ESSAI : La Daihatsu Cuore, une puce des villes

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Discrétion mais constance dans ses choix, telles sont les vertus de la vénérable firme Daihatsu, la plus ancienne marque automobile du Japon. Fondée en 1907, et après s’être spécialisée dans la fabrication de moteurs jusqu’en 1930, Daihatsu s’est tournée vers la fabrication de petits véhicules à trois puis à quatre roues. Néanmoins, la particularité de ces véhicules était de garder des dimensions réduites pour un usage urbain ou périurbain.

Daihatsu Cuore 2008

Un siècle plus tard, la Cuore maintient cette philosophie en proposant un véhicule compact, maniable et vif, destiné aux villes.

Discrète mais…

Diablement bien pensée : cette mini-voiture – la septième du nom – est on ne peut plus fonctionnelle : la position de conduite est haute, la visibilité périphérique est parfaite, dommage toutefois que les sièges soient si peu enveloppants car les prises de roulis lors des virages sont plus que perceptibles.

Daihatsu Cuore 2008

Evidemment, le conducteur a toujours son volant pour s’agripper mais ce n’est malheureusement pas le cas des passagers…

Daihatsu Cuore 2008

A propos de ceux-ci, ils pourront jouir d’une habitabilité à l’arrière peu commune grâce à des portières s’ouvrant à presque 90°, une hauteur de toit élevée, une banquette arrière coulissante sur près de 25 cm et un plancher rigoureusement plat.

Daihatsu Cuore 2008

En définitive, on est bien loin de la promiscuité des places à l’arrière du trio Toyota Aygo, Citroën C1 et Peugeot 107 propulsés du reste par le même trois cylindres. Il faut avouer que pour une longueur de presque 3,5 m, elle se paye un empattement de presque 2,5 m, ce qui reste inaccoutumé.

Daihatsu Cuore 2008

En fonction du déplacement de la banquette arrière, le coffre sera exigu à très exigu… En rabaissant les dossiers qui sont fractionnables par moitié, on dégage un volume de chargement de presque un demi-mètre cube.

Daihatsu Cuore 2008

Le volant est réglable seulement en hauteur et le tableau de bord en plastic dur fait un peu « cheap », mais il regroupe l’essentiel des commandes y compris un ordinateur de bord assez sommaire.

Daihatsu Cuore 2008

Celui-ci permettra d’ailleurs de s’étonner de la consommation réduite de la « puce » : il est vrai que la Cuore est un des rares véhicules vendus en Belgique pouvant prétendre à une prime de l’état de 15% de remise directe sur son prix d’achat.

A partir de 9.649 EUR pour la « Green » en version manuelle (soit environ 7.500 EUR en tenant compte des primes fédérales et régionales).

Urbaine mais…

Comme Toyota, Daihatsu dispose de l’excellent moteur 1.0 l VVT-i 12 soupapes à calage variable. Cette mécanique sophistiquée distille sa puissance et ses décibels avec enthousiasme, ce qui lui permet de ne pas se limiter à une circulation exclusivement citadine.

En effet, eu égard à sa cylindrée, ses montées en régime sont exceptionnelles et le poids contenu de l’auto permet une agilité assez surprenante : avec presque 70 ch. pour un peu plus de 750 kg, ce n’est pas étonnant !

Daihatsu Cuore 2008

Cependant, le couple du moteur est faible (96 Nm à 3600 rpm) et impose de relancer la mécanique plus que de coutume… dans un bruit qui évoquera, pour les plus anciens d’entre-nous, les trois cylindres des DKW et autres Wartburg de jadis ! Dans ces conditions, cela peut devenir fatigant sur un long trajet riche en déclivités, d’autant plus que le débattement du levier de vitesses est particulièrement long et un peu caoutchouteux.

La suspension est bonne, quoiqu’un peu « rebondissante » avec ses hauts pneus de 145/80 en 13 pouces. Sur autoroute, il faudra aussi se méfier de sa sensibilité au vent latéral.

Au niveau de la consommation, la Cuore justifie largement la prime écologique : sur les routes de l’Entre Sambre et Meuse, avec trois adultes et leurs bagages, et par un temps hivernal assez peu engageant, nous avons frisé les 4,7 litres aux 100 km, ce qui est remarquable. Cette consommation réduite garantira donc une autonomie satisfaisante malgré un petit réservoir de 36 litres.

Dans les conditions climatiques difficiles et en reprenant la voiture après un arrêt prolongé, la buée est vite présente et transforme l’habitacle en aquarium. Son désembuage est particulièrement long malgré la présence de l’airco…

Menue mais…

D’aucun pourrait s’imaginer que cette petite voiture n’offre que peu de sécurité à ses passagers. Il en n’est rien, car sur un score maximum de cinq étoiles octroyé par l’organisme EuroNCAP, la Cuore en a récolté quatre pour la protection des passagers et trois pour la protection des enfants. Ses bons points sont le résultat du bon équipement sécuritaire installé par Daihatsu, à savoir : un double airbag, une colonne de direction absorbant les chocs, un prétensionneur de ceintures et avec limiteur de force, un ABS avec répartiteur de freinage (EBD), un système de fixation des sièges enfants ISOFIX à l’arrière et enfin, une structure à déformation programmée.

En revanche, avec un résultat de seulement deux étoiles pour la protection des piétons, Daihatsu peut mieux faire…

Tout compte fait…

Cette puce des villes peut sans aucun complexe sortir son museau des métropoles, son vaillant petit moteur le lui permet, mais gare au bruit ! Son habitabilité est étonnante et ridiculise les autres petites citadines du segment A, pas étonnant dès lors que la Cuore représente 40 % des volumes de vente de Daihatsu.

Daihatsu Cuore 2008

De plus, en ces temps de récessions, la prime octroyée par le gouvernement viendra certainement encourager les indécis, d’autant plus que Daihatsu garantit ses véhicules cinq ans…

Benoît Piette