La Jaguar XF Sportbrake, un beau break statutaire

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D’une longueur identique à la berline XF dont il découle, cet élégant break de chasse de Jaguar garde intacte sa séduction.

Avec en ligne de mire, le trio de premium germanique, pourra-t-il séduire cette clientèle particulièrement exigeante ?

Une ligne fluide

Qu’il est loin le temps où le break n’était qu’une version utilitaire ! Une Peugeot 403 Break devait être avant tout un véhicule dédié aux artisans et petits commerçants : jamais, à l’époque, il ne serait venu à Sir William Lyons à l’idée de se lancer dans la production d’un break aux relents si roturiers…

Cependant, avec l’apparition du break de chasse, ce concept a fait son chemin pour déboucher finalement sur des breaks à l’élégance racée mais aussi plus polyvalent.

Son design reprend à l’avant les courbes de la berline mais sa ligne de toit s’infléchit doucement à l’arrière lui offrant un profil élégant et dynamique dont le Cx est de 0,29. Avec ses 4,96 m, le XF Sportbrake est un chouia plus court que son devancier cependant, son empattement a été rallongé de 5 cm pour atteindre 2,96 m : tout bénéfice pour les passagers et le volume du coffre.

Celui-ci fait 565 dm³ et correspond aux capacités des breaks premium concurrents…

Les dossiers des sièges arrière peuvent être repliés en trois parties (40:20:40) à l’aide de leviers intégrés dans les flancs du coffre. Une fois les sièges repliés, sa capacité de chargement atteint 1700 dm³ avec en prime un plancher plat.
Celui-ci intègre quatre points d’attache et des glissières pour fixer son chargement.
Pour en faciliter l’accès, le cache-bagages se replie automatiquement à son ouverture.

À noter que pour une question de poids, le hayon est en matière polymère. Ses feux à LED longilignes intègrent les demi-cercles inaugurés par la F-TYPE. Il est à ouverture “mains libres” et il est possible de prérégler l’amplitude de son dégagement. Il incorpore aussi des DEL disposés de telle façon qu’elles éclairent le sol quand le coffre est ouvert.

À la différence de la berline, les suspensions du Sportbrake ont été spécifiquement calibrées notamment à l’arrière. Pour préserver la tenue de route en pleine charge, celle-ci est pneumatique et à correcteur d’assiette.

Le XF Sportbrake a toujours recours à une structure aluminium, ce qui lui permet d’être plus rigide et plus léger que son prédécesseur. Notons aussi que pour notre exemplaire, la capacité de remorquage est de 2 T et qu’il dispose de série d’un système d’aide au remorquage évitant les mouvements incontrôlés de la remorque.

La nouvelle Jaguar XF n’a pas encore fait l’objet de tests auprès de l’EuroNCAP. L’ancien modèle avait récolté en décembre 2015 cinq étoiles. Cette cote a été confirmée un an plus tard.

Un intérieur cossu mais sans originalité

Mais où sont donc passés les intérieurs typiques des anglaises avec leur tableau de bord en bois ?

Hélas, la mode a changé : le design intérieur, tourné vers le futur mais de manière discrète, intègre une instrumentation numérique ainsi qu’un grand écran central tactile de 10’’ avec une technologie double vision (en option) : pendant que le conducteur lit des informations essentielles relatives à la conduite sur l’écran, le passager peut accéder à des contenus multimédia sur le même écran et ce, en même temps.

Appelé Touch Pro Premium, il excelle dans la précision de sa navigation. Il propose en option un système Surround Sound de 825W avec 17 haut-parleurs développé par la marque Meridian.

Comme il est de coutume actuellement, la plupart des commandes s’opèrent via les menus, ce qui n’est pas toujours très rapide en termes d’exécution et peut par conséquent devenir une source de distractions pour le conducteur.

En termes de sécurité, le XF Sportbrake dispose de systèmes de motricité susceptibles de reconnaître le revêtement routier et de caméras capables d’analyser la circulation. En outre, sa fonction semi-autonome ASPC (de série sur tous les modèles automatiques) fonctionne comme régulateur de vitesse à faible allure.

Pour les geeks, Jaguar propose le contrôle gestuel du pare-soleil du grand toit panoramique ainsi qu’un bracelet étanche appelé délicieusement ‘clé-loisirs’ permettant d’emporter sa clé en pratiquant des activités nautiques sans se soucier de la détériorer dans l’eau.

L’intérieur est spacieux et confortable. Il peut accueillir quatre voire cinq adultes pour de longs voyages. Les sièges avant disposent de mémoire et sont chauffants. Leur commande s’effectue via l’écran tactile.

Notre exemplaire disposait de siège couleur chocolat : dangereux si vos têtes blondes s’en régalent dans l’habitacle : les inévitables taches seront invisibles !

Sur route

Le XF Sportbrake est disponible avec quatre moteurs tout-aluminium Ingenium de quatre cylindres essence et diesel développant entre 163 ch à 250 ch mais aussi avec un V6 diesel de 3.0 l avec transmission arrière ou intégrale. Bien qu’anecdotique en Belgique, la transmission AWD a été choisie par 6 % des propriétaires.

Notre exemplaire était propulsé par le diesel le plus puissant : ce V6 de 2993 cm³ de cylindrée développe la coquette puissance de 300 ch à 4000 rpm et un couple de camion de 700 Nm à 2000 rpm. Il est associé à une boîte de vitesses automatique ZF automatique à huit rapports avec palettes au volant.

Comme propulsion, le XF Sportbrake reprend tout le savoir faire de Jaguar en termes de conduite et où la sportivité n’est pas lettre morte. Avec trois cents bourrins, ce moteur a de la ressource et répond à la moindre sollicitation.

Dommage que son bruit caverneux gâche un peu l’atmosphère assez cosy de cette belle anglaise. À 120 km/h, le moteur ne tourne même pas à 1500 rpm.

Le Sportbrake permet à la fois de s’isoler des tressaillements engendrés par le revêtement tout en conservant un bon contact avec la route, le tout magnifié par une direction bien calibrée.

Cette combinaison lui donne un caractère dynamique assez étonnant.
Imperturbable sur route sèche grâce à une répartition presque parfaite des masses à 50:50, sa conduite nécessitera un peu plus de doigté sur route glissante, chose que la météo ne nous a hélas pas permis de vérifier…

N’oublions pas non plus que malgré l’emploi de l’aluminium, l’engin dépasse les 1,9 T !

En ce qui concerne sa consommation, il faut avouer qu’elle nous a réjouis : l’ordinateur de bord affichait seulement 6,7 l/100 km à la fin de notre essai, ce qui n’est pas si éloigné de ce que revendique le constructeur.

Notre essai s’est surtout réalisé en dehors des villes où son encombrement la rend assez difficile à conduire. L’exiguïté de la lucarne arrière nous a fait bénir les caméras quand il fallait réaliser des créneaux.

Spécifications techniques

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Conclusions

Plus grand que les breaks de la concurrence premium, le XF Sportbrake a été préféré par 1/3 des acquéreurs de la Jaguar XF.

Élégant, ce break de chasse est aussi confortable, très habitable et constitue une alternative séduisante aux sempiternelles teutonnes. Il permettra à cinq adultes et leur bagage d’abattre confortablement de longues étapes.

Sa conduite s’avère très neutre pour autant que sa cavalerie soit utilisée à bon escient. Malgré ses 300 ch et son moteur diesel politiquement incorrect, le XF Sportbrake s’est avéré sobre.

Mais malheureusement, avec une puissance fiscale de 15 CV, cette Jaguar restera très rare dans notre plat pays : que ce soit en berline ou en break, plus de la moitié des propriétaires de la série XF auront choisi la 2.0 163 ch E-Performance turbodiesel.

Notre Jaguar XF Sportbrake 3.0 D V6 300 ch Automatique en finition S est à vous à partir de 73.000 EUR.

Benoît Piette

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