Le Jeep® Compass, deuxième…

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Après une lente descente aux enfers, le Jeep® Compass nous revient avec sa deuxième mouture. Ressemblant à son grand frère le Cherokee, il est monté sur la plateforme du très italien Fiat 500 X dont il va même jusqu’à partager ses moteurs.

Arrivé très tard sur le marché très disputé des SUV, pourra-t-il faire la différence avec ses ténors actuels ?

Une carrosserie de baroudeur

Peut-être pour palier la vie pépère voire timorée de la plupart d’entre nous, et nous insuffler un esprit baroudeur, les designers des marques généralistes se sont ingéniés à créer sur base de banale berlines, des semblants de 4×4 au dessin particulièrement suggestif…

Et le comble, c’est que ça marche à un point que les spécialistes de ce genre de véhicules (Jeep, Land Rover, etc…) ont raté le train !

Évidemment, qui dit Jeep dit esprit d’aventure, d’équipée : c’est inscrit dans les gènes de cette marque née durant le dernier conflit.

C’est donc avec du retard que Jeep a surfé sur cette vague, mettant en avant son expertise pour créer des véhicules censés augmenter l’esprit d’aventure des conducteurs englués dans les bouchons aux abords de la place Meiser. Après le Renegade, voici son grand frère le Compass.

Mesurant 4,39 m, ce SUV repose sur la plateforme rallongée de son petit frère (+ 7cm). Son dessin reprend les passages d’ailes caractéristiques des Jeep et s’inspire de l’avant caractéristique du Cherokee.

On y retrouve donc cette fameuse calandre à sept barres verticales ainsi que ses optiques au tracé horizontal. Sur notre exemplaire tout de blanc nacré, la présence d’un toit offrait une petite touche d’élégance.

L’arrière est plus conventionnel et ses feux ne reprennent pas le design si particulier de ceux du Renegade.

Son hayon s’ouvre électriquement sur un coffre dont le volume de 438 dm³ à 1110 dm³ n’est pas particulièrement spacieux dans ce segment où les 500 dm³ semblent en être la norme.

Un habitacle confortable

Même si les marconistes apprécieront l’inscription « Jeep » en morse sur les seuils de portes, son intérieur n’a pas la même originalité que le Renegade, toutefois les sièges avant sont confortables à défaut d’être glissants en conduite sportive.

Leur assise est anormalement proche du tableau de bord. En revanche, à l’arrière, ils s’avèrent particulièrement durs mais offrent suffisamment de place pour deux grands adultes et un enfant au milieu.

Pour l’infodivertissement, sa console centrale abrite l’écran de 8.4″ utilisant le système Uconnect 8.4 déjà repéré sur le Renegade. Ce dernier offre les fonctions Apple CarPlay et Android Auto (de série sur notre modèle Limited), la navigation ainsi que la messagerie vocale.

Son utilisation exigera toutefois une période d’accoutumance. Sur le bas de la console se retrouve différentes commandes relatives à la climatisation. Leur positionnement assez bas obligera le conducteur à quitter la route des yeux.

Une sécurité cinq étoiles

En termes de sécurité, le Compass est équipé des alertes pour la collision frontale et le franchissement involontaire de ligne. Il dispose aussi de la détection des angles morts, du régulateur de vitesse adaptatif qui, dans certaines conditions, peut même arrêter la voiture sans l’intervention du conducteur.

Les manœuvres de stationnement peuvent être facilitées par la caméra et la détection de trafic transversal en marche arrière.

Toutes ces aides lui ont permis de décrocher les cinq étoiles de la certification EuroNCAP, ce qui change de la médiocre cote reçue en février 2012 par son prédécesseur (seulement deux étoiles). Avec 90 % et 83 % pour la sécurité des passagers adultes et enfants tandis que celle des piétons était cotée à 64 %. Les aides à la sécurité ont reçu 59 %.

Sur route

Notre version était propulsée par un quatre cylindres MultiAir2 Turbo de 1368 cm³ délivrant 140 ch à 5000 rpm et 230 Nm de couple maximum à 1750 rpm. Il était associé à une boîte de vitesses manuelle à six rapports et en traction avant.

Pour info, ce même moteur existe aussi en version plus puissante (170 ch à 5500 rpm) mais accouplé à une boîte automatique à neuf rapports et en configuration 4×4, ce qui est plus naturel pour une Jeep !

A noter que l’offre diesel comporte trois niveaux de puissance : 120 ch avec le MultiJet II de 1,6 litre et 140 ou 170 ch avec le MultiJet II de 2,0 litres. Seul le moteur 2.0 est proposé en version 4×4.

Malgré sa puissance, ce moteur ne doit pas être ménagé car l’étagement des derniers rapports de boîte (2500 rpm à 120 km/h en sixième) et le poids du Compass (1,5 T) ne lui facilitent pas les choses.

Cela se ressent évidemment sur sa consommation : en usage courant et avec un style de conduite coulée, notre consommation s’est figée à 7,3 l aux cent.

Avec un œuf sous le pied, il sera difficile de passer sous la barre des 7 litres. Comme pour les Fiat, l’autonomie calculée par l’ordinateur de bord varie en temps réel et est donc difficilement exploitable : avec un réservoir de 50 l, elle devrait se situer entre 500 et 600 km.

La boîte six est très maniable quoique moins agréable que celles de ses concurrents japonais ou allemands.

Le volant à jante épaisse distille trop les informations de la route et ne fournit pas la précision nécessaire, ce qui donne une conduite plutôt pataude mais qui n’affecte pas la sécurité.

Pour une Jeep, nous nous sommes aussi étonnés du choix du frein à main qui est automatique.

Conclusions

L’habit ne fait pas le moine : en version 2×4 et propulsé par le MultiAir2 1.4, le Compass ne doit pas être considéré comme un SUV pur et dur mais plutôt comme un véhicule confortable nécessitant une conduite coulée et sereine.

Quoique puissant, si le relief de la route devient important, son moteur demandera à être aiguillonné mais dans ces conditions, sa sobriété sera mise en doute.

Bien insonorisé, le Compass offrira tout le confort nécessaire à ses occupants, ce qui nous éloigne de l’esprit initial d’une Jeep.

Mais soyez patients : dans sa gamme, il y a aussi le Compass Trailhawk équipé du MultiJet II 2.0 de 170 ch en configuration 4×4 qui vous offrira certainement le souffle nécessaire…

Proposé à partir de 27.300 EUR pour la version 1.4 Turbo MultiAir 140 ch 4×2 en finition Longitude, il existe aussi une version diesel à 26.300 EUR (moteur 1.6 MJD 120 ch 4×2 en finition Sport).

Notre exemplaire, un Jeep Compass 1.4 Turbo MultiAir II 140 ch 4×2 en finition Limited est affiché à 32.300 EUR.

Benoît Piette

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