Le Kia Sportage 2.0 CRDI Ecodynamics+ = +écologique ?

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Le Kia Sportage est une vieille connaissance chez Kia : dévoilé en 1993 sur une base Mazda à l’époque de la synergie entre Mazda et Ford, il est aujourd’hui à sa quatrième génération.

Cette dernière mouture reçoit dans sa version 2.0 CRDI une hybridation légère appelée Ecodynamics+ et sensée lui donner un blanc-seing écologique ou plutôt un « vert-seing »…

Une ligne costaude

Sa quatrième mouture a été présentée à Francfort en septembre 2015. Par rapport à celle-ci, les changements se limitent aux boucliers ainsi qu’aux feux, à présent à DEL, et présentant un nouveau dessin.

Le Sportage garde donc cette ligne courtaude qui sied bien à ce SUV compact. Cependant, mesurant près de 4,50 m, il a grandi de près de 10 cm par génération !

A quelques centimètres près, il tutoie l’Opel Grand Land et le Peugeot 3008, le Hyundai Tucson, le Renault Kadjar, le Subaru XV ou le VW Tiguan.

Un intérieur légèrement revu

L’habitacle reprend la signature des produits Kia : à savoir, rien d’ostentatoire mais bien fini et allergique aux débauches de technologies souvent superflues. L’essentiel est là et à peine repensé pour l’occasion. Au centre du tableau de bord trône un écran tactile de 7″ à 8″ selon le degré de finition. Nous l’aurions peut-être souhaité un peu plus haut et moins vertical.

Naturellement, son système d’infodivertissement correspond à ce que présente la concurrence, mais toujours de manière sobre et bien pensée.

Dans notre finition GT-Line, les sièges avant liserés de rouge sont chauffants et ventilés. Le volant, constellé de boutons, est également chauffant. Même si l’assise des sièges est un peu courte, la position de conduite est correcte.

L’habitabilité est pareille à la troisième génération et est suffisante pour quatre grands adultes. Son coffre affiche une capacité d’un peu plus de 500 dm³ extensible à près de 1,5 m³. Le rabattage des dossiers de la banquette arrière se réalise par un levier placé à la base de l’assise des sièges : pas très pratique !

Au niveau de la sécurité, le Sportage a récolté cinq étoiles en décembre 2015. Cette bonne cote a été confirmée en juin 2018.

Un alterno-démareur

Notre exemplaire était mû par le 2.0 CRDI, un quatre cylindres diesel qui n’est plus de première jeunesse. Développant 184 ch à 4000 rpm et un couple maximum de 400 Nm constant entre 1750 et 2750 rpm, il vient de fêter ses 10 ans de carrière au sein du Hyundai Motor Group.

Il est ici associé à une boîte automatique à huit rapports conjuguée à quatre roues motrices. Ce moteur recourt à présent à la technologie active de réduction catalytique sélective (SRC). Suivant le cycle WLTP, ses émissions en CO2 sont de 153 g/km (142 g/km pour la boîte six manuelle).

Pour lui donner une cure de jouvence, son vilebrequin est accouplé via une courroie à un alterno-démarreur appelé MHSG pour « Mild-Hybrid Starter-Generator » dans le jargon de Kia.

Ce moteur électrique lui fournit en phase d’accélération jusqu’à 13 ch d’assistance électrique. En mode « générateur », celui-ci récupère l’énergie cinétique lors des phases de décélération et de freinage et l’utilise pour recharger une batterie lithium-ion de 48 volts de 0,46 kWh.
Comme pour le système SHVS de Suzuki, cette opération est totalement transparente pour le conducteur : il pourra toutefois observer son action via un schéma animé sur l’écran de contrôle de l’ordinateur de bord.

Mais ce système ne se limite pas seulement à fournir un surcroît de puissance : si la batterie de 48 V est suffisamment chargée, grâce à la fonction « Moving Stop & Start », le moteur peut se couper lors des décélérations ou du freinage et se rallumer lorsque le conducteur appuie sur la pédale de l’accélérateur.

En outre, grâce à sa compacité, ce système pourra aisément être monté dans d’autres modèles sans nécessiter de modifications du compartiment moteur. La batterie de 48 V placée sous le plancher du coffre dispose d’un convertisseur AC/DC qui permet de la connecter au circuit électrique du véhicule. Cela entraîne de facto une réduction significative de la taille de la batterie 12 V nécessaire pour alimenter l’électronique auxiliaire. De même, dans la plupart des cas, le système MHSG peut se substituer au démarreur classique.

Sur route

Confortable, le Sportage est l’archétype du SUV : haut sur pattes, il domine la route, et permet au conducteur de mieux l’appréhender ou du moins en principe. Naturellement, cette masse a ses revers comme un roulis plus développé et une hausse significative de la consommation par rapport à la berline de même gabarit. La transmission 4×4 est intéressante pour certaines professions mais elle aussi est énergivore !

En conduite coulée, le Sportage reste agréable, mais sa direction n’a pas la sensibilité de ses concurrents comme le Subaru XV ou l’Opel Grandland. Son moteur reste assez discret sauf dans les vives montées en régime et en mode sport.

Hélas, malgré son système MHSG prometteur, le résultat à la pompe n’est pas très probant : en routes ouvertes, il est difficile de rouler sous la barre des 7 litres et en ville, une consommation entre 10 et 12 litres n’est malheureusement pas accidentelle…

Conclusions

Le Sportage a fêté ses 25 ans d’existence en 2018. SUV avant la lettre, il est resté un peu en marge du paysage automobile jusqu’au moment où la vague du SUV a submergé l’Europe. A présent, il caracole dans le peloton de tête des véhicules vendus par Kia.

Par l’implantation de la technologie EcoDynamics + sur le vieux 2.0 CRDI, Kia nourrissait le but d’en réduire sa consommation et par conséquent ses émissions. Le bilan est malgré tout en demi-teinte : certes, la technologie Mild-Hybrid Starter-Generator n’est pas remise en question, mais ses résultats sur cette unité vieillotte ne sont pas très probants.

Kia en est conscient et signale que cette technologie sera transplantée aussi au tout nouveau 1.6 CRDI qui remplacera le 2.0 CRDI pour 2020. Bonne nouvelle donc quand on sait qu’en dépit du bashing sur le diesel, elle demeure encore la motorisation la plus demandée pour le Sportage !

Proposé à partir de 24.000 EUR pour la version essence Must 1.6 ISG 132 ch, notre Sportage en finition GT Line Lux 2.0 CRDi 185 ch MHEV 8AT ISG est facturée à 44.000 EUR.

Benoît Piette

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