La Stinger, une Kia au sang bleu

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Quelle mouche a donc piqué Kia ? Depuis toujours, fabriquant de voitures populaires, voici que ce roturier coréen commet une luxueuse GT à quatre roues motrices pouvant être propulsée par un V6 de 3,3 l biturbo de 370 ch !

Tutoyant ainsi les BMW Série 4 et les Audi A5 Sportback et toisant les pauvres françaises qui ne restent propulsées que par de vulgaires 4 cylindres.

Une silhouette élégante

Si si, c’est bien une Kia ! Certes, ce constructeur coréen a déjà des voitures luxueuses à son actif, mais elles n’ont jamais été importées en Belgique.

De l’avant, pas de doute possible, la calandre de type « Tiger Nose » en est la preuve la plus flagrante : c’est bien une Kia ! Celle-ci est encadrée d’optiques fuyant sur les ailes et soulignées par des feux de jour à DEL.

Mesurant 4,83 m, elle a été dessinée avec un long capot rehaussé de deux fausses écopes et d’un porte-à-faux avant raccourci. On dirait un coupé BMW, ce qui en soit n’est pas idiot, car son créateur, Albert Biermann, est un ancien du département «M» de BMW.

De profil, sa ligne vient doucement mourir sur un arrière puissant. Derrière les ailes avant, comme sur certaines BMW, deux extracteurs d’air permettent une meilleure ventilation des freins (Brembo).

A l’arrière, sa poupe est incrustée de feux qui tirent leur inspiration de ceux des Maserati 3200 GT de 1998. Ils se prolongent étrangement par une bande rouge sur les ailes arrière.
Son diffuseur arrière se voit encadré par deux fois deux sorties d’échappement qui en disent long sur le moteur…

Notons aussi que l’aspect sécurité n’a pas été laissé de côté : l’EuroNCAP lui a décerné d’excellentes cotes dont cinq étoiles.

Un intérieur douillet pour quatre adultes

L’intérieur est pourvu d’une belle finition. Ergonomiques, les commandes entourent le conducteur qui profite comme son passager avant de sièges à mémoire et à multiples réglages électriques qui satisferont les plus exigeants en la matière comme le support lombaire à cellules d’air réglable dans quatre directions ou des renforts latéraux au dossier du siège.

Dans sa position la plus basse, le siège conducteur n’est plus qu’à 180 mm au-dessus de la route, ce qui fait plus que suggérer l’ambiance sportive !

Kia ne veut pas effaroucher le client par un habitacle au modernisme outrancier mais celui-ci est de bonne finition. Pour conjurer le noir partout présent, un insert en chrome satiné entoure l’habitacle. Ce même métal entoure les trois ouïes circulaires placées à l’avant et les deux à l’arrière.

Un toit ouvrant en option permet d’éclairer abondamment l’habitacle et améliore la visibilité pour les passagers. Notons toutefois une visibilité arrière quelconque, essentiellement due à une lunette arrière très inclinée.

A l’arrière, l’espace est convenable pour deux adultes qui pourront sans problèmes envisager de longs trajets sans courbatures.

Un large hayon électrique s’ouvre sur un coffre de 406 dm³. Quand le dossier du siège arrière est entièrement rabattu, la capacité monte à 1114 dm³.

Une technologie actuelle mais largement éprouvée

La Stinger est complète mais utilise encore de bons vieux cadrans à aiguilles également cerclé de métal. Entre ceux-ci, un écran TFT en couleur relaie les informations complémentaires relatives à l’ordinateur de bord, aux réglages du conducteur, à la navigation et au diagnostic.

Mais le sportif trouvera aussi des données relatives à la force G en virage et aux temps au tour. Un affichage tête haute vient compléter l’équipement.

Un écran tactile de facture assez ancienne trône au centre du tableau de bord. Par rapport à ce qui se réalise chez ses concurrentes, disons que ce n’est pas de toute première jeunesse mais l’essentiel s’y trouve. L’ensemble peut être également commandé par des commandes situées entre les sièges.

Sur route

Notre Stinger est propulsée par un moteur essence Lambda II V6 biturbo de 3,3 litres, d’une puissance maximale de 370 ch à 6000 rpm pour un couple de 510 Nm disponible entre 1300 et 4500 rpm.

Ce qui leur permet de se catapulter de 0 à 100 km/h en 4,9 secondes, ce qui en fait la Kia la plus rapide jamais conçue. Avec ce moteur, Kia revendique une vitesse de pointe de 270 km/h.

Pour notre pays, deux autres moteurs sont prévus : un diesel 2.2 CRDI de 200 ch et un essence 2.0 T-GDI de 255 ch plus abordables et certainement plus utilisables au quotidien.

Sa transmission automatique comporte huit rapports et quatre modes de conduite sont proposés : Smart, Eco, Confort, Sport (et Sport + où l’ESP est déconnecté) et Custom (à paramétrer sois-même).

Cette puissance ne fait évidemment jamais défaut, se distillant gentiment en mode Eco où la réponse à l’accélérateur étonne, surtout lors des manœuvres de stationnement, elle est plus franche en mode Confort, mode qui nous semble le plus approprié dans la conduite de tous les jours.

Enfin, les deux modes Sport seront à réserver aux circuits car ceux-ci sont de vrais pièges à permis : non seulement la puissance arrive plus brutalement mais le bruit engendré par la cavalerie éveillera immanquablement certains soupçons dans le chef de nos représentants de l’ordre.

Toutefois, malgré sa puissance, la Stinger se conduit comme sur des rails grâce à sa transmission sur les quatre roues. La direction est directe et précise et ses freins à la hauteur de ses ambitions (Brembo).

Cependant, comme grande routière, elle n’affectionnera que modérément les petites routes qui tournicotent souvent. On lui reprochera aussi son rayon de braquage élevé dans cette version 4×4. Malgré des pneus taille basses (40R19 à l’avant, 35R19 à l’arrière) sa suspension fait du bon boulot et atténue les imperfections des routes nationales : il faut avouer que l’amortissement est piloté.

Malgré tous ces compliments, une ombre au tableau, et pas des moindres par les temps qui courent : son appétit ! Sur route ouverte, descendre sous les 12 litres s’avère déjà difficile, mais sous les 10 litres se révèle être une mission quasi impossible !

Conclusions

Avec la Stinger, Kia a démontré qu’il peut jouer dans la cour des grands sans complexe : cette voiture, qui reprend le châssis des Genesis, le fleuron du groupe coréen, est un véritable condensé du savoir faire coréen en matière automobile.

Certes, la présence d’un transfuge de chez BMW y est certainement pour quelque chose, mais malgré ce renfort de poids, Kia est parvenu à réaliser une grande routière qui peut se mesurer sans vergogne aux ténors allemands.

Évidemment, s’offrir un moteur de 3,3 de cylindrée par les temps qui courent est un sacrilège, mais un diesel 2.2 CRDI de 200 ch et un essence 2.0 T-GDI de 255 ch sont aussi au catalogue. Ces derniers permettront de réduire le budget dédié au carburant.

Proposée à partir 45.600 EUR en version 2.0 T-GDI en deux roues motrices, notre exemplaire, une 3.3 AWD est facturée à 54.000 EUR. A la différence des marques allemandes, les seules options consistent en une couleur métallique et un toit électrique.

Naturellement, et comme toute Kia qui se respecte, la Stinger bénéficie de la garantie de sept ans.

Benoît Piette

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