La Kia Ceed : sans apostrophe…

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Avec sa troisième mouture dévoilée à l’occasion du salon de Genève de cette année, Kia a changé de manière subtile le nom de son bestseller (Community of Europe European Design ???).

Mais ce n’est pas tout : le constructeur coréen l’a équipée de technologies censées améliorer son confort, sa fonctionnalité et sa sécurité tout en la rendant plus attrayante à la conduite grâce à de nouveaux moteurs et une suspension revue.

Un segment encore très fourni

Mesurant 4,31 m en configuration cinq portes et 4,60 m en Sportswagon, la Ceed est dans le peloton très fourni des véhicules du  segment C1 comme sa cousine la Hyundai i30, la VW Golf, la Peugeot 308, la Renault Mégane, l’Opel Astra, la Ford Focus, la Seat Leon, la future Toyota Corolla pour ne parler que des marques les plus représentatives.

Comme tout le segment C1 en général, la Kia Ceed devra se montrer persuasive car depuis 2016, l’engouement pour les SUV est une vraie lame de fond ! Cela se remarque surtout avec le déclin des breaks et la quasi disparition des modèles trois portes.

En outre, dans cette même catégorie, on constate qu’en plus de l’émergence des versions hybrides et électriques, l’essence a pris le pas sur le diesel.

Pour ce compte rendu, la rédaction a réalisé un essai assez large comprenant à la fois les différentes carrosseries mais aussi les nouveaux moteurs. C’est ainsi que l’essai a porté sur deux Ceed 5 portes avec respectivement le 1.0 T-GDi GPF essence de 120 ch à boîte 6MT et le 1.4 T-GDi 140 ch à boîte 7DCT ainsi que sur le break Ceed SW 1.6 CRDi SCR 115 ch à boîte 7DCT.

Des carrosseries plus angulaires

Qu’elle soit en cinq portes ou en break, la nouvelle Ceed est plus basse et plus large que sa devancière. Tout en gardant le même empattement, son porte-à-faux arrière est plus long.

Ses lignes plus tendues la font aussi apparaître plus assise sur ses roues. Kia affirme d’ailleurs que sa silhouette fait écho au caractère sportif de la Stinger, rien de moins !

Malgré que le dessin soit plus mûr, il n’en demeure pas moins que le design reste sage. Cette caractéristique est d’ailleurs propre à ce segment qui est encore choisi par un fort pourcentage de conducteurs.

Elle implique qu’il doit plaire au plus grand nombre et qu’un choix stylistique osé de la part du constructeur pourra se répercuter négativement dans les ventes : rappelez-vous de la sortie de la Renault Mégane II (2002 à 2009) et des quolibets qui ont fusé à l’époque !

Sa proue arbore l’habituelle calandre “tiger nose” mais plus élargie et la prise d’air est abaissée. Elle dispose de série de feux de jour à DEL appelés “ice cube” dans le jargon des designers de la marque.

Les phares “Full LED” sont également disponibles en option (Pack Design avec aussi les jantes en aluminium 17” et le pédalier en aluminium pour près de 1000 EUR).

La 5 portes offre une capacité de chargement de 395 dm³ ou de 1291 dm³ quand le dossier de sa banquette arrière est rabattu. Sans être énorme, il reste conforme aux critères de ce segment.

Pour le SW, le volume est de 625 dm³ ou 1694 dm³ en configuration deux places. A noter que le hayon de cette version est motorisé et qu’il dispose d’emblée de manettes de rabattage du dossier 40/20/40 sur les flancs du coffre.

Signalons aussi que toutes les Ceed disposent d’un compartiment sous le plancher.

Un intérieur sobre avec une haute technologie sécuritaire

La place à l’intérieur est conforme au segment : quatre adultes pourront voyager convenablement. Un cinquième passager pourra même s’y ajouter vu la faible hauteur du tunnel. Les sièges sont confortables. Cependant, après un trajet du style Bruxelles-Paris, votre nerf sciatique se rappellera à votre bon souvenir…

L’habitacle se dote à présent de matériaux en plastique moussé.

Son tableau de bord est divisé en deux parties :

  • une zone supérieure qui intègre le système d’infodivertissement à écran tactile de 5” ou 7” et d’un système de navigation de marque TomTom® à écran tactile 8”. Ce système permet l’intégration des smartphones via Apple CarPlay™ et Android Auto™.
  • une zone inférieure dédiée aux commandes des systèmes audio, de climatisation et de ventilation.

Les aides à la conduite et la sécurité

A l’instar de nombreuses marques, l’accent a été mis sur les aides à la conduite. Pêle-mêle, on y découvre les feux de route automatiques, l’alerte vigilance du conducteur, le régulateur de vitesse intelligent (ACC) avec Stop & Go, la détection des angles morts, l’alerte de trafic transversal arrière, l’aide au stationnement et la reconnaissance des piétons, l’assistance au maintien de voie et l’alerte de collision avant avec assistant d’évitement.

Il s’agit d’une technologie de conduite autonome de Niveau 2 qui contrôle l’accélération, le freinage et la direction en fonction des véhicules qui précèdent.
Cette dernière offre évidemment l’avantage de diminuer le stress dans les files, les ralentissements et ses accélérations se font de manière très douce. Au bout d’un certain temps à l’arrêt, la remise en route exige une pression sur l’accélérateur ou sur le commutateur gérant l’ACC.

En outre, Kia l’a équipée de série d’un système de gestion de la stabilité (VSM) qui assure la stabilité au freinage et dans les virages.

Malheureusement, comme toutes ces aides, elle deviennent un peu trop intrusives pour la rédaction. Par exemple, l’aide au maintien de voie s’invite automatiquement au démarrage, ce qui n’est pas toujours souhaité pour la ville.
Et c’est à tâtons qu’il faudra la couper car sa commande est cachée par le volant. En outre, lorsque le cruise control adaptatif est enclenché, il n’y a pas moyen de la mettre hors service.

Toutefois, toutes ces aides influeront favorablement la nouvelle cote de sécurité qui lui sera octroyée prochainement par l’EuroNCAP. Pour rappel, l’ancienne C’eed avait déjà reçu cinq étoiles en 2012, une cote qui a été confirmée en octobre 2016.

Des moteurs actuels

A l’exception du moteur 1.4 litre MPi à injection multipoint de 100 ch, la rédaction a pu essayer les deux moteurs à essence à savoir le moteur 1.0 T-GDi développant 120 ch, ainsi qu’un nouveau bloc de 1.4 litre remplaçant l’ancien moteur 1.6 GDi. Appelé Kappa 1.4 T-GDi, ce nouveau moteur développe 140 ch soit 5 ch de plus que son prédécesseur.

La Ceed a également été essayée avec le nouveau moteur diesel U3 qui utilise la technologie active de réduction catalytique sélective (SCR) pour réduire ses émissions. Pour rappel, ce procédé réduit les oxydes d’azote (NOx) en eau (H2O) et azote (N2) par traitement avec une solution réactive d’urée (AdBlue®).
Ce moteur, appelé 1.6 CRDi, est décliné en deux puissances (115 ch et 136 ch). Il a été conçu pour que ses émissions correspondent à la dernière norme d’émissions Euro 6d TEMP.

Chaque moteur est couplé à une boîte manuelle à six rapports, en revanche, les moteurs 1.4 T-GDi et 1.6 CRDi peuvent aussi recevoir une boîte à double embrayage à sept rapports (7DCT). En outre, la Ceed dispose de deux modes de conduite : les modes Normal et Sport.

Kia Ceed Hatchback 1.4 T-GDi

Le moteur 1.4 T-GDi offre une douceur et un silence de fonctionnement remarquable. Ce 1353 cm³ développe 140 ch à 6000 rpm. Son couple maximum de 242 Nm entre 1500 et 3200 rpm autorise d’excellentes reprises.

En mode Sport, il peut se montrer rageur. Sa boîte 7DCT a une réactivité moindre que celle du groupe VW qui, il faut le reconnaître, a déjà équipé près de 26 millions de voitures avec sa DSG.

Mais ce bémol est surtout décelable en mode Sport qui privilégie le dynamisme, mais hélas pénalise sa consommation qui dépassera alors les 9 litres aux cent kilomètres.

En mode normal, il faudra tabler entre 7 et 8 l / 100 km quoique, descendre sous les 7 litres est tout à fait possible.

 

Kia Ceed Hatchback 1.0 T-GDi

Le moteur 1.0 T-GDi est une mécanique à trois cylindres de 998 cm³ développant la coquette puissance de 120 ch à 6000 rpm et fournit un couple maximum de 172 Nm entre 1500 et 4000 rpm.

Déjà essayé précédemment dans le Stonic, il jouit d’une excellente santé… malheureusement qu’il claironne assez fort dans l’habitacle lors de ses relances.
Par rapport à ce SUV de poche, l’isolation phonique ne semble donc pas avoir été aussi bien réussie.

La boîte manuelle est ferme et les changements de rapports s’effectuent avec un bon verrouillage. Il consomme environ 7 litres sur voie rapide et 9 litres en ville.

Kia Ceed SportWagon 1.6 CRDi

Quant au moteur diesel, il remplace avantageusement son prédécesseur, assez silencieux et proposé en deux puissances, ce 1598 cm³ développe 115 ch ou 136 ch à 4000 rpm.

Sa version 115 ch avec boîte 6 manuelle fournit un couple maximum de 280 Nm entre 1500 et 2750 rpm ou 300 Nm entre 1500 et 2500 rpm avec la boîte DCT7.
Quant à la version 136 ch, elle dispose d’un couple de 280 Nm entre 1500 et 3000 rpm en boîte manuelle et de 320 Nm entre 2000 et seulement 2250 rpm en boîte 7DCT.

Malgré tous les maux auxquels il est actuellement affublé, ce moteur bénéficie du SCR ce qui devrait lui permettre d’être plus propre. Montant bien dans les tours (cela s’entend !), il reste discret à allure constante.

Au cours de notre essai, il s’est montré particulièrement sobre : il n’a consommé en moyenne que 5,1 l/ 100 km. Cependant, sur des trajets autoroutiers, il peut rester facilement sous la barre des 5 litres.

Regrettons pourtant son petit réservoir de 50 litres qui ne fera pas toujours l’affaire des gros rouleurs pour qui cette version est destinée (3 personnes sur 4).

En termes de conduite, la Ceed nous a laissé un bon souvenir. Montée sur des pneus Michelin, elle a démontré une excellente maniabilité avec très peu de roulis.

Qu’elle soit en Hatchback ou en Wagon, sa suspension reste confortable dans la plupart des cas. Sa direction nous semble plus naturelle que jadis.

Conclusions

Comme beaucoup de marques, Kia mise sur la technologie sécuritaire.
Certes, c’est utile, mais il faudrait quand même laisser le choix au conducteur de désirer ou non certaines de ces aides et ne pas les imposer par défaut au démarrage.

Sans entrer dans un débat de fond, il nous semble que cette profusion d’aides désensibilisera à terme le conducteur Lambda.
Si, pour une raison inconnue, elles deviennent indisponibles, comment se comportera-t-il au volant ?

Au cours du premier semestre 2018, le marché encore très disputé du segment C1 était survolé par la VW Golf avec 16,9 % des ventes. Avec ses 3,3 %, la C’eed se positionnait en dixième place.

Espérons qu’avec son nouveau look, sa technologie très complète, ses nouveaux moteurs et son prix très compétitif, elle puisse grappiller quelques places d’autant plus que ses sept ans de garantie peuvent faire pencher la balance.

Proposée un chouia en dessous de 20.000 EUR pour la Ceed 1.4 MPI Hatchback en finition « Much ».
Nos exemplaires de finition « More » faisaient respectivement 24.000 EUR pour la 1.0 litre T-GDi en 5 portes, et 27.000 EUR pour la 1.4 T-GDi 140 7DCT Hatchback et 1.6 CRDi 115 DCT SW à 29.000 EUR.

Pour les sécuritaires, il faudra y ajouter le Pack ADAS 1 (seulement pour la transmission DCT7) qui comprend le régulateur de vitesse adaptatif, frein de parking électronique, freinage d’arrêt d’urgence détection piéton, système d’assistance dans les bouchons et système de stationnement automatique, et ce pour 1200 EUR.

Automania Team

 

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