La Fiat Tipo, une Logan transalpine ?

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Le concept ‘Low Cost’ initié par Louis Schweitzer, l’ancien PDG de Renault, semble avoir fait des émules : après la Skoda Rapid et sa jumelle la Seat Toledo, voici la Fiat Tipo accessible à partir de 14.400 EUR. Mais à ce prix, peut-on encore parler de ‘Low Cost’ ?

Un design moderne, quoiqu’un peu massif…

D’abord présentée en berline quatre portes avec coffre, elle est construite à l’usine Tofas de Bursa en Turquie, histoire de réduire les coûts de production. Naturellement, cette forme de carrosserie (berline quatre portes avec coffre) n’est plus tellement en vogue en Europe, mais Fiat comme Skoda a eu l’excellente idée de la décliner assez rapidement en cinq portes et même en break !

La quatre portes (Sedan) s’étire sur 4,54 m de long et dispose d’un vaste coffre d’un volume de 520 dm³ extensible grâce au rabattement 1/3 – 2/3 du dossier de la banquette arrière, de quoi engouffrer les valises familiales….

Notons que son empattement reprend celui de la 500X (2,64 m).

Sa silhouette est élancée et s’accompagne d’une excellente aérodynamique (Cx de 0,29). Elle n’a donc rien à voir avec l’esthétique ingrate de la Logan même si celle-ci s’est civilisée avec son dernier remodelage.

La calandre avant fait un peu mastoc : difficile d’imaginer un soupçon de grâce italienne ! En plus des éditions Business et propres à son lancement, la Tipo Sedan se décline en version Pop, Easy et Lounge.

Plus prisée, la cinq portes fait plus ramassée mais son habitacle reste identique. Elle ne fait que 4,37 m mais garde le même empattement ainsi que les mêmes voies avant et arrière. Son hayon s’ouvre sur un coffre de 440 dm³, ce qui est un des plus spacieux de sa catégorie.

Quant à la SW, elle mesure 4,57 m soit la longueur d’une VW Golf Variant ou d’une Peugeot 308 SW. Elle conserve le même empattement ainsi que les mêmes voies avant et arrière. Sa silhouette est plus étirée que la 5 portes, ce qui l’allège un peu. L’espace intérieur reste identique aux autres modèles. Son coffre propose 550 dm³ comme volume minimum.

Regrettons que le plancher ne soit pas plat une fois les dossiers des sièges rabattus et que le constructeur ne mentionne pas le volume quand les dossiers des sièges arrière sont rabattus (remarque valable pour tous les modèles).

Les sièges sont durs et ne possèdent hélas pas l’ergonomie que l’on retrouve dans une certaine marque scandinave. La place à bord est suffisante pour que quatre adultes voyagent dans de bonnes conditions.

Cependant, la place à bord y est royale : à l’arrière deux grands adultes auront suffisamment leur aise pour entreprendre un long trajet. L’équipement du modèle essayé était particulièrement complet : il disposait même du chauffage des sièges avant et d’un réglage lombaire électrique pour le conducteur, d’un rétroviseur intérieur photo-chromatique, d’un accoudoir central amovible, etc… bref, des petites attentions généralement réservées à des véhicules de gamme supérieure.

Reconnaissons toutefois que la rédaction disposait de la version Longe, le haut de gamme, ce qui a aussi été le cas pour la 5 portes essayée qui en outre, disposait d’un cruise control adaptatif dont les nombreuses commandes sur le volant exigeaient toutefois une certaine accoutumance.

 

Le volant est réglable en hauteur et profondeur et la disposition des commandes ne souffre d’aucune critique majeure, le tout reste fonctionnel et sobre : pour les fantaisies choisissez plutôt la gamme des 500.

L’écran de 5″ de l’ordinateur de bord dispose de la radio FM/AM avec technologie Bluetooth, port USB et connexion Aux-in. Dans les versions haut de gamme, la Fiat Tipo reçoit le système Uconnect 5 » Nav, qui ajoute la navigation TomTom 3D, les commandes vocales et les notifications de trafic TMC. Les exemplaires essayés disposaient également de l’aide au stationnement arrière et d’une caméra de recul.

La sécurité n’a pas été oubliée, même si celle-ci n’obtient que quatre étoiles aux tests EuroNCAP (avec pack security), la Tipo se défend bien. Elle est équipée de série de six airbags, du système de freinage ABS avec EBD, d’optiques antibrouillard avant avec « fonction cornering » (allumage du feu de brouillard placé à l’intérieur de la courbe négociée) ainsi que du système d’indication de pression des pneus (TPMS).

Les résultats des tests EuroNCAP ont donné une cote de 82% pour les adultes, 60 % pour les enfants et 62 % pour les piétons tandis que les aides à la sécurité ont été cotées à 57 %.

Sur route

Suivant Fiat, la Tipo 1.6 MultiJet II est capable d’approcher les 200 km/h et d’accélérer de 0 à 100 km/h en moins de 10 secondes. Le moteur de 1.6 l développe 120 ch à 3750 rpm et un couple de 320 Nm dès 1750 rpm, il est doté d’une transmission manuelle à six rapports. Elle serait également très sobre : toujours suivant le constructeur, la consommation moyenne de la Sedan s’établirait à 4,2 l/100 km tandis que les émissions de CO² sont de 110 g/km. Les versions 5 p et SW afficheraient 3,7 l/100 km ou même 3,4 l/100 km avec l’option de l’ECO Pack 89 g CO2 /100 km.

A l’essai, le moteur 1.6 D est bruyant à froid mais se montre volontaire. Ses grognements s’atténuent à chaud et disparaissent à vitesse constante. Toutefois, sa sobriété est toute relative : la moyenne sur longue distance approche les 6 litres aux cent. Sur autoroute à 120 km/h, sa consommation avoisine les 5,5 l…

Avec le break (SW) celle-ci n’augmente que de 2 dl restant ainsi inférieure à 6 litres.

Notons que contrairement au réservoir des deux autres modèles de la gamme Tipo qui contiennent 50 litres, celui de la quatre portes ne contient que 45 litres…

Contrairement à la Sedan et la SW, notre version 5 portes était propulsée par le petit diesel 1.3 MultiJet II de 1248 cm³ développant 95 ch à 3750 rpm avec un couple maximum de 200 Nm à 1500 rpm. Encore plus sonore que son grand frère, celui-ci n’offre évidemment pas la même rondeur : à faible allure, la pédale d’accélération est difficile à doser.

Heureusement, quand il est chaud, sa sonorité ‘camionesque’ s’atténue. Quant à sa consommation, force est de constater que ce 1.3 D sait rester sobre pour autant que l’on ne cherche pas ses derniers chevaux : au terme de notre essai, 4,5 l aux cent s’avère être un excellent résultat !

Sur routes sinueuses, elle reste neutre avec une tendance au sous virage en se penchant modérément. La dureté de la suspension est amplifiée quand la Tipo est équipée de jantes de 17″. Vu sa vocation essentiellement familiale, cette option dégrade inutilement le confort.

Comme la plupart des Fiat, la Tipo dispose d’une assistance renforcée de la direction pour les manœuvres en ville. Notons aussi que celle-ci est réglable en hauteur et profondeur. A l’usage, il s’avère qu’elle donne la sensation d’être un peu inconsistante, comme si l’option City n’avait pas totalement disparue.

Spécifications techniques

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Conclusions

Avec la gamme Tipo, Fiat s’engouffre avec intelligence dans le segment des voitures à prix malins à défaut d’être ‘Low Cost’. Dans ce nouveau segment que FIAT résume par le slogan ‘value for money’, se retrouvent aussi les Skoda Rapid et leurs cousines Seat Toledo ainsi que les très discrètes Peugeot 301 et Citroën C-Elysée. Cette dernière étant importée presque en catimini en Belgique.

Bonnes machines à rouler avec des mécaniques éprouvées et osant les technologies de l’interconnectivité, elles s’adressent à un public plus pragmatique et par conséquent, elles ne feront jamais de l’ombre à la gamme 500 plus « dans l’air du temps ».

Les Tipo 5 p et SW seront certainement les modèles les plus convoités, elles offrent un équipement décent à des prix débutant respectivement à 15.500 EUR et 17.000 EUR.

Quant à la version Sedan beaucoup moins demandée dans nos contrées, ses prix débutent à un peu moins de 14.000 EUR.

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