La Pony, la première Hyundai de Belgique

Lors du salon de l’auto 1979, mon attention a été attirée par un stand très exotique : une hôtesse habillée d’un chima-jeogori, robe traditionnelle coréenne, faisait sensation dans cet univers très traditionnel du salon. Sur son stand trônait une voiture joliment dessinée par Giugiaro : la Hyundai Pony.

Présentée au salon de Turin en octobre 1974 (soit quatre ans avant), c’est en Belgique et aux Pays-Bas qu’elle a fait ses premiers pas en Europe.

Hyundai Asso di Fiori by Ital Design (1974)

Propulsée au choix par un 1,2 l ou un 1,4 l, la Pony était livrable en berline deux/quatre portes, en break et même en pickup…

Hyundai Pony 1200L Berline 4 portes (extrait catalogue Belgique – 1982)
Hyundai Pony 1200L Berline 3 portes (extrait catalogue Belgique – 1982)
Hyundai Pony Break 5 portes (extrait catalogue Belgique – 1982)
Hyunday Pony Pick up (July 1982 – extrait de feuillet Grande Bretagne)

Pour réaliser cette voiture, Hyundai a suivi les conseils d’anciens cadres de la division Austin Morris de British Leyland en se basant sur la Morris Marina, voiture souffre-douleur de la série britannique Top Gear à une certaine époque…

Elle est dotée d’une mécanique Mitsubishi fabriquée sous licence à Ulsan en Corée. Sous un profil de fast-back, c’est la mécanique de la Lancer que l’on retrouve. Propulsion arrière via un essieu rigide guidé par des ressorts à lames, la Pony n’est certainement pas à la pointe du progrès, mais avec un prix débutant à 114.000 BEF, c’est une affaire !
Elle était importée en Belgique par la Korean Motor Company sise à Aartselaar.

Hyundai Pony 1979 (Publicité – Belgique)
Hyunday Pony Pick up (1984-05 – extrait de catalogue Grande Bretagne)

Mesurant 3,98 m, large de 1,56 m et haute de 1,36 m, la Pony reste très classique.

Sa robe est dans la ligne de ce que produit Ital Design à l’époque : classique et tout en coin, elle n’est cependant pas aussi aboutie que les produits VW également dessinés par ce même designer.
Bien que plus grande de 20 cm, le profil de la VW Passat B1 apparaît plus légère grâce, entre autre, à une proportion de surface vitrée plus importante.

Hyundai Pony (ca1980 – extrait feuillet Italie)
Hyundai Pony 1400 TLS 3 portes & Break 1400 TL (extrait catalogue Pays Bas ca1980)

La calandre frappée en son centre du logo HD est entourée de quatre phares ronds intégrés dans des quadrilatères anodisés. Des répétiteurs de clignoteurs sont incorporés aux ailes avant.

A l’arrière, les feux entourent un panneau noir sur lequel apparaît le nom de la marque et une silhouette d’un poney tandis que sur la malle apparaît à droite le nom du modèle dans un graphisme un soupçon « psychédélique ».
Quant à la plaque d’immatriculation, elle se voit transférée sous le pare-chocs.

Hyundai Pony 1200 (ca1977 – extrait catalogue international)

Toutefois, malgré ce dessin moderne, la Pony ne dispose toujours pas de hayon mais bien d’un coffre séparé de 420 dm³ dont la roue de secours encombre le plancher. (A noter que les toutes premières VW Passat B1 Typ 32 n’en possédaient pas non plus). De plus, le dossier de la banquette arrière est fixe et ne permet donc pas de moduler le volume de chargement.
Le hayon fera son apparition seulement deux ans plus tard, en même temps qu’une version à deux portes. A noter que l’essuie-glace à l’arrière n’est pas encore au programme.
Enfin, son réservoir a une capacité de 45 litres.

Les quatre portes s’ouvrent sur un intérieur sobre facilement accessible, pour autant que l’on reste dans une taille « asiatique » (son empattement étant de 2,34 m) La position de conduite ne pose aucun problème, le volant à trois branches étant même réglable en hauteur.

Hyundai Pony DLX-GLS (extrait catalogue Belgique 1979)

Le tableau de bord est plaisant : des compteurs circulaires font face au conducteur… mais il n’y a pas de compte-tours mais bien une montre. Deux aérateurs circulaires sont disposés à chaque extrémité.

D’origine, la Pony est équipée de repose-tête avant et arrière, d’une radio-cassettes, d’une console centrale, ce qui, vu son prix, était assez inaccoutumé…

Tableau de bord Hyundai Pony (extrait catalogue Belgique ca1982)

Au niveau des motorisations, la Pony propose le choix de deux moteurs d’origine Mitsubishi :

  • un quatre cylindres 1238 cm³ de 55 ch à 5000 rpm avec un couple maximum de 84 Nm à 4000 rpm
  • un quatre cylindres 1439 cm³ de 69 ch à 5000 rpm avec un couple maximum de 104 Nm à 3000 rpm.
Hyundai Pony (1979 – photo de presse Belgique)

La disposition générale des éléments moteurs est on ne peut plus classique : positionné longitudinalement, ce quatre cylindres est associé à une boîte manuelle à quatre rapports.
La puissance est transmise aux roues arrière via un pont rigide avec ressorts à lames semi-elliptiques.
La direction est encore à recirculation de billes et, assez directe, elle ne demande que trois tours d’une butée à l’autre.

Au cours d’une très brève prise en main quelques temps après, votre serviteur se souvient avoir relevé une direction légère avec une bonne précision. Comme les japonaises, le passage des vitesses était précis et rapide mais le moteur moulinait très fort et résonnait dans tout l’habitacle.

Outre ses réactions brusques sur les routes dégradées, son essieu arrière rigide n’offrait pas un confort cinq étoiles aux passagers arrière, d’autant plus que le rembourrage de la banquette n’était pas extraordinaire.

Hyundai Pony (1980 – photo de presse Belgique)
Hyundai Pony Imperial série spéciale (1985 – extrait dépliant Pays Bas)

Par rapport à sa cousine la Lancer, il fallait avouer que le confort est laissé un peu à la traîne… mais en termes de nervosité, la Pony reprenait des couleurs… Dommage qu’elle le fît de manière si bruyante !

BP

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