect élégant et facilement identifiable par rapport au modèle précédent.

Son hayon s’ouvre sur un coffre de 335 dm³ extensible à 1339 dm³ quand le dossier de la banquette arrière est rabattu.
Une cavité sous son plancher permettra de ranger les câbles de recharge, toujours encombrants.

La nouvelle e-Soul est proposée en sept teintes unies et sept combinaisons bicolores. Notre exemplaire était de livrée noire avec le toit et les rétroviseurs de couleur rouge. Elle est montée sur des jolies jantes en alliage de 17« .

Un intérieur sobre tout en offrant une ambiance disco…

Rappelez-vous de sa première mouture et son ambiance “disco” avec dans ses panneaux de porte, des hauts-parleurs ceinturés de diodes lumineuse qui s’allumaient en cadence… Assez fun mais on s’en lassait très vite !

Et bien, appelé Sound Mood, ce système d’éclairage reste toujours d’actualité. En option, il peut se synchroniser au rythme de la musique diffusée par un système audio Harman Kardon avec des couleurs personnalisables et même des thèmes d’éclairage !
Autre petit clin d’œil aux versions précédentes, la nouvelle e-Soul conserve ses haut-parleurs d’aigus (tweeters) qui bordent le tableau de bord.

Plus prosaïquement, le garnissage de la sellerie peut être en tissu et simili-cuir ou en cuir comme notre exemplaire. Les sièges sont confortables mais assez mous. A l’avant, ils sont chauffants et ventilés.

La place y est suffisante pour quatre voire cinq adultes… avec chapeau (!)

Pour le chauffage de l’habitacle, la e-Soul est équipée d’un système de pompe à chaleur qui récupère la chaleur perdue provenant du système de refroidissement et qui inclut la climatisation et la ventilation individuelle. Contrairement aux autres systèmes qui ne font que dévier l’air vers les ouïes d’aération ouvertes, ce système coupe la ventilation à la source de chaque siège sauf celui du conducteur.

Le tableau de bord est bien lisible, il dispose d’un système d’affichage tête haute qui projette les instructions de navigation et la vitesse. Sur la console centrale, le levier de la génération précédente a fait place à une molette comme chez Jaguar. Devant celle-ci se trouve un emplacement dédié à la recharge par induction pour smartphone.

Au centre du tableau de bord, trône un écran de 10¼ relié au système télématique UVO CONNECT. Ce dernier utilise sa propre carte SIM pour recueillir et fournir des informations sur les conditions de circulation, la météo, les points d’intérêt et les possibilités de stationnement sur et hors voirie (prix, emplacement, disponibilité).

Chose importante pour un véhicule électrique, l’UVO CONNECT indique également les emplacements des bornes de recharge, leur disponibilité ainsi que leur compatibilité de branchement. Il peut aussi être relié au smartphone via une application qui fournira des diagnostics et des informations sur les trajets effectués, envoyer des itinéraires ou même activer à distance la climatisation.

En termes de sécurité, la Kia e-Soul de dernière génération n’a pas encore été testée par l’EuroNCAP.
En plus de la gamme des systèmes de sécurité passive et active, la e-Soul dispose d’un système de conduite autonome de niveau 2. Par son régulateur de vitesse intelligent, cette technologie contrôle jusqu’à 130 km/h l’accélération, le freinage et la direction en fonction des véhicules détectés à l’avant.

Deux moteurs avec une autonomie différente

Ces deux versions offrent une plus grande autonomie que leur devancière grâce à de nouvelles batteries Lithium-ion polymère. Pour un même volume, celles-ci offrent une capacité énergétique supérieure par des cellules permettant de stocker 25 % d’énergie en plus (densité énergétique de 250 Wh/kg au lieu de 200 Wh/kg).

A présent, les deux modèles sont compatibles au chargeur rapide à courant continu (DC) à système de charge combiné (CCS) qui est monté de série. Ce qui permet aux batteries d’être rechargées de 20 % à 80 % en 42 minutes à l’aide d’un chargeur DC rapide de 100 kW. A savoir :

  • Une batterie Lithium-ion polymère de 39,2 kWh offrant d’une autonomie de 277 km et alimentant un moteur électrique de 136 ch (100 kW) entre 2600 et 8000 rpm.
  • Une batterie Lithium-ion polymère de 64 kWh affichant une autonomie jusqu’à 452 km et couplée à un moteur électrique de 204 ch (150 kW) entre 3800 et 8000 rpm.

Les performances sur route ont donc été optimisées grâce à ces moteurs électriques nettement plus puissants qui développent 395 Nm de couple soit 39 % de plus qu’auparavant. Cette valeur est constante jusque 2400 rpm pour la version de 136 ch et jusque 3600 rpm pour la version 204 ch.

 

Comme le Mitsubishi Outlander PHEV, la e-Soul est équipée de série du système de récupération d’énergie au freinage commandé par des palettes placées sur le volant. Celles-ci permettent de doser la puissance du freinage récupératif. Ce système de récupération d’énergie adapte aussi automatiquement le niveau de freinage lorsque le véhicule détecté à l’avant ralentit.

En outre, par un sélecteur de mode situé en bas de la console centrale, le conducteur peut sélectionner différents modes de conduite : « Normal« , « Eco« , « Eco+ » ou « Sport« . Les modes Eco réduisent les possibilités de climatisation du véhicule afin d’augmenter son autonomie. En revanche, le mode Sport donnera une réponse plus dynamique du moteur ainsi qu’un durcissement de la direction mais l’autonomie se réduira.

Sur route, la e-Soul est dynamique. Il est vrai cette nouvelle mouture reçoit une suspension arrière multibras à la place de l’essieu arrière à barre de torsion des modèles précédents. Mais ce dynamisme ne s’est pas fait au détriment du confort qui reste très bon. Seuls les bruits de vent assez présents vu sa silhouette viennent perturber celui-ci.
La direction reste lourde et ne devient plus réactive qu’en mode Sport. Son couple de près de 400 Nm est bien au rendez-vous !
Même en mode Eco, les démarrages au feu rouge peuvent faire cirer les roues motrices.

Quant à la consommation, au terme de notre essai, l’ordinateur de bord affichait 15,4 kWh/100 km. Mais lors de trajets réalisés en ville, celle-ci peut se limiter facilement à 10 kWh/100 km.

Spécifications techniques

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Conclusions

La E-Soul a bien évolué : plus grande, mieux suspendue et plus puissante mais aussi plus sobre que ses devancières, elle garde ce look unique qui ne laisse personne indifférent sauf peut-être un brin de nostalgie aux propriétaires de anciennes Nissan Cube ou Daihatsu Materia.

Quant aux prix, la e-Soul 136 ch et 39,2 kWh est facturée à 37.500 EUR en finition Must. La e-Soul 204 ch et 64 kWh est proposée à partir de 41.400 EUR (Must).

Comme toutes les autres Kia, elle bénéficie de 7 ans de garantie d’usine totale ou 150.000 kilomètres (selon la première limite atteinte, sans limitation de kilométrage pendant les 3 premières années).

Benoît Piette

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