La Jaguar XJ : plus de 50 ans de luxe à l’anglaise

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C’est en effet en 1968 que William Lyons a présenté pour la première fois cette grande et luxueuse limousine au salon de Paris.

Assemblée dans l’usine Jaguar Land Rover de Castle Bromwich et disponible en carrosserie à empattement standard ou long, ce vaisseau amiral est le modèle le plus spacieux des berlines Jaguar et reste une alternative aux allemandes telles que les Mercedes Classe S, Audi A8 ou encore BMW Série 7.

Une ligne dynamique et raffinée

A l’avant, la calandre verticale maillée est encadrée des feux de jour affichant le « double-J » typique de Jaguar et dont la lumière blanche devient orange quand le clignotant fonctionne. Les projecteurs avant sont dotés d’un éclairage actif à DEL appelé « Adaptive Front Lighting System » à fonction statique en virage. Ils sont équipés d’une assistance de feux de route automatique.

D’allure féline, son profil est marqué par un surlignage chromé de la ligne de vitrage sublimant ainsi sa ligne élancée dont la longueur est de 5,13 m en version normale (5,26 m en version longue). Cette finesse est également renforcée par une ceinture de caisse qui abaisse sa silhouette basse d’un coupé.

A l’arrière, la mascotte bondissante est encadrée de feux à DEL se présentant sous la forme d’un ruban lumineux. Le coffre d’une contenance de 540 dm³ n’est pas extensible, il s’ouvre depuis l’habitacle ou par un bouton discret placé à sa droite, un peu à la manière du 0 des Peugeot 508.

Comme d’autres Jaguar, les ingénieurs ont fait le choix d’une construction légère tout en aluminium qui nécessite moins de raccords et de soudures que le traditionnel emboutissage. Il en découle que malgré son encombrement (5,13 m x 1,90 m x 1,46 m), elle maintient son poids à vide à 1835 kg.

Un intérieur où l’espace, le luxe et le raffinement se côtoient

L’habitacle respire le luxe de bon goût : ici pas de fausses notes, on y retrouve de belles matières très bien traitées, comme le cuir souple et les bois de placage, mais aussi des technologies de pointe.

L’ensemble est bien fini et les commandes sont placées de manière ergonomique. Toutefois, dans les endroits plus difficilement visibles, le choix des matériaux n’atteint pas cette excellence.

Devant le conducteur, s’étend un combiné d’instruments de 12,3″ appelé Interactive Driver Display qui est configurable. La XJ est équipée du système multimédia Touch Pro assez intuitif. Celui-ci offre les fonctions de navigation embarquée, du WiFi 4G et d’un système audio MeridianTM Signature Sound System de pas moins de 1300 W à 26 haut-parleurs. L’ensemble peut se piloter à partir de l’écran tactile central de 10″.

Comme sur toutes les Jaguar, le changement de vitesse ne surgit de la console centrale sous la forme d’un commutateur cylindrique qu’au moment où le moteur est lancé.

Que ce soit à l’avant ou à l’arrière, la place y est royale et les sièges sont pourvus de mémoires. Ils sont chauffants ou ventilés. Le volant à trois branches, peut également être chauffé.

Les rangements sont nombreux, la boîte à gant s’ouvre électriquement par effleurement d’un bouton. Cependant, vu la ligne de coupé, les grands gabarits devront peut-être courber l’échine. En revanche, il y a beaucoup de place pour les jambes.

Toutefois, la lucarne arrière très inclinée et ses épais montants de custode de cette limousine ne permettent pas une vision arrière optimale. Certes, pour les manœuvres, il y a bien une caméra à haute définition, mais les projections de la route peuvent en salir l’objectif.

La sécurité au top

La XJ utilise une caméra stéréo qui permet l’utilisation des fonctions de sécurité intelligentes telles que le freinage d’urgence autonome (Autonomous Emergency Braking), l’alerte de franchissement de ligne involontaire (Lane Departure Warning) ou le système d’assistance au maintien de file (Lane Keep Assist). Elle dispose aussi d’un régulateur de vitesse adaptatif avec fonction embouteillage.

En outre, la reconnaissance des panneaux de signalisation Traffic Sign Recognition (TSR) peut activer le régulateur de vitesse adaptatif en fonction de la lecture et les compare avec les données du système de navigation et adapte ainsi la vitesse.

Ce système reçoit toutefois un bémol, car les panneaux de limitation de vitesse ne sont pas toujours lus avec précision : nous avons remarqué que la limite 50 km/h était parfois lue comme 60 km/h…

Une gamme de moteurs

La XJ peut être équipée de moteurs diesel ou essence avec boîte automatique. En diesel, un V6 3,0 litres de 300 ch uniquement en propulsion.
En essence, un V6 essence suralimenté 3,0 litres 340 ch, en propulsion ou transmission intégrale et un V8 suralimenté 5,0 litres avec au choix 470 ch, 510 ch ou 575 ch (en propulsion).
A noter que les versions essence ne sont pas vendues en Belgique car l’importateur a limité le nombre de versions en fonction des commandes en attendant l’arrivée du nouveau millésime.

Notre exemplaire était donc propulsé par le V6 3,0 litres diesel qui développe une puissance de 300 ch à 4000 rpm et un couple de camion de 700 Nm à 2000 rpm. Respectant la norme Euro 6, il permet à la XJ de franchir le 0 à 100 km/h en seulement 6,2 secs.

Sa consommation se limiterait à 5,7 l/100 km avec 149 g/km d’émission de CO2. Pour notre part, nous avons consommé en moyenne 6,7 litres aux cent kilomètres, ce qui est bien compte tenu de ses dimensions.

Silencieux et particulièrement puissant, il dispose d’une suralimentation séquentielle parallèle qui met en œuvre des turbocompresseurs dont le principal utilise des roulements à billes en céramique, ce qui réduit les frottements et par conséquent le rend plus réactif.

Afin de diminuer les rejets de NOx, Jaguar a choisi un système de réduction catalytique sélective (SCR) à base d’ADBlue. Ce moteur est accouplé à une transmission ZF automatique à huit rapports qui peut quelquefois être hésitante à basse vitesse.

Avec un empattement d’un peu plus de trois mètres et un moteur ronronnant à environ 1500 rpm sur les autoroutes, la XJ est parfaite pour les voyages au long cours. Imperturbable et dans un silence de cathédrale, elle abat les kilomètres sans aucune fatigue.

Cependant la XJ ne peut échapper à son héritage de berline sportive et même avec une adaptation soft de la suspension, la concurrence maîtrise mieux le confort certes déjà exceptionnel. Il est évident qu’avec des jantes de 20″, la suspension devient plus dure…

Cet ADN la rend malgré tout agile et comme le roulis est pratiquement inexistant, elle donne l’impression d’une voiture beaucoup plus petite. Sa direction est précise, mais les routes sinueuses ne sont pas son truc, même si elle fait mieux que se défendre dans cette classe. Dans les conditions d’adhérence difficile la XJ peut compter sur le système All-Surface Progress Control (ASPC).

Spécifications techniques

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Conclusions

Par son histoire, la Jaguar XJ garde en elle ses gènes de sportive et son châssis en est une preuve. Même si le choix en moteur est restreint, cette outsider britannique reste une alternative aux immuables teutonnes (une trentaine de clients se sont portés acquéreurs en 2018).

Certes, le niveau de finition est un degré en dessous, mais il offre une belle originalité qui fleure bon la vieille Angleterre.

Son prix de base à 89.000 EUR est comparable aux tarifs d’accès aux Audi A8, BMW Série 7 ou Mercedes Classe S. Cependant, les moteurs de ces dernières même s’ils ne disposent pas la même puissance, seraient en revanche moins gourmands.
En outre, l’Audi dispose d’office de quatre roues motrices, chose impossible avec la Jaguar V6 3.0 diesel.

Benoît Piette

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